BANU UMAYYAH

Hisham Ibn ‘Abdel Malik écrivit à Youssouf Ibn ‘Omar et lui demanda d’expulser Zayd de Koufa et de l’envoyer au Hijaz pour que shiites ne profitent pas de l’occasion pour se rebeller à nouveau : « Je préfère prendre des mesures répressives contre Zayd qui lui feront du mal mais qui protègeront la communauté et préviendront l’effusion de sang, plutôt que la division entre eux, l’épanchement de leur sang et leur progéniture décimée. L’unité communautaire est un commandement d’Allah Exalté, Sa vrai obéissance et le moyen le plus sûr d’obtenir Son support ».

Afin de connaitre tous les éléments de ces évènements, les historiens ont rapporté que Youssouf Ibn ‘Omar, le gouverneur d’Iraq, était informé de tous les mouvements de Zayd et de ses partisans et que lorsque les shiites s’aperçurent qu’ils étaient surveillés, ils revinrent sur leur engagement et voulurent s’en aller.

Un groupe d’entre eux vint trouver Zayd Ibn ‘Ali Ibn Houssayn et lui dirent :

– « Puisse Allah Exalté te faire miséricorde, que dis-tu d’Abou Bakr et de ‘Omar ? »

– « Puisse Allah le Très Haut leur faire miséricorde et leur pardonner répondit-il. Je n’ai jamais entendu quelqu’un des gens de notre maison les désavouer ».

– « Alors pourquoi demandes-tu la vengeance pour les gens de cette maison si ce n’est par leur faute pour vous avoir retiré votre droit à la succession (les shiites dévoilent leur haine contre les Califes Justes) ».

– « Mon plus fort argument à propos de ce que vous dites que nous avons plus le droit à la succession du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) que tous les gens réunis, leur dit Zayd, est qu’il ne nous ai jamais parvenu de ces gens, une mécréance. Ils dirigèrent les gens avec équité et appliquèrent le Qur’an et la Sounnah ».

– « Alors si ces gens ne t’ont pas fait de tort, pourquoi cherches-tu à les combattre ? »

– « Ces gens-là ne sont pas comme ceux de l’époque. Ils sont injustes envers eux même, les gens, vous et moi. Nous vous appelons seulement au Livre d’Allah et à la Sounnah de Son Messager (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), pour revivifier la Sounnah (sounnani tahyah) et mettre fin à l’innovation (bid’a toutfah), si vous nous répondez positivement vous nous aurez aidés et si vous ne le faites pas, je ne suis pas responsable de vous ».

 

Lorsqu’ils entendirent ses réponses, ils renièrent leur allégeance, refusèrent de le suivre et finalement l’abandonnèrent (ce que vous saviez déjà, n’est-ce-pas ?). Alors il les appela « ar-rafidah », ceux qui refusent et depuis ils portent toujours ce nom même de nos jours.

 

Néanmoins Zayd Ibn ‘Ali se mit d’accord avec le reste d’entre eux pour sortir de leur clandestinité le mercredi premier Safar 122 de l’Hégire (739) (et cela sera sans aucun doute un jour funeste !).

Ce jour-là, l’armée de Youssouf Ibn ‘Omar qui était déjà en état d’alerte, demanda aux gens de rester chez eux et boucla totalement la ville de Koufa et seulement deux-cent-vingt-huit personnes purent rejoindre Zayd. Une féroce bataille qui dura deux jours s’ensuivit entre les deux groupes. Chaque fois que Zayd donna l’assaut sur un groupe, il le dispersa et il combattit bravement jusqu’à ce qu’il fut reçut une flèche dans le flanc. On amena un docteur qui lui retira la flèche mais Zayd Ibn ‘Ali Ibn Houssayn décéda juste après, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde et ils l’enterrèrent secrètement près du fleuve Ya’qoub. Cependant et plus tard, un esclave dévoila l’emplacement et il fut ressortit de sa tombe, sa tête tranchée puis Youssouf Ibn ‘Omar ordonna de le crucifier. Sa tête fut envoyée à Hisham Ibn ‘Abdel Malik qui ordonna de la pendre au-dessus de la porte à Damas avant de l’envoyer à Médine.

Le corps de Zayd resta crucifié durant le reste du règne d’Hisham ‘Abdel Malik et à sa mort Walid Ibn Yazid Ibn ‘Abdel Malik ordonna que son corps soit descendu et brûlé comme nous le verrons par la suite.

Quant à Yahya Ibn Zayd, il se réfugia chez ‘Abdel Malik Ibn Bishr Ibn Marwan Ibn al-Hakam et lorsque les nouvelles parvinrent à Youssouf Ibn ‘Omar, il le fit amener puis le relâcha par la suite. Lorsque les choses se calmèrent, Yahya et les Zaydites, les partisans de son père, allèrent au Khorasan.

 

 

Durant cette année Koulthoum Ibn ‘Iyad al-Qoushayri fut tué. Il était l’homme que Hisham Ibn ‘Abdel Malik envoya avec la cavalerie syrienne en Ifriqiyah quand le conflit éclata parmi les Berbères.

 

‘Abdallah al-Battal fut tué avec un groupe de Musulmans en territoire byzantin.

 

 

En l’an 123 de l’Hégire (740), Nasr Ibn Sayyar conclut un traité de paix avec les gens d’as-Soughd.

Quand le Khaqan fut tué pendant la gouvernance d’Assad, les Turcs se dispersèrent en désordre et s’attaquèrent les uns les autres. Les gens d’as-Soughd voulurent rentrer chez eux tandis qu’un groupe d’entre eux se retira à as-Shash.

Quand Nasr Ibn Sayyar devint gouverneur, il envoya des messages aux gens d’as-Soughd pour les inviter à rentrer chez eux et il se conforma à toutes leurs demandes. Leurs conditions, que les gouverneurs antérieur du Khorasan avaient repoussé, étaient que ceux qui avaient été Musulmans puis avaient apostasiés ne devraient pas être punis, qu’aucune demande excessive pour le remboursement des dettes ne devrait leur être infligé, qu’ils ne devraient pas être tenus de payer les arriérés des impôts qu’ils devaient à la trésorerie; qu’ils devaient rendre les prisonniers Musulmans seulement sur un décret d’un qadi (juge) ou sur le témoignage de témoins dignes de confiance. Les gens reprochèrent à Nasr d’avoir accepté leurs demandes. Il leur dit :

– « Par Allah, si vous aviez vu avec vos propres yeux leurs prouesses militaires contre les Musulmans et les ravages qu’ils leur ont causé, vous n’auriez pas désapprouvé cet accord ».

Alors Nasr envoya un messager pour informer le calife Hisham Ibn ‘Abdel Malik au sujet de cette affaire à laquelle, il refusa de donner crédit. Quand le messager arriva, le calife refusa de supporter Nasr. Alors al-Abrash al-Kalbi dit :

– « O Commandant des Fidèles, gagne les gens avec gentillesse et indulgence sachant les ravages qu’ils ont causés parmi les Musulmans ».

Sur ce Hisham endossa les accords de Nasr.

 

Comme nous l’avons précédemment mentionné, sous le règne du dixième calife Hisham Ibn ‘Abdel Malik, le combat dans le sentier d’Allah, particulièrement en terre de Byzance, ne cessa point.

 

 

En l’an 124 de l’Hégire (741), alors que l’empereur Léo approchait de sa fin, Souleyman Ibn Hisham Ibn ‘Abdel Malik razzia les terres de Byzance.

 

 

 

La mort de Hisham Ibn ‘Abdel Malik et la succession de Walid Ibn Yazid

 

En l’an 125 de l’Hégire (742), la dernière année du règne du dixième calife omeyyade, Hisham Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan Ibn al-Hakam, l’empire musulman atteignit des proportions que nul calife après lui avant ou après lui ne réussit à atteindre tant en superficie qu’en force. Le fils de son frère, le commandant omeyyade an-Nou’man Ibn Yazid Ibn ‘Abdel Malik razzia les terres de Byzance alors que Constantin V était l’empereur.

 

Cette même année, le calife Hisham Ibn ‘Abdel Malik décéda et son fils Maslamah Ibn Hisham pria sur lui. Hisham Ibn ‘Abdel Malik était sans conteste un puissant homme d’état, réfléchit (‘aqil), affectueux (haliman), vertueux (‘afifan), respectable (moutawadi’an) qui ne dépensait pas inutilement et protégeait l’argent de l’état si bien qu’il fut qualifié de radin. Et il vaut mieux être qualifié de radin si l’on protège les finances de l’état que d’être traité de dépensier (tabdir al-amwal) et les caisses de l’état vide !

Sous son règne la structure de l’état et les ministères furent parfaitement organisé et les registres dûment mis à jour. Le deuxième calife abbasside al-Mansour employa beaucoup de gens qui avaient travaillé pour Hisham Ibn ‘Abdel Malik, tant il était réputé pour sa rigueur dans les affaires de l’état, et il avait beaucoup de respect pour lui.

 

De même, sous le règne d’Hisham Ibn ‘Abdel Malik, le combat dans la voie d’Allah (jihad fis-sabilillah) s’étendit de l’est à l’ouest de la terre.

 

 

 

 

[1] Groupe de tribus des Banou Moudar de Basra et du Khorasan originaire de la Péninsule Arabique.

[2] Le Khaqan est un titre de noblesse, signifiant roi ou prince et non pas le nom d’un individu. Ainsi si un Khaqan meurt, il est remplacé par un autre Khaqan. De la même manière les Arabes attribue indéfiniment le mot César (qayssar) à tous les rois romains, alors que nous savons que Jules César était un individu particulier.

[3] Koursoul est aussi un titre de noblesse inférieur au Khaqan qui veut aussi dire, prince ou roi.

[4] Tachkent de nos jours.

[5] Non pas Rassaf en Iraq qui fut bâtie par la suite avec Baghdad ou Rassaf de la ville de Wassit.

[6] Fils de mon oncle ou cousin. Nous préférons employer le premier terme parce qu’il accentue le respect.

 

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