OSMANLI

OTTOMANS

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De même, à quelques exceptions près comme Earle,[1] Fisher,[2] et Bono,[3] les historiens occidentaux en règle générale et leurs adeptes ont complètement changé l’image et utilisé le mythe de la piraterie musulmane pour justifier les attaques militaires contre les musulmans, l’occupation de leur terres, de leur territoire et leur massacre massif en tout temps et en tous lieux. Suit un échantillon choisi au hasard des opinions de ces savants.

Setton, par conséquent, explique donc que :

« Après être parvenu à une entente nécessaire avec leurs rivaux commerciaux en Catalogne, les Génois furent rejoints en 1388 dans une coalition anti-mauresque par les Siciliens et Pisans contre les Tunisiens à Djerba (Gerba et autres orthographes) et les autres îles du golfe de Gabès.[4] Leur but était « la suppression des pirates barbaresques, dont les incursions augmentaient les périls et réduisaient les profits du commerce maritime.[5] »

 

Sur la Croisade contre al-Mahdiya en Tunisie en 1390, Atiya dans les pages de son essai, écrit :

« Si Tunis attira les navires (commerce) de l’Orient, elle devint aussi la patrie des corsaires barbaresques. Ceux-ci avaient des petites flottes d’embarcations légères qu’ils manœuvraient avec habileté pour attaquer et piller les lourdes galères commerciales. Incapable de réprimer la piraterie sur leurs propres côtes, les faibles rois de Tunis semblent être passés à l’autre extrême en l’encourageant. L’audace de ces pirates s’accrue avec le temps. En de nombreuses occasions, ils atteignirent et attaquèrent les côtes de Sicile et d’Italie. Rien ne pourrait être plus menaçant pour les états dont le bien-être reposait uniquement sur le commerce et la sécurité des mers. La croisade contre Tunis, visualisée par les Génois, ne fut pas seulement un acte de piété, mais une nécessité pour leur subsistance. Il s’agissait avant tout de réprimander les pirates et de porter un coup à Abou-Bakr, le roi de Tunis, pour son assentiment sinon son patronage à ce règne d’anarchie sur les mers. Ce fut donc la cause immédiate et définitive de l’expédition de Barbarie du point de vue génois. Le choix de la ville d’al-Mahdiya comme l’objet du siège à venir n’était pas hasardeux. A Mahdiya, les forces navales pirates semblent avoir trouvé une forteresse dans laquelle, ils se réfugient avec leur butin. C’est pourquoi les Génois dirigèrent l’expédition vers la principale source de leurs problèmes.[6] »

Et Atiya, pour soutenir ses assertions, s’appuie évidemment sur des sources françaises, la France, devait rester le pays champion de la croisade que ce soit sur le terrain ou dans la rhétorique. Atiya cite ainsi Delaville Roulx,[7] dont nous avons déjà rapporté la ferveur croisée et Charles André Julien,[8] le champion de cette théorie de la piraterie musulmane justifiant la colonisation occidentale.  

 

Charles André Julien, « l’expert » de l’histoire nord-africaine soutient que l’invasion militaire occidentale chrétienne de l’Afrique du Nord était le résultat de la piraterie musulmane (Ah bon, ce n’est plus alors la tapette à moucheron et le blé impayé jusqu’à nos jours ?). Il écrit :

« De Djerba au Maroc, chacun des ports constituait une sorte de république organisée pour la piraterie : Tunis, Bizerte, Bougie (Bejaïa et autres orthographes), Alger, Oran, Honein, chacun à ses frais aménageait des galères qui parcouraient la Méditerranée. Les corsaires des quatorzième et quinzième siècles n’étaient pas des purs voleurs comme allaient le devenir les Turcs. »

Et tous les milliers de livres de l’immense bibliothèque d’Alger qui les a donc volés, le petit chaperon ?[9]

 

Par cela et des remarques similaires, Julien transforma les villes nord-africaines, qui comme on le verra bientôt, étaient les lieux où le commerce chrétien trouvait une place importante, où la plus grande civilité prédominait, dans les tanières de hordes de pirates sanguinaires. Puis après une diatribe sans fin, pleine de mensonges et de contradictions comme on le verra plus loin, il ajoute en justifiant l’assaut généralisé espagnol et le massacre massif des populations musulmanes comme suit :

« L’occupation espagnole de Bougie et d’Oran, et la suppression des corsaires, permit à l’Alger de Kheir Eddin de monopoliser la piraterie dans le Maghreb central.[10] »

Puis, pour justifier de nouvelles attaques, il ajoute :

« L’organisation de la piraterie turque à Tunis était cependant une menace directe pour le pape et les princes italiens.[11] »

Puis, parlant d’Alger qui était de loin l’une des villes les mieux entretenues de l’époque, avec quelques-unes des normes les plus élevées à tous égards, il la réduit à un simple repaire de voleurs, de meurtriers, et de chaos, par ceci, bien sûr, il justifiait d’une certaine manière les attaques ultérieures françaises et la colonisation du pays. Il écrit :

« Le Barberousse avait formé des équipages entraînés à l’occupation des corsaires qui faisait d’Alger le plus redoutable port de pirates.[12] »

Puis :

« A Alger, les corsaires ont été tenus en haute estime.[13] »

Et :

« En tant que ville de pirates, Alger devait être armée pour l’attaque et fortifiée contre les représailles des flottes ennemies.[14] »

Puis, enfin, il réduit l’histoire d’une ville et d’une puissante à ceci :

« Rien ne pourrait être plus ennuyeux que l’histoire nationale des régences au dix-septième siècle. A Alger, il y avait continuellement des complots, des émeutes et des massacres.[15] »

 

Son collègue français, Iver, un autre « éminent expert (la qualification d’expert est attribuée en fonction du degré des mensonges inventés pour servit la patrie) » sur l’Afrique du Nord, écrit également dans la principale source d’études islamiques, l’Encyclopédie occidentale de l’Islam :

« Ruinés par la suppression de leur piratage (par l’occupation espagnole d’une forteresse (le Penon), qui gardait Alger), les Algériens furent bientôt fatigués de cet état de choses et tentèrent de se libérer de la domination espagnole. Profitant de l’agitation provoquée partout dans les états barbaresques par les nouvelles de la mort de Ferdinand le Catholique, ils persuadèrent leur (chef local) Selim al-Tumi d’envoyer une délégation au corsaire turc ‘Arouj.[16] »

Iver, ainsi, rend évident que les Algériens ne pouvaient pas vivre sans activité pirate.

 

Wolf, comme Julien, Setton, et la plupart des érudits occidentaux ignorent complètement le zèle chrétien croisé dans les attaques contre l’Afrique du Nord. Au lieu de cela, il écrit :

« (Après la  conquête de Grenade par les Espagnols (1492), et après une période de tolérance des musulmans), la répression qui en résulta envoya des milliers d’émigrés au Maghreb et plus à l’Est au Levant, où ils sont devenu les avocats d’une guerre sainte[17], le djihad, contre les royaumes d’Espagne. Certains d’entre eux prirent la mer, attaquèrent les côtes de leur ancienne patrie, pillèrent les pêcheurs espagnols et les petits commerçants qui se trouvaient sur leurs chemins. Les rois catholiques furent bientôt submergés de pétitions d’aide contre ces pillards qui saccageaient les villages, les églises, les monastères et réduisaient en esclavage les pauvres gens qui tombaient entre leurs mains. Si Isabelle était vivante, les plaintes et pétitions auraient pu aboutir à la conquête castillane du Maghrib.[18] »

 

Wolf s’efforce avec beaucoup de peine de trouver des circonstances atténuantes pour les attaques espagnoles sur l’Afrique du Nord. Il écrit :

« Ferdinand et les gens importants d’Aragon s’intéressaient davantage à l’Italie et à la lutte qui s’y développait entre les états européens qu’à toute aventure de conquête. Lui et ses conseillers aragonais étaient plus tolérants envers les Morisques et l’Islam que les Castillans et plus orienté vers les solutions diplomatiques que militaires. Ils reconnaissent, cependant, que quelque chose devait être fait pour freiner la « piraterie » des pillards morisques qui ravageaient le commerce et les côtes espagnoles cependant, ils n’étaient pas disposés à investir la richesse et la main d’œuvre nécessaire pour conquérir la terre. La politique qu’ils adoptèrent peut être qualifiée de « confinement » plutôt que de conquête. Ferdinand essaya de contrôler la piraterie en contrôlant les ports à partir desquels les pirates pouvaient opérer.[19]

 

D’autres « illustres érudits » modernes spécialisés sur l’Islam, reprochent également à la « piraterie musulmane » la conquête de l’Afrique du Nord et de l’Algérie avant tout. Brockelmann écrit donc :

« Afin de maitriser cette pestilence pirate, les Espagnols attaquèrent l’Afrique du Nord plusieurs fois et occupèrent les petites îles montagneuses situées en face d’Alger, à portée de canons, d’où, ils contrôlaient l’entrée dans le port. Après la mort de Ferdinand le Catholique, les Algériens, entravés dans leur plus importante vocation, appelèrent ‘Arouj à l’aide contre les Espagnols. 

Jusqu’au début du dix-neuvième siècle, les Beys de Tunisie, les Deys d’Alger ainsi que les Qaramanlis de Tripolitaine et les souverains du Maroc, poursuivirent avec diligence une carrière de piraterie, dirigée contre les chrétiens et était considéré par les musulmans comme une guerre de foi méritoire. Les états chrétiens n’avaient jamais pu s’unir dans une action commune contre eux … En raison de la dette impayée par les Français, le Dey d’Alger fit arrêter des navires français en mer et créa des difficultés pour les sociétés commerciales françaises de son domaine … Puis, le Dey, frappa l’émissaire français avec une canne (encore un autre mensonge ce n’était pas une canne mais un éventail alias une tapette à moucherons) le 30 avril, 1820. Quand il refusa de donner satisfaction pour cela, la France fit bloquer les côtes de l’Algérie pendant deux ans. Puisque le gouvernement essayait d’éviter la guerre, il montra de la douceur dans ses négociations avec le Dey que ce dernier interpréta comme une faiblesse (encore un autre mensonge, les négociations françaises furent agressives). En juillet 1829, un autre incident eut lieu. Le commandant du navire La Provence avait vainement négocié en Algérie, et en quittant le port, il fut tiré sur lui depuis l’un des forts (information à vérifier). La France ne pouvait pas permettre que cette nouvelle insulte ne soit pas vengée. Ainsi, eu lieu l’invasion de l’Algérie …[20] »

 

 

 

 

[1] P. Earle: Corsairs of Malta and Barbary (Sidgwick and Jackson; London; 1970), as at pp 38-40.

[2] G. Fisher: Barbary; op cit.

[3] S. Bono: I Corsari Barbareschi (Torino; 1964).

[4] KM Setton: The crusade of Barbary; op cit; p. 331.

[5] KM Setton: The crusade of Barbary p. 331.

[6] AS Atiya: The Crusade in the Later Middle Ages; Methuen and Co; London; 1938; pp. 401-2.

[7] Delaville Le Roulx: La France en Orient au XIV em Siècle; Ernest Thorin Editor, Paris; 1886.

[8] CA Julien: History of North Africa; Tr. From French by J. Petrie; Routledge &Kegan Paul; London; 1970.

[9] CA Julien: History of North Africa; Tr. Du français par J. Petrie; Routledge &Kegan Paul; London; 1970; p. 274.

[10] CA Julien: History of North Africa; p. 282.

[11] CA Julien: History of North Africa; p. 282.

[12] CA Julien: History of North Africa; p. 286.

[13] CA Julien: History of North Africa; p. 287.

[14] CA Julien: History of North Africa; p. 288.

[15] CAJulien: History of North Africa; p. 302.

[16] G. Iver: Alger: Encyclopaedia of Islam; 1st edition; Brill; 1913; p. 258.

[17] Nous avons déjà explique dans nos précédents ouvrages qu’il n’existe pas de « guerre sainte » en Islam et que ce n’est qu’un autre terme croisé attribué aux Musulmans pour falsifier l’Histoire. Comme vous le savez le mot « saint » est un pillier de la religion chrétienne puisque pratiquement tout est saint chez eux. Par exemple le saint suaire du Christ n’a pas d’aquivalent en Islam on ne peut pas dire par exemple la sainte ‘amama du Sheikh, sa sainte barbe, son saint turban.

[18] JB Wolf: The Barbary Coast; WW Norton & Company; New York; p. 4.

[19] JB Wolf: The Barbary Coast; WW Norton & Company; New York; p. 5.

[20] C. Brockelmann: History of the Islamic Peoples; Routledge and Kegan Paul; London; 1950 reprint. P. 292; p. 397.

 

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