BANU UMAYYAH

La mort de Yazid Ibn Walid

 

Toujours cette année, Marwan Ibn Muhammad fit savoir qu’il désirait se rendre à Damas avec son armée pour venger le sang de son père al-Walid Ibn Yazid et lorsqu’il arriva à Harran, il reçut une lettre de Yazid Ibn Walid qui lui proposait la gouvernance d’Azerbaïdjan, d’Arménie, d’al-Jazirah et de Mossoul s’il lui portait allégeance et Marwan accepta.

Ainsi l’on voit que le calife Yazid Ibn Walid réussit à venir pacifiquement et sans bataille à un grand nombre de séditions mais il est un fait certain est qu’Allah Exalté et Loué soit-Il poursuit Son propre but et Il est Celui qui décide, quand bien même les gens ne s’en rendent pas toujours compte. L’on voit aussi que malgré son court règne, le douzième calife Yazid Ibn Walid, fit face à un certains nombres d’évènements avant de décéder cette année 126 de l’Hégire (743) à Damas.

 

Il a été rapporté que Yazid Ibn Walid était un qadariyan et les qadariyah sont ces gens qui renient la prédestination, qui pensent que les êtres humains sont libres de toutes pensées et de tout acte et qu’Allah Exalté soit-Il, n’a aucun contrôle dans ce que fait l’individu. Le premier à avoir formulé cette innovation est Ma’bad Ibn ‘Abdillah Ibn ‘Oukaym al-Jouhri qui fut tué de sang-froid par al-Hajjaj Ibn Youssouf ath-Thaqafi en l’an 80 de l’Hégire (699). Et le fait qu’il soit un qadariyan peut paraitre contradictoire au sermon qu’il fit lorsqu’il devint calife.

 

 

La succession d’Ibrahim Ibn al-Walid

 

Après le décès de Yazid Ibn Walid, son fils Ibrahim lui succéda sans lui succéder. Les historiens ont rapporté que, le vendredi, les gens le saluaient par le titre de calife, ce qui confirme qu’il était le calife.

D’autres ont rapporté que, le vendredi suivant, les gens ne le saluaient par aucun des titres du calife jusqu’à l’arrivée de Marwan Ibn Muhammad qui le désista du califat, et se fit nommer calife, le quatorzième et dernier calife des Omeyyades.

Quant au successeur d’Ibrahim, ‘Abdel ‘Aziz Ibn al-Hajjaj Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan, il fut aussi tué.

La mère d’Ibrahim Ibn Yazid Ibn Walid, le treizième calife qui régna quatre-vingt-dix jours, était une mère d’enfant et il a été rapporté qu’il était le frère de Marwan Muhammad Ibn Marwan par sa mère et c’est peut-être pour cela que Marwan Ibn Muhammad ne le tua pas.

 

En fait, la sédition qui toucha les Omeyyades fut une conséquence directe de l’assassinat d’al-Walid al-Fassiq. Hisham Ibn ‘Abdel Malik n’aurait jamais dû le nommer successeur d’autant plus qu’il y avait des gens plus forts et plus compétant que lui dans la famille de ‘Abdel Malik et de Souleyman ‘Abdel Malik mais l’ordre d’Allah devait être exécuté…

 

 

L’entrée de Marwan Ibn Muhammad Ibn Marwan à Damas et les séditions en Syrie et en Iraq

 

Marwan Ibn Muhammad entra en Syrie à la tête d’une armée de quatre-vingt-mille combattants et Ibrahim Ibn Walid lui envoya Souleyman Ibn Hisham ‘Abdel Malik à la tête de cent-vingt-mille combattants. Et à ‘Ayn Jar, appelée aujourd’hui ‘Anjar[2], eut lieu une grande bataille ou Marwan Ibn Muhammad fut vainqueur et il est rapporté que soixante-dix-sept-mille hommes de l’armée de Souleyman périrent tandis que le même nombre d’hommes fut fait prisonnier. Souleyman Ibn Hisham et ceux qui restaient avec lui s’enfuirent à Damas ou Souleyman rejoignit Ibrahim. Lorsqu’Ibrahim apprit que l’armée de Marwan Ibn Muhammad était entrée dans Damas, il se cacha tandis que Souleyman vida le trésor public et partagea l’argent avec ceux qui étaient avec lui avant de quitter la ville.

 

En Iraq, il y eut une nouvelle sédition tribale et pendants tous ces évènements d’instabilité, sortit de Koufa, trompé une nouvelle fois par les shiites, ‘AbdAllah Ibn Mou’awiyah Ibn ‘AbdAllah Ibn Ja’far Ibn Abi Talib qui appela les gens à le rejoindre. Un nombre important de personne le rejoignit mais lorsque le moment de vérité arriva, ils l’abandonnèrent comme leurs prédécesseurs. ‘Abdillah Ibn ‘Omar ‘Abdel ‘Aziz le combattit mais ne le tua pas. Au contraire, il garantit la sécurité à ‘AbdAllah Ibn Mou’awiyah et à ceux qui étaient avec lui à condition qu’ils quittent Koufa.

 

 

En l’an 127 de l’Hégire (744), ‘AbdAllah Ibn Mou’awiyah al-Hashimi quitta Koufa pour Mada’in puis pour Farès ou il contrôla certaines villes dont Mahin, Hamadan, Qoumas, Ispahan (asbahan) et Rayy.

 

Au mois de Joumadah Thani de l’année 127 de l’Hégire (744), al-Harith Ibn Sourayj at-Tamimi à qui Nasr Ibn Sayyar avait accordé l’immunité, arriva à Rayy et al-Harith Ibn Sourayj était un rebelle. Trois-milles personnes des Banou Tamim se regroupèrent à ses côtés et lui portèrent allégeance. Puis, il écrivit à al-Kirmani pour lui demander de le rejoindre.    

 

Lorsque Marwan Ibn Muhammad Ibn Marwan Ibn Hakam entra à Damas, les domestiques de Yazid Ibn Walid allèrent trouver ‘Abdel ‘Aziz Ibn Hajjaj Ibn ‘Abdel Malik puis le tuèrent avant de se diriger vers le cimetière où ils sortirent la dépouille de Yazid Ibn Walid qu’ils crucifièrent sur la porte de Jabiyah. Puis Marwan Ibn Muhammad Ibn Marwan ordonna de trouver les dépouilles des deux fils d’al-Walid et de celle de Youssouf Ibn ‘Omar qu’il fit enterrer. Puis, ils libérèrent Abou Muhammad as-Soufyani, dont les historiens ne mentionnent pas la généalogie de cet homme, sauf qu’il serait « peut-être » Abou Muhammad Ibn ‘Abdillah Ibn Yazid Ibn Mou’awiyah Ibn Abi Soufyan[3] et Allah Exalté est Plus savant.      

 

Abou Muhammad as-Soufyani se cacha sous le règne des Abbasside près de Médine mais ils finirent par connaitre sa cachette et Ziyad Ibn ‘Oubaydillah al-Harithi, le gouverneur de Médine, se rendit chez lui avec ses gardes mais il refusa de se soumettre et combattit jusqu’à ce qu’il fut tué sous le règne d’al-Mansour.

 

 

Marwan Muhammad Ibn Marwan le dernier calife omeyyade

 

Abou Muhammad as-Soufyani porta allégeance à Marwan Ibn Muhammad Ibn Marwan Ibn Hakam ainsi que les gens de Damas après que les gens de Homs, de Palestine, de Jordanie     lui ai les premiers porté allégeance.                    

Marwan Ibn Muhammad Ibn Marwan Ibn Hakam est donc le quatorzième et dernier calife omeyyade. Sa mère est une mère d’enfant Kurde. Et il était surnommé « al-Himar » pour sa force et sa bravoure au combat mais aussi « al-Ja’di » de son vil enseignant al-Ja’di Ibn Dirham. Lorsque les gens lui portèrent allégeance, il retourna dans sa demeure à Harran d’où Ibrahim Ibn Walid et Souleyman Ibn Hisham lui demandèrent la sécurité qu’il leur accorda et ils lui portèrent allégeance à leur tour.

 

 

 

 

[1] Puisque nous devons approuver le bien et désapprouver le mal, je me demande à quoi sert de telles violences sur les morts puisqu’ils sont morts ! Et le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui torture les gens s’est acquit le droit d’être torturé à son tour le jour du Qiyamah » et il (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit aussi : « Celui qui brise les os d’un mort, c’est comme si il lui avait brisé de son vivant ! ». Et il n’y a de force et de puissance qu’en Allah (NdT).

[2] ‘Anjar est une ville du Liban dans la plaine de la Bekaa, à peu près à mi-chemin sur la route de Beyrouth à Damas.

[3] La recherche de la généalogie « incertaine » de cet homme a été effectuée par le Docteur Ahmad Da’idj dans son « at-Tarikh as-Siyassiyah lil Dawla Amawiyyah » dont nous avons utilisé la chronologie pour ce livre ainsi que ses autres chronologie dans nos traductions. Puisse Allah Exalté le récompenser largement son pour excellente œuvre.

 

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