OSMANLI

OTTOMANS

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Alors que les affaires anatoliennes occupaient Mourad, la Serbie, la Bulgarie et la Bosnie s’unirent contre lui dans les Balkans et une armée ottomane fut défaite à Ploshnik par les Bosniaques en 1388.[1] Cette défaite ottomane encouragea une coalition plus large impliquant la Bosnie, la Bulgarie et la Serbie, suivie d’un accord entre le souverain serbe Lazare et le roi de Hongrie Sigismond, Lazare devient vassal de Sigismond.[2] C’est en été 1389, qu’une grande armée dirigée par Lazare, et notamment des contingents de Croatie, de Bosnie, des mercenaires et des volontaires comprenant des Francs, des Valaques, des Albanais, des Hongrois, des Tchèque et des Bulgares rencontra les Turcs.[3] La bataille de Kossovo fut livrée le 15 juin 1389. Le canon était déjà connu et des sources fiables rapportent son utilisation dans la bataille.[4] Bien que Mourad et Lazare tombèrent ce jour-là, la victoire fut remportée par les Turcs.[5]

En ce qui concerne la mort de Mourad ce jour-là, deux historiens turcs de l’époque rapportent que Mourad mourut dans son camp sur son lit et dans sa tente et non pas sur le champ de bataille. Nous verrons ce sujet plus en détails dans les prochains volumes. La mort de Mourad engendra un nombre infini de folklores et de contines pour couvrir l’humiliation hongroise et lui redonner un honneur. On verra que ce Lazare n’était pas du tout le héros que l’on veut nous faire croire.

 

Après la mort de Mourad, Bayazid, son fils, fut proclamé nouveau souverain. « Son règne commença dans le camp et il poursuivit la guerre contre les Serbes avec vigueur et succès qui lui montra qu’il était l’héritier égal de son père ainsi que de son trône, » dit Greasy.[6] Stephen Lazarevic, le nouveau roi de Serbie, constata qu’il était sans espoir de continuer la lutte et conclut un traité par lequel la Serbie devenait un état vassal des Ottomans.[7] Lazarevic donna au Sultan sa sœur pour épouse et accepta de payer en temps en hommage, une certaine partie du produit de toutes les mines d’argent dans ses dominions. Il entreprit également de donner, en personne, une aide militaire au Sultan dans toutes ses campagnes et durant toute sa vie, il accomplit honorablement sa part du contrat.[8]

Dans les grandes batailles de Nicopolis et d’Angora, Lazarevic combattu au côté de son beau-frère.

 

 

La croisade de Nicopolis (1396)

 

Setton écrivit :  

« Le roi Sigismond de Hongrie envoya des lettres et des envoyés aux princes européens pour solliciter leur aide pour arrêter l’avance des « infidèles. » Le succès de son appel devait conduire à la campagne et que les Turcs s’arrêteraient à Nicopolis mais ce fut peut-être le plus grand désastre jamais subi par les forces chrétiennes dans la longue histoire des croisades.[9]

 

Nicopolis fut en effet l’aboutissement désastreux d’environ un siècle de croisades chrétiennes. Ce fut la dernière croisade d’un siècle de croisades. Nous allons citer brièvement quelques croisades qui ont déjà reçu une certaine attention dans les chapitres précédents. Il y eu lieu la croisade de Smyrne (1344), bientôt suivie par celle d’Humbert II le Viennois (1345-1347).[10] Les années 1360 virent la première des croisades de Pierre I de Chypre, qui entraîna la capture d’Adalia (Antalya) (1361) et la seconde croisade du même Pierre d’Alexandrie en 1365.[11] Un an plus tard, Amadée de Savoie mena la croisade contre Gallipoli,[12] alors que quelques années avant Nicopolis, fut lancée la croisade contre la ville tunisienne d’al-Mahdiya en 1390.[13]

 

Nicopolis était censé être la première phase de la croisade ultime. La force de Nicopolis était destinée à être la première des deux grandes armées chrétiennes dont la destination finale devait être Jérusalem elle-même.[14] Conformément à la théorie des croisades contemporaines, l’armée de Nicopolis était destinée à déblayer le terrain et établir une base avancée à partir de laquelle la seconde et plus grande des deux armées pourraient partir pour la Terre Sainte sous la direction de Charles VI de France et Richard II Angleterre en personnes.[15]

 

La croisade de Nicopolis avait d’autres buts, tout aussi important pour la chrétienté occidentale. Comme la première croisade lancée par Urbain II, celle-ci avait également pour objectif de guérir les multiples cicatrices politiques et schismes religieux, en unissant les forces divisées et opposées de la chrétienté occidentale contre l’ennemi musulman commun. Comme Palmer explique, les politiques de Charles VI de France et Richard II d’Angleterre furent affectées par des considérations politiques plus immédiates, car elles pouvaient espérer un certain nombre d’avantages très pratique de leur rôle de défenseurs de la chrétienté.[16] En plus de l’immense prestige, la fin du Schisme allégerait les problèmes domestiques, en particulier en France et en Flandre et cimenterait la paix entre l’Angleterre et la France, qui autrement seraient soumis à des tensions et contraintes continues à cause de leurs différences religieuses.[17] Une croisade pourrait avoir un effet similaire, tout en fournissant en même temps une occasion idéale pour débarrasser l’Occident des soldats sans emploi.[18] Ce fut crucialement vital, Nicopolis arriva dans le sillage de la signature du traité de paix entre la France et Angleterre en 1389 à Leulingham, un traité de paix qui libéra un nombre incalculable de milliers de chevaliers agités et d’hommes armés qui pullulaient maintenant dangereusement dans les campagnes, les villes et les villages.

En d’autre terme, pour se débarrasser de ses bouches affamées, l’église n’a trouvé d’autres solutions que d’envoyer ses gens tuer les musulmans pour se faire tuer par eux, ce qui marcha parfaitement.

 

 

Les forces chrétiennes qui avancèrent contre les Turcs en 1396 constituaient une vaste armée multinationale issue de tous les niveaux de la chrétienté, tous brûlant de zèle et de rage. Lorsque les forces alliées se rassemblèrent à Buda en été 1396 avant de partir pour Nicopolis, leur armée, comptait environ ou plus de 120.000 soldats dont des Français, des Burgondes, des Allemand, des Bohémiens, des Polonais, des Anglais, des Espagnols et des Italiens, tous groupés autour de Sigismond, le roi de Hongrie, avec ses propres troupes.[19] Les croisés furent également rejoints par Mircée, le Voïvode de Valachie, avec une autre armée de dix mille.[20] Philibert de Naillac et les chevaliers francophones de Saint- Jean de Rhodes quittèrent également leur île mais seulement en août 1396.[21]

Ce grand rassemblement de la fleur de la chevalerie et des soldats de la chrétienté occidentale à Nicopolis reflète un modèle déjà établi, par lequel la guerre contre l’ennemi musulman commun a toujours amené les chrétiens ensemble.

Dans les chapitres précédents nous avons vu comment deux siècles de croisades firent venir des gens de toutes les parties du monde chrétien connu, non seulement de l’Occident chrétien mais aussi de l’Orient arabe et d’autres aussi loin que la Mongolie. La même chose peut être observée jusqu’à nos jours (Afghanistan, Irak, Syrie) mais aussi durant le quatorzième siècle, non seulement avec Nicopolis mais aussi les croisades de Smyrne, d’Alexandrie, d’al-Mahdiya et d’autres déjà mentionnées, unirent les armées chrétiennes dans le même but. Même dans les régions éloignées, où ni la menace turque ni le désir de libérer Jérusalem étaient direct furent des raisons valables pour une réponse chrétienne unie, attirées par le même zèle multinational anti islamique.

 

Dans la péninsule ibérique, comme notes Bishko, l’esprit des croisades brûla haut et servit à attirer les croisés extra-péninsulaire qui trouvèrent leur chemin à cette époque jusqu’à la frontière grenadine, comme Sir James Douglas et d’autres nobles écossais qui, tout en transportant le cœur du roi Robert Bruce pour être enterrer à Jérusalem, mourut en Espagne en 1330 en luttant contre les Maures ou le chevalier de Chaucer, qui sans doute combattu avec Alfonso XI en 1344 à Grenade.[22]

 

Des chevaliers portugais, également en nombre considérable, combattirent dans les campagnes castillanes contre les Mérinides du Maroc ; le roi Afonso IV du Portugal en personne se joignit à Alfonso XI pour la bataille décisive de Salado en Juin 1340.[23] L’église portugaise, les ordres militaires, les nombreuses communications papales encourageantes soulignèrent l’urgence de l’effort anti-mauresque et furent soutenu avec une certaine conviction au cours des treizième et quatorzième siècles, lorsque leur frontière péninsulaire fut fermée, les Portugais démontrèrent la plus grande ferveur pour les croisades.[24] Comme nous verrons dans les chapitres suivants, les assauts espagnols et les attaques portugaises contre l’Afrique du Nord comprenaient la même vaste gamme d’armées de toute la chrétienté occidentale.

 

 

 

[1] H. Inalcik: The Ottoman Empire; Phoenix Press; 1973; p. 15.

[2] H. Inalcik: the Ottoman Turks and the Crusades; 1329-1451; p. 247.

[3] H. Inalcik: the Ottoman Turks and the Crusades; 1329-1451; p. 247.

[4] D. Petrovic: Fire-arms in the Balkans; in War, Technology and Society in the Middle East; ed by VJ Parry, and ME Yapp; London; 1975; pp. 164-72.

[5] P. Wittek: The Ottoman Turks, from an emirite of march warriors to an empire; in Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland; 1965; pp. 33-51; reprinted in The Islamic World and the West; Edited by AR Lewis; op cit; pp. 106-18; at pp. 114 -5.

[6] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; Khayats; Beirut; 1961; p. 32.

[7] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; Khayats; Beirut; 1961; p. 32.

[8] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; Khayats; Beirut; 1961; p. 32.

[9] K. Setton: Crusade of Barbary and Nicopolis; in KM Setton:  Papacy and the Levant; The American Philosophical Society; Philadelphia; 1976; vol 1; pp. 327-69; p. 342.

[10] See: J. Delaville Le Roulx: La France en Orient au XIV em Siècle; Ernest Thorin Editor, Paris; 1886; vol 1; pp. 102 ff.

[11] Guillaume Machaut: La Prise d’Alexandrie ou Chronique du roi Pierre 1er de Lusignan; Ed. Mas de Latrie; Soc de l’Orient Latin; Geneva; 1877.

[12] See: J. Delaville Le Roulx: La France; pp. 102 ff.

[13] Kervyn de Lettenhove, ed, Oeuvres de Froissart, XIV (Brussels, 1872) (henceforth referred to as Froissart: Oeuvres), 151-53, 213; Jean Cabaret d’ Orville, La Chronique du bon duc Loys de Bourbon, ed. AM Chazaud, Paris, 1876, chap. Lxxii, pp. 218—20.

[14] JJN Palmer: England, France and Christendom; Routledge; London; 1972; p. 205.

[15] JJN Palmer: England, France and Christendom; Routledge; London; 1972; p. 205.

[16] JJN Palmer: England, France and Christendom; Routledge; London; 1972; p. 184.

[17] JJN Palmer: England, France and Christendom; Routledge; London; 1972; p. 184.

[18] JJN Palmer: England, France and Christendom; Routledge; London; 1972; p. 184.

[19]AS Atiya: The Crusade of Nicopolis; Methuen & Co. Ltd; London; 1934; p. 54; Delaville Le Roulx: La France; I; 249; S. Runciman: A History of the Crusades; Cambridge; 1952; vol 3; p. 457.

[20] S. Runciman: A History; 457.

[21] Delaville Le Roulx: la France; p. 249.

[22] CH Bishko: The Spanish and Portuguese Reconquest, 1095-1492; in A History of the Crusades; KM Setton ed; The University of Wisconsin Press; 1975; vol3; pp. 396-456; at p. 442.

[23] CH Bishko: The Spanish and Portuguese Reconquest, 1095-1492; p. 438.

[24] CH Bishko: The Spanish and Portuguese Reconquest, 1095-1492; p. 438.

 

 

 

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