BANU UMAYYAH

Yazid Ibn Mou’awiyah 

 

Mais qui est Yazid Ibn Mou’awiyah ?

Nous allons vous le décrire physiquement comme l’ont rapporté les historiens.

Il était grand avec un corps large et puissant, une grande tête, beaucoup de cheveux, une barbe très fournie, beau, brave, mature et poète. Sa mère était une dame parmi les dames arabes : Mayssoun Bint Bahdal Ibn Ounayf al-Kalbiyah de la tribu Kalb Ibn Wadarah, une des plus grandes tribus de Qoudarah.

Ibn Kathir a dit à propos de Mayssoun Bint Bahdal qu’elle était ferme et résolue, jolie, intelligente et pieuse.

 

Ibn Kathir rapporte aussi à son sujet, cette histoire rapportée par les historiens : « Mou’awiyah Ibn Abi Soufyan (qu’Allah soit satisfait d’eux), avait un enfant de Fakhitah Bint Karadah Ibn ‘Amr Ibn Noufayl Ibn ‘Abdel Manaf, une autre épouse en plus de Mayssoun Bint Bahdal, la fille de son oncle maternel car Oumayyah, le grand-père des Omeyyades était ‘Abd ash-Shams ‘Abdel Manaf.

Fakhitah Bint Karadah était son épouse préférée et il eut d’elle ‘AbderRahmane, d’où il tira son surnom (qounia) Abou ‘AbderRahmane Mou’awiyah Ibn Abi Soufyan, et ‘AbdAllah le simple d’esprit.

Quant à Bint Karadah Bint Bahdal, Mou’awiyah la divorça alors qu’elle était enceinte de Yazid mais elle resta dans le palais du père de son enfant Yazid.

Un jour alors que Mou’awiyah était assis en compagnie de son épouse Fakhitah Bint Karadah dans son palais, Mayssoun passa près d’eux faisant marcher son enfant Yazid alors qu’il était encore tout petit. Puis, elle l’embrassa entre les yeux pleins d’amour pour son enfant. Puis Yazid se mit à marcher sous le regard de Fakhitah qui lui dit :

– « Qu’Allah maudisse les mains de ta mère ! » Et Mou’awiyah de lui répondre :

– « Par Allah son fils est mieux que le tien ! »

– « Non, pas du tout ! Mais tu lui préfère celui-ci ! »

– « Nous allons te prouver cela lui répliqua Mou’awiyah ». Puis il fit demander son fils ‘Abdallah et lui dit :

– « O fils, j’ai décidé de te donner tout ce que tu me demanderas maintenant alors que je suis assis. Allez demande tout ce que tu veux ! » ‘Abdallah dit à son père alors que sa mère écoutait :

– « Achète-moi un chien et un âne ! » Mou’awiyah lui dit :

– « O fils tu es un âne et tu veux acheter un âne ? » Puis Mou’awiyah lui demanda de retourner à ses affaires et il demanda à Yazid :

– « O fils, j’ai décidé de te donner tout ce que tu me demanderas maintenant alors que je suis assis ».

Alors Yazid se prosterna puis il leva la tête et dit :

– « Louange à Allah qui a fait parvenir l’émir des croyants à cet instant et Lui a suggestionné cet avis. Ce que je te demande c’est de me donner le pouvoir après, de me donner la possibilité de combattre et si je retourne, de me nommer émir du Hajj et de rajouter dix dinars à toutes les familles de Syrie ». Puis pour finir Yazid dit :

– « Et je te demande de prends soin des orphelins des Bani Joumah, des Bani Sahm et des Bani ‘Adiyy at-Tashiyine ».    

Mou’awiyah lui dit :

– « Je te donnerais tout ce que tu as demandé » et il embrassa Yazid.

Mou’awiyah se retourna vers Fakhitah et lui dit :

– « Comment le trouves-tu ? » Celle-ci répondit :

– « O Amir des croyants, dis-lui qu’il prenne soin de moi car tu le connais mieux que moi ».

Et ceci est une preuve que Mou’awiyah destinait son fils pour cette affaire depuis longtemps.

 

On a rapporté aussi qu’un jour, lorsque Ziyad Ibn Abi Soufyan, vint à Damas chargé de biens et de présents, il monta sur la chaire de prêche. Ziyad, un homme éloquent qui avait une forte personnalité raconta fièrement tout ce qu’il avait fait en Iraq. Alors Yazid se leva et lui dit :

– « O Ziyad, si tu as fait cela, sache que c’est nous qui t’avons placé alors arrête toi ! Nous avons fait de toi un Qouraysh, écrivain que tu étais, tu es devenu orateur. Et de Ziyad Ibn ‘Oubayd à Harb Ibn Oumayyah ! »

Mou’awiyah qui entendit son fils, lui dit :

– « Assis toi, je sacrifierais ma mère et mon père pour toi ! »

 

Mou’awiyah (qu’Allah soit satisfait de lui) était l’émir des croyants, le calife. Son père était Abou Soufyan Ibn Harb, le chef des Qouraysh. Le califat lui vint après la grande tribulation (fitnah) par désistement d’al-Hassan Ibn ‘Ali Abi Talib (qu’Allah soit satisfait d’eux). Et il vit dans la nomination de Yazid, un bien pour la communauté.

 

 

Ce qu’on dit les savants à propos de la nomination de Yazid Ibn Mou’awiyah

 

Mais que disent les savants de la nomination de Yazid ?

Beaucoup a été dit sur sa nomination et nous ne pouvons pas tous les citer. Néanmoins, nous allons rapporter, ce que certains ont dit.

 

Al-Hafiz Ibn Kathir, a dit de lui dans son livre référence « al-Bidayah wal Nihayah » : « Yazid, était courageux, indulgent, facile, un poète et de meilleurs avis pour les affaires du pouvoir mais il avait un faible pour les vices, l’abandon de la prière de certaines heures, et leurs accomplissements au-delà de leur heures ».

Al-Hafiz a dit aussi dans un autre endroit : « La pire des choses qu’il fut rapporté de lui est qu’il buvait du vin et qu’il pratiquait certaines immoralités ».

Ceci est un problème pour lui, un grave problème pour lui et c’est l’avis d’Ibn Kathir.

 

L’Imam ad-Dahhabi a dit de Yazid dans son livre « A’lam an-Noubala » : « Ce qu’il a à son actif est la tentative de la prise de Constantinople, ou il était commandant de l’armée. Yazid est de ceux que je ne n’insulte pas et que je n’aime pas. Il y a dans le règne des Omeyyades, des Abbassides et des Nawahi des gens pires que lui. Le pire est de l’avoir nommé à cause de sa descendance pour diriger seulement dix-sept années après la mort du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) alors que des Compagnons comme Ibn ‘Omar étaient vivants. Ibn ‘Omar méritait plus d’être nommé que lui, que son père et que son grand père. »    

L’Imam ad-Dahhabi (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit aussi : « Il était fort, brave, de bon conseil, lucide, déterminé et ses poèmes étaient justes. Mais, il détestait ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui) (nassibiyan), le cœur fermé (qalban ghalizan), grossier, ivrogne (mouskir), pervers. Il débuta son règne avec l’assassinat du martyr al-Houssayn Ibn ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait d’eux) et le finit avec les évènements de Harra et les gens l’eurent en horreur. »

 

Nous ne pouvons pas passer en revue et dire tous ce qui s’est passé lors de la période du calife et encore moins rapporter tout ce qui a été écrit sur le sujet. Nous ne pouvons non plus rapporter toutes les paroles des Compagnons, des suivants (tabi’i) et leur biographies. Nous ne pouvons non plus mentionner tous ceux qui sont mort lors de cette période. Néanmoins, nous tenterons de parler d’eux brièvement quand cela sera nécessaire.

 

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