OSMANLI

OTTOMANS

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Mehmed 1: 1413-1421

 

Mehmed était un soldat à l’âge de quinze ans et s’avéra dès le début, être le plus compétent. Après dix années de guerre civile déjà mentionnées, il fut officiellement reconnu comme Sultan. Peu de temps avant son accession, il chargea les représentants de Venise, de Serbie, de Bulgarie et de Valachie, qui vinrent offrir leurs compliments, de ne pas oublier de répéter à leurs maîtres qu’il avait l’intention d’offrir la paix à tous et de l’accepter de tous. Il ajouta : « Que le Dieu de paix inspire ceux qui seraient tentés de la violer.[1] » Lors de son intronisation, les Ottomans avaient perdu presque toutes leurs possessions en Europe à l’exception d’Andrinople. La Bosnie, la Bulgarie et la Valachie étaient maintenant indépendants. En Asie Mineure, les révoltes se succédaient successivement.[2] Selon sa promesse, Mehmed restitua à l’empereur Manuel les positions fortes qui étaient sous domination turques sur la Mer Noire, la Marmara et en Thessalie ; et il reconnut le souverain des Serbes sur une partie considérable du territoire qu’ils avaient perdu. Lorsque l’Empereur rentra par la Mer de la Morée, les deux dirigeants eurent un entretien amical à Gallipoli sur un navire impérial.[3]

 

Bientôt, cependant, les puissances chrétiennes violèrent l’accord. En 1414, Manuel II et Mircée tentèrent de relancer la guerre civile ottomane en parrainant un prince ottoman de lignage incertain prétendant au trône ottoman.[4] En 1416, Mircée et Manuel soutinrent matériellement l’invasion de Moustafa de la Roumélie ottomane pour synchroniser avec une attaque karamanide sur le territoire ottoman en Anatolie.[5] Mehmed était un guerrier capable, cependant, cette entreprise prit fin avec la défaite des Karamanides et la fuite de Moustafa pour la sécurité de Thessalonique.[6]

 

Cette même année, Venise envoya de nombreux rôdeurs qui pillèrent les côtes turques et capturèrent des navires turcs partout où ils les trouvaient.[7] Cette guerre avec la République fut déclarée en 1416. Le Sultan n’avait jusqu’à présent pas recherché la guerre avec un quelconque état européen, tout comme, il n’avait pas cherché la guerre avec Venise, c’est plutôt la République qui la lui imposait.[8] Elle équipa alors pas moins de 112 navires, dont treize galères.[9] La flotte vénitienne était sous le commandement de Loredan. Les deux flottes se rencontrèrent au large de Gallipoli le 29 mai 1416, et dans la rencontre sanglante qui suivit, les Turcs furent complètement vaincus, perdirent la majeure partie de leur flotte et vingt-sept de leurs navires furent capturés.[10]

 

Il semblait que l’état ottoman, réunifié sous Mehmed, faisait de nouveau face au danger de démembrement et de destruction.[11] Cependant, il y avait, explique Inalcik, des facteurs puissants qui fonctionnaient en faveur de l’unité ottomane et l’administration centralisée. En particulier, le corps des Janissaires, dont le nombre avait atteint six ou sept mille, donna au Sultan ottoman une supériorité incontestée sur ses rivaux.[12] Dans les provinces, les Ottomans créèrent un corps d’administrateurs militaires d’origine d’esclaves et une armée de Spahis qui renforcèrent considérablement l’autorité centrale qu’ils représentaient et qui garantissait leur propre statut. Les paysans et les commerçants, aussi, profitèrent davantage de l’administration ottomane centralisée que des anciens régimes féodaux. Un dernier facteur était l’immense prestige du Sultan ottoman aux yeux de la population musulmane ; il était le plus grand chef du Jihad ; un statut qui apporta avec lui d’importants avantages moraux et matériels.[13] Les Turcs, sous son règne, purent ainsi se remettre des dernières guerres fratricides de 1416 et la destruction de leur flotte par les Vénitiens.

En représailles pour le soutien de l’empereur de Moustafa, Mehmed assiégea la Thessalonique. Puis, poursuivant sa marche en Albanie entre 1417 et 1418, il occupa le port de Vlore (Valone) et Gjirokastre (Argyrokastron), présentant une menace directe pour les colonies et les intérêts de Venise dans la région.[14]

En 1417, un an avant la mort de Mircée, Mehmed captura les forteresses danubiennes d’Isaccea, de Giurgiu, Novo Selo et de Turnu Severin qui gardaient le passage de la rivière en Valachie et en Transylvanie.[15] En même temps, il a pris trois des fils de Mircée à sa cour en otage.

En 1419, Sigismond reprit Turnu Severin et fortifia la frontière entre là et Golubac mais avec Mircée mort et le Sultan ottoman qui contrôlait les passages du Danube à l’Est de Turnu Severin, la frontière, et en particulier le passage à travers la Valachie en Transylvanie, n’étaient plus sécurisés.[16]  Ainsi en 1421, l’année de la mort de Mehmed, malgré tous les défis, la Turquie était en bien meilleur état qu’elle ne l’avait été depuis des années.

 

La nouvelle position maintenant solide de la Turquie était due dans la plus grande mesure à Mehmed. Halil Ganem affirme que Mehmed était le plus grand, le plus sage, le plus noble et le plus magnanime des conquérants ottomans. Il fut appelé Ghelebi, « le seigneur gracieux, » « le gentleman.[17] » Il était renommé pour sa justice autant que pour son courage. Il fut le reconstructeur, le restaurateur, dont la sagesse pratique avait autant de valeur pour les Ottomans que le génie militaire de son prédécesseur.[18] L’empire lors de son intronisation, apparaissait comme une masse de fragments. Le Sultan estima qu’il était son premier devoir de défaire le mal suite à la dislocation de Timour des dominions ottomane.[19] Bien qu’il ne chercha pas la guerre, il réussit à maintenir l’unité et même renforcer le royaume. Il améliora non seulement l’administration de son gouvernement mais fonda aussi des mosquées et des écoles dans les grandes villes. Brusa contient la plus importante des institutions qu’il établit, et « le Yeshil Jami’, » ou la Mosquée Verte, « est l’un des monuments artistiques mondial, » selon Pears.[20]

 

 

 

[1] Pears: the Ottomans; p. 687.

[2] Pears: the Ottomans; p. 687.

[3] Pears: the Ottomans; p. 687.

[4] C. Imber: Crusade of Varna; p. 4.

[5] C. Imber: Crusade of Varna; p. 4.

[6] C. Imber: Crusade of Varna; p. 4.

[7] Pears: The Ottomans; p. 687.

[8] Pears: the Ottomans; p. 687.

[9] Pears: the Ottomans; p. 687.

[10] Pears: the Ottomans; p. 687.

[11] H. Inalcik: The Ottoman Empire; Phoenix Press; 1973; p. 17.

[12] H. Inalcik: The Ottoman Empire; Phoenix Press; 1973; p. 18.

[13] H. Inalcik: The Ottoman Empire; Phoenix Press; 1973; p. 18.

[14] C. Imber: Crusade of Varna; p. 5.

[15] C. Imber: Crusade of Varna; p. 5.

[16] C. Imber: Crusade of Varna; p. 5.

[17] Pears: The Ottomans; p. 688.

[18] Pears: the Ottomans; p. 688.

[19] Pears: the Ottomans; p. 688.

[20] Pears: the Ottomans; p. 688.

 

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