BANU UMAYYAH

Ambassah Ibn Souhaym al-Kalbi stoppé à Sens

 

Ambassah Ibn Souhaym al-Kalbi comme son prédécesseur continua le combat dans la voie d’Allah en France, et l’on sait combien l’accès en France est difficile en entrant par le sud à cause des chaines de montagnes. Il conquit tout le sud-est, la Provence, les Bouches du Rhône et remonta le fleuve jusqu’à Lyon. Aucun livre scolaire d’histoire français ne fait mention de ces conquêtes et on ne comprend pas pourquoi il serait honteux d’avoir été envahi par les « Arabes » excepté pour les partisans du « cochon à gogo ».    

 

Ambassah Ibn Souhaym al-Kalbi et ses hommes, poussés par leur foi, combattaient à dos de cheval et étaient armés seulement de sabres et de lances. Et tout le monde sait que lorsque les Musulmans sont poussés par leur foi, sincères et déterminés envers leur Seigneur, dans leurs intentions et leur but, quand bien même ils ne seraient que quelques milliers ou bien moins sont irrésistibles. Ambassah Ibn Souhaym al-Kalbi fut stoppé par une armée de Francs à moins de 100 kilomètres de Paris, à Sens, au mois de Sha’ban 107 de l’Hégire (725). Les Musulmans furent mit en déroute et Ambassah Ibn Souhaym al-Kalbi trouva le martyr puisse Allah Exalté lui faire miséricorde. Ces gens-là ne restaient pas dans le confort de leurs palais ni ne recherchaient les richesses de ce monde mais la gloire auprès d’Allah Exalté par l’une des deux excellences : le martyr ou la victoire.

 

‘Oudrah Ibn ‘Abdillah al-Fihri prit sa succession pour deux mois, jusqu’à l’arrivée de Yahya Ibn Salamah al-Kalbi au mois de Shawwal de l’année 107 de l’Hégire (725), le nouveau gouverneur qui le resta jusqu’à la fin de l’année 109 (727) avant d’être remplacé à son tour par Houdayfah Ibn Ahwas al-Qayssi.    

Houdayfah Ibn Ahwas al-Qayssi resta gouverneur six mois avant de décédé au mois de Rabi’ Awwal de l’année 110 de l’Hégire (728).

 

Au mois de Sha’ban de cette même année lui succéda ‘Uthman Ibn Abi Naf’ah al-Khath’ami jusqu’au mois de Mouharram de l’année 111 de l’Hégire (729), puis al-Haytham Ibn ‘Oubayd al-Kinani lui succéda pour cinq mois avant d’être remplacé par Muhammad Ibn ‘Abdillah al-Ashja’i pour deux mois.

 

 

‘AbderRahmane Ibn ‘Abdillah al-Ghafiqi et la bataille de Balat ash-Shouhadah

 

Au mois de Safar de l’année 112 de l’Hégire (730), lui succéda le chef, le grand guerrier (moujahid) ‘AbderRahmane Ibn ‘Abdillah al-Ghafiqi qui resta quelques années gouverneur avant de partir de nouveau à la tête d’une armée vers le sud de la France. Il captura la région d’Aquitaine avant de traverser la Garonne, puis Bordeaux. Le duc d’Aquitaine appela à l’aide Charles Martel, le chef des mérovingiens[4], qui arriva à la tête d’une forte armée et attaqua les Musulmans près de Châtellerault, lors de la fameuse bataille de Balat ash-Shouhadah (le Carré des Martyrs), plus communément connut dans l’histoire à tort sous le nom de la « bataille de Poitiers ». 

La bataille dura trois jours, et les Musulmans furent victorieux et ramassèrent un large butin. Le Duc d’Eudes attaqua alors l’arrière de l’armée (as-saqah), là où se trouve le butin et les Musulmans tentèrent de défendre leur prise mais le désordre gagna leur rang et l’armée des Musulmans fut mise en déroute après que leur émir, AbderRahmane al-Ghafiqi, fut tué par une flèche au mois de Ramadan de l’année 114 de l’Hégire (732), puisse Allah Exalté lui faire miséricorde. L‘armée des Musulmans se retira sous le couvert de la nuit et les francs ne furent pas en mesure de les rattraper.

 

‘Abdel Malik Ibn Qatan al-Fihri, fut nommé gouverneur d’Andalousie au mois de Shawwal de cette année et le resta jusqu’au mois de Ramadan de l’année 118 de l’Hégire (736), avant d’être désisté et remplacé par ‘Ouqbah Ibn al-Hajjaj as-Salouli, un redoutable combattant qui fut aussi tué dans le sud de la France, ou il combattait dans la voie d’Allah à Lui les Louanges et la Gloire, au mois de Safar de l’année 123 de l’Hégire (740).

‘Abdel Malik Ibn Qatan al-Fihri lui succéda au poste de gouverneur d’Andalousie pour la deuxième fois et fut tué un an après et un mois lors de la sédition de Balj Ibn Bishr et des soldats de Syrie qui le crucifièrent comme nous l’avons rapporté précédemment. Après sa mort, lui succéda Balj Ibn Bishr al-Koushayri pour une durée de onze mois à qui succéda Tha’labah Ibn Salamah al-‘Amiri pour une durée de dix mois qui fut remplacé par Abou al-Khattar Hissam Ibn Dirar al-Kalbi et Thouwabah Ibn Salamah al-Joudami.

 

Au mois de Mouharram de l’année 129 de l’Hégire (746), lui succéda ‘AbderRahmane Ibn Kathir al-Lakhmi, puis Youssouf Ibn ‘AbderRahmane Ibn Habib Ibn Abi ‘Abda’ Ibn ‘Ouqbah Ibn Nafi’ al-Fihri qui resta gouverneur jusqu’à l’arrivée du Faucon des Qouraysh : ‘AbderRahmane ad-Dakhil alias ‘AbderRahmane Ibn Mou’awiyah Ibn Hisham Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan en l’an 138 de l’Hégire (755).    

 

 

Au mois de Joumadah Awwal de l’année 126 de l’Hégire (743), ‘AbderRahmane Ibn Habib Ibn Abi ‘Abda’ Ibn ‘Ouqbah Ibn Nafi’ al-Fihri (le grand père de son père est le célèbre conquérant ‘Ouqbah Ibn Nafi’) arriva à Tunis (ifriqiyah) ou il réunit ses partisans et au début de l’année 127 de l’Hégire (744), il partit à Kairouan d’où il envoya une lettre à Handalah Ibn Safwan al-Kalbi pour lui demander la permission d’aller à Médine qui lui fut accordé. Et il est connu que Handalah ne combattait que les mécréants ou les khawarije et il mit de côté son différend avec lui pour préserver les Musulmans et leurs forces pour s’unir dans le combat contre les khawarije.

 

Au mois de Joumadah Awwal de l’année 127 (744), ‘AbderRahmane Ibn Habib Ibn Abi ‘Abda’ Ibn ‘Ouqbah Ibn Nafi’ al-Fihri arriva à Médine.

 

Après avoir brièvement passé en revue les évènements au Maghreb mais qui seront détaillés dans le prochain volume, nous allons revenir à l‘histoire des Omeyyades, là où nous l’avons laissée, c’est-à-dire au début de la succession de Walid Ibn Yazid.

 

 

Al-Walid Ibn Yazid succède à Hisham Ibn ‘Abdel Malik

 

Al-Walid Ibn Yazid succéda à Hisham Ibn ‘Abdel Malik décédé le dernier mercredi du mois de Rabi’ Thani de l’année 125 de l’Hégire (742), bien que Hisham tenta de le désister de la succession à cause de sa dépravation et c’est pour cela que Walid détestait Hisham.

Avant de devenir calife, al-Walid, ordonna au fils de son oncle al-‘Abbas Ibn Walid de partir à ar-Rassafah et d’estimer le nombre des enfants d’Hisham et leur richesse, excepté pour Maslamah qui avait souvent prit sa défense et n’agréait pas son père de son comportement envers al-Walid.

Et lorsqu’al-Walid devint calife, il montra un visage différent de ce que connaissaient les gens. Il dépensa de l’argent pour les malades, les gens dans le besoin et pour chacun d’entre eux, il attribua un assistant. Il augmenta aussi les allocations pour toutes les familles des Musulmans et un peu plus pour celles de Syrie si bien que l’argent de l’état diminua considérablement néanmoins la population se réjouit de ses générosité parce qu’elle aimait l’argent (al-flouss) mais les gens oublient rapidement les bienfaits comme nous allons le voir.

Al-Walid désigna ses fils al-Hakam et ‘Uthman ses futurs successeurs et les fit reconnaitre par les gens bien qu’ils n’avaient pas encore atteint l’âge de la puberté (houloum) et avant d’être tué.

Al-Hakam avait atteint l’âge de la puberté, s’était marié et avait déjà un enfant et son frère ‘Uthman venait juste de l’atteindre. Leur assassinat eut lieu lorsque Marwan Ibn Muhammad entra à Damas pour venger leur père mais les hommes de Yazid Ibn Walid décidèrent de les tuer dans leur prison avec Youssouf Ibn ‘Omar comme nous allons le voir par la suite.

 

Al-Walid Ibn Yazid envoya son frère Ghamr Ibn Yazid à la tête d’une armée razzier les Byzantins puis il désista Muhammad Ibn Hisham al-Makhzoumi, gouverneur de Médine, de La Mecque et de Taif, et le remplaça par son oncle Youssouf Ibn Muhammad Ibn Youssouf ath-Thaqafi à qui il demanda de capturer Muhammad et Ibrahim Ibn Hisham al-Makhzoumi, ce qu’il fit avant de saisir leurs biens et de les exhiber dans la ville. Puis, il reçut une lettre du calife lui ordonnant de les envoyer en Iraq à Youssouf Ibn ‘Omar afin qu’il les torture pour savoir où ils avaient caché leur argent. Et Youssouf les tortura tellement qu’ils moururent sous les supplices.

Quand les enfants des califes commencèrent à s’entretuer, ce fut le début du désordre dans l’état et aussi une des causes de la chute des Omeyyades. Lorsque les états utilisent ce genre de moyens contre les peuples, cela marque incontestablement le début de leur fin comme nous le vivons ces jours ci.

 

 

 

 

[1] Al-Ifriqi ou al-Afariqah sont des Carthaginois.

[2] Le Chélif (shlif) est un fleuve d’une longueur de 725 km du nord-ouest de l’Algérie, il prend sa source dans l’Atlas tellien et se jette dans Méditerranée.

[3] Tahert était une ville d’Algérie situé dans l’actuelle Wilaya (département) de Tiaret, proche de Tiaret.

[4] Les Mérovingiens constituèrent la première dynastie qui régna sur la majorité des territoires français et belge, ainsi que sur une partie de l’Allemagne et de la Suisse, immédiatement après l’occupation romaine de la Gaule.

 

Views: 0