BANU UMAYYAH

Les évènements au Maroc et en Andalousie

 

Au mois de Rabi’ Thani de l’année 125 de l’Hégire (742), al-Walid Ibn Yazid Ibn ‘Abdel Malik fut nommé onzième calife et sous son règne le désordre gagna l’état et annonça le début de la chute de la dynastie des omeyyades. Mais avant d’aller plus nous allons revenir brièvement sur les évènements au Maghreb et en Andalousie, que nous avons laissé à la mort du gouverneur de l’Andalousie ‘Abdel ‘Aziz Ibn Moussa Ibn Noussayr qui succéda à son père, Moussa Ibn Noussayr partit en compagnie de Tariq Ibn Ziyad à Damas.

 

Le calife Souleyman Ibn ‘Abdel Malik désista ‘Abdillah Ibn Moussa Ibn Noussayr et nomma à sa place Muhammad Ibn Yazid al-Qourayshi, le Mawlah des Qouraysh, gouverneur du Maghreb.

 

Lorsque ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz devint calife, il nomma pour le Maghreb le Tabi’i Isma’il Ibn ‘Abdillah Ibn Mouhajir Dinar et envoya avec lui dix autres savants Tabi’i qui s’employèrent activement à enseigner la religion islamique aux tribus berbères et aux habitants du Maghreb. La majorité des historiens ont rapportés que durant le règne de Isma’il Ibn ‘Abdillah Ibn Mouhajir Dinar qui était un pieux gouverneur, il y eut une islamisation massive des tribus Berbères.

 

Quand Yazid Ibn ‘Abdel Malik succéda à ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz, il nomma Yazid Ibn Abi Mouslim ath-Thaqafi, le Mawlah des Banou Thaqif, gouverneur du Maghreb. Yazid Ibn Abi Mouslim ath-Thaqafi avait été le chef de la police sous al-Hajjaj Ibn Youssouf ath-Thaqafi en Iraq. D’autres ont rapportés qu’il était son scribe et après la mort d’al-Hajjaj Ibn Youssouf, il retourna en Syrie. Lorsqu’il arriva à Kairouan (qayrawan), il occupa ses fonctions à peine un mois avant d’être assassiné à cause de sa dureté et aussi parce qu’il imposait la Jizyah aux tribus berbères musulmanes et violaient leurs femmes. Sa garde personnelle était des Berbères qui avaient été précédemment la garde personne de ‘Abdillah Ibn Moussa Ibn Noussayr, et lorsqu’il voulut tatouer leur noms sur leurs mains, ils le tuèrent et libérèrent les Musulmans de son mal. Du fait que c’était le chef de la garde personnelle de ‘Abdillah qui avait tué Yazid Ibn Abi Mouslim, les Omeyyades pensèrent que c’était lui qui leur avait suggestionné l’idée et lorsque le nouveau gouverneur Bishr Ibn Safwan al-Kalbi arriva, il le tua et envoya sa tête à Yazid Ibn ‘Abdel Malik à Damas.

Après l’assassinat de Yazid Ibn Mouslim, les Musulmans nommèrent à sa place Muhammad Ibn Yazid al-Qourayshi avant l’arrivée en 103 de l‘Hégire (721), du nouveau gouverneur Bishr Ibn Safwan al-Kalbi qui resta gouverneur jusqu’à ce qu’il tomba malade et mourut en l’an 109 de l’Hégire (727) après son retour d’une incursion en Sicile.

 

 

En l’an 110 de l’Hégire (728), ‘Oubaydah Ibn ‘AbderRahmane as-Soulami, le nouveau gouverneur envoyé par le calife, arriva à Kairouan. ‘Oubaydah Ibn ‘AbderRahmane avait une préférence inconditionnelle pour les tribus Qayssiyah et il ne tarda pas à désister tous les employés de Bishr Ibn Marwan et réussit à imposer quatre autres gouverneurs régional en Andalousie.

A cause des injustices, du fanatisme tribal, et des divisions appliquées par ‘Oubaydah Ibn ‘AbderRahmane as-Soulami envers les gens et les employés de Bishr, Abou al-Khattar al-Houssam Ibn Dirar al-Kalbi qui était l’un d’entre eux et un poète, envoya un poème (qassida) incendiaire au calife Hisham Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan     pour lui rappeler les qualités des Yéméni et leur support sans failles aux Bani Marwan dans les moments difficiles pour se voir traiter comme des moins que rien par son envoyé.      

 

Peu après, le calife Hisham Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan qui était un homme sage, désista ‘Oubaydah Ibn ‘AbderRahmane as-Soulami et la gouvernance du Maghreb fut donnée à ‘Oubaydillah Ibn al-Habhab as-Salouli, le gouverneur d’Egypte. Les Banou Saloul sont des Banou Mourah Ibn Saloul Ibn Sa’sa’ah Ibn Mou’awiyah Ibn Bakr Ibn Hawazin et Saloul est le frère de l’oncle as-Sa’sa’ah.

Le gouverneur d’Egypte nomma son fils al-Qassim Ibn ‘Oubaydillah Ibn al-Habhab gouverneur du Maghreb, ‘Ouqbah Ibn al-Hajjaj as-Salouli pour l’Andalousie et ‘Omar Ibn ‘Abdillah al-Mouradi pour Tanger. ‘Omar Ibn ‘Abdillah al-Mouradi fut l’un des gouverneurs les plus durs envers les Berbères et il était aussi un fanatique pour les tribus Qays comme l’avait été ‘Oubaydah Ibn ‘AbderRahmane as-Soulami. Il commit de grandes injustices envers les Berbères bien qu’en Islam le fanatisme tribal et interdit comme l’injustice envers les Musulmans. Et sans conteste, nous pouvons dire que le fanatisme tribal, sous le règne des Omeyyades, revint en force dans l’état islamique.

Nous avons vu précédemment, au Khorasan, le nombre importants de Musulmans qui payaient la Jizyah alors que les polythéistes en étaient exemptés lorsque Nasr Ibn Sayyar chargea son adjoint de régulariser la situation et aussi avec ‘Oubaydah Ibn ‘AbderRahmane as-Soulami, à Kairouan, qui fit payer la Jizyah aux tribus berbères musulmanes. Ainsi les khawarije saisirent l’occasion et trouvèrent des oreilles attentives pour leur doctrine corrompue chez ces tribus à qui ils demandèrent de se rebeller contre le calife Hisham Ibn ‘Abdel Malik.

Les Berbères leur dirent : « Le calife ne connait pas notre réelle situation et nous devons lui envoyer une délégation pour l’informer et trouver une solution à notre problème ». Ils envoyèrent donc une délégation sous le commandement de Mayssarah al-Moud’ouri en Syrie.

 

Lorsqu’ils arrivèrent à Damas, le secrétaire du calife, Abrash al-Kalbi ou Sa’id Ibn al-Walid al-Kalbi, prit leur doléance sans leur promettre un entretien avec le calife.    

La délégation Berbère lui dit : « Notre gouverneur nous utilise pour faires des razzias mais ne nous donnent jamais notre part du butin et lorsque nous assiégeons une ville ou une forteresse, il nous dit avancez tandis que lui et ses soldats arabes restent en arrière. Mais ce que nous ne supportons pas est qu’ils prennent toutes les belles femmes ».

Devant ces injustices, il convenait d’avertir aussitôt le calife, de punir les responsables et de prendre des rapides dispositions pour qu’elles cessent avant qu’elles ne conduisent à des situations incontrôlables pour l’état, ce dont ne se soucia guère Abrash qui temporisa et leur dit :

– « Ce n’est rien, ce n’est rien ! »

Une telle réponse idiote nous prouve que cet homme stupide n’aurais jamais du occuper le poste de secrétaire du calife. Il est cependant certain que le calife Hisham n’accepterait jamais cette injustice comme nous l’avons vu avec ‘Oubaydah Ibn ‘AbderRahmane as-Soulami qu’il désista aussitôt lorsqu’il reçut des plaintes à son sujet mais il est évident qu’il en porte la responsabilité car il charge des gens incompétents pour mener les affaires des Musulmans dont le sang, l’honneur et les biens sont inviolables. Le calife doit obligatoirement surveiller les gens qu’ils nomment et non pas les laisser à eux même. Il doit être sûr qu’ils rempliront leur tâche justement et effectivement et qu’ils ne le tromperont pas en utilisant leur statut pour s’enrichir personnellement, corrompre et opprimer les Musulmans qui finiront par se rebeller contre l’état à cause de lui. Et c’est exactement ce qui va arriver une nouvelle fois.

La délégation berbère qui parcourut plus de quatre-mille kilomètres pour se plaindre repartit avec une immense sensation d’humiliation et d’injustice aggravée et allait être la cause de la sévère sédition qu’il allait frapper le Maghreb et se propager dans l’Andalousie sous le commandement de Mayssarah al-Moud’ouri qui se rallia à la doctrine khariji soufariyah ainsi que l’ouest du Maghreb.

 

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