BANU UMAYYAH

L’assassinat de ‘Abdillah Ibn Mou’awiyah Ibn ‘Abdillah Ibn Ja’far Ibn Abi Talib

 

Nous avons aussi précédemment mentionné que ‘Abdillah Ibn Mou’awiyah Ibn ‘Abdillah Ibn Ja’far Ibn Abi Talib se rebella à Koufa et nous avons dit qu’il était sorti en l’an 127 de l’Hégire (744) mais ‘Abdillah Ibn ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz le battit mais lui garantit la sécurité et à ceux qui étaient avec lui à la condition qu’ils quittent Koufa. Il partit donc à Mada’in, puis à Farès, avant de mettre la main sur Mahin, Qoumas, Hamadan, Ispahan et Rayy et un nombre importants des gens de ces régions vinrent lui porter allégeance.

Ses partisans mirent la main sur Istakhr ou il vint habiter en compagnie de Souleyman Ibn Hisham ‘Abdel Malik et Mansour Ibn Joumhour avant que les Banou Hashim vinrent aussi lui porter allégeance. Et parmi ceux des Banou Hashim qui vinrent lui porter allégeance, il y avait Abou Ja’far al-Mansour, ‘AbdAllah et ‘Issa Ibn ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn al-‘Abbas mais Ibn Houbayrah leur envoya un détachement les combattre et ‘Abdillah Ibn Mou’awiyah fut battu et s’enfuit au Khorasan pour rejoindre Abou Mouslim al-Khorassani parce qu’il appelait à la reconnaissance et à l’obéissance des gens de la maison du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui).

 

Lorsqu’il arriva à Hérat, en compagnie de ses frères Yazid et Hassan, Malik Ibn Haytham al-Khouza’i, qui était un des hommes d’Abou Mouslim, vint le questionner sur les raisons de son arrivée. Il lui dit qu’il avait entendit parler de leur mouvement et Malik Ibn Haytham al-Khouza’i ne fut pas convaincu par ses propos. Il écrivit à Abou Mouslim qui lui ordonna de les arrêter et de les emprisonner puis ensuite d’exécuter ‘Abdillah Ibn Mou’awiyah et de relâcher ses frères Yazid et Hassan. Malik Ibn Haytham relâcha Yazid et Hassan puis fit étrangler ‘Abdillah Ibn Mou’awiyah. Certains ont dit qu’un vêtement fut passé autour de sa tête et qu’il fut empêché de respirer jusqu’à ce qu’il mourut étouffé. Puis, ils sortirent son corps, prièrent sur lui et l’enterrèrent à Herat, en l’an 129 de l’Hégire (746).

 

 

Nasr Ibn Sayyar al-Kinani al-Moudari échappe à la mort

 

Lorsque ‘Ali Ibn al-Kirmani se soumit à Abou Mouslim al-Khorassani après qu’Ibn Sayyar ait tué son père, Abou Mouslim rentra à Merv au mois de Joumadah Awwal de l’année 130 de l’Hégire (747) puis dans le palais du gouverneur, après avoir demandé à Ibn Sayyar de lui porter allégeance, il rentra chez lui à Merv. Abou Mouslim pensa à le tromper et à le tuer. Il lui envoya Lahiz Ibn Qouraydah at-Tamimi à la tête d’un groupe de ses partisans et lorsque Nasr les vit, il dit :

– « Vous n’êtes venus que pour commettre le mal ». Et Lahiz lui répondit !

– « Tu dois forcement venir avec nous ».

– « Laissez-moi donc faire mes ablutions et je vous suis ». Et alors qu’il faisait ses ablutions, Lahiz, qui était un des plus grand prêcheur pour les Banou ‘Abbas, récita ce verset du Qur’an : « Et c’est alors qu’un homme vint du bout de la ville en courant et dit : « Ô Moïse (moussa), les notables sont en train de se concerter à ton sujet pour te tuer. Quitte (la ville). C’est le conseil que je te donne[2] ».

Nasr In Sayyar des Banou Moudar comprit aussitôt le message et il s’enfuit par une porte externe de sa demeure. La fibre tribale de Lahiz at-Tamimi al-Moudari l’emporta sur ses convictions et il permit à Nasr Ibn Sayyar al-Kinani al-Moudari de s’esquiver et de quitter Merv.

Lorsque les hommes revinrent à Abou Mouslim, il leur demanda :

– « Qu’est-ce qui la rendu suspicieux ? »

– « On se sait pas ! »

– « L’un d’entre vous a-t-il dit quelque chose ? »

– « Oui » dirent-ils « Lahiz a récité tel verset du Qur’an ! »

– « Voilà ce qui lui a mis la puce à l’oreille ! »

Alors Abou Mouslim     dit :

– « O Lahiz, cherches-tu à corrompre la religion ? » Et il ordonna de lui trancher la tête (darb ‘ounouqi). Bien qu’il fut un de leur plus grand prêcheur et sans regard pour ses services, il fut considéré comme un traitre. Encore, un de ces étranges évènements qui ne surgissent que lors des séditions.

 

Abou Mouslim ordonna de tuer vingt-quatre partisans de Nasr Ibn Sayyar qu’il avait emprisonné après sa fuite, dont Salm Ibn Ahwaz al-Mazini, le célèbre général.

 

 

En l’an 131 de l’Hégire (748), Abou Mouslim ordonna de tuer ‘Ali et ‘Uthman Ibn Joudayr al-Kirmani et il tua aussi Shayban Ibn Salamah, parce que les khawarije lui avait attribué le titre d’émir des croyants, qui était allié à Ibn al-Kirmani pour combattre Ibn Sayyar. Lorsque Ibn al-Kirmani s’allia à Abou Mouslim, il fut capturé par le khariji et quand Abou Mouslim, qui maintenant était à la tête d’une immense armée et gagnait des batailles, demanda au khariji de lui porter allégeance, le khariji lui dit :

– « Non c’est moi qui t’appelle à me porter allégeance ! »

 

 

En l’an 130 de l’Hégire, al-Walid Ibn Hisham mena une campagne en terre byzantine près d’Antioche à ‘Amq ou il fit construire la citadelle de Mar’ash.

 

Cette même année, Abou Mouslim al-Khorassani paracheva sa main mise sur le Khorasan et sur beaucoup d’autres régions. Il envoya ses partisans à Samarkand, au Boukharistan, à Farès et Touss.

 

 

L’armée du Khorasan écrase l’armée Syrienne

 

Nasr Ibn Sayyar était à Nishapour (nayssabour) quand lui parvint la mort de son fils Tamim Ibn Nasr lors de son combat avec Qahtabah Ibn Shabib qui marcha vers Nayssabour pour combattre Nasr qui fuit à Qoumas tandis que ses partisans se dispersèrent. Puis Nasr alla à Gorgan chez Noubatah Ibn Handalah al-Kilabi al-‘Amiri, le gouverneur nommé par Yazid Ibn ‘Omar al-Houbayrah. Qahtabah les poursuivit jusqu’à ce qu’il fit face à l’armée de Syrie et les Khorassani virent que les gens de Syrie n’étaient pas prêt pour le combat et Qahtabah fut informé de la crainte des Khorassani de combattre les gens de Syrie.

Il voulut alors les motiver avant la grande bataille qui allait s’ensuivre, et il leur dit : « O gens du Khorasan, cette terre appartenait jadis à vos pères, et la victoire leur fut accordée par ce qu’ils étaient justes et droit mais le jour où ils devinrent injustes, ils encoururent la colère d’Allah Exalté. Leur royaume leur fut retiré et il leur envoya une des pires communautés qu’il y avait sur la terre (sous-entendu les Arabes). Ils les prirent leur terre et leurs femmes et firent de leurs enfants des esclaves. Ces gens gouvernèrent avec justice, tenaient leurs engagements et assistaient les faibles. Puis, ils changèrent et leur gouvernance se corrompit si bien que les gens pieux craignirent les gens du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et alors Allah vous leva contre eux pour se venger d’eux et afin que vous soyez leur châtiment. L’Imam m’a informé que vous rencontrerez des immenses armées et que la victoire d’Allah Exalté vous sera accordée. Vous les tuerez et vous les mettrez en fuite ».

 

Les deux armées s’affrontèrent au mois de Dzoul Hijjah de l’année 130 de l’Hégire (747) et les Khorassani vinrent à bout des Syriens et les mirent en fuite. Des milliers de Syriens furent tués au court de la bataille, ainsi que Noubatah Ibn Handalah al-Kilabi dont ils envoyèrent la tête à Abou Mouslim.

Après la bataille, les gens de Gorgan se levèrent contre Qahtabah Ibn Shabib qui les massacra littéralement et ce massacre permit au mouvement des Banou ‘Abbas de s’affermir un peu plus. Après la bataille Nasr Ibn Sayyar s’enfuit à Qoumas et lorsqu’il fut informé du massacre des gens, il s’enfuit de nouveau à Khouwar dans la région du Rayy. Et un des plus puissants gouverneurs du Khorasan se retrouva à fuir de ville en ville et de pays en pays.

 

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