BANU UMAYYAH

La rébellion des Berbères au Maghreb

 

En l’an 122 de l’Hégire (739), les rebelles, rejoint par les Carthaginois, tuèrent ‘Omar Ibn ‘Abdillah al-Mouradi, le gouverneur de Tanger, et le remplacèrent par ‘Abdel A’la Ibn Zourayj al-Ifriqi[1] ar-Roumi, le Mawlah de Moussa Ibn Noussayr. Puis leur immense armée marcha vers le gouverneur du Maghreb Isma’il Ibn ‘Oubaydillah al-Habhab qu’ils tuèrent. Lorsque ‘Oubaydillah al-Habhab fut informé, il déploya une immense armée des gens de Kairouan qu’il leur envoya sous le commandement de Khalid Ibn Habib Ibn     Abi ‘Abda’ Ibn ‘Ouqbah Ibn Nafi’ al-Fihri. La troupe fut surnommée « l’armée des Nobles » à cause du nombre importants de nobles arabes qui prirent part à l’expédition.

L’armée des Nobles marcha sur Tanger ou Khalid Ibn Habib Ibn Abi ‘Abda’ rejoignit l’armée de son père Habib Ibn Abi ‘Abda’ envoyée en soutien et qui avait dû revenir de Sicile ou il combattait les mécréants. Khalid Ibn Habib traversa le fleuve de Chélif[2] et près de Tahert[3] eut lieu une féroce bataille entre Khalid et les khawarije tandis que son père reste en deçà du fleuve. L’armée de Khalid et des Arabes fut écrasée et anéantie si bien que nul d’entre eux ne sortit vivant de cette bataille, connue sous le nom de la bataille des Nobles.      

Avant la bataille, Mayssarah al-Moud’ouri se retira et les khawarije le tuèrent aussi et nommèrent à sa place Khalid Ibn Hamim az-Zinati.

Les nouvelles de cette défaite parvinrent aux Berbères en Andalousie qui se rebellèrent à leur tour.

 

 

En l’an 123 de l’Hégire (740), ils renvoyèrent ‘Ouqbah Ibn al-Hajjaj as-Salouli et le remplacèrent par ‘Abdel Malik Ibn Qatan al-Fihri. Ces révoltes poussèrent les Arabes de Kairouan à congédier ‘Oubaydillah Ibn Habhab et lorsque les nouvelles arrivèrent au calife, il dit :

– « Par Allah je vais sévir contre eux comme les Arabes sévissent et je vais leur envoyer une armée dont l’avant-garde sera chez eux et l’arrière garde chez moi ». Puis, il demanda à ‘Oubaydillah Ibn Habhab de se présenter chez lui. Le calife leur envoya Koulthoum Ibn ‘Iyad Ibn Qoushayri, des Banou Qoushayr Ibn Ka’b Ibn Rabi’ah Ibn ‘Amir Ibn Sa’sa’ah, et Koulthoum Ibn ‘Iyad était un fanatique tribal des Qays, en compagnie du fils de son frère Balj Ibn Bishr Ibn ‘Iyad Ibn Qoushayri qui était encore plus fanatique pour sa tribu que lui.        

 

Au mois de Ramadan de l’année 123 de l’Hégire (740), Koulthoum Ibn ‘Iyad Ibn Qoushayri arriva au Maghreb et cet idiot (ahmaq) ou il se mit à offenser (yastakhif) les Arabes du Maghreb et de l’Andalousie qui pour la plupart d’entre eux était des tribus yéménites Qahtaniyah. Alors les Arabes d’Ifriqiyah écrivirent au commandant des forces musulmanes, Habib Ibn Abi ‘Abda’ al-Fihri et les Fihri sont des Qourayshi Moudari alors qu’il combattait les Berbères pour l’informer. Il écrivit à son tour à Koulthoum Ibn ‘Iyad et lui dit : « Le fils de ton oncle, le stupide (as-safi, sous-entendu : Balj Ibn Bishr) a dit ceci et cela, protégé par ton armée, (fait attention sinon) nous conduirons nos chevaux chez toi (sous-entendu : nous allons venir de te combattre) ». Koulthoum lui répondit et s’excusa pour son comportement.

Koulthoum et son armée se dirigèrent vers Tanger jusqu’à ce qu’il parvint au camp de Habib Ibn Abi ‘Abda’ près du fleuve de Chélif. Lorsque Koulthoum et Balj le virent, Balj dit moqueur :

– « Est-ce donc celui-ci qui veut lancer ses chevaux contre nous ? » La sédition gagna leur rang à cause de cette parole et les deux armées s’entretuèrent, sans aucun gain pour elles, jusqu’à ce qu’ils conviennent d’un traité de paix mais les cœurs vivement remontés les uns contre les autres.

 

 

Au début de l’année 124 de l’Hégire (741), près de Tahert près du fleuve Sibou eut lieu une grande bataille entre les rebelles et Koulthoum Ibn ‘Iyad, à cause de la désopilante politique de Balj et de l’aveuglement stupide de son oncle à le suivre, les Arabes furent défaits. Un tiers de l’armée fut tué, tandis que le reste s’enfuit. Quand les Nobles arabes virent l’immense armée de rebelles, ils demandèrent à Koulthoum de creuser une tranchée autour du camp et lorsqu’il voulut donner son accord, Balj aveuglé par ses prétentions dit :

– « Et qui sont ces gens pour que nous les craignions et que nous nous retranchons. Mais il mordit rapidement la terre et s’enfuit avec dix-mille Arabes à Ceuta ou ils se fortifièrent tandis que Koulthoum Habib In Abi ‘Abda’ fut tué. ‘AbderRahmane Ibn Habib Abi ‘Abda’ al-Fihri s’enfuit en Andalousie à Cordoue (qortoba) ou il resta chez le gouverneur ‘Abdel Malik Ibn Qatan al-Fihri.

Les rebelles marchèrent alors sur Ceuta ou ils assiégèrent les Arabes qui s’y trouvaient jusqu’à ce qu’ils furent sur le point de mourir de faim, à cause de la dureté du siège, si bien qu’ils durent manger leurs montures. Puis Balj Ibn Bishr écrivit à ‘Abdel Malik Ibn Qatan pour lui demander la permission de traverser et de venir en Andalousie qui refusa. Mais lorsqu’il vit à quel point le siège était parvenu et qu’il ne faiblissait pas, il envoya des navires à Balj pour lui permettre de traverser et à ceux qui étaient avec lui, à la condition de rester en Andalousie une année seulement et de repartir ensuite pour le Maghreb. Lorsque Balj donna son accord, les navires les transportèrent, et déposèrent une partie d’entre eux dans l’ile d’Oumm Hakim, ou ils restèrent en otage et en garantie, en attendant de tous repartir.

 

 

Les batailles de Qan et d’al-Asnam contre les khawarije au Maghreb

 

Après la bataille de Maqdourah, les khawarije soufariyah sous le commandement d’Abi Youssouf al-Hawari et ‘Oukashah Ibn Ayyoub al-Fazari marchèrent sur Kairouan. Entre temps, le calife avait donné la gouvernance du Maghreb au gouverneur d’Egypte Handalah Ibn Safwan al-Kalbi, puis lui avait fourni une grande armée avant de lui ordonner de marcher sur le Maghreb.

    

En l’an 124 de l’Hégire (741), Handalah Ibn Safwan al-Kalbi arriva au Maghreb ou il se dirigea directement vers le camp des khawarije qui s’étaient divisés en deux groupes. L’un commandé par ‘Oukashah Ibn Ayyoub al-Fazari rencontra l’armée de Handalah et une féroce bataille s’ensuivit entre les deux armées. Handalah Ibn Safwan réussit à les battre près d’un lieu nommé Qan avant de revenir à Kairouan.

 

La deuxième armée des khawarije sous le commandement d’Abi Youssouf al-Hawari, plus grande et au nombre de trois-cent-mille combattants campa près d’un lieu nommé al-Asnam près de Kairouan. Handalah fit ses préparatifs en conséquence et quitta Kairouan à la tête d’une armée composée uniquement de Musulmans arabes.

Les historiens ont rapporté que les savants (‘oulama) et les Sheikhs (shouyoukh) haranguèrent les soldats pour le Jihad fis-Sabilillah, la sincérité dans leur acte et leur dévotion. Ils leur rappelèrent que leurs ennemis étaient les khawarije, et que si ceux-ci étaient vainqueurs, ils ne manqueraient pas de tuer tous les hommes et les femmes, tandis que les enfants seraient pris en esclavage. Puis les femmes (nissoi) des Musulmans sortirent aussi haranguer leurs hommes si bien que les combattants furent emplit de foi et demandèrent l’assistance et le secours d’Allah Exalté, le Très haut.

 

A la fin de l’année 124 de l’Hégire (741), eut lieu une des plus grande bataille de l’Islam ou les Musulmans restèrent fermes contre leurs innombrables ennemis les khawarije et combattirent férocement et Allah Exalté leur octroya la victoire. Une immense tuerie eut lieu dans les rangs des rebelles et des khawarije. Abdel Wahhab al-Hawari fut tué tandis que ‘Oukashah Ibn Ayyoub al-Fazari fut capturé et Handalah Ibn Safwan al-Kalbi ordonna de le tuer.

Les historiens ont rapporté que cent-quatre-mille Berbères furent tués au cours de cette bataille. On a rapporté que lorsque l’Imam Leyth Ibn Sa’d fut informé de la victoire, il dit :

– « La bataille à laquelle j’aurais aimé le plus assister après la bataille de Badr est celle de Qan et d’al-Asnam ».

 

Views: 0