BANU UMAYYAH

La sédition en Iraq

 

‘Oubaydillah Ibn Ziyad avait un servant du nom d’Ayyoub Ibn Houmran à qui il accordait la plus grande confiance. Ayyoub était son messager et il l’envoya régulièrement en Syrie sous le califat de Mou’awiyah et de Yazid.

Il envoya aussi Ayyoub en Syrie pour lui ramener des informations concernant Yazid. Ainsi, il lui ramena les informations de sa mort. Alors Ibn Ziyad demanda à un homme d’appeler les gens à la prière pour tous (as-salat jami’a).

Lorsque les gens se réunirent, et cela se passait à Basra, il les informa des derniers évènements rapportés par son serviteur Ayyoub. A la fin de son long discours, il leur dit :

– « Choisissez l’un d’entre vous que vous agréez pour votre religion et pour vos affaires et je serais le premier à accepter celui que vous aurez choisi ». Ils lui répondirent :

– « Nous avons entendu tes paroles, et nous ne connaissons personne d’aussi fort que toi pour ce poste alors demande nous de te porter allégeance ».

– « Non, je ne suis pas intéressé par cela mais désignez celui que vous voulez ».        

– « Nous avons entendu tes paroles, et nous ne connaissons personne d’aussi fort que toi pour ce poste alors demande nous de te porter allégeance », répétèrent-ils une deuxième, puis une troisième fois. Mais Ibn Ziyad refusa à nouveau.

– « Nous avons entendu tes paroles, et nous ne connaissons personne d’aussi fort que toi pour ce poste alors demande nous de te porter allégeance », répétèrent-ils une quatrième fois.

Ils insistèrent tellement qu’il finit par se lever, tendit la main et tous les gens présent lui portèrent allégeance. Lorsqu’ils sortirent de chez lui, ils s’essuyèrent tous leurs mains sur les murs et dirent :

– « Ibn Mourjan a cru que nous lui avons porté allégeance dans la discorde ».

Après cela, la situation de ‘Oubaydillah Ibn Ziyad s’affaiblit tant et si bien qui se mit à craindre pour sa vie et il chercha parmi les chefs de Basra des gens qui pourrait le protéger.

Mas’oud Ibn ‘Amr al-Azdi, surnommé « la lune de l’Iraq » (al-qamar al-‘iraq) lui offrit sa protection et ses affaires s’arrangèrent.

 

Lorsque la situation se calma à Basra, les Banou Tamim, une grande et puissante tribu des Moudar, portèrent allégeance à ‘Abdillah Ibn Harith Ibn Nawfal Ibn Harith Ibn ‘Abdel Moutalib Ibn Hashim Ibn ‘Abdel Manaf al-Qourayshi. Sa mère est Hind Bint Abou Soufyan, la sœur de Mou’awiyah (qu’Allah soit satisfait de lui).

‘Abdillah Ibn Harith était surnommé Babbah. Lorsqu’il était un jeune enfant, sa mère le faisait danser et lui disait « Je marierai Babbah, à une jeune femme (fatiyah), honorée et aimée (mouhibbah), qui plaira aux gens de la Ka’bah » et ce nom lui est resté depuis.

Cette nomination enragea la tribu Rabi’ah de la tribu Azd yéménite qui ne fut pas du tout d’accord. Ils dirent :

– « Comment ont-ils pu choisir un émir sans nous avoir consultés auparavant et avant que nous donnions notre accord ? »

 

Lorsque les gens eurent choisit à Basra ‘Abdillah Ibn Harith Ibn Noufayl al-Hashimi, Malik Ibn Misma’ Ibn Shihab al-Jahdari, des Bani Qays Ibn Tha’labah Ibn ‘Ouqabah Ibn Sa’b Ibn ‘Ali Ibn Bakr Ibn Wahil qui était un des seniors des Rabi’ah Ibn Nizar Ibn Mou’ad Ibn ‘Adnan, était assis dans la moquée quand arriva du Khorasan, un Qourayshite des enfants de ‘Abdillah Ibn ‘Amir Ibn Qourayz Ibn Rabi’ah Ibn Habib Ibn ‘Abd ash-Shams Ibn ‘Abdel Manaf qui demanda à voir ‘Abdillah Ibn Harith.

Cet homme était porteur d’un message de ‘Abdillah Ibn Khazim Ibn Asma Ibn Salt as-Soulami, le gouverneur de Merv. Mais il s’ensuivit un différend entre le Qourayshite et Malik Ibn Misma’.

Un homme des Bani Bakr Ibn Wahil se leva et surnomma le Qourayshite « al-‘Abshami ». Les voix s’élevèrent dans la mosquée alors qu’il y avait plus de gens de Rabi’ah que de Moudar dans la mosquée. Puis il homme cria :

– « O gens de Tamim ! » Les Tamim sont de Moudar Ibn Nizar Ibn Mou’ad Ibn ‘Adnan.

Un groupe de gens des Bani Dabbah entendit son appel. La tribu des Dabbah est Bani Dabbah Ibn Houd Ibn Dabihah Ibn Ilyas Ibn Moudar et Tamim est Tamim Ibn Mour Ibn Houd Ibn Dabihah Ibn Zoubar.

Les Bani Dabbiyoune étaient chez le juge lorsqu’ils entendirent l’appel, ils arrachèrent les lances des gardes et leurs armes, se précipitent au secours de leur frère et vainquirent     les Bani Rabi’ah. Voici le résultat, de l’appel préislamique au tribalisme et comment une simple stupide parole peut allumer le feu de la guerre.

 

Lorsque le frère d’Ibn Fawr as-Sadoussi, qui est Ibn Fawr Ibn ‘Oufayl Ibn Zouhayl Ibn Ka’b Ibn Sadouss Ibn Shayban Ibn Doul Ibn Tha’labah Ibn ‘Oukabah Ibn Sa’d Ibn ‘Ali Ibn Bakr Ibn Wahil[4], un des nobles d’Ibn Wahil, entendit ce qui arriva dans la mosquée, il appela ses partisans et leur dit :

– « Tuez tous les Moudarite que vous trouverez sur votre chemin ».

Ces paroles vinrent aux oreilles de Malik Ibn Misma’ Ibn Shihab al-Jahdari, qui savait ce que ce genre de trouble engendre, avec l’aide de ses partisans, il réussit à calmer les deux tribus et le combat fut évité.

 

Un mois, ou un peu moins, après ces évènements, un homme des Bani Yashkour, les Bani Yashkour sont des Bani Bakr Ibn Wahil, était assis en compagnie de deux hommes des Bani Dabbah dans la mosquée.

La discussion dévia sur l’affaire précédente du Qourayshi, le mal s’ensuivit entre eux, alors que la mosquée est faite pour le rappel d’Allah et un homme des Bani Yashkour fut tué. Un homme fut tué dans la mosquée à cause d’une discussion tribale !

Il allait s’ensuivre une guerre tribale catastrophique.

 

 

Les Bani Bakr allèrent voir les Azd pour renouveler le pacte d’entraide entre eux, un pacte de l’époque préislamique. ‘Oubaydillah Ibn Ziyad persuada Mas’oud Ibn ‘Amr al-Azdi de rétablir le pacte.

Les tribus Rabi’ah Ibn Nizar Ibn Mou’ad Ibn ‘Adnan et yéménite s’entendirent pour mettre à leur tête Mas’oud Ibn ‘Amr al-‘Ataki al-Azdi surnommé « la lune de l’Iraq ».

Mas’oud Ibn ‘Amr est Mas’oud Ibn ‘Amr Ibn Ashraf Ibn Bahtari Ibn Zouhd Ibn Zayd Ibn ‘Iqb Ibn Harith Ibn ‘Atik Ibn Azd Ibn ‘Imran Ibn ‘Amr Ibn ‘Amir Ibn Maslamah Ibn Harithah Ibn Qays Ibn Tha’labah Ibn Mazim Ibn Azd. Et les Azd sont une grande tribu yéménite.

Ainsi la force des Bani Bakr s’agrandit grâce à cette alliance avec les Azd. Mas’oud Ibn ‘Amr à la tête des Bani Bakr et Malik Ibn Misma’ Ibn Shihab al-Jahdari al-Bakri à la tête des Rabi’ah Ibn Nizar.

 

 

La guerre entre les Bani Bakr et les Bani Tamim

 

Les deux tribus se réunirent au Mirbag[5] des Bani Tamim. Mas’oud Ibn ‘Amr entra dans la mosquée, monta sur le Minbar et parla aux gens.

Les gens informèrent ‘Abdillah Ibn Harith Ibn Nawfal le gouverneur de Basra de ces évènements mais il ne fit rien.

Quant à Malik Ibn Misma’, il rejoignit ses partisans au Mirbag qu’ils incendièrent partiellement en réplique à l’assassinat du Yashkouri par le Dabbih.

Après cela les Banou Tamim virent trouver Mas’oud Ibn ‘Amr et le tuèrent avec douze des partisans.

On a dit aussi que c’est les khawarije emprisonnés qui profitèrent de ces troubles pour s’enfuirent en mettant le feu à la prison. Ils prirent les armes des surveillants puis allèrent dans la mosquée ou ils trouvèrent Mas’oud Ibn ‘Amr et le tuèrent avec dix de ses partisans.      

 

Lorsque le bruit de ces révoltes parvint à ‘Oubaydillah Ibn Ziyad, qui avait fait ses préparatifs pour le départ, il s’enfuit en Syrie en compagnie de cent cavaliers des Azd sous son commandement délégués par Mas’oud Ibn ‘Amr après leur rencontre, comme nous l’avons déjà mentionné auparavant.

On a dit aussi qu’il y avait avec lui des gens des Bani Bakr Ibn Wahil dans la cavalerie.

Lorsque Malik Ibn Misma’ fut informé de la mort de Mas’oud Ibn ‘Amr, il revint avec sa troupe et s’arrêta à Sikat al-Mirdah.

 

Pendant ce temps, les Bani Tamim, une grande tribu, se réunirent et se dirent :

– « Comment ces gens ont-ils pu entrer dans nos prémisses et mettre le feu ? »

Les Bani Tamim ne partait pas en guerre avant de consulter les grands de leur tribu et de connaitre les raisons.

Ces nouvelles parvinrent aussi à Ahnaf Ibn Qays alors qu’il était chez lui. Ahnaf Ibn Qays est le surnom d’ad-Dahhak Ibn Qays Ibn Mou’awiyah Ibn Houssayl Ibn Hafs Ibn ‘Oubadah Ibn Nazdal Ibn Mourah Ibn ‘Oubayd Ibn Moukaris Ibn ‘Amr Ibn Ka’b Ibn Sa’d Ibn Zayd Manat Ibn Tamim Ibn Mour.

Il fut surnommé « al-Ahnaf » parce que sa famille les Hanafiyine abreuvait les pèlerins. Ahnaf Ibn Qays vécut au temps du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) mais sans le rencontrer et du fait de l’invocation pour lui du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) qui dit : « O Grand Seigneur pardonne aux Ahnaf ».

Il est aussi celui que les Arabes citent en exemple. Sa mère est de la tribu des Bahilah et son frère, un noble des Bani Tamim.

Les caractéristiques d’Ahnaf étaient, le fournisseur d’eau (saqyan), le laid (qabih as-sourah), le petit (qassir), le borgne (a’war) et pourtant, il était un noble arabe et non pas des Bani Tamim.

Les gens dirent à Ahnaf Ibn Qays :

– « O Abou Bahr, les Rabi’ah et les Azd sont entrés chez les Banou Tamim à Basra ». Cet homme doux et sage leur répondit :

– « N’était-ce pas mieux que de rentrer dans la mosquée ? » Les gens fortement en colère et émoustillés s’approchèrent plus de lui :

– « Mais ils sont rentrés dans la maison ! »

– « Je n’ai pas plus le droit d’entrer dans la maison qu’eux ».

Un des jeunes particulièrement énervé et agité, Salamah Ibn Dourayb ar-Riyahi at-Tamimi dit :

– « O jeunes, à moi ! Celui-ci n’est d’aucune utilité ! »

Ensuite, ils voulurent que cet homme indulgent Ahnaf Ibn Qays leur permette le combat ! Ahnaf Ibn Qays avait connu lui aussi la Grande Fitnah et il savait les conséquences qu’elles engendraient.

Soudain, une femme des Bani Tamim arriva avec un encensoir et lui dit :

– « Tiens parfume toi car tu es une femme au dernier stade de la déchéance ! » Elle dit cela sans respect à un homme âgé. Ahnaf Ibn Qays lui répondit :

– « Tu es plus en droit que moi d’utiliser l’encensoir ».

On a rapporté que c’est la parole la plus vile qu’il a prononcé durant sa vie !

 

Lorsqu’ils virent qu’il restait calme et qu’il ne bougeait pas, ils dirent :

– « Ils ont volé les bracelets des pieds de ‘Oulayatah Bint Najiyah Jirahi (une noble femme des Bani Tamim), tué un enfant qui se trouvait sur leur chemin et tué le gardien de la mosquée. Malik Ibn Misma’ est rentré chez les Bani ‘Adawiyah (des Bani Handalah Ibn Malik Ibn Zayd Ibn Manat Ibn Tamim) et a brûlé certaines de leurs maisons ». Des faits d’une gravité extrême chez les Arabes.    

Ahnaf Ibn Qays après avoir écouté leurs récriminations et ne voulant prendre aucune décision fâcheuse, leur     répliqua :

– « Apportez-moi les preuves de ce que vous avancez ! »

Ils témoignèrent devant lui de ce qu’ils avaient vu. Le vieil homme prit alors sa décision et dit :

– « Est-ce que ‘Abbad est venu ? » Il voulait parler de ‘Abbad Ibn Housaym Ibn Yazid des Banou Harith Ibn ‘Amr Ibn Tamim.

– « Non ! »

Puis après un court instant, il répéta :

– « Est-ce que ‘Abbad est venu ? »

– « Non ! »

– « Est-ce que ‘Abs Ibn Talq Ibn Rabi’ah est parmi vous ? » ‘Abs Ibn Talq des Bani Souraym Ibn Harith Ibn ‘Amr Ibn Ka’b Ibn Sa’d.

– « Oui » répondirent-ils !

Alors, il retira son turban qu’il plaça au bout d’une lance. Puis il confia cet étendard à ‘Abs Ibn Talq et lui dit un mot de deux lettres sans plus ni moins :

– File (sir) !

Les gens partirent avec l’étendard d’Ahnaf

 

Après leur départ, Ahnaf Ibn Qays dit :

– « O Grand Seigneur, ne l’humilie pas aujourd’hui car tu ne l’as jamais humilié par le passé ».

Il s’ensuivit une difficile guerre tribale ou beaucoup d’entre eux furent tué avant qu’ils refassent la paix entre eux poussés par Ahnaf Ibn Qays.

Les conditions furent qu’ils durent payés le prix du sang pour l’assassinat de Mas’oud Ibn ‘Amr afin que les Azd soit satisfait car Mas’oud était leur chef. Et les Azd n’étaient pas prêt à sa taire pour l’assassinat de leur chef.

Les historiens ont rapporté que ce furent des évènements douloureux et malheureux. Ils ont rapportés que les femmes étaient enlevées et maltraitées sans que personne ne puissent venir à leurs secours.

Et ces évènements eurent lieu à peine au premier siècle de l’Hégire, en 64 (683)! Nous demandons à Allah le Très Haut le salut !

 

‘AbdAllah Ibn Harith « Babbah » resta leur émir quatre mois. Puis il fut remplacé par ‘Omar Ibn ‘Oubaydillah Ibn Ma’mar Taymi al-Qourayshi sur les ordres de ‘AbdAllah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait d’eux).

 

 

 

 

[1] Chaire de prêche.

[2] Merv.

[3] Hérat.

[4] Nous vous donnons à chaque fois que cela est possible, l’intégralité de l‘arbre généalogique des individus pour vous permettre de situer leur origine.

[5] Le Mirbag est un lieu qui sert de réunion et d’accueil.

 

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