BANU UMAYYAH

Al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah attaque Kish

 

Lorsque al-Mouhallab attaqua Kish, il donna le commandement de l’avant-garde de trois-mille combattants à Abou al-Adham Ziyad Ibn ‘Amr az-Zimman qui lui-même en valait deux-mille tant il était un excellent commandant et un fin stratège.

Alors qu’al-Mouhallab attaquait Kish, le cousin paternel du roi d’al-Khouttal[4] vint le voir et lui conseilla vivement d’attaquer cette province. Al-Mouhallab envoya avec lui son fils Yazid qui campa avec ses forces séparément du cousin du roi. Le roi as-Sabal quand à lui campait à quelques distances d’eux et lorsque la nuit fut venue, il prit de surprise son cousin en criant « Allah est Grand » lorsqu’il pénétra dans son camp. Le cousin d’as-Sabal crut que les Arabes l’avaient trahi de peur qu’il ne les trahisse lui-même du fait qu’il avait campé séparément. As-Sabal le captura, l’emmena dans sa forteresse et le tua.

Yazid Ibn al-Mouhallab assiégea la forteresse et le roi dut conclure la paix avec lui et lui versa un tribut puis Yazid revint alors. La mère d’un de ceux qu’as-Sabal avait tué envoya un message à la mère d’as-Sabal lui disant : « Quel espoir as-tu qu’as-Sabal reste en vie après avoir tué son cousin ? Il a sept frères dont as-Sabal s’est attiré la vengeance tandis que tu es la mère d’un seul ! » La mère d’as-Sabal lui répondit : « Les lions ont peu de progéniture tandis que les cochons en ont beaucoup ».

 

Puis, al-Mouhallab envoya son fils Habib à Rabinjan[5], où il rencontra le roi de Boukhara à la tête de quarante-mille hommes. Un des polythéistes s’avança et lança un défi aux Musulmans. Habib lui envoya Jabalah qui le tua puis attaqua le reste d’entre eux et en tua trois autre avant qu’ils ne se retirent suivit par la totalité de l’armée comme les ennemis se retirèrent de leur territoire. Quand un groupe des forces de l’ennemi s’arrêta dans un village, Habib les poursuivit à la tête de quatre-mille hommes puis les combattit, les écrasa et brûla le village, avant de revenir à son père. Ce village fut appelé par la suite « la Brûlée[6] » (al-mouhtariqah). Certains ont rapporté que c’est Jabalah qui le brûla pour le compte de Habib.

 

Al-Mouhallab resta à Kish durant deux années. Il lui fut proposé d’avancer vers as-Soughd[7] et au-delà mais il dit : « Tout ce que je demande de fortune de cette campagne c’est le bien-être des troupes jusqu’à ce qu’ils retournent sain et sauf à Merv ».

 

Un jour un ennemi sortit et lança un défi aux Musulmans pour un combat singulier. Houraym Ibn ‘Adi, le père de Khalid Ibn Houraym, qui portait un turban autour de son casque sortit l’affronter, le tua et le dépouilla avant de revenir mais al-Mouhallab lui fit des reproches et lui dit : « Si tu avais été tué et que j’eu reçu mille cavaliers en renforcement nous n’aurions pas été affecté par ta perte ».

Puis al-Mouhallab conclut une trêve avec les gens de Kish en échange d’un tribut.

 

 

Les campagnes de ‘AbderRahmane Ibn al-Ash’ath au Sijistan

 

Toujours en l’an 80 de l’Hégire (699), al-Hajjaj envoya ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn al-Ash’ath au Sijistan combattre Zounbil, le roi des Turcs. Les historiens ne sont pas d’accord sur les raisons qui poussèrent al-Hajjaj à l’envoyer là-bas et où ‘AbderRahmane était auparavant quand al-Hajjaj lui ordonna de marcher sur le Sijistan combattre Zounbil.

 

Quand le calife ‘Abdel Malik reçut la lettre d’al-Hajjaj Ibn Yousouf l’informant des déboires de l’armée qui était avec ‘Oubaydallah Ibn Abi Bakrah dans le territoire de Zounbil, il lui écrivit comme suit: « J’ai reçu ta lettre me rapportant la défaite des Musulmans au Sijistan. Ce sont des gens qu’Allah Exalté avait décrété qu’ils seraient tués : « Dis : « Eussiez-vous été dans vos maisons, ceux pour qui la mort était décrétée seraient sortis pour l’endroit où la mort les attendait[8] » et leur récompense est auprès de Lui, Loué soit-Il. Quand à mon opinion sur le fait de diriger les troupes, ou de les laisser, vers cette frontière où les Musulmans furent défaits mon opinion est que tu dois suivre ta propre opinion en procédant correctement et je vous souhaite tout le succès ».

 

Al-Hajjaj prépara une grande armée composée de vingt-mille hommes de Koufa et d’autant de Basra, soit de quarante-mille combattants. Il équipa cette armée des meilleures montures et des meilleures armes et dépensa largement pour son entretien avant de l’envoyer au combat.

Cette armée fut appelée « l’armée des paons » (jaysh at-tawawis) et le commandant de cette armée était al-Hajjaj Ibn ‘Outarid Ibn ‘Omar at-Tamimi qui se dirigea aussitôt vers le Sijistan avant de faire une halte dans l’Ahwaz.

Al-Hajjaj Ibn Youssouf envoya ‘Oubaydillah Ibn Hajar Ibn Dzil Joushan al-Kilabi al-‘Amiri, le frère de l’infâme Shamir Ibn al-Joushan, pour remplacer al-Hajjaj Ibn ‘Outarid à la tête de l’armée.

Puis après cela, al-Hajjaj changea encore d’avis et jugea plus utile d’envoyer ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at pour remplacer ‘Oubaydillah Ibn Hajar à la tête de l’armée.

Isma’il Ibn Ash’at l’oncle de ‘AbderRahmane Ibn Muhammad alla trouver al-Hajjaj pour le conseiller et lui dit :

– « N’envoie pas ‘AbderRahmane car j’ai peur qu’il te conteste. Par Allah, il n’a jamais traversé un pont de l’Euphrate sans qu’il ait contesté tous ceux à qui il a été ordonné d’obéir ».

– « Je ne pense pas qu’il fera cela par ce qu’il me craint lui répondit al-Hajjaj, « ni même qu’il se retournera contre moi ».

 

 

Puis al-Hajjaj envoya cette armée au Sijistan et lorsqu’ils arrivèrent, Abou az-Zoubayr al-Arhabi, un homme de Hamdan qui était avec ‘AbderRahmane monta sur la chaire, loua et glorifia Allah exalté et dit : « O hommes, l’émir al-Hajjaj m’a nommé à votre tête et m’a chargé de combattre votre ennemi qui a pillé votre terre et détruit vos propriétés. Ne laissez aucun d’entre vous esquiver son devoir et apporter la punition sur lui-même. Rendez-vous à votre camp et rassemblez-vous avec les troupes ».

Les hommes se rassemblèrent dans leur camp. Des marchés furent installés pour eux, et les hommes commencèrent à se préparer et à préparer leur matériel pour la bataille. Lorsque Zounbil fut informé de l’arrivée de ces nouvelles troupes, il écrivit à ‘AbderRahmane Ibn Muhammad et s’excusa pour le coup infligé aux Musulmans. Il l’informa qu’il avait agi seulement à contrecœur, qu’il avait été forcé de les combattre et il demanda la paix et le paiement des impôts si ‘AbderRahmane l’acceptait. ‘AbderRahmane n’accepta ni ne répondit mais marcha immédiatement contre lui avec ses forces jusqu’à parvenir aux frontières de son territoire. Zounbil commença à réunir ses forces et abandonna sa terre, région après région et forteresse après forteresse, à ‘AbderRahmane.

Mais al-Ash’ath ne fit pas comme son prédécesseur et ne tomba pas dans leur piège. Il était extrêmement méfiant dans son avance. A chaque fois qu’il entrait dans une ville ou une région, il ne partait pas avant d’avoir organisé une forte défense et d’avoir nommé un émir, pour être sûr de ne pas être attaqué dans le dos. Puis, il envoya des espions dans toutes les directions pour être tenu informé des mouvements de l’ennemi.

Aussitôt qu’Ibn al-Ash’ath capturait une région, il envoyait aussitôt un collecteur d’impôt accompagné d’un détachement armé. Il installa des postes de garde dans toutes les régions, ainsi que des postes de guets placés dans les défilés et les ravins. Il laissa des détachements armés dans tous les endroits potentiellement dangereux. Grace à cette méthode, il put mettre la main sur un très large territoire et ramasser un immense butin avant d’ordonner aux hommes de stopper leur pénétration dans les terres de Zounbil et leur dit : « Contentons-nous ce que nous avons déjà en notre possession pour cette année en attendant de collecter les impôts et laissons les Musulmans voyager librement par ces routes. L’année prochaine nous avancerons plus loin, et nous procéderons ainsi année après année pour les priver de plus en plus de leur territoire et jusqu’à la fin, nous les combattrons pour leurs trésors et leurs femmes, dans leurs régions les plus éloignés et leurs forteresses les plus imprenables. Nous ne quitterons pas leur terre jusqu’à ce qu’Allah les détruise ».

C’était un conseil sage et réfléchit et les soldats de l’armée donnèrent leur accord. Alors il écrivit à al-Hajjaj pour l’informer des conquêtes en terre ennemie, des victoires et des grâces accordées par Allah Exalté à Ses serviteurs et de la stratégie il poursuivait.

 

 

La deuxième raison pour laquelle al-Hajjaj envoya Ibn al-Ash’ath

 

 

Il existe une autre raison dans les livres d’histoires pour laquelle al-Hajjaj envoya al-Ash’ath. Il est dit qu’al-Hajjaj envoya un autre commandant Imyad Ibn ‘Adiyy as-Sadoussi ash-Shaybani des Bani Shayban Ibn Zhouhl at-Tha’labah Ibn ‘Ouqabah Ibn Sa’d et non pas leur oncles des Banou Shayban at-Tha’labah Ibn ‘Ouqabah Ibn Sa’d Ibn ‘Ali Ibn Bakr Ibn Wahil dont est issu Himyan Ibn ‘Adiyy d’où est issu l’Imam de la Sounnah et de la Communauté Ahmad Ibn Hanbal et d’autres personnes renommés des Banou Bakr Ibn Wahil. Néanmoins, ils n’ont pas le même prestige que les fils de leurs oncles les Banou Shayban Ibn Tha’labah Ibn ‘Ouqabah d’où sont issus les seniors des Bani Wahil.

 

Al-Hajjaj envoya Imyad Ibn ‘Adiyy à la tête d’un groupe de combattants au Kirmân en renfort pour l’émir du Sijistan et le Sind en cas d’un besoin urgent de renfort. Mais Imyad se rebella aux ordres et al-Hajjaj lui envoya al-Ash’ath pour les faire revenir à la raison. Lorsqu’il eut exécuté les ordres, al-Ash’ath resta au Kirmân jusqu’à la mort de ‘Oubaydillah Ibn Abi Bakra, le gouverneur du Sijistan.

 

Puis al-Hajjaj lui avait envoyé une lettre pour le nommer nouveau gouverneur du Sijistan avec « l’armée des paons » pour combattre Routbil. Et ceci est la deuxième raison de l’envoi d’Ash’at rapporté par les historiens.

 

Et en même temps ‘Abdel Malik Ibn Marwan, le cinquième calife omeyyade avait envoyé une puissante armée en territoire romain commandée par son fils al-Walid ‘Abdel Malik tandis que le roi de Rome était à cette époque l’empereur byzantin Iprios II.

 

 

En l’an 81 de l’Hégire (700), eut lieu la conquête de Qaliqalah[9] sous le commandement de ‘Oubaydallah Ibn ‘Abdel Malik, le fils du calife ‘Abdel Malik.

 

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