BANU UMAYYAH

L’armée des volontaires

 

Les gens d’Iraq furent grandement peinés par tous ces évènements auxquels ils décidèrent de faire face une nouvelle fois et cinquante-mille volontaires sortirent pour combattre les khawarije.

Al-Hajjaj nomma ‘Attab Ibn Warqah at-Tamimi à la tête de cette armée et envoya avec eux le respectable Compagnon Zour’ah Ibn Hawiyah at-Tamimi (qu’Allah soit satisfait de lui) des Bani Joushan Ibn Harith Ibn Ka’b Ibn Sa’d.        

Zour’ah Ibn Hawiyah (qu’Allah soit satisfait de lui) est celui qui tua Jalinous, le célèbre général perse lors de la bataille d’al-Qadissiyah qui eut lieu au mois de Sha’ban de l’année 15 de l’Hégire (636). Zour’ah était dans l’avant-garde de l’armée musulmane commandée par le respectable Compagnon Sa’d Ibn Abi Waqqas (qu’Allah soit satisfait de lui).

Al-Hajjaj envoya Zour’ah Ibn Hawiyah (qu’Allah soit satisfait de lui), qui était un très vieil homme, avec eux afin que les gens suivent ses conseils. Malgré son âge avancé, il était toujours prêt à combattre et al-Hajjaj envoya aussi avec eux Qabissah Ibn Waliq at-Taghlibi.

Puis il écrivit au cinquième calife omeyyade ‘Abdel Malik Ibn Marwan pour lui demander des renforts de l’armée de Syrie parce que d’après lui, il n’y avait aucun bien dans les soldats de Koufa.      

AbdelMalik Ibn Marwan lui envoya quatre-mille combattants commandés par Soufyan Ibn Abraj al-Kalbi et Habib Ibn ‘AbderRahmane al-Madhaji à la tête de deux autres milles guerriers.

 

 

En l’an 77 de l’Hégire (696), au lieu-dit Souk Hakamah, l’armée de Koufa rencontra les khawarije au nombre de six-cent commandés par Shabib. Au premier choc l’armée de Koufa s’enfuit et parmi eux ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at al-Kindi et Muhammad Ibn ‘AbderRahmane Ibn Sa’id Ibn Qaws al-Handani.

Au cours de cette bataille furent tués :

– ‘Attab Ibn Warqah at-Tamimi, le commandant général de l’armée,

– Zour’ah Ibn Hawiyah (qu’Allah soit satisfait de lui), le respectable Compagnon d’âge avancé à qui les khawarije ne firent pas miséricorde, pour ses services et son ancienneté dans l’Islam. Les khawarije l’écrasèrent et le piétinèrent avec leurs chevaux mais ils ne purent venir à bout de lui car il se défendait toujours avec son sabre malgré ses blessures. Al-Fadl Ibn ‘Amir ash-Shaybani descendit alors de son cheval et le tua.

Les khawarije tuèrent aussi Qabissah Ibn Waliq at-Taghlibi, qui était un brave vieil homme et lorsqu’ils le tuèrent, les Banou Taghlib furent très fâchés de son assassinat du fait qu’il était un de leurs nobles. Et Shabib dit aux khawarije :

– « O Musulmans, vous avez tué Qabissah Ibn Waliq et il leur lit : « Et raconte-leur l’histoire de celui à qui Nous avions donné Nos signes et qui s’en écarta. Le Diable, donc, l’entraîna dans sa suite et il devint ainsi du nombre des égarés[5] », ceci est l’exemple du fils de votre oncle Qabissah Ibn Waliq. Il est venu voir le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) puis est devenu musulman et maintenant, il est venu vous combattre avec les mécréants.

Puis, il se tourna vers la dépouille de Qabissah et lui dit :

– « Sois tu perdu ! Pourquoi n’es-tu pas resté ferme dans ton premier Islam ! »

Ceci est le discours de la doctrine déviante des khawarije. S’ils agissaient ainsi envers les Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et les héros de l’Islam, qu’attendez-vous donc qu’ils fassent au commun des Musulmans ?

 

Lorsque l’armée de Syrie arriva à Koufa, al-Hajjaj Ibn Youssouf ath-Thaqafi monta sur la chair de la mosquée et harangua les gens : « Ceci dit : O gens de Koufa, pas de puissance pour vous si Allah ne l’a pas voulu pour vous et pas de victoire pour vous si Allah ne l’a pas voulu pour vous. Partez et ne sortez pas combattre avec nous nos ennemis. Allez chez les Juifs et les Chrétiens ! »

 

Pourquoi ces khawarije sont-ils victorieux alors qu’ils sont dans l’erreur ? Ceci est la question ! Et pourquoi les gens de Koufa sont-ils toujours battus quand leur nombre est bien supérieur ?

Je vais vous raconter cette histoire peut-être comprendrez-vous la différence entre eux et les gens d’Iraq. Il est dit que Shabib descendit dans une région du nom de Sourah et dit à ses partisans :

– « Qui d’entre vous me ramèneras la tête de l’émir de Sourah (qui pour eux était un mécréant) ? »

Cinq de ses partisans sortirent pour s’occuper de cette affaire. Ils allèrent chez le gouverneur, le tuèrent, tranchèrent sa tête et la ramenèrent à Shabib. Ils prirent aussi tout ce qu’ils trouvèrent d’argent et de bien chez lui qu’ils chargèrent dans des sacs sur un mulet.

Lorsqu’ils revinrent Shabib, leur demanda :

– « Que vous nous avez donc rapporté ? » Ils répondirent :

– « Nous t’avons rapporté la tête du pervers et ses biens ».

– « Vous avez rapporté la sédition pour les Musulmans » leur dit Shabib tout en transperçant les sacs contenant les biens. Puis il frappa le mulet qui partit semant l’argent par les trous fait dans les sacs.

Ceci nous montre que bien dans leur égarement évident, ces gens étaient des ascètes alors que les gens d’Iraq courraient pour les biens de ce monde et ces douceurs.

Les khawarije lorsqu’ils combattaient le faisaient pour atteindre le martyr ou la victoire tandis que l’armée d’Iraq, qui se vautraient dans leurs biens et leurs conforts, et qui contrairement aux Syriens étaient désobéissants à celui qui détenait le pouvoir.

Les gens d’Iraq lorsqu’ils combattaient, ils se sauvaient au premier choc et c’est pour cela que lorsque les gens de Syrie arrivèrent, qui étaient renommés pour leur obéissance aveugle au calife, réussirent là ou toutes les armées d’Iraq avaient failli, en battant les khawarije et à les expulser.

 

 

Les khawarije rentrent de nouveau dans Koufa

 

Shabib marcha sur Koufa avec sa troupe pour écraser l’armée d’Iraq une huitième fois. Il s’arrêta à Hamam A’yam en souvenir d’A’yam, le serviteur de Bishr Ibn Marwan tandis qu’al-Hajjaj se trouvait à Koufa.

Al-Hajjaj lui envoya une troupe de mille cavaliers commandée par Harith Ibn Mou’awiyah Abi Zour’ah ath-Thaqafi. Shabib Ibn Yazid le tua au premier affrontement et l’armée d’Iraq s’enfuit et retourna à Koufa.  

Puis Shabib traversa le pont et descendit à Sabakhah ou il établit son campement menaçant directement une nouvelle fois Koufa ce qui poussa les gens de la ville à s’organiser pour se défendre et à défendre leurs biens.

Al-Hajjaj envoya aussi ses partisans défendre la ville tandis qu’il envoya un de ses serviteurs Abou al-Ward avec une troupe combattre Shabib mais Shabib le tua et la troupe fut défaite.

Al-Hajjaj lui envoya une nouvelle troupe commandée par Touhman mais le résultat fut le même et Touhman fut tué et son armée mit en déroute. Shabib rentra une nouvelle fois à Koufa pour faire permettre à sa femme Ghazalah de tenir un pacte qu’elle avait jurée d’accomplir. Elle avait juré de prier deux unités de prières dans la mosquée de Koufa et de réciter la totalité de la Sourate al-Baqarah dans la première Rak’a et la Famille d’Imran dans la seconde. Puis lorsqu’elle eut finit les khawarije quittèrent la ville et c’est tout ce qui arriva.

Shabib prouvait par cela qu’il était un redoutable chef et combattant.

 

 

L’armée de Syrie et la défaite des khawarije

 

Quant al-Hajjaj vit ce qui était arrivée à toutes les troupes qu’il avait envoyé et avant de rentrer dans la décisive bataille qui allait s’ensuivre entre eux et les khawarije, il convoqua toutes les personnes importantes et tint un conseil de guerre. Il leur demanda d’exprimer leurs idées mais tous restèrent silencieux du fait de la crainte qu’ils éprouvaient à son égard.

Enfin un homme se leva et dit :

– « Si l’émir m’autorise, je parlerais ! »

– « Parles » lui répondit al-Hajjaj.

– « L’émir n’a été utile en rien ni pour le calife et ni pour nous ». Puis il s’assit.

– « Qui est celui qui a parlé ? » L’homme se leva et c’était Qoutaybah Ibn Mouslim al-Bahili. Il dit alors :

– « Comment peux-tu envoyer des paysans combattre aux côtés d’un noble ? Il est alors normal que le noble a honte de combattre jusqu’à la mort seul tandis que ceux qui l’accompagnaient s’enfuient du champ de bataille ! »

– « Quel est ton avis alors ? »

– « Mon avis est que tu sortes en personne combattre avec eux ! »

Et al-Hajjaj semblait déjà persuadé que c’était la seule solution qui lui restait. Il dit :

– « Vas, trouve moi un endroit adéquat ou je puisse établir un camp de guerre et reviens me voir ».    

Qoutaybah Ibn Mouslim fit ce qu’on lui demandait et il revint le lendemain voir al-Hajjaj et les armées se réunirent à cet endroit.  

  

Al-Hajjaj organisa l’armée puis il sortit en compagnie de l’armée de Syrie à la rencontre des khawarije à Sabakhah ou ils avaient établis leur camp.

Avant la bataille al-Hajjaj harangua l’armée de Syrie et dit :

– « O gens de Syrie, ô gens qui écoutent et obéissent, ô gens de patience et de certitude, aucune fourberie ne peut venir à bout de vous, baissez vos regards et maintenez-vous fermement sur vos montures ».

 

L’armée de Syrie suite aux paroles d’al-Hajjaj resserrèrent leurs rangs et pointèrent leurs lances leur l’ennemi, voulant ainsi dire qu’ils étaient prêts pour la bataille.

Alors Shabib et ses cavaliers donnèrent l’assaut mais l’armée de Syrie reste ferme. Puis assaut après assaut des khawarije, l’armée de Syrie ne fut pas ébranlée bien au contraire, elle commença à gagner sur terrain sur l’ennemi.

Shabib et les khawarije tentèrent plusieurs astuces mais aucune ne put venir à bout de la fermeté de l’armée de Syrie. Et pour la première fois, ils eurent à faire face à un adversaire beaucoup plus redoutables à ce quoi ils avaient été habitués.

L’armée de Syrie doucement et surement fit reculer les khawarije, et lorsque Shabib Ibn Yazid vit la fermeté des gens qui leur faisaient face, il appela ses hommes à se regrouper autour de lui et ils combattirent comme des damnés.

Mais rien n’y fit et par la grâce d’Allah, l’armée de Syrie resta stoïque. A ce moment précis Khalid Ibn ‘Attab Ibn Warqah at-Tamimi demanda la permission à al-Hajjaj de l’autoriser à attaquer le campement de Shabib Ibn Yazid pour venger la mort de son père ‘Attab Ibn Warqah.

Al-Hajjaj lui donna la permission et Khalid attaqua leur camp. Moussa Ibn Yazid, le frère de Shabib et aussi un des chefs des khawarije fut tué lors de cet assaut contre leur camp de même que l’épouse de Shabib, Ghazalah à qui ils tranchèrent la tête. Puis Khalid brûla leur camp.        

Lorsque les khawarije virent le feu et la fumée se dégager de leur camp, ils abandonnèrent la bataille et s’enfuirent poursuivit par les Musulmans.

S’il est vrai que les khawarije sont braves et de redoutables combattants, il est aussi vrai qu’ils peuvent être battu par des gens braves, courageux et motivés et patients !

 

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