OSMANLI

OTTOMANS

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Pendant les nuits, Muhammad passa son temps à planifier l’attaque contre la ville. Pour sonder la disposition de ses soldats, il errait souvent dans les rues seul et déguisé ; et il était impossible de reconnaitre le Sultan, quand il voulait échapper à l’œil vulgaire.[1]  Ses heures furent consacrées à délimiter le plan de la ville hostile en débattant avec ses généraux et ses ingénieurs des plans de la ville, de ses lignes de son plan, des meilleures positions pour ses batteries et ses arsenaux, des endroits où les mines devraient être creusées avec le plus d’efficacité, les postes que chaque division de ses troupes devrait occuper, de quel côté il devrait attaquer les murs.[2]  Utilisant du papier et de l’encre, il traça les fortifications de la ville et montra aux assiégeants qualifiés où et comment placer les canons, les parapets, les tranchées, l’entrée dans la fosse et sur quel mur les échelles devaient être placés.[3] En d’autres termes, il mit en scène toutes les opérations pendant la nuit et le matin ses ordres furent exécutés car il avait judicieusement assisté à ces choses.[4]

 

Une fois que tous les préparatifs furent achevés, le Sultan, conformément à la loi islamique, envoya sous un drapeau de trêve, un dernier message à la ville. Il voudrait, dit-il, comme la loi l’ordonne, épargner les citoyens, ne nuire ni à leurs familles ni leurs biens, si ils se rendaient volontairement. Sinon, il ne montrerait aucune miséricorde.[5] Le contemporain Doukas nous informe de l’échange de correspondance entre les Turcs et les Grecs, et comment ceux-ci, dans cette heure dramatique montrèrent non seulement un immense courage mais aussi une grande dignité. Doukas écrit :

« Mehmed envoya un émissaire à l’empereur avec le message suivant : « Les préparatifs de l’assaut ont pris fin. Il est maintenant temps de consommer ce que nous avions prévu il y a longtemps. Laissons le résultat de cet engagement à Dieu. Que dites-vous ? Voulez-vous quitter la ville et aller où vous voulez avec vos fonctionnaires et leurs biens pour laisser la population indemne de nous et de vous ? Ou choisissez-vous de résister et de perdre votre vie et vos biens et permettre ainsi aux Turcs de prendre la population captive et la disperser sur la terre ? »

L’empereur et le sénat répondit : « Si vous le souhaitez-vous aussi, comme vos pères firent avant vous, aussi, par la grâce de Dieu, pouvez vivre paisiblement avec nous. Ils considéraient mes parents comme leurs pères, et comme tels les honoraient, et ils regardaient cette ville comme leur patrie. En temps de difficulté, ils entrèrent dans ses murs et furent sauvés. Aucun d’entre eux qui lui résistèrent ne vécut longtemps. Gardez les forteresses et les terres que vous nous avez injustement ôtées comme les vôtres. Extrayez autant de tribut chaque année que nous sommes en mesure de vous payer et partez en paix. Pouvez-vous être certain que la victoire au lieu de la défaite vous attend ? Le droit de vous remettre la ville n’appartient ni à nous, ni à vous et ni à quiconque habitant celle-ci. Plutôt que d’avoir nos vies épargnées, c’est notre volonté commune de mourir volontairement. »[6]

Lorsque Muhammad (que Doukas appelle Tyran) entendit cette réponse, il désespéra d’une reddition pacifique de la ville. Il ordonna donc aux hérauts d’annoncer à toute l’armée le jour où l’assaut serait lancé. Il affirma également sous serment qu’il ne désirait pour lui-même aucun autre gain que les bâtiments et les murs de la ville.[7]

 

 

L’affrontement

 

Dès que cette formalité fut terminée, les Turcs commencèrent le combat avec un bombardement massif des murs. Le premier jour des affrontements, au crépuscule du 6 avril 1453, une partie du mur près de la Porte Charisienne avait été gravement endommagée et le lendemain, un bombardement régulier la transforma en ruines.[8]

 

Mais après la tombée de la nuit, les défenseurs réussirent à faire des réparations adéquates. Muhammad décida alors d’attendre jusqu’à ce qu’il puisse concentrer plus de canons sur les parties les plus faibles des murs. Pendant ce temps, ses soldats reçurent l’ordre de se mettre au travail pour combler le grand fossé, afin qu’ils puissent aussitôt avancer pour occuper toute brèche que l’artillerie pourrait faire.[9] Il ordonna également que des travaux de sapes soient exécutés contre les parties du mur où le terrain semblait approprié. Dans le même temps, l’amiral Balta Oghlu reçut l’ordre de tester les défenses de la chaine. C’est probablement le 9 avril que ses navires lancèrent leur première attaque qui n’eut aucun succès et Balta Oghlu décida d’attendre la venue de l’escadre de la Mer Noire.[10]

 

Le 11 avril, les canons turcs furent placés et commencèrent à tirer sur les murs le jour suivant.[11] Le journal du médecin vénitien, Nicolo Barbaro, et les autres récits contemporains, montrent que le tir des Turcs se poursuivit chaque jours avec une régularité monotone et que les trois principaux lieux d’attaque étaient, d’abord, entre la Porte d’Hadrienople et la fin du fossé qui se terminait à cent mètres au nord du palais de Porphyrogénète, puis d’autre part, dans la vallée du Lycus à Pempton et autour de ce que l’on appelle la Porte de Saint Romanus, et finalement, près de la troisième porte militaire au nord de la Porte de Silivri (ou Pege).[12]

 

La première action réelle fut un combat naval entre les galères turques et des navires italiens apportant des provisions. Dès le début d’avril, cinq grands vaisseaux équipés pour les marchandises et la guerre, auraient navigué du port de Chios, sans que le vent ne souffle obstinément du nord. L’un de ces navires portait le drapeau impérial tandis que les quatre autres appartenaient aux Génois et ils étaient chargés de blé, d’orge, de vin, d’huile, des légumes et surtout, des soldats et des marins pour le service dans la capitale.[13] Après un pénible retard, une légère brise et le deuxième jour, un vent violent du sud, les transportèrent par les Dardanelles et la Propontide (Mer de Marmara) mais la ville était déjà assiégée par mer et terre. La flotte turque, à l’entrée du Bosphore, s’étendait d’une rive à l’autre sous la formation d’un croissant pour intercepter, ou du moins pour repousser, ces auxiliaires hardis.[14] Cette action eu lieu à la mi-avril. Muhammad avait ordonné une division de ses galères, forte de 150, d’intercepter les cinq navires des chrétiens, que l’on voyait naviguer rapidement et régulièrement à travers la Propontide, grâce à vent puissant et favorable.[15] Les Grecs se pressaient sur les murs et les Turcs sur la plage pour regarder le résultat de cette rencontre. Le Sultan en personne entra au bord de l’eau, dans l’attente.[16] L’escadre chrétienne, composée de cinq vaillants vaisseaux, était conduite par des navigateurs habiles et servie par des vétérans d’Italie et de Grèce, longtemps habitués aux arts et périls de la mer.[17] Les poids de ces navires étaient destinés à couler ou disperser les obstacles faibles qui entraveraient leur passage : leur artillerie balayait les eaux : leur feu liquide était versé sur la tête des adversaires, qui, avec le dessein de les aborder, étaient supposé les approcher tandis que les vents et les vagues étaient toujours du côté des navigateurs les plus habiles.[18] Dans ce conflit, le vaisseau impérial, qui avait été presque maitrisé, fut secouru par les Génois mais les Turcs, dans une attaque lointaine et plus proche, furent deux fois repoussés avec des pertes considérables. Muhammad monta son cheval sur la plage pour les encourager par sa voix et sa présence.[19] Une troisième attaque fut plus mortelle et sanglante que les deux premières. Les chrétiens mirent en déroute la flotte turque. L’escadre chrétienne, triomphante et indemne, se dirigea le long du Bosphore et s’ancra solidement à l’intérieur de la chaîne du port. Dans la confiance de la victoire, ils se vantèrent que toute la puissance turque avait cédée face à leurs armes.[20] Muhammad, témoin de cette défaite depuis le rivage, chevaucha profondément dans la mer dans son excitation, perdit son sang-froid et frappa avec sa masse son amiral, Balta-Oghlu.[21]

 

Je vous rappelle que je ne fais que rapporter ce qu’ont écrit les historiens occidentaux même si cela parait des contes de fée inventés pour la circonstance. L’auteur a oublié de préciser qu’ensuite, le cheval de Muhammad s’est envolé pour lui permettre de battre son amiral qui se trouvait dans un navire en mer, à moins, que sa masse était comme celle du marteau volant de Thor dans les bandes dessinées de Marvel ou bien qu’il avait un bras extensible come Mister Fantastique. Ah ces histoires à quatre sous ! Attention voici maintenant Hulk !

 

Le siège sur terre ne fut pas meilleur et le canon monstre éclata.[22]  Malgré cela, une attaque fut lancée contre la ville. Le 18 avril, deux heures après le coucher du soleil, Muhammad ordonna une attaque contre le Mesoteichion. À la lumière des fusées éclairantes, avec leurs cymbales et leurs tambours battant et criant leur cris guerre, des détachements de fantassins et de lanceurs de javelots, des archers et les fantassins de la Garde des Janissaires se précipitèrent sur le fossé comblé jusqu’aux palissades.[23] Ils apportèrent des torches pour mettre le feu aux planches de bois de ces dernières et avaient des crochets fixés au bout de leurs lances pour faire tomber les tonneaux pleins de terre qui les surmontaient.[24] Certains avaient des échelles pour les placer contre les parties du mur qui se dressaient encore. Les combats étaient confus. Sur le terrain étroit sur lequel l’assaut fut lancé, Giustiniani commandait et prouva sa valeur comme leader. Les Grecs comme les Italiens furent inspirés par son énergie et son courage et le soutinrent loyalement. Les combats durèrent quatre heures et les Turcs se retirèrent.[25] Dans cet assaut, les Turcs employèrent l’ancienne machinerie des tours mobiles qui furent détruites.[26] La grande tour de siège fut également capturée et brûlée lors d’une sortie commandée par Giustiniani. Un ingénieur allemand répondit au bombardement du canon et des engins de siège ottomans par un contre feu de batteries qui arrêta les sapes.[27]

 

 

 

 

[1] E. Gibbon: Decline and fall; op cit; pp. 168-9.

[2] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; p. 77; Gibbon: Decline and Fall.

[3] Doukas: Decline and Fall; pp. 202-3.

[4] Doukas; pp. 202-3.

[5] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; pp. 95-6.

[6] Doukas: Decline and Fall; p. 220.

[7] Doukas p. 220.

[8] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; p. 96.

[9] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; p. 96.

[10] N. Barbaro: Giornale; pp. 18-20.

[11] E. Pears: The Ottoman; op cit; p. 698.

[12] Pears: The Ottomans; op cit; p. 698.

[13] E. Gibbon: Decline and fall; op cit p. 181.

[14] Gibbon: Decline and fall; p. 181.

[15] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; p. 80.

[16] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; p. 80.

[17] E. Gibbon: Decline and fall; op cit; p. 182.

[18] Gibbon: Decline and fall; p. 182.

[19] Gibbon: Decline and fall; p. 182.

[20] Gibbon: Decline and fall; p. 182.

[21] G. Young: Constantinople; Methuen & Co Ltd; London; 1926; p. 119.

[22] G. Young: Constantinople; Methuen & Co Ltd; London; 1926; p. 119.

[23] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; p. 99.

[24] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; p. 99.

[25] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; p. 99.

[26] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; p. 80.

[27] G. Young: Constantinople; Methuen & Co Ltd; London; 1926; p. 119.

 

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