OSMANLI

OTTOMANS

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Le moine télépathe de Saint-Denis qui avait le pouvoir de lire l’esprit des gens à distance, affirme que Bayazid, à ce stade, était si découragé par la défaite des première et deuxième assauts qu’il n’aurait pas attendu pour les chrétiens si leur audace imprudente n’avait pas soulevé son espoir.[1] Il était de coutume de remonter pour la poursuite. Mais maintenant, les chevaux étaient partis et les vainqueurs étaient beaucoup trop excités pour penser à eux. Ils n’écoutèrent non plus les leaders qui leur criaient d’arrêter pour récupérer.[2] Ils firent confiance à leur force et pensèrent qu’ils avaient maîtrisé une fortune inconstante et qu’ils n’avaient aucune raison de craindre ses vicissitudes. Mais tout d’un coup, elle les conduisit vers l’abîme et les fit cruellement fait payer pour leur témérité.[3]

 

Emporté par l’excitation de la lutte, et l’ivresse de leur triomphe partiel, les chevaliers français et leur jeune commandant continuèrent à chasser les spahis en fuite, jusqu’à, ce qu’en gagnant le sommet du sol élevé, ils virent devant eux, non pas comme ils attendaient, un reste effrayé de Turcs vaincus mais une forêt régulière de lances hostiles, et le Sultan en personne à la tête de ses troupes d’élites.[4] Maintenant, dit le Chroniqueur de Saint-Denis, les Français allaient payer le prix de leurs péchés, de leurs blasphèmes, de leur cruauté, de leurs paris et de leurs fornications (avec les prostituées). La peur les saisit ; « le lion en eux se transforma en lièvre timide. »[5]  Bayazid donna l’ordre de l’attaque, et les spahis se jetèrent sur l’ennemi.

Leur cri de guerre, Leunclavius dit, était « Allahou Akbar » (Dieu est Plus Grand !).[6]

Les Turcs firent résonner leurs trompettes et tambourins ; leur fantassins et chevaliers s’ébranlèrent pour tuer.[7]  Saisis par la peur panique, la chevalerie de France se disloqua et « fuit pour sa propre vie, poursuivie par les cavaliers d’Asie.[8] » Alors que les Français et ceux qui et ceux avec eux étaient abattus dans leur fuite, les Hongrois, les Allemands et les Valaques s’enfuirent, laissant les Français affronter la colère du Sultan.[9]

Selon le Religieux, 300 chevaliers parmi eux chutèrent en bas de la pente raide et perdirent leur vie dans leur tentative de se sauver.[10] Certains luttèrent pour atteindre les plaines et d’autres la rivière dont les rives étaient abruptes raides et le courant fort à environ deux milles au large à Nicopolis. Les chrétiens furent encerclés, et la fuite même possible, n’était pas moins dangereuse que la résistance, d’autant plus que les Turcs avaient reçu des ordres stricts de tuer impitoyablement tous ceux qui ne se rendraient pas. Néanmoins, un grand nombre de ceux qui étaient restés sur le terrain combattirent vaillamment jusqu’au dernier.[11] L’amiral de Vienne combattit jusqu’à la fin avec son groupe d’hommes, défendant la bannière de la Vierge Marie.[12] Près de lui, tomba Guillaume de la Trémoille, et son fils Philippe de Bar ; Montcavrel, un chevalier réputé d’Artois, Jean de Roye, et d’innombrables autres.[13] L’élite de la noblesse française fut tuée ce jour-là sur le champ de bataille de Nicopolis ; le reste tomba entre les mains des Turcs.[14] Quand les Turcs tombèrent sur Jean de Nevers, ils le trouvèrent entouré par les membres de son escorte qui tombèrent à genoux et plaidèrent pour sa vie. Les Turcs l’épargnèrent car ils étaient fatigués du carnage (Ici, comme tout le reste, c’est l’auteur qui extrapole). Un grand nombre des Français suivirent l’exemple de Jean et se rendirent. Au lieu de combattre, ils choisirent le joug de la servitude et la marque d’infamie éternelle, dit le chroniqueur de St. Denis, « peu réalisèrent que le lendemain leur apporterait la mort.[15] »

 

Maintenant que les Français étaient maîtrisés, Bayazid restaura la formation régulière de ses troupes et marcha sur le roi Sigismond.[16] Seul le centre hongrois se tenait ferme, où les propres partisans magyar du roi, les Systériens sous le comte Hermann de Cilly et les Bavarois sous l’Électeur, avancèrent en rangs serrés contre les Turcs.[17] Cependant, après une certaine résistance initiale, leur armée s’effondra alors que les troupes hongroises cédèrent à la panique, à la vue des chevaux sans cavaliers et du grand chaos du champ de bataille.[18]

 

L’attaque turque était féroce. En peu de temps, le renversement de l’armée chrétienne fut complet. La division hongroise de Sigismond fut presque détruite ; tous les chevaliers bavarois et un grand nombre des Styriens moururent.[19] L’infanterie chrétienne ne put témoigner cette fuite terrifiée sans consternation ; les Hongrois et Valaques des ailes droites et gauches sur leurs talons.[20]

 

La destruction de l’armée chrétienne fut totale et comme à chaque fois, pour éviter d’honorer le génie de l’ennemi et diminuer sa victoire, les opinions diffèrent sur le responsable de la catastrophe. Atiya, par exemple, écrit :

« La ruée du cheval étranger d’abord, puis la vue de la fuite des chrétiens occidentaux démasquèrent finalement les vrais sentiments de nombreux éléments dans l’armée hongroise. Après l’échec de l’entrevue royale avec les dirigeants français tôt le matin, Sigismond était retourné dans son camp pour organiser son armée en ordre de bataille pour une lutte désespérée.[21] Le roi semble avoir divisé son armée en trois corps.[22] L’aile droite se composait de Stephen Laczkovié, Voïvode de Transylvanie et un tributaire de Sigismond, avec son contingent transylvanien ; la gauche, de Mircée et ses Valaques et le centre, les mercenaires hongrois et « banderia » ou les escadrons, les Bohémiens, les croisés polonais et styriens, ainsi que la plus grande partie des chevaliers hospitaliers. Mircée et Laczkovié étaient prêts à se battre pour Sigismond tant que le pendule de la victoire balançait en sa faveur. Mais dès l’apparition des signes apparents de la défaite des Français, les deux se retirèrent de la scène sans lever un doigt pour aider le roi. Cela provoqua une grande confusion dans les rangs des fidèles Hongrois, dont certains hésitaient à rester sur le terrain. Pourtant pour dire sans discernement, comme le rapportèrent certains des chroniqueurs français,[23] que les Hongrois désertèrent les Français, qu’ils commirent une félonie et firent preuve d’une lâcheté qui tachera pour toujours leur mémoire, est injuste et non historique.[24] Après la retraite des Valaques et Transylvaniens, Sigismond ordonna au reste de son armée de sauver l’avant-garde croisée en détresse et que lui et ses hommes combattirent si vaillamment qu’ils exterminèrent un corps turc de 12.000 fantassins qui « furent tous piétinés et détruit.[25] » 

 

Le Religieux de St Denis, d’autre part, note :

« Les Hongrois, les Allemands et les Valaques prirent la fuite, laissant les Français faire face à la colère du Sultan.[26] »

Le contemporain Froissart nous dit que les Hongrois s’échappèrent poursuivis par les Turcs qui les détruisirent dans leur fuite et bien qu’il excuse les Hongrois pour cela, à savoir leur fuite, il dit :

« Puis il (Sigismond) vit bien combien il était susceptible de perdre ce jour ; puis, il dit au grand maître de Rhodes, qui était près de lui : « Monsieur, nous allons perdre ce jour en raison de l’orgueil des Français, car s’ils nous avaient cru, nous étions assez fort pour combattre nos ennemis. Puis, le roi de Hongrie regarda derrière lui et vit comment ses hommes s’enfuirent déconcertés. Alors il se rendit bien compte qu’il ne pouvait avoir de rétablissement et ceux qui étaient autour de lui crièrent : « Sauvez-vous; car si vous êtes tué, toute la Hongrie est perdue. Vous avez perdu ce jour en raison de l’orgueil des Français, leur vaillance s’est transformée en folle hardiesse et tous seront tués ou pris, il est probable que personne ne s’échappera : donc, monsieur, si vous nous croyez, sauvez-vous et échappez à ce danger. »

Le roi de Hongrie fut très irrité quand il vit comment il avait perdu le jour à cause des Français désordonnés et ne vit pas d’autre solution que de s’enfuir, être pris ou bien être tué.

Une grande tuerie eut lieu car dans leur fuite, ils furent pourchassés et ainsi tués. Les Hongrois s’enfuirent dans le désordre et les Turcs les poursuivirent : Dieu aida le roi de Hongrie et le grand maître de Rhodes, car quand ils arrivèrent près du Danube, ils trouvèrent une petite barge appartenant aux hospitaliers sur laquelle ils embarquèrent avec sept personnes et s’éloignèrent de la rive, sans quoi, ils auraient été tués ou pris car les Turcs arrivèrent sur la rive et tuèrent un grand nombre de chrétiens comme ceux qui suivirent le roi pour se sauver.[27]

 

 

 

[1] Religieux de Saint-Denys, II, 504—18, and cf Juvenal, Hist. de Chas. VI, in Michaud and Poujoulat, Nouvelle Collection des mémoires, II, 409b. Dans K. Setton: The Crusade of Barbary; pp. 353-4. Dans Atiya; p. 92.

[2] AS Atiya; Nicopolis; p. 92.

[3] Religieux de St Denis; 508.

[4] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; Khayats; Beirut; 1961; p. 38.

[5] Religieux de St Denis; 510.

[6] Hist. Musulmana Turc. P. 322; in AS Atiya: Nicopolis; p. 92.

[7] Religieux de Saint-Denys, II, 504-18, and cf Juvenal, Hist. de Chas. VI, in Michaud and Poujoulat, Nouvelle Collection des mémoires, II, 409b. In K. Setton: Crusade of barbary; pp. 353-4.

[8] S. Lane Poole: Turkey; 55.

[9] Religieux de Saint-Denys, II, 504—18, and cf Juvenal, Hist. de Chas. VI, in Michaud and Poujoulat, Nouvelle Collection des mémoires, II, 409b. In K. Setton: Crusade of Barbary; pp. 353-4.

[10] Religieux de St Denis; II; 512-3.

[11] Histoire de Boucicaut; VI; p. 463.

[12] Delaville le Roulx: La France; p. 279.

[13] Delaville le Roulx; p. 280.

[14] Delaville le Roulx; p. 280.

[15] Religieux de Saint-Denys, II, 504—18, and cf Juvenal, Hist. de Chas. VI, in Michaud and Poujoulat, Nouvelle Collection des mémoires, II, 409b. In K. Setton: Crusade of Barbary; pp. 353-4.

[16] S. Lane Poole: Turkey; p. 55.

[17] Lane Poole; p. 55.

[18] Delaville le Roulx: La France; p. 277.

[19] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; Khayats; Beirut; 1961; p. 39.

[20] S. Lane Poole: Turkey; p. 55.

[21] Froissart: Oeuvres; XV; p. 316.

[22] AS Atiya: Nicopolis; p. 93.

[23] Histoire de Boucicaut; I; p. 458.

[24] AS Atiya: Nicopolis; p. 93.

[25] Schiltberger: Reisen; p. 3 in Atiya; p. 93.

[26] Religieux de Saint-Denys, II, 504—18, and cf Juvenal, Hist. de Chas. VI, in Michaud and Poujoulat, Nouvelle Collection des mémoires, II, 409b. In K. Setton: Crusade; pp. 353-4.

[27] GC Macaulay: Chronicles of Froissart; Macmillan and Co; London; 1899; pp. 445-6.

 

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