BANU UMAYYAH

L’armée des repentants et la bataille de ‘Ayn al-Warda

 

Souleyman Ibn Sourad et ceux qui étaient avec lui, poursuivirent leur route et s’arrêtèrent dans les faubourgs de Qalqissiyah, sur la rive est de l’Euphrate, ou s’était fortifié Zoufar Ibn Harith al-Kalbi.

Souleyman contacta Zoufar Ibn Harith al-Moussayab Ibn Najabah al-Fazari, appelé aussi Zoufar[3] Ibn Harith Moudar al-Hamrah et al-Jamal Dakhm[4].

Zoufar accueillit Souleyman et son armée surnommée l’armée des repentants[5] (tawabin). Il leur offrit de l’aide et les avertis qu’une immense armée de Syrie était en route vers eux. Puis il leur dit :

– « Si vous voulez vous pouvez vous fortifier dans la forteresse avec nous et si vous voulez nous sortons avec vous pour établir notre camp à l’extérieur de la ville pour n’être qu’un contre notre ennemi ». Souleyman Ibn Sourad lui répondit :

– « Notre peuple de Koufa nous a déjà proposé de l’aide et nous n’avons pas accepté ».

– « S’il en est ainsi alors marchez vers ‘Ayn al-Warda, que vous garderez dans votre dos ayant ainsi à votre disposition son eau ».

L’armée de Souleyman était composée uniquement de cavaliers tandis que celle de Syrie, de cavaliers et de fantassins. Souleyman Ibn Sourad suivit les conseils de Zoufar et marcha vers ‘Ayn al-Warda sur la route de Koufa.

 

D’après certains historiens, les armées de rencontrèrent au mois de Rabi’ Thani ou Joumadah Thani de l’année 65 de l’Hégire (684).

L’armée de Syrie était composée de plusieurs régiments commandés par ‘Oubaydillah Ibn Ziyad qui affronta aussi Souleyman Ibn Sourad. L’aile chargée d’attaquer l’armée des repentants était commandé par Houssayn Ibn Noumayr as-Sakouni al-Kindi.

Avant de commencer la bataille, Houssayn Ibn Noumayr les invita à porter allégeance au calife omeyyade, à son obéissance et à retourner au sein de la communauté.

L’armée des repentants lui demandèrent de leur livrer l’assassin de Houssayn et des leurs à savoir ‘Oubaydillah Ibn Ziyad pour le tuer. Ils leur demandèrent de déposer le calife omeyyade et de laisser l’affaire à la maisonnée du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui).

Chacun des deux parties resta sur sa position et eut lieu la bataille de ‘Ayn al-Warda qui dura trois jours. Le troisième jour, la bataille tourna à l’avantage de l’armée de Syrie, plus nombreuse et mieux armée.

Souleyman Ibn Sourad fut tué au cours de la bataille alors qu’il était âgé de 93 ans. Fut aussi tué Moussayab Ibn Najabah, ‘AbdAllah Ibn Sa’d Ibn Noufayl al-Azdi et ‘AbdAllah Ibn Wahil Taymim après avoir fermement combattu.

L’armée des repentants fut vaincue et quitta le champ de bataille. Tous les participants retournèrent dans leurs maisons respectives, principalement à Koufa ou ils furent informé de l’emprisonnement de Moukhtar Ibn Abi ‘Oubayd.      

 

 

La mort de Marwan Ibn Hakam Ibn Abi al-‘As

 

Au mois de Ramadan de l’année 65 de l’Hégire (684), mourut Marwan Ibn Hakam Ibn Abi al-‘As Ibn Oumayyah Ibn ‘Abd ash-Shams Ibn ‘Abdel Manaf al-Qourayshi né en l’an 03 de l’Hégire (624). Sa mère était Aminah Bint ‘Alqamah Ibn Saffan Ibn Oumayyah Ibn Mouhrith Ibn Khaml al-Kinaniyah.

On a rapporté qu’il resta calife huit mois mais aussi six mois.

 

Avant de mourir, il envoya deux armées ; l’une vers Médine sous le commandement de Oubaysh Ibn Doulja al-Qayni, de la tribu des Qayn de la tribu des Qouda’ah. Qayn, comme nous l’avons mentionné au début de ce livre, sont des Banou Nou’man Ibn Jasr Ibn Shay’alat Ibn Assad Ibn Wadarah, de la tribu des Qouda’ah.

Et la deuxième armée, sous le commandement de ‘Oubaydillah Ibn Ziyad vers Koufa pour combattre l’armée des repentants.

L’armée de Oubaysh Ibn Doulja se disloqua avant même de combattre car Oubaysh fut tué par une flèche inconnue. Et il est bien connu que lorsque le commandant de l’armée meurt, les soldats perdent leur courage et fuient le champ de bataille ! Mais Oubaysh fut tué avant même d’avoir commencé la bataille contre ‘AbdAllah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui) et il y avait dans cette armée, un simple soldat du nom d’al-Hajjaj Ibn Youssouf ath-Thaqafi qui n’avait à cette époque aucune renommée.

 

Certains ont rapporté que Marwan Ibn Hakam mourut étouffé des mains de sa femme Oumm Khalid Ibn Yazid Ibn Mou’awiyah, le 03 du mois de Ramadan de l’année 65 de l’Hégire (684). Si vous vous rappelez, Oumm Khalid Ibn Yazid est Fakhitah Abi Hashim Ibn ‘Outbah Ibn Rabi’ah Ibn ‘Abd ash-Shams Ibn ‘Abdel Manaf al-Qourayshiyah.

Marwan Ibn Hakam avait promis la succession au fils de Fakhitah, Khalid Ibn Yazid, mais il changea d’avis pour son propre fils ‘Abdel Malik Ibn Marwan puis après lui à ‘Abdel ‘Aziz Ibn Marwan.    

Lorsque Khalid Ibn Yazid entrait alors que Marwan Ibn Hakam se trouvait en séance consultative, il le faisait assoir près de lui sur le siège royal. Mais un jour alors qu’il entra, Marwan refusa de le laisser s’assoir près de lui et lui dit devant l’assistance composée de chefs de tribus et militaires, de nobles et autres servants :

– « Pousse toi de là car tu n’as aucun discernement ».

Khalid Ibn Yazid sortit humilié très en colère et alla voir sa mère al-‘Abshamiyah al-Qourayshiyah et lui dit deux fois :

– « Tu m’as dévoilé et humilié ».

– « De quoi parles-tu », lui demanda-t-elle ?

– « De ton mariage avec cet homme » et il lui relata ce que lui avait fait Marwan devant les membres du conseil.

– « Que personne ne sache que tu es venu me voir et que Marwan n’apprenne pas ce que tu viens de me raconter ».

 

Lorsque Marwan vint la trouver et lui demander si Khalid lui avait parlé de ce qui était arrivé lors du conseil,     elle dit :

– « Non, il ne m’a informé de rien » puis elle se mit à le flatter et à lui dire que son fils lui était obéissant et respectueux, jusqu’à ce qu’elle l’eut convaincu et Marwan l’a cru.

Un jour, Marwan vint chez elle pour faire la sieste. Lorsqu’il fut endormi, elle ferma les portes, et avec ses servantes prit un coussin et l’étouffa pendant son sommeil. Puis, elle se déchira son vêtement, ouvrit les portes et se mit à hurler à la mort de l’émir des croyants.

 

 

 

 

[1] Un jour au marché, il fut étonné par un instrument de mesure que les marchands utilisaient pour peser. Il leur dit : Votre récipient (miqyal) est vraiment grand (qouba’). Et les gens le surnommèrent « Qouba’ » suite à cela.

[2] Le Mahdi est Muhammad al-Hanafiyah.

[3] Zoufar en arabe signifie un homme brave et généreux.

[4] Al-Jamal Dakhm : L’énorme chameau.

[5] L’armée des repentants : Pour se repentir d’avoir trahit et abandonné al-Houssayn (qu’Allah soit satisfait de lui).

 

Views: 0