OSMANLI

OTTOMANS

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Le chroniqueur contemporain, Chalcondylas (p. 169), dit que l’empereur et les principaux Grecs délibérèrent sur la manière de résister à l’ennemi, et ils décidèrent de défendre le mur extérieur, renforcé par le fossé comme cela avait fait lorsque Mourad attaqua la ville, trente et un ans auparavant.

Dans ces circonstances, les défenseurs de la ville prirent leur position dans le Peribolos ou enceinte ayant dans leur dos le mur intérieur brisé et en face, le mur extérieur. Les portes militaires de la ville dans l’enceinte étaient rares et très éloignées les unes et donc, juste l’une d’entre elle se tenait sur la longue distance entre les portes civile. Les seules autres entrées dans les enceintes étaient aux extrémités se terminant aux portes civiles.[1]

 

Si Pears offre la meilleure description des défenses, Runciman offre la meilleure description des armées défensives.[2] Il écrit :

« Le 5 Avril les défenseurs prirent les positions qui leur avaient été attribuées par l’empereur. L’empereur se posta avec ses meilleures troupes grecques au Mesoteichion, où les murs traversaient la vallée du Lycus, avec Giustiniani à sa droite à la Porte Charisienne et au Myriandrion ; mais quand il devint clair que le Sultan allait concentrer son attaque sur le Mesoteichion, Giustiniani et ses Génois descendirent pour le rejoindre et le Myriandrion fut repris par les frères Bocchiardi et leurs hommes. Le Vénitien Bailey Minotto et son état-major prirent leur quartier dans le palais impérial de Blachernae et étaient responsables de sa défense. Leur première tâche fut de dégager et de remplir les douves. Un compatriote âgé, Teodoro Caristo, vit la section des murs entre la porte de Caligarian et le mur théodosien. Les frères Langasco, avec l’archevêque Leonard, étaient stationnés derrière le fossé qui se jetait dans la Corne d’Or. Sur la gauche de l’empereur se tenait Cattaneo et ses troupes génoises et à côté de lui le parent de l’empereur, Theophule Paléologue, avec les troupes grecques, gardant la porte Pegae. Le Vénitien, Filippo Contarini, était responsable de la porte Pegae à la Porte d’or qui était défendue par un Génois appelé Manuel. Sur sa gauche, au bord de la mer, se trouvait Demetrius Cantacuzène.

Les murs près de la mer n’étaient que très peu habités. Jacobo Contarini était en charge du Stoudion. A côté de lui, le long d’une longue section qui était peu susceptible d’être attaquée, les murs étaient gardés par des moines grecs, qui, vraisemblablement, devaient surveiller et appeler les réserves en cas d’urgence. Près d’eux, près du port d’Eleuthère, se trouvait le prince Orhan et ses Turcs (alliés des Byzantins). À l’extrémité occidentale de la rive de Marmara, sous l’hippodrome et l’ancien palais sacré, se trouvaient les Catalans sous Péré Julia. Le cardinal Isidore était stationné avec ses hommes au Point de l’Acropole.[3] Les rives de la Corne d’Or étaient gardées par des marins vénitiens et génois sous le commandement de Gabriele Trevisano, tandis que son compatriote, Alviso Diedo, était nommé commandant des navires dans le port. Deux détachements de réserves étaient gardés dans la ville, un sous le commandement du Megadux, Lucas Notaras, stationné dans le quartier Petra, près des murs de terre, avec des canons mobiles et l’autre, sous Nicephorus Paléologue, près de l’église des Saints-Apôtres, sur la crête centrale. Dix navires furent détachés de la flotte, pour servir au barrage[4] et dont le commandement avait été donné à un génoise, probablement à Soligo qui avait fixé le barrage (la chaine qui fermait le détroit). En général, l’empereur semble avoir essayé de mêler ses troupes grecques, vénitiennes et génoises, de sorte à ce qu’elles apprécient leur interdépendance et évitent les querelles nationalistes.[5]

La défense était convenablement équipée de javelots, de flèches et de quelques couleuvrines et mangonneaux pour jeter des pierres. Il y avait aussi plusieurs canons dans la ville mais ils s’avérèrent être de peu de valeur du fait du manque de salpêtre pour eux. D’autre part, il fut constaté que lorsqu’ils étaient mis à feu depuis les murs et les tours, ce qui était obligé si leurs missiles devaient atteindre les lignes ennemies, les réverbérations endommageaient les fortifications.[6]

 

Nicolô Barbaro, un chirurgien vénitien qui était présent dans la ville depuis le début jusqu’à la fin du siège, déclare qu’il y avait 150.000 hommes dans l’armée assiégeante entre la Corne d’Or et la Marmara, une distance de trois milles et trois quarts (4 km).[7] Creasy, cependant affirme que l’ensemble des troupes turques est diversement estimé de 70.000 à 250.000. Le plus petit nombre semblait suffisant pour toutes les opérations militaires du siège et il est peu probable que Muhammad aurait augmenté la difficulté de trouver des provisions suffisantes pour son armée en augmentant inutilement ses rangs.[8] Outre les forces terrestres, le Sultan avait rassemblé une flotte de 320 navires, de différentes tailles, mais tous inférieurs aux grands galions des Grecs et de leurs alliés.[9]

 

En ce concerne l’organisation des armées et des canons turques, Pears, une fois de plus, offre la meilleure description :

« Nous pouvons maintenant comprendre la disposition des troupes de Muhammad et de ses canons. Il nomma Zagan Pacha à la tête d’une armée qui était chargée de surveiller Pera, les Génois de Galata et tout le littoral nord de la Corne d’Or ainsi qu’une partie de la rive sud jusqu’à la Porte de Bois ou Xyloporta, qui était située à l’extrémité des murs terrestre (sur la terre). Il reçut l’ordre de construire un pont sur la partie supérieure de la corne afin que ses troupes puissent prendre part à l’attaque de la ville.

L’attaque contre les murs sur terre entre la Porte de Bois, devant et au-delà les palais de Blachern et Porphyrogenitus, et jusqu’à la Porte de Chariseus ou d’Andrinople fut confiée à Caraja Pacha, le chef de la division européenne. Certains armes lui furent donnés afin qu’il puisse attaquer le mur dans l’une de ses parties les plus faibles, sans doute là où il se trouvait perpendiculairement à l’extrémité du fossé.

Isaac Pasha, le chef des troupes asiatiques, et les deux hommes qui avaient une grande expérience de la guerre, commandaient la division asiatique, qui couvrait le terrain entre le sommet du Capou et la Marmara. La position la plus importante, cependant, était celle qui existait entre la Porte d’Andrinople et le sommet du Capou connu sous le nom Mesoteichion Ce fut le lieu que Muhammad choisit comme le principal point d’attaque. Là, il estimait, se trouvait le talon d’Achille de la ville. Là, avec Halil Pasha se trouvait son quartier général. Sa haute tente rouge et or fut dressée à environ un quart de mile des murs sur un petit tertre, qui est décrit comme étant en face de la Porte Andrinople et aussi en face de celle de Romanus. Sa tente était entourée par ceux des Janissaires invincibles qui, avec d’autres troupes d’élites, constituaient sa garde personnelle et occupait la même vallée. L’armée turque s’étendait devant toute longueur des murailles. Les Turcs avaient creusé une tranchée pour leur propre défense devant toute leur ligne et avait placé une palissade de bois sur le remblai de la terre creusée, tout près du bord du fossé et percé à intervalles, de sorte que, tout en protégeant les assiégeants, il leur permettait également de maintenir un feu constant sur les assiégés.

Sur la Marmara, les murs devaient être surveillés par la flotte commandée par Baltaoğlu, de l’extrémité sud des remparts, autour de la pointe de Seraglio jusqu’à Neorion, qui était près de la fin de la chaine. L’objectif principal de la flotte était, cependant, de forcer une entrée dans le port, et à cet effet, de capturer ou détruire les navires près de la chaine, un objectif que Baltaoğlu tenta d’atteindre dès le début du siège.

La ville fut donc attaquée de part et d’autre, le troisième à savoir que l’accès à la Corne d’Or était protégé par la chaine qui était pour le moment inaccessible pour la flotte turque.

La difficulté de déterminer le nombre et la disposition des canons de Muhammad face aux murailles terrestres provient du fait que la position de plusieurs d’entre eux fut changée et que leur nombre peut varier. Phrantzès mentionne quatorze batteries le long de la muraille, chacun contenant quatre canons. Barbaro parle de neuf batteries. Montaldo dit que les Turcs avaient deux cents canons ou « tourments. » Chacune des neuf batteries fut renforcée par l’ajout d’un canon lourd. Critobulus représente Muhammad comme déclarant après ses armes avaient fait leur travail, qu’ils avaient ouvert un chemin dans la ville à trois endroits. Cette déclaration donne un guide sûr de la disposition générale des canons. Ceux-ci étaient d’abord, entre l’actuelle Tekfour Serai et la Porte d’Andrinople ; en face ou à proximité du Pempton ou la Porte d’Assaut (généralement nommé la Porte de Romanus par les contemporains) dans la vallée du Lycus, et le dernier près de la troisième Porte Militaire entre la Porte de Pèges ou de Silivria et la Porte de Rhegium, nommée maintenant Mevievihana Capou. Telles étaient les trois principales stations des canons de Muhammad. Dans ces trois endroits, l’état ruiné du mur témoigne de la vigoureuse attaque du canon. A ces trois endroits et nulle part ailleurs, il est possible de passer par-dessus le fossé, le parapet et le mur extérieur, et de voir que le mur intérieur a été si décomposé qu’un passage dans la ville était possible.

On se souvient particulièrement de trois canons en raison de leur grande taille. D’après Leonard, le plus gros, celui d’Urbain, qui jetait une boule de douze cents livres, fut d’abord placée à Caligaria qui comme actuellement, n’était « protégé ni par un fossé ni par un mur frontal. » La déclaration de Chalcondylas est celle de ces trois gros canons placés en face du palais impérial, probablement à Caligaria, le second en face de la Porte Romanus, où le Sultan avait établi son camp, et le troisième entre eux.

Le canon le plus grand et le plus puissant resta pendant le siège au Mesoteichion, devant la tente impériale. »[10]

 

 

 

[1] E. Pears: The Destruction; pp. 237-43.

[2] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; pp. 92-4.

[3] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; p.

[4] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; p.

[5] N. Barbaro; Giornale; op cit; pp. 16-9.

[6] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; pp. 92-4.

[7] Filelfo estimate 60,000 fantassins et 20,000 cavaliers. L’estimation de Ducas est de 250,000. Montaldo 240,000, Phrantzes dit 258,000 étaient présents. L’archevêque de Chiôs, Léonard, avec lequel Critobulus est d’accord, donne 300,000, tandis que Chalcondyles l’augmenta à 400,000.

[8] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; p. 79.

[9] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; p. 80.

[10] E. Pears: The Destruction; op cit; pp. 243-5.

 

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