BANU UMAYYAH

Al-Hajjaj Ibn Youssouf ath-Thaqafi

 

Toujours en l’an 72 de l’Hégire (691), ‘Abdel Malik Ibn Marwan satisfait d’avoir battu Mous’ab Ibn Zoubayr et d’avoir récupéré l’Iraq, décida de quitter l’Iraq pour la Syrie. Al-Hajjaj Ibn Youssouf ath-Thaqafi rentra chez le calife, et lui dit :

– « O Emir des croyants, je me suis vu en rêve capturer ‘AbdAllah Ibn Zoubayr et l’écorcher. Envoie-moi à lui et charge moi de le combattre ».    

Lorsque ‘Abdel Malik entendit cela et vit l’enthousiasme de cet homme, il l’envoya à la tête de mille cavaliers et lui remit une lettre pour les gens de La Mecque ou il leur garantissait la sécurité s’il obéissait à son émissaire.

En effet, la sécurité devait toujours offerte aux gens avant de les combattre et il ne pouvait avoir de combat dans le cas contraire. Ensuite le choix revenait aux gens : accepter ou refuser.

Al-Hajjaj arriva à Taif au mois de Sha’ban de l’année 72 de l’Hégire (691). ‘Abdel Malik lui envoya une armée de soutien de sept-mille combattants commandée par Tarid Ibn ‘Amr al-Makki, le serviteur de ‘Uthman Ibn ‘Affan (qu’Allah soit satisfait de lui).

 

 

Le siège de La Mecque et le bombardement de la Ka’bah

 

Et lorsque le mois de Dzoul Qi’dah entra, al-Hajjaj à la tête de son armée quitta Taif et descendit à Bir Maymoun ou il assiégea ‘AbdAllah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui). Tarid Ibn ‘Amr rejoignit al-Hajjaj au mois de Dzoul Hijjah. Les armées fusionnèrent et ils mirent le siège sur La Mecque.

Le siège dura six mois et vingt-sept jours, et selon d’autre le siège commença à la nouvelle lune de Dzoul Qi’dah de l’année 73 de l’Hégire (692), et ‘AbdAllah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui) fut tué le 17 Joumadah Awwal de l’année 73 de l’Hégire (692).

 

Lorsqu’al-Hajjaj arriva à la Mecque, il déploya ses catapultes sur le mont Abi Qoubays et bombarda la Ka’bah Sacrée avec des rochers. Le ciel s’assombrit striés d’éclairs, l’orage gronda et la foudre tomba sur une des     catapultes qui rompit et tua douze soldats de Syrie.

Puis le bombardement s’arrêta de même que les combats et al-Hajjaj le vil dit :

– « O gens de Syrie, Ne désavouez pas ce que vous faites, car je suis le fils de Tihama. Et ce sont les foudres de Tihama. La victoire a déjà eu lieu et je vous en annonce la bonne nouvelle ».

Puis le combat et les bombardements reprirent de plus belle et ils virent un groupe entier des compagnons de ‘AbdAllah Ibn Zoubayr tomber, écrasés par un rocher lancés sur eux et ils se réjouirent.

Ibn al-Athir a dit dans son livre d’histoire « al-Kamil fit-Tarikh » : « Le combat dura longtemps entre les deux parties, et à cause de la férocité de la bataille, la pression s’accentua sur les partisans de ‘AbdAllah Ibn Zoubayr et du fait de l’implacable siège sur La Mecque, les gens n’eurent plus rien à manger. ‘Abdallah Ibn Zoubayr fut obligé de tuer son propre cheval qu’il découpa en morceau et partagea avec ses partisans.

Beaucoup d’entre eux l’abandonnèrent, et avec un grand nombre des gens de La Mecque sortirent chez al-Hajjaj et demandèrent la sécurité. Parmi eux se trouvaient les fils d’Ibn az-Zoubayr Hamzah et Khoubayb et al-Hajjaj leur accorda la sécurité.

Quant à Zoubayr Ibn ‘AbdAllah Ibn Zoubayr son père lui dit :

– « Accepte comme tes frères la sécurité qui t’es offerte mais par Allah je préfère que tu restes ». Son fils Zoubayr lui répondit :

– « Je n’avais nullement dans l’idée de m’écarter de toi. » Puis il combattit avec son père, jusqu’à ce qu’il soit tué.

Tandis que le siège s’intensifiait sur ‘AbdAllah Ibn Zoubayr, ils avancèrent vers lui en groupe serré.

 

 

Asma Bint Abou Bakr as-Siddiq, la mère de ‘AbdAllah Ibn Zoubayr

 

‘AbdAllah Ibn Zoubayr, alla voir sa mère, la respectable Compagnonne Asma Bint Abi Bakr as-Siddiq (qu’Allah soit satisfait d’elle et de son père), Asma Bint Abi Bakr (qu’Allah soit satisfait d’elle), Asma Dzat Nitaqayn (les deux ceintures) et il s’ensuivit entre eux une fantastique discussion.

Il convient de présenter ce débat qui nous dévoilera tout ce qu’a fait ce respectable compagnon ‘AbdAllah Ibn Zoubayr Ibn ‘Awwam Ibn Khouwayl Ibn Assad Ibn ‘Abdel ‘Ouzzah Ibn Qoussayl Ibn Kilab al-Qourayshi, des Banou ‘Abdel ‘Ouzzah (qu’Allah soit satisfait de lui).      

– « O mère (ya oumma), les gens m’ont abandonné, de même que ma famille et mes enfants et n’est resté avec moi qu’une poignée de gens qui n’ont à patienter que moins d’une heure. Et on m’a proposé de me donner ce que je veux de la vie ! Qu’est-ce tu en penses ? »

‘AbdAllah Ibn Zoubayr était alors âgé de 72 ans tandis que sa mère en avait 100 lui dit :

– « O mon fils, tu sais mieux que moi ce qui est en toi. Si tu penses que ce que tu fais est juste et que tu appelles au vrai, alors défends-toi car pour lui ont été tués tes amis et les garçons des Bani Oumayyah joueront avec ta tête. Mais si tu préfères la vie de ce monde, alors tu seras la pire des créatures car tu auras perdu ceux qui ont été tué en ta compagnie et toi-même.

Si tu dis que tu es dans le vrai, la mort de tes amis ne dois pas t’affaiblir et ce n’est pas l’œuvre des gens libres ni même des gens pieux. Combien de temps espères-tu vivre dans ce monde ? La mort est préférable ».

– « O mère, je crains que si les gens de Syrie me tuent, qu’ils paradent avec mon corps et qu’ils me mutilent ! »

– « O fils, le mouton mort ne se plaint pas de son dépeçage. Vas-y pour ce que tu crois et cherche protection auprès d’Allah ».

Lorsqu’Ibn Zoubayr entendit les propos de sa mère, il lui demanda la permission de se retirer puis l’embrassa sur la tête et dit :

– « Par Allah, tu m’as dit ce que je voulais entendre et c’est exactement mon avis. Je n’ai nullement cherché ni même aimé les attraits de cette vie et mes actes n’ont été conduits que par la colère d’Allah que notre impunité ai été violée. J’ai voulu connaitre ton avis et tu n’as fait que me convaincre de la justesse de mon point de vue. Regarde mère, en ce jour je serais tué. Ne sois pas affligée et place tes affaires en Allah. Ton fils n’a jamais fait de perfidie ou de mal, ni trahit la confiance d’Allah ou a été injuste dans l’application de Ses lois, il n’a jamais fait de mal à un Musulman ou à un non musulman. Je n’ai jamais agrée pour un mal commis par un de mes serviteurs mais bien au contraire, je l’ai toujours déploré. Jamais ne m’a peiné quelque chose venant d’Allah. O Grand Seigneur, je ne dis pas cela pour me faire valoir, et Toi tu sais mieux que moi, mais j’ai dit cela pour consoler ma mère ». Sa mère lui répondit :

– « Je prie Allah le Très Haut de n’avoir que les meilleures pensées à ton sujet. Sort que je vois ce qui va t’arriver ».

– « Qu’Allah te récompense des meilleures récompenses ô mère et prie pour moi avant et après ».

– « Je ne pleurerai pour toi que si tu étais tué pour une cause vaine et injuste ». Puis elle dit : « O Grand Seigneur fait lui miséricorde pour les longues heures et ses sanglots lors de ses prières dans les ténèbres de la nuit alors que les gens dormaient. O Grand Seigneur, fait lui miséricorde pour avoir enduré la faim et la soif lors de ses voyages entre Médine et la Mecque alors qu’il jeûnait. O Grand Seigneur, bénis sa droiture envers ses parents. O Grand Seigneur je Te le confie à Ton commandement et je suis satisfaite de ce que Tu m’as destiné et pourvois moi de la récompense des patients et des reconnaissants en ce qui arrivera à ‘AbdAllah ».

Cette discussion devrait être enseigné dans les écoles et figurer dans les livres d’éducations islamiques tant elle recèle de trésors. Mais y a-t-il encore quelqu’un qui désire l’Islam puisque nous avons abandonné sa défense ?

 

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