BANU UMAYYAH

Karbala

 

Après la prière de l’aube du vendredi 10 du mois de Mouharram de l’année 61 de l’Hégire (680), les deux groupes se préparent au combat.

Il y avait avec Houssayn Ibn ‘Ali trente-deux cavaliers et quarante personnes. Al-Hourr Ibn Yazid at-Tamimi et trente de ses cavaliers rejoignirent les rangs d’al-Houssayn après que celui-ci a fait part de ses trois choix.

Nous n’allons pas rentrer dans les détails de qui arriva de terrifiant et d’horribles au petit fils du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), à ses sœurs et frères, aux fils de son oncle et à ses compagnons.

Le combat à Karbala débuta et Karbala est un endroit près de Taff en Iraq. Al-Houssayn et ses gens combattirent bravement mais que peuvent une centaine de personne face à des milliers.

Tous les gens autour d’al-Houssayn tombèrent rapidement les uns après les autres jusqu’à ce qu’il reste seul. Personne ne voulut lui porter le coup final pour ne pas porter le poids du péché de sa mort.

Un misérable lui porta un coup sur le crane et le blessa grièvement mais al-Houssayn se défendait toujours sans que personne n’ose s’approcher de lui. L’ennemi d’Allah et de son Messager (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) Shamir Ibn Dzoul al-Jousham harangua les gens d’en finir avec lui et les menaça.

Alors ils encerclèrent al-Houssayn et tous lui portèrent des coups avec leurs sabres et leurs lance et l’ignoble Sinan Ibn Abi ‘Amr Ibn Anas an-Nahrahi le transperça de sa lance et al-Houssayn s’effondra. Sinan s’approcha de lui, l’égorgea avant de lui trancher la tête et de parader avec son trophée.

Il y a plusieurs récits de ces évènements mais nous nous contenterons de ce que nous avons déjà mentionné.

 

Il est dit que lorsque Houssayn fut submergé, Zaynab Bint ‘Ali Bint Fatimah az-Zahra, la sœur de Hassan et Houssayn, regarda ‘Omar Ibn Sa’d Ibn Abi Waqqas az-Zouhri al-Qourayshi et lui dit :

– « O ‘Omar, tu as agréé qu’Abou ‘Abdillah soit tué sous tes yeux ? » Alors, il se mit à pleurer jusqu’à ce que les larmes mouillent sa barbe et détourna sa tête d’elle.

On peut se demander pourquoi ‘Omar Ibn Sa’d pleura après ces évènements ?

‘Omar Ibn Sa’d était un Musulman qui connaissait les droits et le rang de Houssayn Ibn ‘Ali. Il savait qu’il serait chargé de son meurtre et qu’il n’a pas pu faire ce que son père, le grand Compagnon Sa’d Ibn Abi Waqqas (qu’Allah soit satisfait de lui), fit lorsqu’il se tint à l’écart de la grande tribulation (al fitnah al koubra). Sa’d Ibn Abi Waqqas, le premier archer à avoir tiré un flèche en Islam pour protéger le Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui).

‘Omar Ibn Sa’d est un Qourayshi Zouhri. Dès le moment ou arriva Shamir chargé de n’accorder la sécurité qu’aux quatre enfants de ‘Ali parce que leur mère était une ‘Amiriyah, il sut qu’il allait outrepasser les droits d’al-Houssayn, pour ne pas perdre son poste[2]. Mais, il perdit en fait tout.

 

L’infâme (al-khabith) Shamir Ibn Dzoul al-Jousham voulut tuer ‘Ali al-Asghar[3] Ibn Houssayn. Son frère ‘Ali al-Akbar avait été tué dans la bataille et ‘Ali Zayn al- ‘Abidine Ibn Houssayn était tout jeune et malade mais les gens l’empêchèrent. Puis ‘Omar Ibn Sa’d arriva et dit :

– « Personne ne rentrera chez ces femmes et personne ne tuera cet enfant. Quiconque d’entre vous qui a pris quelque chose leur appartenant doit leur rendre ».

Le jeune enfant effrayé et malade lui dit :

– « Puisses-tu être récompensé en bien (jouzitah kheyran) ! Allah m’a protégé de leur mal par ta parole ! »

Les ennemis d’Allah voulaient le tuer ! Quant à leur père al-Houssayn avant de mourir invoqua Allah et dit : « O Grand Seigneur dénombre les, tue les tous et ne laisse aucun d’entre eux en vie ! » Al-Houssayn n’a pas qualifié ces gens de mécréants mais ce sont des criminels.

 

Lorsqu’ al-Houssayn mourut, ils vinrent avec sa tête bénie avec l’infâme Sinan Ibn Abi ‘Amr qui dit d’une voie élevée à Foustat à ‘Omar Ibn Sa’d :

– « J’ai tué le roi couvert. J’ai tué celui qui a les meilleurs père et mères ». ‘Omar Ibn Sa’d lui répondit :

– « Es-tu fou ? Si ‘AbdAllah Ibn Ziyad entend cela, il te tuera ».

 

Le seul compagnon de Houssayn à avoir échappé au massacre fut ‘Ouqbah Ibn Sim’an lorsqu’il leur dit qu’il n’était qu’un esclave au service de Ribah Bint ‘Amrou Qays al-Kalbiyah, la mère de Souqaynah, la fille de Houssayn (qu’Allah soit satisfait de lui). ‘Omar Ibn Sa’d le relâcha car les Arabes ne tuait pas les esclaves.

 

Le lendemain de la bataille, des gens des Banou Assad qui habitaient la région, enterrèrent les morts exceptés certaines têtes dont celle de Houssayn qui fut envoyé à ‘Abdallah Ibn Ziyad à Koufa.

Dans les rangs de ‘Omar Ibn Sa’d, quatre-vingt-huit personnes furent tués lors de la bataille.

Muhammad Ibn al-Hanafiyah, Muhammad Ibn ‘Ali Ibn Abi Talib a rapporté qu’entre la famille de Fatimah (qu’Allah soit satisfait d’elle), enfants et proches, dix-sept personnes furent tués, qu’Allah soit satisfait d’eux et leur fasse miséricorde.

 

L’Imam al-Boukhari a rapporté d’Anas Ibn Malik, qui a dit : « ‘Abdallah Ibn Ziyad est arrivé avec la tête de Houssayn qu’il déposa sur un plat. Et Anas Ibn Malik a dit : Al-Houssayn est celui qui ressemblait le plus au Prophète Muhammad (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui). ‘Abdallah Ibn Ziyad avait une baguette avec laquelle il s’amusait à piquer la figure d’al-Houssayn. Puis, il ordonna que la tête soit promenée dans les rues de Koufa ».

Puis il chargea Zouhar Ibn Qays et un groupe de cavalier d’emporter toutes les têtes, y compris celle de Houssayn à Yazid en Syrie.

Lorsqu’il rentra chez Yazid, celui-ci lui dit :

– « Soit tu perdu à cause de ce qu’il y a derrière toi ». Zouhar lui répondit :

– « Bonne nouvelle pour toi émir des croyants, Allah t’a donné la victoire ! » Puis il lui raconta tout ce qui était arrivé, de l’assassinat de Houssayn et de tous ceux qui étaient avec lui. Lorsqu’il eut finit, des larmes coulèrent des yeux de Yazid, et il dit :

– « J’aurais été satisfait de vous sans que vous ayez besoin de tuer Houssayn. Qu’Allah maudisse le fils de Soumayah. Par Allah, même si j’étais son ami, je ne lui aurais pas pardonné ! Qu’Allah fasse miséricorde à al-Houssayn ».

Yazid n’offrit absolument rien aux messagers ni même de l’eau à boire.

Lorsqu’ils déposèrent les têtes devant lui, Yazid dit :

– « Par Allah si j’avais été ton ami je ne t’aurais pas tué ».

Puis il cita une parole de Houssayn Ibn Houmam Ibn Rabi’ah Mouri al-Ghatafani en exemple : « Nous sommes affligé car nous a quitté un homme qui nous est cher alors qu’il était désobéissant et injuste ».

 

Yahya Ibn Hakam Ibn Ali al-‘As Ibn Oumayyah, le frère de Marwan Ibn Hakam al-Amawi, fut très fâché lorsqu’il vit la tête de Houssayn et dit des vers qui poussèrent son frère à le frapper sur la poitrine et à lui dire : « Tais-toi ! »

Yahya Ibn Hakam fut très fâché à cause de l’estime et du rang de Houssayn à cette époque. Personne ne rivalisait avec lui. Puis aussi du fait que les plus proches des ‘Abd ash-Shams étaient les Bani Hashim. Hashim et ‘Abd ash-Shams Ibn ‘Abdel Manaf Ibn Qoussay Ibn Kilab étaient des frères.

Et Souleyman Ibn ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn ‘Abbas lorsqu’il maria son fils Ishaq à ‘Aliyah Bint Abou Ja’far al-Mansour, le deuxième calife abbasside, et Abou Ja’far est ‘Abdallah Ibn Muhammad Ibn ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn ‘Abbas et la mère de ‘Aliyah est une femme des Bani Oumayyah, il lui dit :

– « O fils ! Je t’ai marié au plus nobles des gens, ‘Aliyah la fille de l’émir des croyants ». Son fils Ishaq (un abbasside) lui répondit :

– « O père ! Qui sont nos ennemis ? »

– « Son père, est notre ennemi, les Bani Oumayyah… »    

 

 

Durant l’année 60 de l’Hégire (679), Malik Ibn ‘AbdAllah attaqua Sawriyah et Jounadah Ibn Abi Oumayyah attaqua Roudas et détruisit la ville.

 

 

 

 

[1] Qu’Allah soit satisfait d’eux : Quand il s’agit d’un Compagnon, veut dire de lui et de son père.

[2] Il est comparable à ceux qui travaillent dans les pays musulmans dans la police, la gendarmerie, l’armée etc. et qui tue les musulmans pour « al-khobza », la paye mensuelle. Est-ce que la paye mensuelle à une quelconque valeur juridique en Islam et que diront-ils à Allah Exalté, le Jour du Jugement !

[3] ‘Ali Al Asghar est ‘Ali Zayn Al ‘Abidine Ibn Houssayn.

 

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