BANU UMAYYAH

Le Califat d’al-Hassan Ibn ‘Ali

 

Pour revenir à l’histoire des Omeyyades, al-Hassan Ibn ‘Ali (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père) voulut réconcilier les Musulmans qui furent décimés par les guerres de la grande sédition, et à Koufa, les gens lui portèrent allégeance et le premier à lui avoir porté allégeance est Qays Ibn Sa’d Ibn ‘Oubadah (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père) qui commandait l’armée de ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui) avec les quarante-mille soldats de son armée. Il lui dit : « Tend ta main que je te porte allégeance sur le Livre d’Allah Exalté et Loué soit-Il, la Sounnah de Son Messager (Saluts et bénédictions d’Allah sur lui) et le combat des Mouhiline[1] ». Hassan lui répondit : « Sur le Livre d’Allah et la Sounnah de Son Messager et après cela, il n’y que le mal ». Qays se tut puis les gens lui portèrent allégeance.

Lorsque les gens portèrent allégeance à Hassan (qu’Allah soit satisfait de lui) à Koufa, il partit en leur compagnie à Mada’in. Qays Ibn Sa’d envoya l’avant-garde de l’armée des Musulmans un détachement de douze-mille combattants vers la Syrie pour faire face à Mou’awiyah et son armée.

Hassan (qu’Allah soit satisfait de lui) descendit à Maskin une ville sur la rive du fleuve du Tigre lorsque quelqu’un annonça la mort de Qays Ibn Sa’d Ibn ‘Oubadah (qu’Allah soit satisfait de lui) et criant « sauvez-vous » ce qui causa la panique dans les rangs du campement ! Mais cela n’était pas vrai. Les gens se sauvèrent et cherchèrent à renverser al-Hassan (qu’Allah soit satisfait de lui) et l’un d’entre eux lui porta un coup mais après que les gens de Koufa ait trahi leur père ; il ne leur faisait pas confiance. Il leur avait fait prêter serment lors de l’allégeance selon les conditions suivantes : Vous écoutez et obéissez, vous saluez celui que je salue et vous combattez celui que je combats. Et le fait qu’il ne voulait pas combattre l’armée de Mou’awiyah, ils se rebellèrent contre lui et à la première occasion, ils le poignardèrent et le coup qu’il reçut, bien que n’étant pas mortel, le blessa. Al-Hassan (qu’Allah soit satisfait de lui) voyant qu’il ne pourrait pas se débarrasser d’eux facilement écrivit à Mou’awiyah (qu’Allah soit satisfait de lui) pour demander la paix.

 

L’Imam Boukhari a rapporté que l’Imam Hassan Ibn ‘Ali (qu’Allah soit satisfait d’eux) fit face à Mou’awiyah avec une immense troupe telle une montagne et ‘Amr Ibn al-‘As dit à Mou’awiyah Ibn Abi Soufyan (qu’Allah soit satisfait d’eux): « Je ne vois pas cette armée retourner avant d’avoir détruit ses cornes (tué Hassan) ». Mou’awiyah lui répondit : « Si ceux-là tuent ceux-là et si ceux-là tuent ceux-là en quoi suis-je concerné par les affaires des gens. Qu’ai-je à voir avec leur faiblesse et qu’ai-je à voir avec leurs dires (Mou’awiyah savait que ces gens allait se retourner contre Hassan et qu’ils finiraient par s’entretuer) » ! Puisse Allah lui faire miséricorde à Mou’awiyah, il n’y a aucun doute qu’il était un des grands Compagnons !

Lorsqu’un messager lui ramena le message d’al-Hassan, il lui envoya aussitôt deux Sahaba de sa tribu des Bani ‘Abd ash-Shams Ibn ‘Abdel Manaf afin de régler les conditions de paix. Ces deux hommes étaient ‘AbderRahmane Ibn Samourah Ibn Habib Ibn Rabi’ Ibn ‘Abd ash-Shams et ‘AbdAllah Ibn ‘Amir Ibn Qourayz Ibn Rabi’ Ibn Habib Ibn ‘Abd ash-Shams (qu’Allah soit satisfait d’eux).

‘AbderRahmane Ibn Samourah (qu’Allah soit satisfait de lui) devint Musulman le jour du Fath, de la conquête de La Mecque et le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) le nomma ‘AbderRahmane car il s’appelait ‘Abdel Ka’bah. Il mourut à Basra en l’an 50 de l’Hégire (669).

Quant à ‘AbdAllah Ibn ‘Amir (qu’Allah soit satisfait de lui), il est né sous le règne du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah) qui lui donna de sa salive alors qu’il était un nouveau-né et le Messager (Saluts et Bénédictions d’Allah) dit de lui : « Il est Misqah (celui qui abreuve) ». Ce compagnon trouvait de l’eau dans n’importe quelle contrée ou il allait par la grâce d’Allah Exalté soit-Il et la bénédiction de l’invocation du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah). ‘Uthman Ibn ‘Affan (qu’Allah soit satisfait de lui) le nomma gouverneur de Basra. Il était aussi un des grands conquérants de l’Islam et il conquit le Khorasan, le Sijistan, Kirmân et les régions extrêmes de Farès et le Zaboulistan qui est en Afghanistan. Sous sa gouvernance fut tué le dernier roi (kisra)[2] perse Yazdajard III. ‘AbdAllah Ibn ‘Amir mourut en l’an 57 de l’Hégire (676) et il est aussi dit qu’il mourut en l’an 58 (678) puisse Allah le Très Haut lui faire miséricorde.

 

 

Al-Hassan Ibn ‘Ali se désiste en faveur de Mou’awiyah

 

Les Sahaba arrivèrent dans le camp (mou’askar) de Hassan (qu’Allah soit satisfait de lui) à Mada’in puis ils discutèrent et se mirent d’accord sur les conditions de paix. Al-Hassan (qu’Allah soit satisfait de lui) écrivit à Qays Ibn Sa’d alors qu’il était en compagnie de l’avant garde des Musulmans et lui demanda de rentrer dans les rangs de l’armée de Mou’awiyah et de se mettre sous ses ordres. Qays Ibn Sa’d parla aux gens et leur dit : « O gens, choisissez de vous mettre sous les ordres de l’Imam de l’égarement » et les gens de répondre : « Mais non, nous choisissons de rentrer sous les ordres de l’Imam de l’égarement et ils portèrent allégeance à Mou’awiyah (qu’Allah soit satisfait de lui) ».

 

Al-Hassan Ibn ‘Ali (qu’Allah soit satisfait d’eux) abdiqua le califat en faveur de Mou’awiyah Ibn Abi Soufyan (qu’Allah soit satisfait d’eux) au mois de Rabi’ Awwal de l’année 41 de l’Hégire (661).

Le califat d’al-Hassan dura six mois et un jour. Un très grand nombre de personne furent grandement fâchés et en colère par son acte en faveur de Mou’awiyah jusqu’à ce que l’un d’entre eux lui dit : « Paix sur toi, ô humiliateur des croyants (as-salamou ‘aleyka ya moudil al-mou’minin) prouvant l’ignorance et la stupidité de ce sot. Mais que fit al-Hassan (qu’Allah soit satisfait de lui), ordonna-t-il de le punir ou de la frapper ? Al Hassan lui répondit : « Ne dit pas cela, je ne suis pas l’humiliateur des croyants mais j’ai détesté vouloir les tuer pour le pouvoir ! »

Mou’awiyah Ibn Abi Soufyan rentra dans Koufa et les gens lui portèrent allégeance puis il fit un discours aux gens. Puis il invita al-Hassan à parler aux gens qui leur dit : « Après cela (amma ba’d). O gens ! Allah Exalté soit-Il vous a guidé par nos prédécesseurs et vos contemporains font couler votre sang ! C’est une affaire qui dure et la vie continuera ! Allah le Très Haut a dit à Son Messager (Saluts et bénédictions d’Allah sur lui) : « Et je ne sais pas; ceci est peut-être une tentation pour vous et une jouissance pour un certain temps[3] ! »   Et lorsqu’il eut dit ce verset Mou’awiyah se mit en colère et lui ordonna de s’asseoir.

 

 

L’empoissonnement d’al-Hassan Ibn ‘Ali Ibn Abi Talib

 

Après cela al-Hassan (qu’Allah soit satisfait de lui) quitta Koufa et se rendit à Médine ou il resta jusqu’à sa mort en l’an 49 de l’Hégire (669) puisse Allah le Très Haut lui faire miséricorde. D’autre ont dit que ce n’était pas en 49. Il est mort empoisonné et il voulut donner à son frère al-Houssayn (qu’Allah soit satisfait d’eux) le nom de celui qui lui avait donné la boisson empoisonnée mais il ne le fit pas et dit : « Allah est plus dur en châtiment si c’est celui que je pense et qui risque d’être tué à cause de moi ».

 

On questionna l’Imam de la Sounnah et de la Communauté Ahmad Ibn Hanbal (puisse Allah lui faire miséricorde) sur ce qui arriva entre ‘Ali et Mou’awiyah, il dit : « Lisez : « Voilà une génération bel et bien révolue. A elle ce qu’elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. On ne vous demandera pas compte de ce qu’ils faisaient[4] » ».

 

Et lorsque la nouvelle de l’assassinat d’al-Hassan Ibn ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait d’eux) parvint à Mou’awiyah (qu’Allah soit satisfait d’eux), il se mit à pleurer et sa femme lui dit : « Pleures-tu donc alors que tu l’as tué ? » Il lui répondit : « Malheur à toi, tu ne sais pas ce que les gens ont acquis comme mérites, comme jurisprudence et comme science ! »

 

Abou Mouslim al-Khawlani et un groupe de gens rentrèrent chez Mou’awiyah (qu’Allah soit satisfait de lui) et lui dirent : « Penses-tu que tu es meilleur ou bien comme ‘Ali ? » Il répondit : « Non, je jure que je ne suis pas meilleur ou plus méritant que lui. Mais vous savez bien que ‘Uthman a été tué injustement et moi je suis le fils de son oncle et j’ai recherché sa vengeance. Son affaire me concerne, dites-lui qu’il me remette les assassins de ‘Uthman et moi je lui donnerais ce qu’il veut ». Mouslim al-Khawlani alla trouver ‘Ali (qu’Allah soit satisfait de lui) et ils ne trouvèrent personne pour le défendre du fait de tous les problèmes qu’il avait à faire face.

Abou Mouslim al-Khawlani (ou Khoulani) est un Tabi’i du nom de ‘AbdAllah Ibn Thoub, il devint Musulman du vivant du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) mais ne le vit pas. Il vint à Médine sous le califat d’Abou Bakr as-Siddiq (qu’Allah soit satisfait de lui) et mourut en l’an 62 de l’Hégire (681).      

 

 

 

[1] Les Mouhiline sont les gens qui n’ont pas d’engagements (de paroles) et qui ne sont pas sacrés. Contrairement au Musulman a qui est interdit la vie d’un autre Musulman et si un groupe de Musulman autorise le combat d’un autre groupe de Musulman (en dehors des droits d’Allah le Très Haut) ils sont appelés Mouhiline. Et dans ce cas les Musulmans doivent combattre les Mouhiline pour repousser leur mal (ici il s’agit des khawarijes qui ont rendu licite le sang des Musulmans). 

[2] Il est rapporté dans « al-Bidayah wal Nihayah » de l’Imam Ibn Kathir que les historiens musulmans ont ainsi surnommé les rois des différents pays : Le roi de Ferghana, al-Akhshid. Le roi d’Ashroussiyah, al-Afashine. Le roi de Khawarizm, Khawarizm Shah. Le roi de Jourjan, Soul. Le roi d’Azerbaïdjan, Asbahabdh. Le roi du Tabaristan, Arsalan. Le roi byzantin de Syrie, César (qayssar). Le roi de Perse, Chosroès (kisra). Le roi du Yémen, Toubba’. Le roi d’Abyssinie, le Négus (an-najashi). Le roi d’Inde, Batlimous. Le roi d’Egypte, Pharaon (fir’aoun). Le roi d’Alexandrie, al-Mouqawqis. Le roi des Turcs, Aga Khan (aghakhan).

[3] Sourate al-Anbiyah (21), verset 111.

[4] Sourate Al Baqarah (02), verset 134.

 

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