OSMANLI

OTTOMANS

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« Les cruautés et le barbarisme » des Musulmans 

 

Dans leur ensemble face à l’histoire musulmane, les écrivains occidentaux, à de rares exceptions, n’ont pas réussi à trouver quelque chose de noble à dire au sujet de tous les succès militaires musulmans, en fait tous succès est dépeint comme une victoire d’hordes de barbares perfides, cruels et lâches contre la noble et vaillante soldatesque chrétienne. Souvent, les musulmans sont assimilés à des hordes de bêtes sauvages, ou des représentations similaires désobligeantes. Par conséquent, sur le premier progrès musulman, Muir écrit :

« Guerriers après guerriers, colonnes après colonnes, tribus entières dans une succession sans fin avec leurs femmes et leurs enfants, jaillirent pour combattre. Et toujours, selon l’histoire des villes conquises ; riche rapine au-delà de tout compte … des tribus fraîches apparurent et s’en allèrent. En avant et toujours en avant, comme des essaims de la ruche ou des vols de criquets assombrissant la terre, tribus après tribus émergèrent et se hâtèrent et se répandirent dans de grandes masses à l’est et à l’ouest. »[1] 

 

Ecrivant sur l’armée turque au siège de Constantinople, en 1453, Pears dit :

« L’estimation de Barbaro est confirmée par celle du soldat florentin Tedaldi qui déclare qu’il y avait 140 000 véritables soldats, le reste, » faisant élever le nombre de armée de Muhammad à 200 000 « étaient des voleurs, des pillards, des marchands ambulants et d’autres qui suivaient l’armée pour le gain et le butin. »[2]

 

Sur les supposées cruautés turques après la prise de Constantinople, Creasy écrit :

« La capitulation fut demandé et  refusé le 24 mai et le Sultan donna des ordres pour un assaut général le 29. Il annonça à son armée que tout le butin de la ville deviendrait le leur et qu’il ne se réservait que la terre et les bâtiments. La soldatesque ottomane reçue l’annonce avec des cris de joie …

Torrent après torrent des conquérants se déchainèrent à travers la ville capturée. D’abord, ils tuèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent ou dépassèrent ; mais quand ils constatèrent que toute résistance avait cessé, l’amour du butin prédomina sur la soif de sang et ils s’efforcèrent de protéger les plus équitables et plus forts des milliers sans défense qui se recroquevillèrent devant eux, pour le service ou pour la vente comme esclaves. »[3]

 

Et alors que chaque historien occidental parodique le barbare et le bestial sur les Turcs, les chrétiens, d’autre part, sont toujours nobles et vaillants. Toujours sur le siège de Constantinople, Creasy écrit :

« Giustiniani (le chef des mercenaires chrétiens occidentaux) se distingua en particulier par sa bravoure et sa habileté. Il forma de nouveaux travaux à l’arrière des tours démolies et la porte de Saint Romanus ; et attira l’admiration du Sultan, qui vit ses préparatifs, et hurla : « Que ne donnerai-je pas pour gagner cet homme à mon service ! » Mais le héros en chef de la défense était Constantin lui-même. Il savait que son heure était venue et prêt à mourir dans l’accomplissement du devoir de la piété sincère d’un vrai chrétien et le courage tempéré d’un brave soldat. Dans la nuit avant l’assaut, il reçut le Saint Sacrement dans l’église de Sainte Sophie ….

Lorsqu’il passa devant le palais pour prendre son poste à la grande brèche et attendre son martyre, toutes les pensées de la grandeur terrestre furent oubliées ; et se tournant vers ceux autour de lui, dont beaucoup avaient été ses compagnons de jeunesse, Constantin leur demanda, comme compagnons chrétiens, leur pardon pour toute offense qu’il commit jamais envers eux. Au milieu des larmes et des prières de tous ceux qui le voyaient, le dernier des Césars alla alors en avant de mourir. » [4]

 

Depuis plus de dix siècles, la pratique occidentale, que ce soit parmi les historiens ou les médias d’aujourd’hui, consista à s’étendre sur les meurtres musulmans de chrétiens, en les exagérant toujours sans jamais vérifier la véracité de ces actes et s’ils s’étaient produits dans le passé. En même temps, ils mettent complètement de côté les meurtres de musulmans par les chrétiens, ou au mieux ne les mentionne qu’en quelques mots, ou déforment simplement la vérité à leur sujet.

Un excellent exemple historique à cet égard se rapporte à la bataille de Nicopolis, en 1396, ou chaque historien s’étend sur le massacre turc des centaines de prisonniers français après la bataille, s’étendant sur l’incident page après page.[5] Ce que les mêmes historiens ne parviennent pas à nous dire, ou le font brièvement en passant,[6] c’est qu’un jour ou avant la bataille de Nicopolis, les Français égorgèrent les prisonniers turcs qu’ils avaient capturés les jours précédant, dans une grande fête, après leur avoir promis d’épargner leur vie.[7] Le principal historien français de la bataille, Delaville Roulx, a au moins le mérite de commenter cet événement. Mais il écrit encore :

« Le massacre des milliers de prisonniers turcs eu lieu la veille de la bataille. Cet acte d’inhumanité commis par des hommes qui avaient pris la croix afin de libérer l’église des « infidèles, » ne peut être expliqué que par la panique momentanée qui saisit l’armée française quand elle entendit parler de l’approche de l’ennemi, ou il peut être expliqué par la difficulté de soigner les prisonniers pendant la bataille qui allait avoir lieu … Quand les chevaliers français reprirent leurs sens, ils furent horrifiés par leur propre comportement. »[8] 

 

En général, les historiens modernes soulignent et même inventent des cruautés musulmanes pour justifier les massacres ultérieurs, et même l’extermination des musulmans. Le cas de l’élimination musulmane de l’Espagne est un bon exemple. Hess, écrivant au sujet de la rébellion musulmane à Grenade (1569-1571),[9] dit :

« Bien que la révolte morisque n’était rien plus qu’un éclat dans la casserole sur le plan militaire, l’expression extraordinaire de violence qui accompagna le soulèvement souligna la fracture de la division culturelle entre les deux civilisations. Seule la libération soudaine et incontrôlée de colère longtemps réprimée mêlée à une peur croissante et une haine d’un ordre social étranger peut expliquer le comportement malfaisant qui accompagna cet effondrement d’une société poly-religieuse.

A chaque occasion les rebelles attaquèrent les représentants culturels et les symboles de l’autre société. Les Morisques exécutèrent des prêtres chrétiens, étant particulièrement sévères sur les membres de l’église qui venaient de familles morisques. Tout comme les rebelles éliminèrent les missionnaires de l’autre société, de même ils détruisirent aussi les symboles visuels de la religion chrétienne : les églises. Enivré de leur liberté soudaine, les Morisques profanèrent systématiquement la religion catholique romaine, les agressions radicales à l’intérieur des églises furent accompagnées par des spectacles burlesques de masse destinée à parodier les rites et croyances de la chrétienté latine. Partout où les anciens chrétiens furent malchanceux dans leur résistance, l’indice de leur cohésion sociale conduisit souvent les vainqueurs à des extrême. En dépit des amitiés locales, les rebelles morisques tuèrent sporadiquement leurs prisonniers, les vendirent en esclavage ou exigèrent une forme suprême de vengeance, exécutant des hommes devant leurs femmes et enfants.[10]

Les anciens chrétiens ne se comportèrent pas moins violemment. Attisée par la démagogie du bas clergé et les fonctionnaires de l’état, ils exécutèrent des otages morisques et saisirent la propriété des nouveaux chrétiens. La brutalité des anciens chrétiens fut compensée par le comportement indiscipliné des soldats espagnols, qui tournèrent à plusieurs reprises, leur campagne militaire en  raids contre les vies morisques et leurs biens. Même l’état ne considéra pas la répression de la rébellion comme une guerre pour pacifier les populations dont les travaux seraient taxés aussitôt que l’armée aurait rétabli la sécurité. Le 19 octobre 1569, Philippe II donna à l’armée espagnole, le droit illimité de prendre le butin des Morisques dans une guerre de sang et de feu. Le 1er  novembre 1570, il ordonna l’expulsion des survivants morisques de Grenade.[11] Si l’état ne pouvait pas détruire l’influence de l’Islam en temps de paix, il le ferait par la guerre et le déplacement des populations.

Un acte radical selon toutes les normes, l’expulsion des Morisques de 1569-1570 réduit considérablement la communauté crypto-musulmane de Grenade. Favorisée par la campagne de Deza pour déraciner les Morisques de la province, d’exproprier leurs biens et de les disperser parmi la plus grande population de vieux chrétiens dans d’autres régions de l’Espagne commença sous le commandement de Don Juan.[12] Le processus n’a pas été sans incidents sanglants et 70 000 à 80 000 Morisques quittèrent à contre cœur leur pays natal.[13]…. Philippe II donna à la bureaucratie les tâches redoutables des expulsions des Morisques, d’empêcher leur retour et de repeupler la province avec des vieux chrétiens …. Ces changements drastiques dans la composition de la population de Grenade ouvrirent un nouveau chapitre dans l’histoire sociale de la frontière musulmane de l’Espagne. L’expulsion enleva vraiment un élément dangereux d’une région menacée aujourd’hui par l’expansion de la puissance ottomane en Afrique du Nord. Après 1570 aucune population déloyale n’était prête à Grenade pour accueillir les Turcs de l’Afrique du Nord ; et les chaînes de montagnes du sud-est de l’Espagne plus n’abritèrent plus de grands bandes de rebelles dont les actions pourraient immobiliser les armées royales. »[14]

 

Comme ses compères, Hess écrit sa propre fiction de l’Histoire et est coupable de nombreuses fausses déclarations de faits. Il commence d’abord avec les cruautés musulmanes pour justifier les représailles chrétiennes tardives. Ceci est tout à fait malhonnête, car la réaction musulmane est le résultat de la suite d’actes terribles chrétiens commis sur les musulmans et une des raisons qui poussèrent les musulmans à l’extrême fut le viol en masse précisément chrétien, les meurtre en masse, et l’asservissement des femmes musulmanes, ce que les chroniqueurs espagnols contemporains qui survécurent les évènements, exposent clairement et décrivent.[15]

 

 

 

[1] Sir William Muir: The Caliphate, its Rise, decline et Fall; London; The Religious Tract Society; 1898; p. 45.

[2] E. Pears: The Ottoman Turks to the Fall of Constantinople. Dans The Cambridge Medieval History, Cambridge University Press, 1923; Vol IV: Edité par JR Tanner, CW Previte; ZN Brooke, 1923; pp 653-705; p. 696.

[3] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; p. 82; p.84.

[4] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; p. 83.

[5] Voir accounts by E. Pears: The Destruction; ES Greasy: History of the Ottomans; op cit; etc;

[6] Voir accounts by E. Pears: The Destruction; ES Greasy: History; etc;

[7] Voir S. Lane Poole: Turkey; Khayats; Beirut; 1966; ed; pp. 52-6; C’est ce qui incita Bayazid à exécuter certains prisonniers en représailles.

[8] Delaville Le Roulx: La France en Orient; Ernest Thorin Editeur; Paris; 1886; vol 1; p. 261.

[9] A. Hess: The Forgotten Frontier; The University of Chicago Press, Chicago et London, 1978; pp. 146 ff.

[10] AGS, Cámara de Castilla, L 2154, fol. 168, letter to Philip II from the audiencia of Granada, 22 June 1570; L 2161, fol. 125, letter to the king from Maria Rodriguez Ginda, 4 August 1571; L 2188, no fol. no., 23 October 1569; L 2182, no fol. no, 26 January 1581; et L 2172, no fol. no., letter to the king from the audiencia of Granada, 20 April 1572; et Caro Baroja, Los Moriscos, pp. 173—80.

[11] HC Lea: The Moriscos of Spain; Burt Franklin; New York; 1968 reprint ; pp. 236 68; et Caro Baroja, Los Moriscos, pp. 173—208, donne les details. L’esprit d’intolérance imprègne les lettres des administrateurs de Grenade AGS, Cámara de Castilla, L 2152, fol. 267, letter from the audiencia of Granada to the king, 2 October 1571, appellant pour “Ia justicia de sangre sin remisiôn ni misericordia”; but voir aussi L 2152, fol. 195, letter from the archbishop of Granada, 30 August 1569, Exigeant la fin de la violence excessive.

[12] AGS, Cámara, de Castilla, L 2153, fols. 9—84, 18 February 1570 to 14 March 1570.

[13] Bernard Vincent, “L’expulsion des Moriscos du royaume de Granada et leur repartition en Castille (1570—71),” dans Mélanges de La Casa de Velázquez, 6 (1970): 211—40.

[14] AGS, Cámara de Castilla, L 2153, fol. 73, letter from Don Juan to the king, 12 March 1570; et L 2161, fol. 51, 15 October 1571; Dans AC Hess: The Forgotten; p. 148.

[15] Luis del Marmol Carbajal: Rebelion y castigo de los Moriscos de Granada (Bibliotheca de autores espanoles, Tom. XXI).

Diego Hurtado de Mendoza: Guerra de Grenada; Lisbon; 1627.

 

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