OSMANLI

OTTOMANS

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En outre, bien que toutes les sources occidentales contemporaines, dont Froissart, parlent sans vergogne sur les croisades chrétiennes occidentales contre l’Islam, les historiens occidentaux modernes, d’autre part, chercher à confondre l’image et à déformer la réalité en nous présentant une chrétienté occidentale devant se battre par légitime défense contre l’Islam agressif, principalement les Turcs en guerre. En vérité, l’esprit croisé était, reste et restera encore, au cœur de la politique occidentale envers l’Islam au moins jusqu’à l’avènement de Jésus Christ (paix sur lui et sa mère) et la chute de Rome.

 

De retour avec la période considérée ici, et se concentrant sur le nouvel ennemi chrétien, les Turcs, et comment les vaincre a été considéré comme faisant partie des objectifs des croisades habituelles plus larges, comme Housley, remarque:

« D’une plus grande importance que ces propositions peu fréquentes pour une croisade spécifiquement destinée à libérer la Terre Sainte était la constance avec laquelle cet objectif fut introduit dans le cadre des croisades contre les Turcs. Il y a un ou deux indications que Clément VI lui-même permis d’envisager la libération de la Terre Sainte quand il nomma Humbert de Vienne, leader de la croisade de Smyrne en 1345. Cinquante ans plus tard, au cours des négociations qui aboutirent à la croisade de Nicopolis, Charles VI de France écrivit sur la libération de la Terre Sainte comme un des objectifs de la croisade. De même, la croisade vers la Terre Sainte au concile de Constance est liée à celle contre les Turcs, alors qu’en 1439, le théoricien grec de la croisade antiturque, Jean Torcello, estimait avec optimisme que la reconquête de la Terre Sainte suivrait la défaite des Turcs en moins d’un mois. Au cours des préparatifs de la croisade de Varna, en 1443-44, le pape Eugène IV et Barthélemy de Gênes, un moine franciscain, décrivirent la reprise de la Terre Sainte comme le but ultime de l’expédition.[1]

 

Un autre argument pour contrer l’opinion que la réponse chrétienne était en réponse à l’agression turque est que (comme sera largement démontré dans les chapitres suivants) les batailles et les victoires ultérieures turques à Nicopolis (1396) et Varna (1444) n’apparurent pas comme résultant de l’agression turque contre les chrétiens, mais étaient, en fait, les résultats des croisades chrétiennes. Dans le cas de Varna, plus particulièrement, le Sultan turc Mourad II, signa un traité de paix avec les chrétiens, puis, une fois qu’il se retira dans son dominion asiatique et laissa le règne du pouvoir à son fils de 12 ans, les chrétiens lancèrent une vaste croisade, visant d’abord à supprimer les Turcs d’Europe et suivie d’une croisade plus vaste pour traverser l’Asie Mineure. Leur complot échoua seulement parce que Mourad, en raison d’un certain nombre de facteurs que l’on examinera en détail dans le chapitre relatif à cette croisade et bénéficiant de conditions climatiques favorables, réussit à échapper à la surveillance de la flotte chrétienne stationnée dans le détroit pour le bloquer, et retourna en Europe pour écraser les croisés à Varna.[2]

 

Plus important, la chrétienté occidentale n’a jamais eu (exception une certaine rhétorique politique de l’époque qui reproche l’agression musulmane, et l’écriture historique occidentale actuelle) d’auto-défense légitime contre l’Islam, et ni dans ce cas, se battre en légitime défense contre les Turcs, comme son principal objectif. L’objectif principal du christianisme occidental depuis et a toujours été l’éradication ou l’élimination définitive de l’Islam partout où il prit racine. Les guerres passées ou actuelles contre tous ces micros « états islamiques » naissants en reste la continuité et une preuve permanente. Cette guerre contre l’Islam sera aussi examinée en détail. Ici, cette politique ne peut être résumée qu’en quelques points.

 

Tout d’abord, les attaques occidentales sur les états inoffensifs d’Afrique du Nord et leurs dévastations du quatorzième siècle n’avaient rien à voir avec l’agression ottomane comme le prétendent la plupart des historiens occidentaux modernes. C’était, en fait, des attaques chrétiennes occidentales, et leur esprit de croisade qui plus tard au début du seizième siècle, comme nous le verrons aussi, incitèrent les Nord-Africains à demander l’assistance de la Turquie.

L’objectif de l’Occident chrétien dans sa lutte contre les Ottomans était précisément de détruire cette force dominante de l’Islam afin de subordonner le reste du royaume musulman, inclus dans cette « Terre Sainte » et toute autre partie du royaume musulman.[3]

 

Deuxièmement, pendant des siècles, un objectif central chrétien était d’encercler l’Islam, de lier les alliés, qu’ils s’agissent de chrétiens ou d’autres partageant la même hostilité contre l’Islam (les Mongols en particulier, les shiites, les druzes et toutes les sectes minoritaires), afin de mettre fin à l’entité musulmane comme déjà tenté durant le treizième siècle quand Gengis Khan et Hulagu amenèrent l’entité islamique proche de l’extinction (voir nos précédents volumes).

 

La vision globale de la chrétienté occidentale dans sa guerre contre l’Islam est évidente dans la création de trois grands Orients :

D’abord, le Vicaria Tartariae Aquilonaris, comprenant la Custodia Gazariae (Khazars) sur les rives nord-ouest de la Mer Noire, ainsi que la Mer d’Azof et le Custodia Sarai entre la Mer Noire et la Mer Caspienne et autre part, le Vicaria Tartariae orientalis, comprenant le Custodia Trapezundis (Trebizond) et le Custodia Thauris (Tabriz) qui s’étendrait sur la Grande Arménie, la Mésopotamie et la Perse avec la ville de Soldaia comme siège de l’archevêque de Sultanieh ; Troisièmement , le Vicaria Tartariae Seu Kathay, avec Cambalec (de l’Arabe Khan Baliq et l’actuel Pékin) comme siège de son archevêque.[4] Ce dernier dura jusqu’à ce que les Mongols soient expulsés par les Chinois tandis que le christianisme fut complètement effacé de Chine quand la dynastie mongole fut interrompue par les Chinois en 1368.[5]

 

Golubovich, dans son Biblioteca Bio-Bibliografica della Terra Santa, datant de la fin du Moyen Age, comprend trois cartes utiles décrivant les provinces catholiques romaines d’« Orient » :

– (a) la Méditerranée, comprenant la Terre Sainte, « la Roumanie, » le Maroc et Tunis.

– (b) La Vicaria Aquilonare et Vicaria Orientale

– (c) L’Asie montrant la formation de la Vicaria Tartariae SCU Kathay du reste de la Vicaria Orientale, qui comprend l’India Prima Inferior au Gange, l’India Secunda au-delà du Gange jusqu’à peu près les frontières de Chine. L’India Tertia Magna Superior est présentée comme étant bien située au Tibet et en Chine jusqu’à Cathay.[6]

La contiguïté de la domination mongole en Terre Sainte avec la grande haine des empereurs tatars pour les Sultans Mamelouks encouragea les Latins dans leurs efforts pour amener cette nouvelle race dans le giron du catholicisme et finalement capturer la Terre Sainte avec leur aide.[7] Cette stratégie reçue une élan considérable avec la venue de Timour le Boiteux qui réussit ce que les armées chrétiennes occidentale ne purent faire, d’abord écraser l’armée turque à Angora en 1402, capturer et emprisonner son Sultan Bayazid et oblitérer littéralement, les  possessions turques en Asie.[8]

 

 

 

[1] N. Housley: The Later Crusades; Oxford University Press; 1992; p. 46.

[2] Consult any work that dealt with the crusade of Varna, but for a good outline see: M. Chasin: The Crusade of Varna; in KM Setton ed: A History of the Crusade; vol 6; pp. 276-310.

[3] PM Holt: Egypt and the Fertile Crescent: 1522-1922. Cornelll paperbacks; Ithaca; New York; 1966. pp.155 ff. Hanotaux: (vol 5 written by H. Deherain): Histoire de la Nation Egyptienne; Paris; Librarie Plon; 1931; p. 202.

[4] AS Atiya: The Crusade in the later Middle Ages; p. 24.

[5] AC Moule: Christians in China Before The Year 1550; London; 1930; p. 271.

[6] G. Golubovich: Biblioteca Bio-Bibliografica della Terra Santa e dell’Oriente Francescano; 5 vols; Florence 1906-1927, vol II.

[7] AS Atiya: the Crusade in the later Middle Ages; p. 24.

[8] Voir dans ce volume, la Bataille de Nicopolis;

Voir aussi P. Wittek: The Ottoman Turks from an emirite of marsh warriors to an Empire; Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland; 1965; pp. 33-51. R. De Zayas; Les Morisques et le racisme d’Etat; ed les Voies du Sud; Paris; 1992; p.136.

 

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