OSMANLI

OTTOMANS

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Ces explications mettent de côté les facteurs cruciaux qui aidèrent les Musulmans à gagner des batailles décisives en dépit de leur infériorité numérique et équipement : la conviction et la confiance dans l’aide divine, la bravoure, la grande résistance morale, la discipline et les compétences militaires. En ce qui concerne cette dernier, Altamira au moins le mérite de le noter :

« Nonobstant la déclaration apparemment contenue dans la loi militaire de Wamba, le fait que, jusqu’à l’époque de Rodéric, les Wisigoths étaient constamment engagés dans la guerre, semble réfuter l’accusation d’apathie et de décadence militaire qui a été portée contre eux. Les Arabes avant leur arrivée en Espagne avaient été victorieux dans d’autres pays où ces conditions ne prévalaient pas. Le fait qu’ils ont pu effectuer la conquête de la péninsule dans un relativement court espace de sept ans est due à la prouesse des Musulmans et au désaccords politiques des Wisigoths, à l’indifférence des classes réduites asservie qui ont trouvé profitable de se soumettre aux Arabes victorieux, au soutien en temps voulu des juifs, le seul clément vraiment éloigné de la majeure partie de la nation par la persécution et enfin le seul altruiste vraiment séparé de la majeure partie de la nation par la persécution et enfin, à l’égoïsme de certains des nobles, encore une preuve de l’inconsistance politique de l’état qui a préféré leur avantage personnel de l’action concertée au nom d’un monarque. »[1]

 

Dans notre propre Abrégé de l’Histoire du Maghreb et de l’Andalousie, nous avons été informés que l’armée de Tariq Ibn Ziyad ne possédait que trois chevaux, que le reste de l’armée était des fantassins et que la majorité du butin fut justement des chevaux et qu’après cette bataille, l’armée des musulmans devint une cavalerie puisqu’elle captura plus de cinq mille chevaux ce qui contredit les faits rapporté par Scott, que les Wisigoth avaient très peu de chevaux. D’autre part, nous avons trouvé mention nulle part chez les historiens musulmans que les juifs aidèrent les musulmans bien au contraire, nous les avons toujours trouvés au côté des ennemis des musulmans comme nous l’avons maintes fois rapporté.

 

Nous avançons dans l’histoire des croisades (1095-1291), et une fois de plus, les mérites des musulmans sont mis de côté. Par conséquent, pour J.L. Cate, les raisons pour lesquelles les croisades, en commençant par celle de 1101, échouèrent sont :

« Leur (les croisés) leadership était pauvre, leur connaissance, du territoire de l’ennemi et leur tactique, légère. Pour toute armée, une marche si longue à travers une région accidentée et habilement défendue est une tâche prodigieuse qui nécessite une bonne organisation, un système solide de logistique et un peu de chance. Les croisés de 1101 n’avaient pas d’organisation, pas de système, pas de chance Et ils ont donc établi un modèle d’échec suivi par ceux de de 1147 et 1190. D’importance plus immédiate est leur incapacité à renforcer le royaume latin. Les états nouvellement établis des croisés ont été contraints, par conséquent, à compter en grande partie sur leurs propres ressources pour la défense et l’administration. Ces ressources étaient très limitées, et là réside le problème majeur des années qui s’ensuivirent. »[2]

 

La victoire musulmane à Hattin en 1187 est invariablement tournée en dérision par les historiens occidentaux, qui blâment surtout la chaleur, la soif et même une sorcière pour la défaite chrétienne. Jean Richard ridiculeusement écrit :

« La chaleur était écrasante, et les hommes étaient déprimés. Ils sentaient la mauvaise fortune dans l’air autour d’eux ; n’étaient-ils pas tombés sur une sorcière, une esclave musulmane appartenant à un Syrien de Nazareth, entrain de lancer des sorts pour livrer l’armée, comme elle avait avoué, à Saladin ? Ils l’avaient brûlé, bien sûr, mais déferait-il l’effet de sa sorcellerie ? Et Saladin avait 60.000 hommes et les croisés seulement 30.000.[3] »

 

Pour Oman, sur la même bataille :

« Quand la deuxième tentative de percer le cercle musulman eut échoué et que tout espoir eut disparu, on nous  dit « que dans leur désespoir les Francs se jetèrent à bas de leurs chevaux épuisés, » déposèrent leurs lances, et se jetèrent « allégrement » au sol. Les Turcs se jetèrent sur eux et les prirent captifs sans autre coup férir. A leur grande surprise, ils constatèrent que très peu de chevaliers avaient été grièvement blessés ; leurs côtes de mailles les avaient si bien protégé de la pluie de flèches qui blessa gravement quelques-uns mais en tua très peu. La soif et la fatigue les avait fait tomber, plutôt que les arbres ou les cimeterres des vainqueurs. D’autre part, il n’avait guère de cheval qui n’avait pas été cruellement blessé ; Et pas celui qui aurait pu emporter son cavalier hors de la bataille. Les pauvres bêtes étaient totalement épuisées par deux jours de privation d’eau et de fourrage. »[4]

 

Sur cette même bataille, le niveau du ridicule est atteint par Baldwin qui consacre une grande partie de son livre expliquant les raisons de la défaite chrétienne (bien sûr, sans jamais mentionner la moindre chose positive au sujet des musulmans). Voici quelques aperçus, aussi brefs que possible, des raisons qu’il donne :

« Comme les hommes se préparèrent pour la marche dans les petites heures matinales, un moment où le courage de l’homme est au plus bas, les sentiments de désespoir et d’appréhension se glissèrent dans les rangs. Ils laissèrent une profonde impression sur le chroniqueur. Bien que sceptique quant à leur vérité, il raconte néanmoins des histoires étranges et des prémonitions de catastrophe qui, dit-il, ressentirent après le départ de l’armée. De toute évidence, les choses de la légende plus tard, indiquent cet état d’esprit.[5]

Un fantassin de l’arrière-garde captura une femme sarrasine qu’il pensa être une sorcière et qui prétendit avoir été employé par Saladin pour jeter un sort sur l’armée. À leur consternation, le feu qui avait été disposé pour la brûler, la laissa indemne. Enfin un fantassin fendit sa tête avec une hache danoise. On a même dit que les chevaux furent affectés et ne reçurent aucune eau de jour ou de nuit avant le départ de l’armée dehors, et donc faillirent à leur cavalier le lendemain. [6] »

Et :

« Dans la matinée du samedi 4 juillet, les deux côtés étaient prêtes pour la lutte finale ; Les deux durent réaliser que le sort du royaume latin dépendait du résultat. En nombre et force de combat, les deux armées étaient presque égales mais alors que les musulmans étaient reposés, frais et beaucoup plus confiants qu’ils avaient été, les chrétiens étaient restés un jour et une nuit sans eau. Dans ces conditions, ni les hommes, ni leurs montures n’auraient pu avoir un repos suffisant de l’expérience épuisante de la veille. Leur moral était considérablement plus faible que lorsqu’ils quittèrent Safariyah et cela devait être un facteur révélateur dans la bataille. [7] »

Et :

« Comme si les tourments de la chaleur et de la soif que les chrétiens éprouvaient déjà ne suffisait pas, ils furent soumis par l’ingéniosité diabolique de l’ennemi à une nouvelle épreuve. Alors qu’une brise soufflait sur les visages des croisés, un des volontaires de Saladin mis le feu à l’herbe sèche de la prairie, de sorte, que ces hommes et leurs montures déjà sans eau et épuisés du violent combat sous un soleil brûlant, étouffèrent maintenant, le souffle coupé par l’air enfumé. Probablement certains furent même tués par cela. L’exact moment où fut mis en œuvre ce dernier raffinement de stratégie des Sarrasins ne peut pas être déterminé. Aucun des deux chroniqueurs latin n’est d’accord. On dit que ce fut au début de la journée vers le début de la bataille. D’autres s’en souviennent avant que les six soldats désertèrent. On semble se rappeler que Saladin avait préparé un feu de brousse la veille. Les auteurs musulmans, au moins, sont sûrs que ce fut après le départ (les auteurs musulmans ont mentionné la fuite et non pas le départ ndt) de Raymond, alors que l’un d’entre eux le décrit comme le dernier assaut lorsque les chevaliers latins se replièrent progressivement vers l’une des buttes, où ils pourraient être emprisonnés par un cercle de feu et de fumée montant vers leurs visages. [8] »

Et aussi :

« Il (Salah ad-Din) tenta avec succès de les éloigner de l’eau et les força à combattre sous le handicap sévère de la soif et de la fatigue tandis que ses troupes étaient fraiches. Ce fut cette soif et cette fatigue plus que la pression de la bataille qui vaincu l’infanterie et causa la désertion et la catastrophe consécutive des hommes montés. Ainsi la séparation des deux armées, toujours fatale, et le facteur vraiment décisif dans cette bataille, fut le résultat non pas d’un combat mieux planifiée ou plus agressif une fois la bataille lancée, mais du pur épuisement physique de l’infanterie latine causée par les manœuvres de la veille de Saladin. Lorsque les deux armées se rencontrèrent le samedi matin dans la plaine de Hattin, elles étaient pratiquement égales en nombre mais pas dans la forme physique. [9] »

Puis :

« S’il (Salah ad-Din) choisit de combattre dans de telles circonstances défavorables, il aurait pu être battu par cette armée chrétienne vraiment magnifique, la plus parfaite jamais mis sur le terrain. Une défaite aurait pu être décisive. [10] »

Et encore :

« Dès que la décision fatale fut prise, cependant, la deuxième erreur était en campant vendredi soir dans le désert, bien que cela n’aurait pu être évité. En tout cas, erreur ou non, cela signifiait douze heures supplémentaires sans eau avant le combat du deuxième jour. Quant à la conduite de la bataille elle-même, nous avons déjà souligné que bien que la séparation des fantassins de la cavalerie fut le facteur décisif, ce fut le résultat de la soif et de la fatigue et donc aussi une conséquence de la décision originale erronée. [11] »

 

 

 

[1] R. Altamira: Spain under the Visigoths; dans The Cambridge Medieval History; Édité par JB Bury et al; Cambridge University Press; 1913; vol 2; pp. 159-93; p. 187.

[2] JL Cate: The Crusade of 1101, dans A History of the Crusades; ed by KM Setton; University of Pennsylvania Press; 1955; vol 1; pp. 343-67; at p. 367.

[3] J. Richard: The Latin Kingdom of Jerusalem; op cit; Vol A; p. 175.

[4] C. Oman: A History of the Art of War; Methuen; London; 1898; p. 329.

[5] Eracles, pp. 54ff.; Ernoul, pp. 163ff. Voir aussi Itinerarium, p. 14.

[6] MW Baldwin: Raymond III of Tripolis et the Fall of Jerusalem (1140-1187); Princeton University Press; 1936; p. 114.

[7] MW Baldwin: Raymond III of Tripolis; p. 121.

[8] MW Baldwin: Raymond III of Tripolis; p. 126.

[9] MW Baldwin: Raymond III of Tripolis; p. 131.

[10] MW Baldwin: Raymond III of Tripolis; p. 131.

[11] MW Baldwin: Raymond III of Tripolis; p. 132.

 

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