BANU UMAYYAH

En l’an 125 de l’Hégire (742), Souleyman Ibn Kathir al-Khouza’i, Malik Ibn Haytham al-Khouza’i, Lahiz Ibn Qourayz at-Tamimi et Qahtabah Ibn Shabib at-Ta’i allèrent à La Mecque ou ils rencontrèrent Muhammad Ibn ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn al-‘Abbas Ibn ‘Abdel Moutalib et l’informèrent à propos d’Abou Mouslim. Il leur demanda :

– « Est-il un homme libre ou un esclave ? »

– « ‘Issa Ibn Ma’qil al-‘Ijli pense que c’est un esclave et Abou Mouslim prétend qu’il est un homme libre ! » Muhammad Ibn ‘Ali leur dit :

– « Achetez-le et libérez-le ! »

Ils donnèrent ensuite à Muhammad Ibn ‘Ali une somme de cent-mille dirhems, des vêtements d’une valeur de trois-mille dirhems et il leur dit :

-«  Je ne pense pas que l’on se reverra après cette année. S’il m’arrivait quoi que ce soit, voyez alors mon fils Ibrahim Ibn Muhammad qui a ma confiance et dont je vous recommande la bonté envers lui comme je l’ai recommandé sur vous.

 

 

Au mois de Dzoul Qi’dah de l’année 125 de l’Hégire (742), Muhammad Ibn ‘Ali décéda. Son père était ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn al-‘Abbas qui mourut à Houmaymah en l’an 118 de l’Hégire (735) et son grand père était le respectable Compagnon ‘AbdAllah Ibn al-‘Abbas Ibn ‘Abdel Moutalib, le savant de la Oummah et l’interprétateur du Qur’an qui décéda en 68 de l’Hégire (687) et fut enterré à     Baqi’ al-Gharqad à Médine (qu’Allah Exalté soit satisfait de lui et de son père).

 

 

En l’an 126 de l’Hégire (743), Ibrahim Ibn Muhammad Ibn ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn al-‘Abbas, connut sous le nom d’Ibrahim al-Imam, envoya Abi Hashim Boukayr Ibn Mahan au Khorasan avec des consignes. Boukayr Ibn Mahan alla à Merv ou il rejoignit les prédicateurs et les informa du décès de Muhammad Ibn ‘Ali et de la succession de son fils Ibrahim surnommé « al-Imam ». Il leur lit sa lettre et ils lui remirent une somme d’argent, qu’ils avaient collecté parmi leurs partisans, et que Boukayr ramena à Ibrahim.

 

 

En l’an 127 de l’Hégire (744), Souleyman Ibn Kathir al-Khouzay’i, Lahiz Ibn Qouraybah at-Tamimi, Qahtabah Ibn Shabib at-Ta’i et Abou Mouslim al-Khorassani allèrent à La Mecque pour rencontrer Ibrahim al-Imam, et ils l’informèrent qu’ils avaient en leur possession, onze-mille dinars, cent-mille dirhems ainsi que quelques autres valeurs qu’il leur ordonna de remettre à Ibn ‘Ourwah, le domestique de son père. Souleyman Ibn Kathir lui dit aussi qu’Abou Mouslim al-Khorassani était son serviteur.

 

Cette même année, lorsque Boukayr Ibn Mahan sentit sa fin venir, il écrivit à Ibrahim al-Imam pour l’informer de sa fin imminente et qu’il avait nommé Hafs Ibn Souleyman Ibn Moughirah, le domestique des Banou Assad, pour lui succéder du fait de ses compétences. Ibrahim al-Imam écrivit à Hafs Ibn Souleyman, connut sous le nom d’Abi Salamah al-Khalal, et lui ordonna de poursuivre la prédication pour les Banou ‘Abbas. Il écrivit aussi à ses partisans, au Khorasan, pour les informer de la nomination de leur nouveau chef Abi Salamah al-Khalal et lorsque ce dernier alla au Khorasan, ils lui obéirent et lui remirent ce qu’ils avaient collecté comme argent.

 

 

En l’an 128 de l’Hégire (745), Ibrahim al-Imam envoya Abou Mouslim al-Khorassani au Khorasan avec une lettre ordonna aux partisans des Banou ‘Abbas de l’écouter et de lui obéir mais lorsqu’il arriva personne ne lui répondit.

 

 

En l’an 129 de l’Hégire (746), ils allèrent à La Mecque pour rencontrer Ibrahim al-Imam et lorsqu’ils furent en sa présence, Abou Mouslim lui dit que les gens avaient refusés de l’écouter et de lui obéir. Ibrahim leur dit :

– « J’ai désigné Souleyman Ibn Kathir et Ibrahim Abou Salamah pour organiser la prédication mais ils ont refusé tous les deux alors j’ai désigné Abou Mouslim pour mener à bien cette entreprise vous devez donc l’écouter et lui obéir ». Ce qui était maintenant un ordre pour eux !

Le nom d’Abou Mouslim est AbderRahmane et Ibrahim lui dit :

– « O AbderRahmane, tu es l’un d’entre nous des gens de la maison (ahl al-bayt), retiens bien mes recommandations. Honore les gens du Yémen, descends chez eux car Allah Exalté ne parachèvera cette affaire que par eux. Ait un œil sur les gens de Rabi’ah et préoccupe toi de leur affaire. Ait un œil sur les gens de Moudar, car l’ennemi est proche de la maison (dar) (sous-entendu se sont les ennemis les plus proches de toi). Tue ceux d’entre eux en qui tu as des doutes, ceux dont tu es incertain et ceux dont ton âme à de l’aversion. Si tu dois ne pas laisser de langue arabe dans le Khorasan alors fait-le[6]. Tout enfant ayant atteint la hauteur d’un mètre en qui tu as des doutes, tue le ! Ne vas pas à l’encontre des conseils de Souleyman al-Khouza’i et ne lui désobéit pas et si une affaire te pose des difficultés, suit alors son avis plutôt que le mien ». Et Abou Mouslim allait toujours se rappeler de ses recommandations et les appliquer à la lettre.

Mais la prédication pour les Abbassides allait connaitre des moments difficiles particulièrement après la sédition de l’assassinat du calife al-Walid al-Fassiq Ibn Yazid. Alors que tous les regards étaient portés vers le calife et à son obéissance, personne n’appelait à se lever contre lui et si quelqu’un le faisait tous les Musulmans se tournaient alors vers ces rebelles pour les arrêter avant que les nouvelles ne parviennent au calife.

Or, maintenant les Omeyyades s’entretuaient entre eux pour la recherche du pouvoir dans leur fief comment pourraient-ils savoir ou faire face à ce qui se passait à plusieurs milliers de kilomètres de chez eux ?

 

 

 

 

[1] Le premier à avoir fabriqué une catapulte est un Kurde du nom de Hazn (« al-Bidayah wal Nihayah » de l’Imam Ibn Kathir).

[2] Jahm fut le premier grand propagateur de l’idée de la création du Qur’an, que le discours d’Allah Exalté est créé, puisque tous les Attributs qui Lui sont attribués et qui sont partagées par la création sont créés aussi. Il rejeta chaque Attribut mentionné dans la Révélation de peur d’anthropomorphisme. Les seuls Attributs qu’il accepta sont ceux de la création et la puissance. Il estima que la création et la puissance sont les seuls Attributs qui appartiennent en propre à Allah Exalté et que la puissance relative aux humains l’est métaphoriquement et non pas littéralement. Cette dernière croyance le conduira à la doctrine du fatalisme (al-jabr (contrainte)) dont les partisans seront nommés al-moujbirah. Il fonda sa théologie sur une pensée philosophique qu’il emprunta à des philosophes grecs. L’Imam Ahmad Ibn Hanbal, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde, réfuta de manière éclatante cette philosophie corrompue.

Je vous rappelle que le Qur’an est la Parole incréée d’Allah Exalté et qu’Il nous préserve de l’égarement et de ces makhloufettes inventées et qui sont sincèrement n’importe-quoi.

[3] Le premier à avoir affirmé la création du Qur’an, à avoir refusé qu’Allah Exalté ait prit pour ami (khalil) Ibrahim et le fait qu’Il, Exalté soit-Il, ait parlé à Moussa. Jahm Ibn Safwan hérita de ses doctrines sectaires et allait devenir le fondateur de la jahmiyah.

[4] En Jordanie actuelle.

[5] Il rendit licite pour ses partisans les femmes des uns et des autres.

[6] Nous avons traduit mot à mot cette phrase sans extrapoler le sous-entendu qui serait « peut-être » : « Si tu dois tuer tous les arabes pour mener à bien ta mission fait-le ». Si cela était le sens correct, alors, il serait en contradiction avec sa recommandation précédente concernant les Yéméni, qui sont non seulement des Arabes       mais aussi la racine des Arabes. (NdT)

 

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