BANU UMAYYAH

La lutte contre les Byzantins

  

En l’an 77 de l’Hégire (696), ‘Abdel Malik Ibn Marwan envoya son fils al-Walid à la tête d’une armée pour les combats d’été au pays des romains. Le roi des romains était à cette époque l’empereur byzantin Léonidas (lionitious).

 

 

En l’an 78 de l’Hégire (697), ‘Abdel Malik Ibn Marwan nomma son oncle Yahya Ibn Hakam commandant des armées qui avaient pour mission d’envahir le pays des Romains.

Le front de Syrie était différent du front d’Iraq. Le front d’Iraq était occupé à mettre une fin aux séditions des khawarije et les Musulmans ne purent pas faire face à leurs ennemis.

Quant au front de Syrie, il était uni, loin des khawarije et de leur mal et c’est pourquoi les Musulmans de cette région pouvaient faire face à leurs ennemis, les polythéistes. Mais lorsque les gens de Syrie furent éprouvés par la peste en l’an     79 de l’Hégire (698), la lutte contre les Romains cessa.

 

Cette même année, lorsque ‘Abdel Malik Ibn Marwan, le cinquième calife, vit de quelle manière al-Hajjaj avait opéré avec les khawarije et s’était débarrassé d’eux, il désista de son poste Oumayyah Ibn ‘Abdillah Ibn Khalid Ibn Assid Ibn Abi al-‘Is Ibn Oumayyah du Khorasan.

Puis, il rajouta à al-Hajjaj qui était déjà gouverneur d’Iraq, le Khorasan et le Sijistan qui envoya ses députés prendre leur place à ces deux nouveaux postes tandis que lui-même resta en Iraq à Koufa. Al-Hajjaj envoya al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi, le célèbre commandant au Khorasan et ‘Oubaydillah Ibn Abi Bakra ath-Thaqafi au Sijistan.

 

 

En l’an 79 de l’Hégire (698), la peste ravagea la Syrie et les gens furent pratiquement tous anéantis. Il n’y eut donc aucune campagne militaire cette année à cause du trop grand nombre de morts et les Byzantins en profitèrent pour attaquer Antioche.

 

 

La Campagne de ‘Oubaydallah Ibn Abi Bakra au Sijistan

 

‘Oubaydallah Ibn Abi Bakra resta inactif le reste de cette année avant d’attaquer Zounbil. Zounbil était sous une trêve et les Musulmans collectaient d’eux les impôts mais, ils furent renvoyés plusieurs fois les mains vides. Al-Hajjaj écrivit à ‘Oubaydallah et lui dit : « Fait leur la guerre avec tous les Musulmans qui sont avec toi et ne revient pas avant d’avoir pillé leur terre, rasé leurs forteresses, tué leurs hommes et pris leurs femmes captives ».

‘Oubaydallah leva les Musulmans de Koufa commandés par Shourayh Ibn Hani al-Harithi al-Dababi, qui était alors âgé de 120 ans et qui avait été un compagnon de ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait d’eux) et ceux de Basra dont il prit la tête et le commandement général de l’armée.

Quant à sa généalogie, il est Shourayh Ibn Hani Ibn Yazid Ibn Nahik Ibn Dourayd Ibn Soufyan Ibn Dabab et Dabab est Salamah Ibn Harith Ibn Ka’b Ibn ‘Amr Ibn ‘Oullah Ibn Jald qui est Khalid Ibn Malik Ibn Oudad et Malik Ibn Oudad est Madhij.

 

‘Oubaydillah Ibn Abi Bakra rentra dans le pays des Turcs, conquit villes après villes et avança vers leur capitale. Il saisit tous les troupeaux et toutes les propriétés qu’il voulut avant de raser les forteresses et les châteaux. Il conquit une grande partie de leur territoire tandis que les forces turques de Zounbil se retirèrent devant lui et le laissèrent pénétrer assez profondément dans leur territoire et lorsqu’il ne fut plus qu’à 18 parassanges[1] (farsakhan) de leur capitale, soit à 87 kilomètres, et qu’il s’engagea dans un passage montagneux, les Turcs qui lui avaient préparé une embuscade fermèrent le défile devant et derrière eux pour l’empêcher de se retirer.

Les Musulmans se retrouvèrent dans une fâcheuse situation et eurent peur d’être anéantis. Ibn Abi Bakra envoyé un message à Shourayh Ibn Hani et lui dit : « Je vais offrir une trêve à l’ennemi, leur donner de l’argent en échange du libre passage hors d’ici ». Il leur envoya ce message et leur offrit 700.000 dirhams pour une trêve. Mais Shourayh arriva et leur dit : 

– « Tout ce que vous paierez pour une trêve sera crédité par le gouvernement et retiré de vos salaires ». Ibn Abi Bakra répondit :

– « Même si le gouvernement devait retenir nos salaires pour le reste de nos vies, cela vaut mieux que de périr ! » Shourayh répondit :

– « Par Allah, j’ai atteint un âge où mes plaisirs arrivent à leurs fins et il n’y a pas une heure du jour ou de la nuit sans que je ne m’attends à mourir avant qu’elle ne s’écoule. J’ai cherché le martyr depuis bien longtemps, et si je le manque aujourd’hui, je ne pense pas que je trouverais une autre occasion plus propice sinon que de mourir de mort naturelle ». Alors il dit : «  O Musulmans ! Entre aidez-vous contre votre ennemi ! » Ibn Abi Bakra lui dit :

– « Tu es devenu un vieil homme sénile ». Shourayh riposta :

– « Tu ne recherches que la noblesse, que l’on dise : « Le jardin d’Abi Bakra », et « le bain d’Abi Bakra! O Musulmans que celui d’entre vous qui recherche le martyr me suivent ! » Quelques volontaires parmi les cavaliers et les fantassins le suivirent et ils combattirent jusqu’à ce que la plupart d’entre eux aient atteint leur but, puisse Allah le Très Haut leur faire miséricorde.

Lorsqu’il se lança dans la bataille, Shourayh dit :

 « J’ai vécu parmi les polythéistes avant de devenir un homme affligé, un vieillard,

J’ai vécu pour voir le Prophète, l’avertisseur et après lui son ami sincère et ‘Omar,

Et le jour de Mihran et celui de Toustara,

Les réunions à Siffin et Narhawa,

Puis l’allégeance à Joumayrat contre les éprouvés,

Combien cette vie m’a été allongée[2] ».

 

Quelques combattants qui étaient avec Shourayh Ibn Hani (qu’Allah soit satisfait de lui) réussirent à se retirer de la bataille à quitter le pays des Turcs et à rejoindre le reste de l’armée des Musulmans.

Le reste des Musulmans se retira alors du territoire de Zounbil après un long siège et avoir durement été éprouvé par la faim. Ils rencontrèrent un autre groupe de Musulmans avec de la nourriture et les gens furent effrayés de les nourrir de crainte qu’ils meurent et ils durent donc les nourrir tout d’abord avec de la graisse jusqu’à ce qu’ils fussent capables de manger correctement.

Al-Hajjaj fut effrayé des déboires de l’armée musulmane. Et sans connaitre l’intégralité de l’histoire, il écrivit aussitôt au calife ‘Abdel Malik et lui dit : « Les troupes du commandant des croyants du Sijistan ont rencontré le désastre, et seulement quelques-uns d’entre eux se sont échappés. L’ennemi enhardi par son succès contre les gens de l’Islam est entré dans leurs terres et a conquis toutes leurs forteresses et leurs châteaux. Je voudrais leur envoyer une force massive d’hommes des deux garnisons mais j’aimerais avoir l’avis du commandant des croyants sur le sujet. Si c’est son opinion est que je dois répartir cette force, je le ferai donc. Si ce n’est pas son opinion, le commandant des croyants reste l’autorité suprême sur ses propres forces ; mais je crains que si Zounbil et les polythéistes qui sont avec lui ne sont pas rapidement arrêtés par une force massive, ils submergeront nos frontières ».

 

Cette même année, le grand commandant al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi arriva au Khorasan nommé gouverneur par al-Hajjaj Ibn Youssouf.    

 

 

En l’an 80 de l’Hégire (699), La Mecque fut inondée. La force du torrent emporta les habitations sur son passage et causa de grande perte. Il a été rapporté que non seulement les chameaux et leurs chargements furent emportés par la violence des flots mais aussi les gens que personne ne put secourir. Le niveau de l’eau submergea la pierre noire. Cette année fut appelée l’année de l’inondation.

 

Cette même année, il y eut une épidémie de peste à Basra mais cela n’empêcha pas les Musulmans de combattre dans la voie d’Allah pour la propagation de l’attestation de foi « il n’y a nulle divinité excepté Allah » et pour que la parole d’Allah soit élevée et al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah traversa le fleuve de Balkh et attaqua Kish[3].

 

Views: 0