BANU UMAYYAH

Le discours entre ‘AbdAllah Ibn Ziyad et ‘Ali Ibn Houssayn

 

Après la mort d’al-Houssayn, après que les Banou Assad eurent enterré les morts, et après que ‘AbdAllah Ibn Ziyad ait envoyé leurs têtes à Yazid, ‘Omar Ibn Sa’d s’appliqua à aider la famille d’al-Houssayn (qu’Allah soit satisfait de lui). Il les fit monter sur des palanquins et les accompagna de Karbala à Koufa.

L’abject Ibn Ziyad les honora, dépensa pour eux et voulut tuer ‘Ali Ibn Houssayn, ‘Ali Zayn al- ‘Abidine Ibn Houssayn qui n’était qu’un jeune enfant mais Allah le Très Haut le préserva de son mal.

On peut se demander pourquoi cet infâme Ibn Ziyad voulut tuer ‘Ali Ibn Houssayn ?

Parce que lorsque l’on questionna l’enfant sur son nom, il répondit :

– « Je suis ‘Ali Ibn al-Houssayn ».

– « Allah va tuer ‘Ali Ibn Houssayn » lui dit Ibn Ziyad.

L’enfant resta silencieux.

– « Qu’as-tu à ne pas répondre », insista Ibn Ziyad ? Alors ‘Ali Ibn Houssayn dit :

– « Allah reçois les âmes après leurs morts[1]. Et nulle âme ne peut mourir qu’avec la permission d’Allah[2] ».

Ibn Ziyad se mit en colère à cause de la ferme réponse de cet enfant alors qu’il attendait une réponse craintive.

– « Par Allah, tu fais partie d’eux ». Puis Ibn Ziyad dit :

– « Regardez-le, je jure que je le considère comme un adulte ».

Des gens soulevèrent les vêtements de l’enfant, et confirmèrent :

– « Oui, il est pubère (adrak) ! »

– « Tuez-le » dit Ibn Ziyad. Ali Ibn Houssayn dit :

– « Qui va s’occuper de ces femmes ? Il n’y a pas un seul homme avec elle ! »

Zaynab Bint Houssayn le prit dans ses bras et dit :

– « O Ibn Ziyad ! Il te suffit de ce que nous a déjà fait. As-tu rêvé de notre sang et de tous nous tuer ? » Pui ‘Ali lui dit :

– « O Ibn Ziyad, s’il y a un lien familial (qaraba) entre toi et elles, envoie-leur un homme pieux, qui les fait se retirer de manière islamique ».

On a rapporté qu’Ibn Ziyad les regarda pendant une longue durée de temps puis il regarda les gens et dit :

– « Combien cela parait étrange pour celui qui a pitié. Par Allah je suis persuadé qu’elle prendra sa défense si je te tue et quelle sera tuée avec lui. Relâchez-les et laissez l’enfant partir avec elles ».

Sans conteste, cet enfant, ‘Ali Ibn al-Houssayn, fit preuve d’une extrême intelligence lorsqu’il dit devant l’assistance: « S’il y a un lien familial entre toi et elles, envoie-leur un homme pieux, qui les fait retirer (chez elles) de manière islamique ».

Ibn Ziyad après cette réponse ne put plus les tuer car de ce fait il aurait prouvé aux gens de l’assistance qu’il n’était pas un Qouraysh.

Ibn Ziyad ordonna de préparer leur départ pour la Syrie et d’enchainer ‘Ali Ibn al-Houssayn.

Les femmes furent envoyés avec Mouhafiz Ibn Tha’labah Ibn Moura al-‘Ahidi, les Banou ‘Ahida sont les Banou Khouzay Ibn Louhay Ibn Ghalib Ibn Fihri de Qouraysh, et Shamir Ibn al-Jousham.

 

 

L’envoi de ‘Ali Ibn al-Houssayn et de ses proches en Syrie et comment ils furent traités par Yazid Ibn Mou’awiyah

 

Lorsque ‘Ali Ibn al-Houssayn et sa famille arrivèrent chez Yazid à Damas, Yazid convoqua les nobles de Syrie et les fit assoir près de lui, puis il ordonna à ‘Ali Ibn al-Houssayn et les femmes avec lui qui étaient dans un piteux état, suite aux voyages, de rentrer dans la salle d’audience.

Yazid dit à ‘Ali Ibn al-Houssayn :

– « O ‘Ali ton père a ignoré mon droit et disputé mon pouvoir. Allah lui a fait ce que tu as vu ! » ‘Ali Ibn al-Houssayn lui répondit :

– « Il n’arrive pas de malheur sur la terre et en vous sans que cela ne soit inscrit dans un livre[3] ».

Yazid demanda à son fils Khalid de lui répondre. Khalid Ibn Yazid al-Amawi fut incapable de répondre au fils de son oncle al-Fatimi al-Hashimi et Yazid lui dit :

– « Dis nul malheur ne vous arrive sans que cela soit due à ce que vos mains ont fait. Et Il pardonne beaucoup[4] ».

Puis il se tut et dit :

– « Qu’Allah enlaidisse Abou Mourjanah, s’il y avait entre lui et eux un lien de parenté, il n’aurait jamais fait cela et ne vous aurait pas envoyé ainsi ».

Puis Yazid fit rentrer les femmes avec ses femmes dans le palais du gouverneur. Les femmes de la famille de Mou’awiyah les accueillirent en pleurant et en gémissant sur al-Houssayn et portèrent le deuil durant trois jours.

 

Ibn Kathir a dit : « Yazid ne prit aucun repas sans que ‘Ali Ibn al-Houssayn ne soit en sa compagnie et son frère ‘Omar Ibn Houssayn. Un jour Yazid dit à ‘Omar Ibn Houssayn qui était tout petit :

– « Est-ce que tu combattrais celui-là en désignant Khalid Ibn Yazid ? » ‘Omar lui répondit :

– « Donne-nous chacun un couteau et laisse nous nous combattre ». Alors Yazid le rapprocha de lui et le serra dans ses bras ».

 

Puis, Yazid ordonna à Nou’man Ibn Bashir al-Ansari (qu’Allah soit satisfait de lui) d’accompagner ‘Ali Ibn al-Houssayn et sa famille à Médine l’Illuminée. Il envoya avec eux un homme de confiance et des gardes chargés de leurs protections.

Il leur donna une grande somme d’argent, des vêtements et les recommanda à son homme de confiance.

On peut se demander : Si Yazid Ibn Mou’awiyah n’a pas commandité l’assassinat de Houssayn et de tout ce qui est arrivé pourquoi n’a-t-il pas punit ‘AbdAllah Ibn Ziyad pour son horrible acte ? Pourquoi ne l’a-t-il pas retiré de son poste en Iraq ?     Pourtant depuis la succession à son père, Yazid était décidé à écarter Ibn Ziyad parce qu’il le détestait. Mais lorsqu’il vit que la situation était délicate et que la communauté risquait une nouvelle tribulation qui pourrait lui échapper, il décida de la stopper en ayant recourt à Ibn Ziyad, qui était un homme dur et donc le reconduisit à son poste.

Chez le calife, la chose la plus importante est la stabilité et le contrôle de l’état et d’éviter toute tribulation. Donc il se doit d’être en contact permanent avec tous les responsables pour être tenu informé de la situation et de ne pas hésiter à avoir recourt à la force en cas de problème. Ainsi, il juge si les gens qu’il a nommé sont capables ou non de faire le travail pour lequel il les a nommé et de les remplacer le cas échéant.

Nous l’avons vu avec l’exemple de Walid Ibn ‘Outbah qui perdit son poste parce qu’il fut incapable de faire porter allégeance al-Houssayn et aussi celui de Nou’man Ibn Bashir, l’émir de Koufa qui tempéra avec les gens qui portèrent allégeance à Mouslim Ibn ‘Aqil pour le compte d’al-Houssayn (qu’Allah soit satisfait de lui), comme nous l’avons vu précédemment.

 

Ibn Kathir ad-Dimashqi a dit dans son livre « al-Bidayah wal Nihayah » à propos de ces douloureux évènements des paroles capitales : « A propos des évènements concernant la mort d’al-Houssayn, il y a dans les écrits des shiites et des rafidah, énormément de mensonges et de fausses nouvelles sans aucun fondement. Il suffit de ce que nous avons rapporté sur le sujet. Et ce que nous avons mentionné est absolument clair. N’était-ce Ibn Jarir (l’Imam Tabari) et d’autres savants et Imams qui l’ont mentionné dans leurs livres, je ne l’aurais pas rapporté. La plupart des récits viennent d’Abou Makhnaf Lot Ibn Yahya qui était un shiite. Ses propos sont considéré faibles chez les Imams mais c’était un homme qui retenait bien les faits. Nul d’entre les gens, excepté lui, a rapporté ces nouvelles. Voilà pourquoi il fut choisi par rapport à d’autres après lui, et Allah est Plus savant ».

Ce sont les paroles de l’Imam al-Hafiz Ibn Kathir.

Abou Makhnaf est Lot Ibn Yahya Ibn Sa’id Ibn Makhnaf Ibn Soulaym al-Azdi des Azd.

Il suffira de ce que nous avons rapporté sur ces évènements, et c’est ce qui s’est passé. Il y a une très nombreuse littérature inutile et devenue fantasque sur l’assassinat d’al-Houssayn (qu’Allah soit satisfait de lui) dont nous ne rapporterons rien et qui ne rapporte rien.

 

Vous connaissez maintenant ceux qui causèrent la mort d’al-Houssayn (qu’Allah soit satisfait de lui) et qui chaque année marquent hypocritement et ridiculeusement sa mort en s’auto flagellant.

 

 

Parmi les évènements important du règne de Yazid, le deuxième calife omeyyade est qu’il nomma en l’an 61 de l’Hégire (680), Salm Ibn Ziyad, le frère de ‘AbdAllah Ibn Yazid, gouverneur du Sijistan et du Khorasan en remplacement de ‘Abad et ‘AbderRahmane Ibn Ziyad.

Salm organisa aussitôt l’armée sous sa charge pour le combat dans le pays des Turcs et un homme nommé al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah, acquit le prestige lors de ces batailles. Al-Mouhallab, allait devenir un célèbre général qui s’opposa avec force après cela aux khawarije. Son père est Abou Soufrah Salim Ibn Saraq de la tribu renommée des Azd.

Al-Mouhallab fait partie de la noblesse arabe. Il était père d’enfants et il eut près de trois cents enfants sans compter les filles. Comme nous le verrons plus tard, il décéda en l’an 83 de l’Hégire (702).

 

Quand les gouverneurs du Khorasan partaient en campagnes et que l’hiver arrivait, ils retournaient à Mer ash-Shahijan[5]. Quand les Musulmans se retiraient, les rois du Khorasan se réunissaient dans une des villes du Khorasan près de Khwarizm[6] pour conclure des arrangements entre eux ; ils ne s’attaqueraient pas, ne se provoqueraient pas et ils se consulteraient au sujet de leurs affaires. Les Musulmans demandaient à leurs chefs de faire un raid sur cette ville, mais ils refusèrent jusqu’à l’arrivée de Salm au Khorasan qui entrepris une campagne d’hiver qu’il passa avec son armée dans la ville ou les rois avaient l’habitude de se réunir.

Al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah demanda avec empressement à Salm de l’envoyer vers cette ville. Il l’envoya avec six-mille hommes. Il a aussi été rapporté qu’ils étaient quatre-mille hommes. Il assiégea les gens dans la ville et leur demanda de se soumettre à lui pacifiquement. Ils lui demandèrent de faire la paix avec eux, et qu’en échange, ils donneraient une rançon pour leurs vies. Il accepta et la paix fut conclue avec le paiement de quelques vingt-millions de dirhams. Parmi les termes de l’accord de paix était qu’ils devraient lui envoyer des marchandises. Il prendrait une tête de bétail, une monture et du cuir non tanné pour la moitié de leur valeur. La valeur de ce qu’il prit d’eux atteignit cinquante-millions de dirhams. Ensuite al-Mouhallab revint à Salm qui choisit ce qui lui plut et les envoya à Yazid avec le gouverneur persan de Merv à la tête d’une délégation.

Certains ont dit que : Salm fit campagne contre Samarkand[7] avec sa femme, Oumm Muhammad Ibn ‘AbdAllah qui lui donna un fils qu’il nomma Soughdi.

 

 

En l’an 63 de l’Hégire (682), Yazid nomma al-Walid Ibn ‘Outbah Ibn Abi Soufyan, gouverneur de La Mecque et de Médine, en remplacement de ‘Amr Ibn Sa’id Ibn al-‘As car il ne s’opposa pas à ‘Abdallah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui) comme cela lui avait été demandé.

‘Abdallah Ibn Zoubayr et les Musulmans en général furent durement touchés par ce qui arriva à al-Houssayn (qu’Allah soit satisfait de lui). ‘Abdallah Ibn Zoubayr poussa les gens à blâmer Yazid et les gens de Koufa pour leur traitrise, si bien qu’un nombre important de gens se joignirent à lui et al-Walid Ibn ‘Outbah ne put rien faire contre lui.

 

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