OSMANLI

OTTOMANS

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La marche commença sous de mauvais auspices. Hadj Ahmad et Ben Aissa (respectivement le commandant de la résistance musulmane de Constantine et son lieutenant), voyant que le climat et la fièvre faisaient le travail pour eux, se replièrent vers les défenses solides de Constantine ; et, la discipline dans l’armée française se relâcha rapidement en l’absence de l’ennemi. Les troupes traînaient en avant à leur propre rythme, et au coucher du soleil, ils s’allongeaient et dormaient là où ils étaient arrivés. Au cours de la première nuit, un gros orage éclata et les troupeaux, qui auraient dû fournir de la viande fraîche, s’effrayèrent et disparurent dans l’obscurité. Ensuite les muletiers arabes désertèrent avec quatre-vingts des mules.

Le lendemain matin, les wagons surchargés, coincés dans la boue, durent être allégé en jetant une grande partie de l’équipement d’ingénierie (y compris les échelles), ainsi que l’avoine pour les chevaux. Au cours de la traversée d’une rivière en crue, un certain nombre de chevaux se noyèrent.

Le 10 octobre, l’avant-garde atteignit Guelma, où cent mille cartouches de munitions devaient être laissés, ainsi que près de trois cents nouveaux cas de fièvre. Pour un grand nombre d’officiers, l’échec de l’expédition était devenue évidente ; mais Clauzel (chef français) resta confiant comme toujours.

 

Le pire était à venir. Les dernières troupes avaient quitté Bône 13 octobre et cinq jours plus tard, l’armée atteint Ras-el-Akba, une forte et difficile ascension menant au plateau nu, balayé par le vent qui s’étendait à Constantine. Ici, il n’y avait aucun bois de toute sorte et les soldats furent réduits à des aliments crus, et, pour leurs feux de bivouac, à la lueur momentanée d’une poignée de chardons. En raison de l’absence de reconnaissance, la voie était souvent perdue. Deux jours plus tard, dans un violent blizzard qui dura treize heures, l’armée campait par les ruines du mausolée romain de Souma. Cette nuit, vingt hommes furent gelés à mort.

 

Quelques kilomètres épuisants restaient encore. En traversant l’Oued-Ahmimin en crue plusieurs chevaux furent perdus, jusqu’à ce qu’enfin, un gué plus facile fut découvert. Ici les soldats, se joignant dans la Marseillaise et La Parisienne, plongèrent dans l’eau glacée jusqu’à leurs aisselles ; et bien que beaucoup chutèrent, l’héroïsme des officiers montés remportèrent le passage sans perte de vie.

 

L’armée avait été vaincue pratiquement avant que le premier coup ne soit tiré. Comment pouvait-il espérer assaillir cette redoutable forteresse naturelle habitée par des cœurs robustes et largement approvisionnée ? De sa propre petite armée, plus de la moitié étaient malades et tous avaient froids et étaient affamés. Ses huit pièces étaient presque inutiles pour traverser ; il était à court de munitions et de nourriture ; et la plupart de ses matériaux de siège avait été laissé derrière. « Nous devons utiliser la force, et nous n’avons plus de force, » s’exclama-t-il amèrement. Un seul faible espoir restait, une chance sur  un million, l’effet de surprise d’un coup de main ; et Clauzel, qui avec tous ses défauts n’était pas lâche, décida, pour l’honneur de l’armée, de prendre le risque … .. »

 

Après avoir décrit comment l’« héroïsme français » faillit à prendre la ville en raison du mauvais temps, Blunt raconte argumentum ad nauseam (à nous bourrer le crâne, en d’autre terme) comment plus la bravoure française fut contre le mauvais temps, que la perfidie et la cruauté musulmane :

« Toute la nuit un vent glacial souffla sur le plateau sans abri, un vent contre lequel les vêtements n’offraient aucune protection. Dans les premières heures du matin, dix centimètres de neige tombèrent. Les soldats, qui ne se souciaient guère de leur vie ou de leur mort, risquaient leur vie pour quelques rameaux qui, même lorsqu’ils étaient trouvés, ne pouvaient pas être enflammés. Pourtant le danger réveilla en eux un nouveau courage ; et lorsque la cavalerie de Ben Aissa chargea sur la neige fraîche pensant ne pas rencontrer d’opposition de ces cadavres vivants, les Français saisirent leurs armes de leurs mains gelées et les repoussèrent. La bravoure de ses soldats était la seule chose sur laquelle Clauzel n’avait pas entièrement compté en vain.

 

Pour Clauzel maintenant, la tâche la plus difficile de toute fut de reconduire les restes de son armée brisée à Bône. Malades, affamés, désabusés, constamment exposés aux attaques d’un ennemi triomphant dont ils pouvaient à peine se permettre de rendre le feu, ils devaient traverser plus d’une centaine de kilomètres à travers un terrain difficile.

 

A peine, furent-ils certain que les Français reculaient, toute la population de Constantine, hommes et femmes, bondirent hors des portes. La destruction des matériaux qui ne pouvait être rapporté arrière fut interrompue. Même certains des blessés, pour lesquels aucune place n’a pu être trouvée sur les wagons restants, durent être laissés où ils se trouvaient et là, ils trouvèrent la mort de sang froid aux mains des impitoyables amazones de Constantine.

 

Un épisode de cette terrible journée vivra éternellement dans l’histoire française. Au major Changarnier fut attribué l’honneur de couvrir la retraite. Disposant ses soldats dans une formation carrée, il retint son feu jusqu’à ce que les hordes de la cavalerie arabe arrivant se trouvèrent à moins de trente mètres de ses rangs. « Ils sont six mille et nous deux cent cinquante, » criait-il, « c’est une chance égale. Longue vie au roi ! Feu ! » La charge fut brisée.

 

Face à toute probabilité l’armée, aidée par le beau temps et fortifié par le courage inextinguible et le nouvel optimisme du commandant en chef, réussi à reprendre le chemin du retour. Une semaine plus tard, plus mort que vif, les troupes atteignirent Bône où quelque trois mille hommes entrèrent dans les hôpitaux. Douze cents d’eux moururent, plus d’une centaine de soldats furent tués et plusieurs centaines furent blessées par l’explosion d’une usine de poudre.

Ainsi se termina cette tragique campagne où plus la nature que les Turcs, provoqua l’humiliation de l’armée française. [1] »

 

 

  1. L’incompétence musulmane et leur dépendance sur les chrétiens pour leurs victoires

 

Dans de nombreux ouvrages, les historiens occidentaux et les commentateurs ont toujours réduit les compétences musulmanes en une simple importation ou à une adaptation occidentale chrétienne supérieure.[2] Il nous fut dit, par exemple, que les techniques de construction musulmane de château ou de siège étaient bien supérieures parmi les chrétiens et que les Musulmans apprirent d’eux.[3]

Ces affirmations se sont révélées infondées, puisque les musulmans excellèrent dans les  techniques de siège et la construction du château bien avant les chrétiens occidentaux et ce sont les croisés en Orient qui ramenèrent ces nombreuses techniques en Occident.[4] Les compétences militaires occidentales sont également dues au contact soutenu avec les musulmans en Espagne.[5]

 

L’argument occidental que les musulmans étaient incompétents sur le front naval sera d’abord considéré dans les prochains paragraphes qui seront suivi par la réfutation d’une autre de leur basse accusation : que les victoires musulmanes furent remportées en général, en raison des chrétiens qui combattaient dans les rangs musulmans.

 

 

 

[1] W. Blunt:  Desert Hawk; Methuen & Co. Ltd; London; 1947; pp. 87-93.

[2] Voir, par exemple, SE Al-Djazairi: A Short History of Islam; op cit.

SE Al-Djazairi: The Crusades.

[3] Voir, par exemple, SE Al-Djazairi: A Short History of Islam; op cit.

SE Al-Djazairi: The Crusades.

[4] Voir, par exemple, SE Al-Djazairi: The Hidden Debt; op cit; appropriate chapters.

[5] Voir, par exemple, SE Al-Djazairi: The Hidden Debt; op cit; appropriate chapters.

 

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