BANU UMAYYAH

Le retour des khawarije

 

En l’an 68 de l’Hégire (687), Mous’ab Ibn Zoubayr qui était émir de l’Iraq stationné à Basra, nomma Harith Ibn ‘Abdillah Ibn Abi Rabi’ah émir de Koufa et ‘Omar Ibn ‘Abdillah Ibn Ma’mar émir de Perse.

Les khawarije qui avaient fuient à Kirmân et Ispahan, après leur défaite en l’an 66 de l’Hégire (685) contre al-Mouhallab dans l’Ahwaz et commandés par Zoubayr Ibn Mahouz at-Tamimi attaquèrent ‘Omar Ibn ‘Abdillah. Néanmoins Ibn Ma’mar réussit à les battre et à les expulser.

Les khawarije se réfugièrent de nouveau à Ispahan et à Kirmân, ou ils organisèrent leurs forces pour capturer Koufa et marchèrent sur l’Ahwaz.

Ibn Ma’mar informé de leurs mouvements les poursuivit avec son armée tandis que Mous’ab prévenu de leur arrivée se prépara en conséquence.

 

 

Al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi

 

L’Ahwaz connut alors l’outrage et la terreur des khawarije, ces criminels qui seront les chiens de l’enfer. Ils massacrèrent les Musulmans de Mada’in, femmes, hommes, enfants et vieillards et éventrèrent les femmes enceintes. Puis, ils marchèrent sur les faubourgs d’Ispahan ou eut lieu une féroce bataille entre eux et les Musulmans commandé par ‘Atab Ibn Warqah Ibn Harith Ibn ‘Amr at-Tamimi.

Les khawarije furent battu et leur chef Zoubayr Ibn Mahouz at-Tamimi fut tué et aussitôt remplacé par     Qatari Ibn al-Fouja’ah at-Tamimi. Mais cela ne les empêcha pas de poursuivre leurs agressions contre les Musulmans qui souffrirent beaucoup de leurs maux.

Mous’ab sut alors qu’il devait les arrêter coute que coute et leur opposer un redoutable chef combattant. Il ne trouva personne de mieux que le chef renommé al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi qui était l’émir de Mossoul et d’al-Jazirah.

Mous’ab lui ordonna donc de faire face aux khawarije et pendant huit mois, Ibn Abi Soufrah les combattit farouchement et particulièrement à Soulaf ou eut lieu une grande bataille.

Afin que nous voyons la différence entre les gens de l’Iraq et les gens de Syrie, à propos de la richesse, de l’obéissance aux gouverneurs, lorsque Mous’ab voulut s’opposer à ‘Abdel Malik Ibn Marwan, Qays Ibn al-Aytham Ibn Qays Ibn Salt Ibn Habib as-Soulami qui était de Basra et un des plus fervent partisans de Mous’ab Ibn Zoubayr leur dit :

– « Malheur à vous ! Ne cherchez pas à attirer l’armée de Syrie contre vous ! Par Allah, j’ai vu les gens de Syrie, heureux aux portes du calife, s’ils les envoyaient contre vous ou leur demandaient n’importe quoi ! Je nous ai vus au combat sur des ânes tandis qu’un seul d’entre est sur un cheval et les autres suivent à pieds ! »

 

Pourquoi l’Iraq était-elle donc plus riche que la Syrie ?    

Lorsque les Musulmans capturèrent l’empire perse, ils le firent en une seule fois et ils héritèrent de toutes ses richesses, parce que la Perse était un grand et riche pays. Puis ensuite, les Musulmans capturèrent tous ses états vassaux

Ainsi celui qui contrôlait l’Iraq avait des revenus immenses qui venaient de l’empire perse.

Tandis que lorsque les Musulmans battirent les Byzantins, ils les expulsèrent uniquement de Syrie et d’Egypte. Quant à l’empire byzantin, il était toujours présent à Constantinople et ne tomba que huit siècles plus tard en l’an 857 de l’Hégire (1452), sous le commandement du sultan Muhammad II (thani), connu après cela sous le nom de Muhammad al-Fatih (qu’Allah lui fasse miséricorde).

 

 

La rébellion de ‘Amr Ibn Sa’id Ibn al-‘As

 

Depuis la mort de Yazid Ibn Mou’awiyah, au mois de Rabi’ Awwal de l’année 64 de l’Hégire (683), les révoltes se succédèrent partout et les Musulmans entrèrent en conflit pour le pouvoir (moulk) et s’entretuèrent entre eux.

 

En l’an 69 de l’Hégire (688), ‘Abdel Malik quitta Damas et marcha vers Qalqissiyah pour combattre Zoufar Ibn Harith al-Kilabi et laissa ‘AbderRahmane Ibn Oumm al-Hakam ath-Thaqafi pour le remplacer à Damas. ‘AbderRahmane Ibn Oumm Hakam est ‘AbderRahmane Ibn ‘Abdillah     Ibn ‘Uthman Ibn ‘Abdillah Ibn Rabi’ah ath-Thaqafi et sa mère est Oumm Hakam Ibn Abi Soufyan, la sœur de Mou’awiyah (qu’Allah soit satisfait de lui).

‘Abdel Malik sortit en compagnie de ‘Amr Ibn Sa’id Ibn al-‘As Ibn Sa’id Ibn al-‘As Ibn Oumayyah, surnommé « al-Ashdaq », le fils de son oncle. Sa mère est la mère d’enfants Bint Hakam Ibn Abi al-‘As.

Alors qu’ils étaient marche avec leurs armées, ‘Amr Ibn Sa’id dit à ‘Abdel Malik :

– « Ton père m’avait promis de me nommer après lui pour me tenir à ses côtés et le servir. Nomme-moi calife après toi ». Mais ‘Abdel Malik ne lui répondit pas et resta silencieux.

La nuit venue, ‘Amr Ibn Sa’id quitta secrètement le camp et retourna à Damas sans que personne ne remarque son absence. Il partit accompagné de Houmayb Ibn Hourays Ibn Bahdal al-Kalbi et Zouhayr Ibn Abrad al-Kalbi    

Ils réussirent à destituer ‘AbderRahmane Ibn Oumm Hakam, le député de ‘Abdel Malik et ‘Amr Ibn Sa’id se fortifia à Damas.

 

Lorsque le matin arriva, ‘Abdel Malik s’aperçu de l’absence de ‘Amr et fit aussi demi-tour et rentra aussitôt à Damas.

Une bataille s’ensuivit entre lui et ‘Amr qui sortit la cavalerie pour le combattre. Les chefs des deux armées qui se faisant face étaient issus de la tribu des Kalb Ibn ‘Abarah connut pour leur endurance au combat.

Soufyan Ibn Abrad al-Kalbi, le célèbre chef dont nous parlerons plus tard combattit aux cotés de ‘Abdel Malik Ibn Marwan avec Hassan Ibn Malik Ibn Bahdal al-Kalbi. La bataille dura si longtemps que les femmes des Kalbi sortirent voir leurs maris Soufyan Ibn Abrad et Hassan Ibn Malik et leur dirent :

– « Pourquoi vous combattez-vous entre vous pour cet homme des Qouraysh ? »

Ces paroles les firent réfléchir. Ils pensèrent à arrêter le combat et effectivement peu après, les deux armées conclurent un pacte de paix entre eux mais ce genre de pacte n’était pas fait pour durer.

 

 

La mort de ‘Amr Ibn Sa’i.d Ibn al-‘As

 

‘Abdel Malik Ibn Marwan connaissait dorénavant l’intention de ‘Amr de s’emparer du califat et du danger qu’il représentait. Il chercha un moyen de se débarrasser de lui et un jour, il lui demanda de lui rendre visite.

Ses partisans le mirent en garde de ne pas aller mais il refusa de les écouter. ‘Amr lui rendit donc visite en compagnie de cent servants.

‘Abdel Malik Ibn Marwan s’était préparé à le recevoir et lorsque ‘Amr arriva au palais, les gardes le laissèrent entrer mais pas ses serviteurs, à l’exception d’un seul, puis, ils fermèrent les portes.

Lorsque ‘Amr Ibn Sa’id, al-Ashdaq, pressentit le danger qui le guettait, il s’empressa de cajoler et de réconforter le calife sur ses intentions mais ‘Abdel Malik ordonna à ses gardes de le tuer.

Durant ces tragiques évènements ‘Abdel ‘Aziz Ibn Marwan, le fils de ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz, le frère du calife ‘Abdel Malik joua un rôle important et décisif en poussant son frère au poste de calife, qui voulait punir les fils de son oncle, Yahya Ibn Sa’id Ibn ‘As et ‘Ambassah Ibn Sa’id.

‘Abdel ‘Aziz Ibn Marwan lui dit :

– « Je te rappelle, ô émir des croyants, de prendre soin des Bani Oumayyah et de ne pas les tuer. Si bien que ‘Abdel Malik Ibn Marwan ne les tua pas mais les emprisonna avant de les envoyer chez Mous’ab Ibn Zoubayr, ou ils restèrent.

 

‘Amr Ibn Sa’id Ibn al-‘As Ibn Sa’id Ibn al-‘As al-Oumayyah Ibn ‘Abd ash-Shams est un des Banou Oumayyah et les plus proches de ‘Abdel Malik Ibn Marwan qui est, ‘Abdel Malik Ibn Marwan Ibn Hakam Ibn Abi al-‘As Ibn Oumayyah, al-‘As et Abou al-‘As sont des frères. Et pourtant, ils s’entretuèrent pour le pouvoir.

Que dire alors des fils de ses oncles les Bani Hashim Ibn ‘Abdel Manaf et Banou Oumayyah Ibn ‘Abd ash-Shams Ibn ‘Abdel Manaf ! Les Bani ‘Abbas Ibn ‘Abdel Moutalib Ibn Hashim et les Bani ‘Ali Ibn Abi Talib Ibn ‘Abdel Moutalib Ibn Hashim s’entretuèrent aussi lors du règne des Abbassides. Le frère tuant son frère, le fils tuant son père et le père tuant son fils. Il n’y a de force et de puissance qu’en Allah !

Il y a beaucoup d’exemples similaires de fratricides, d’infanticides et de parricides que ce soit dans l’histoire des Omeyyades, des Abbassides ou des Ottomans et même chez les non-musulmans.

 

Ces troubles atteignirent un tel niveau, qu’en l’an 70 de l’Hégire (689) et pour la première fois, les Byzantins sous le règne de Justinien II attaquèrent les frontières de la Syrie et poussèrent ‘Abdel Malik Ibn Marwan à leur faire des concessions et à leur donner 1000 dinars chaque vendredi. ‘Abdel Malik Ibn Marwan accepta pour éviter qu’ils causent du tort aux Musulmans.

 

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