BANU UMAYYAH

Les tentatives d’assassinat de Mou’awiyah et de ‘Amr Ibn al-‘As

 

Al-Bourak s’en alla à Damas ou il attendit Mou’awiyah et lorsqu’il sortit pour la prière de l’aube à la mosquée, il le frappa de son sabre qui glissa et Mou’awiyah évita le coup mortel qui lui était destiné. Mou’awiyah fit aussitôt exécuter l’homme et fit appeler un docteur connu appelé as-Sa’idi qui lui dit : « Le coup que tu as reçu est empoisonné et tu dois choisir entre deux : Sois je chauffe à blanc un fer que j’applique sur la blessure ou bien je te donne une boisson qui, si tu la bois, t’empêcheras à tous jamais d’avoir des enfants. Choisit ! » Mou’awiyah lui dit : « En ce qui concerne le feu, je ne pourrais pas résister et en ce qui concerne les enfants, j’ai Yazid et son frère ‘Abdillah » donc il but la boisson qui le guérit avec la volonté d’Allah Exalté et Loué soit-Il. Les historiens ont rapporté qu’il n’eut plus jamais d’enfants et Mou’awiyah établit désormais une garde rapprochée pour éviter à l’avenir de telles attaques.

Quant à ‘Amr Ibn Bakr, il surveilla ‘Amr Ibn al-‘As mais celui-ci ne sortit pas à la prière, ce matin-là, du fait de douleurs dans le ventre. Il ordonna au chef de la police Kharijah Ibn Houdayfah Ibn Ghanim de la tribu des ‘Adiyy Ibn Ka’b al-Qourayshiyine de sortir et de conduire la prière des gens. Lorsque celui-ci sortit, le khariji l’assaillit, croyant qu’il avait affaire à ‘Amr Ibn al-‘As, et lui donna un coup mortel de son sabre. Lorsque les gens l’attrapèrent et le conduisirent à ‘Amr Ibn al-‘As, il dit : « Tu as voulu une affaire mais Allah le Très Haut en a voulu une autre ». Et il ordonna aussitôt son exécution.

 

 

L’envoi de Ziyad à Farès

 

En l’an 39 de l’Hégire (659), quand Ibn al-Hadrami fut tué et l’opposition contre ‘Ali grandit, les gens de Farès et de Kirmân refusèrent de payer l’impôt (kharaj), et dans chaque région, les habitants saisirent le pouvoir et expulsèrent leurs gouverneurs.

Quand, ‘Ali (qu’Allah soit satisfait de lui) apprit que les gens refusaient de payer les impôts, il chercha un gouverneur capable qu’il pourrait nommer sur Farès. Jariyah Ibn Qoudamah lui dit : « O Amir des Croyants, il y a un homme qui est ferme, autoritaire et capable pour ce qu’il devra faire ». ‘Ali (qu’Allah soit satisfait de lui) demanda qui était cet homme et     Jariyah lui dit : « Ziyad ». Alors il le nomma gouverneur de Farès et de Kirmân, puis l’envoya avec quatre-mille combattants qui soumirent et mirent en ordre ces terres.

Quand Ziyad arriva à Farès, il envoya des lettres à certains chefs ou leur fit des promesses et réconforta les gens qui lui avaient accordé de l’aide tandis qu’il menaça et terrifia certains autres. Il en utilisa certains pour combattre les autres et suggéra à certains la faiblesse des autres. Quelques-uns fuirent et d’autres restèrent, quelques-uns tuèrent les autres, et par conséquent, Farès revint complètement sous son contrôle, sans qu’il ait besoin de combattre ou de forcer les gens. Il agit de la même façon au Kirmân avant de revenir à Farès où il se rendit dans les différentes régions si bien que les gens devinrent paisibles et les régions calmes. Enfin il se rendit à Istakhr où il élit domicile et fortifia un château entre Bayda’ Istakhr et Istakhr qui fut connu sous le nom de Qal’at Ziyad ou il transféra les richesses de la province. Plus tard, Mansour al-Yashkouri s’y fortifia et c’est pourquoi, elle est connut de nos jours sous le nom de Qal’at Mansour (forteresse de Mansour).

 

D’autres on rapportés : Quand les gens du Jibal[3] se révoltèrent et expulsèrent Sahl Ibn Hounayf, le gouverneur de Farès pour ‘Ali, Ibn ‘Abbas dit à ‘Ali (qu’Allah soit satisfait d’eux) : « Laisse-moi Farès ». Ibn ‘Abbas vint à Basra et envoya Ziyad à Farès avec une grande force qu’il utilisa pour supprimer les gens de la région et leur faire accomplir leurs obligations. Il utilisa tour à tour la persuasion et la ruse envers eux jusqu’à ce qu’ils revinrent à l’obéissance qui leur était due et au bon ordre sans aucune attitude hostile de leur part. Et les gens de Farès eurent l’habitude de dire : « Nous n’avons jamais été traité par douceur et compréhension par le roi (kisra) Anoushirwan comme les Arabes nous ont traités ».

 

 

L’assassinat du Calife ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui)

 

A Koufa, le vil khariji Ibn Mouljam observa les déplacements de ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui). Ibn Mouljam était ‘AbderRahmane Ibn Mouljam Ibn ‘Amr Ibn Yazid al-Mouradi de la tribu des Mourad et Mourad comme vous l’avons vu précédemment était Habir Ibn Malik Ibn Oudad et Malik Ibn Oudad était Madhij et Madhij était de la grande tribu Kahlan et non pas de Himyar.

Ibn Mouljam quitta la période préislamique (jahiliyyah) alors qu’il était petit et il était un brave et puissant cavalier. Il alla à Médine alors que ‘Omar Ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui) était Calife des Musulmans et étudia chez Mou’ad Ibn Jabal (qu’Allah soit satisfait de lui) si bien qu’il devint un récitateur du Qur’an et un savant adorateur. Oui, il fut un savant adorateur (‘abidan) et il combattit sous les ordres de ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui) à Siffin. Mais, il changea son dogme (‘aqidah) qui allait à l’encontre des Gens de la Sounnah et de la Communauté (ahl sounna wal jama’a) et inventa le dogme des khawarije.

A Koufa, il rencontra un groupe des khawarije de Taymi Ribab qui avait perdu dix des leurs lors de la bataille de Nahrawan, puis il rencontra Qahtan la Kharijiyah qui était belle et lui fit oublier son but. Il voulut l’épouser et elle posa en condition que sa dot soit de trois-mille, on se sait pas s’il s’agit de trois-mille dirhams ou trois-mille dinars et qu’il tue ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui). Ibn Mouljam accepta, il versa la dot et l’épousa puis il reprit la surveillance de ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui). Et à l’aube du 16 du mois de Ramadan de l’année 40 de l’Hégire (660), ‘Ali sorti de chez lui pour aller à la mosquée de Koufa et guider la prière les gens tandis que le khariji l’attendait et lorsqu’il le vit, le frappa de son sabre empoisonné. Les gens se mirent à crier : « L’homme ne doit pas vous échapper ».

‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui) puisse Allah le Très Haut lui faire miséricorde fut blessé à mort. Le vil khariji fut capturé et amené au Calife et s’ensuivit entre eux une des plus étranges discussions.

‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui)     lui dit :

– « O ennemi d’Allah, ne t’ai-je pas bien traité ? » Mouljam répondit :

– « Si ».

– « Qu’est-ce qui t’a donc poussé à faire cela ? »

– « Je l’ai traité (son sabre) durant quarante matinées et j’ai demandé à Allah qu’Il tue avec la plus mauvaise personne de Sa création ».    

– « Je ne te vois rien que d’être tué avec et comme Sa plus mauvaise créature, lui dit ‘Ali ».

Si ce vil (khabith) homme dit ceci à l’Amir des Croyants (mou’minin), le maître des Sahaba de l’époque et quatrième Calife Juste que dire alors de ce qu’il pensait des autres Musulmans !

Alors ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui) lui dit :

– « Ame pour âme, si je meurs tuez le de la manière qu’il m’a tué et si je reste en vie, je verrais ce qu’il convient de faire ». Puis il interdit à son fils Hassan (qu’Allah soit satisfait de lui) de le torturer et de le maltraiter. Il lui dit : « Si je meurs frappe le d’un seul coup comme il m’a frappé et ne le torture pas car j’ai entendu le Messager d’Allah (Saluts et bénédictions d’Allah sur lui) dire : « Méfiez-vous de la torture quand bien même envers le chien infirme ». Ainsi agit Aboul al-Hassan (qu’Allah soit satisfait de lui) envers l’assassin de son père. Le Khariji qui était pourtant dans une situation terrifiante, garda son calme et sa raison.

 

Et l’assassinat du Calife ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui) est aussi une des conséquences de la grande sédition qui s’ouvrit avec l’assassinat du Calife martyr (shahid) ’Uthman Ibn ‘Affan (qu’Allah soit satisfait de lui) dans sa maison alors qu’il lisait le Qur’an.

Lorsque ‘Ali mourut (puisse Allah le Très Haut lui faire miséricorde), al-Hassan (qu’Allah soit satisfait de lui) alla trouver Ibn Mouljam et lui dit : « Par Allah, je vais te frapper d’un seul coup qui t’emmèneras en enfer ». Ibn Mouljam lui répondit : « Si j’avais su que cela allait se trouver entre tes mains, je ne l’aurais pris pour personne d’autre que toi ». Al-Hassan ordonna que ses mains et ses pieds soient tranchés et il est dit que ce criminel n’arrêta pas de mentionner le Seigneur. Et lorsqu’ils voulurent lui trancher la langue, il se mit à crier et dit : « O Seigneur j’aurais tant voulu que ma langue poursuive Ta mention. Alors ils le tuèrent et le brûlèrent par la suite ».

 

Si donc ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui) était la pire des créatures (qu’Allah le Très Haut l’en préserve) qui dire alors de ces dangereux criminels ? Nous nous sommes un peu étendus sur le sujet juste pour vous présenter qui étaient ces khawarije, leur dogme corrompu et leurs convictions que ce qu’ils faisaient dans leur ignorance était un moyen de se rapprocher du Seigneur Exalté et Loué soit-Il. Ils pensaient qu’en jetant la mécréance sur les Musulmans cela plaisait au Seigneur et de ce fait, ils rendaient le sang et les biens des Musulmans licites alors qu’Allah Exalté soit-Il dit tout le contraire dans Son Livre ! Et tuer les Musulmans était pour eux la meilleure action. Qu’Allah le Très Haut nous préserve de l’égarement !

 

 

 

 

[1] Nom d’une rivière non loin de Baghdad près de Salah ad-Din en Iraq actuelle.

[2] Ex-Ctésiphon à quelque kilomètre de Baghdad (Bagdad). Al-Mada’in est en fait un groupe de plusieurs villes d’où le nom al-Mada’in qui veut dire les villes et qui se trouve des deux côtés du fleuve du Tigre à trente-cinq kilomètres de Baghdad.  

[3] Al-Jibal est la province d’Iraq de l’est et le nord du Khouzastan et Farès.

 

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