OSMANLI

OTTOMANS

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Les croisades de 1095-1291 avaient aussi laissé des souvenirs amers dans l’esprit des Grecs. Ils savaient ce que signifierait la libération catholique. En 1204, les croisés horrifiés de trouver des musulmans adorant dans une mosquée dans une ville chrétienne, massacrèrent les fidèles et mirent le feu à la mosquée. Le feu se propagea sur trois miles (3.5km) de la ville, fit rage pendant huit jours et transforma une partie considérable de Constantinople en cendres.[1] Les Grecs se révoltèrent contre l’outrage juste pour être écrasés par une armée endurcie dans les guerres et la destruction, passa comme un essaim de criquets ravageurs dans la capitale, comme rapporte Durant (1204).[2]

 

Les croisades de 1095-1291 avaient aussi laissé des souvenirs amers dans l’esprit des Grecs. Ils savaient ce que signifierait la libération catholique. En 1204, les croisés horrifiés de trouver des Musulmans adorant dans une mosquée dans une ville chrétienne, massacrèrent les fidèles et mirent le feu à la mosquée. Le feu se propagea sur trois miles (3.5km) de la ville, fit rage pendant huit jours et transforma une partie considérable de Constantinople en cendres.[3] Les Grecs se révoltèrent contre l’outrage juste pour être écrasés par une armée endurcie dans les guerres et la destruction, qui passa comme un essaim de  criquets ravageurs dans la capitale, comme rapporte Durant (1204).[4]

Les croisés entrèrent dans les maisons, les magasins, les églises et prirent tout ce qui leur plaisait. L’or, l’argent et les joyaux accumulés pendant un millénaire dans les églises furent arrachés ainsi que des reliques sacrées qui seront plus tard vendues en Europe occidentale à bon prix.

Sainte-Sophie subit à cette occasion plus de dégâts que les Turcs lui infligèrent en 1453.[5] Certains tentèrent de limiter le viol mais les croisés n’épargnèrent ni âge, ni sexe et ni profession religieuse.[6] Les bibliothèques furent saccagés et les manuscrits précieux détruits ou perdus ;  les musées, les églises ainsi que les maisons furent incendiées ; les grandes œuvres de littérature furent perdues pour toujours et des milliers de chefs d’œuvre d’art furent volés, mutilés ou détruits. L’Empire byzantin n’allait ne jamais se remettre du coup.[7]

Le mouvement des croisades avec les agressions occidentales qui les accompagnaient contre les Grecs l’avait transformé en une vive hostilité, voir même une haine implacable pour les Latins.[8] Et la haine était réciproque. L’humaniste prétendument éclairé Pétrarque dit lui-même en 1366, « Les Turcs sont nos ennemis mais les Grecs sont schismatiques et pires que nos ennemis. Ils nous détestent dans leurs entrailles. »[9] Ainsi, lorsque la délégation revint de Florence, la ville était en émoi contre eux. Ducas nous dit que la population de la capitale les accueillis avec des insultes et des cris de trahison à la foi orthodoxe.[10]  De plus, les orthodoxes n’avaient aucune illusion sur ce que les catholiques leur réservaient. Les plans de croisade de Louis de Hongrie (1342-1382) incluaient la conversion au catholicisme des peuples orthodoxes des Balkans et la prise de Constantinople.[11] Dans leur marche en 1396 pour combattre Bayazid à Nicopolis, lorsque les croisés entrèrent dans les Balkans, ils portèrent leurs excès à l’extrême et ravagèrent les Serbes et les Bulgares orthodoxes inoffensifs.[12] Les Serbes subirent un pillage impitoyable et une dévastation par l’armée de compagnons chrétiens qui marchèrent à travers leurs terres.[13] Les mêmes cruautés furent infligées aux populations orthodoxes tout le long de la marche des croisés à Varna. Les orthodoxes étaient pleinement conscients que si les Turcs étaient battus, leur sort serait scellé. Le monarque serbe George Brankovitch réalisa cela quand il décida de ne pas assister les croisés à Varna. Une tradition serbe raconte que George Brankovitch demanda un jour à Hunyadi ce qu’il avait l’intention de faire en ce qui concerne la religion s’il était victorieux. Hunyadi répondit qu’il forcerait le pays à devenir catholique romain.[14]

 

Les moines et le bas clergé étaient les ennemis les plus acharnés de toute union. Peu d’entre furent touchés par l’argument culturel. Ils étaient fiers de leur foi et de leurs traditions. Ils se souvenaient des souffrances de leurs ancêtres aux mains des hiérarques latins sous les empereurs latins.[15] Ce sont eux qui influencèrent l’esprit du peuple, leur disant que l’union était moralement répréhensible et que l’accepter serait risquer la damnation éternelle.[16] Ce serait un sort bien pire que toute catastrophe qu’il pourrait surmonter dans ce monde éphémère. Contre leur opposition, il serait difficile pour tout empereur de mettre en œuvre les promesses d’union ; et ils étaient soutenus par les érudits et les théologiens dont la loyauté envers la tradition était aussi bien intellectuelle qu’émotionnelle et, par les politiciens qui se demandaient si l’Occident ne serait jamais capable de sauver Byzance.[17] La réaction du syndicat ne tarda pas à venir, comme Gibbon note :

« L’habit et la langue du prêtre latin qui officiait à l’autel était un objet de scandale ; et il fut observé avec horreur, qu’il consacrait un gâteau ou galette de pain sans levain, et versait de l’eau froide dans la coupe du sacrement. Un historien national reconnaît avec une rougeur, qu’aucun de ses compatriotes, pas même l’empereur, n’était sincère dans cette conformité occasionnelle. Leur soumission hâtive et inconditionnelle fut palliée par une promesse de révision mais le meilleur ou le pire de leurs excuses était la confession de leur propre parjure. Quand ils furent pressés par les reproches de leurs frères honnêtes, « Soyez patient » murmuraient-ils, « soyez patient, jusqu’à Dieu délivre la ville du grand dragon qui cherche à nous dévorer. Vous verrez alors si nous sommes vraiment réconciliés avec les Azymites. » Mais la patience n’est pas l’attribut du zèle ; les arts d’un tribunal ne peuvent être non plus adaptés à la liberté et la violence de l’enthousiasme populaire. Du dôme de Sainte-Sophie les habitants des deux sexes et de tous les degrés, se précipitèrent en foule dans la cellule du moine Gennadius, pour consulter l’oracle de l’église. Le saint homme était invisible ; ravi, comme il se doit, dans une profonde méditation ou une extase divine, mais il avait exposé sur la porte de sa cellule une tablette parlante ; et ils se retirèrent successivement, après avoir lu ces énormes mots : « O misérables Romains, pourquoi abandonnez-vous la vérité et pourquoi, au lieu de vous confier en Dieu, feriez-vous confiance aux Italiens ? En perdant votre foi, vous perdrez votre ville. Aie pitié de moi, ô Seigneur ! Je proteste en Ta présence que je suis innocent du crime. O misérables Romains, réfléchissez, faite une pause, et repentez-vous. En même temps que vous renoncez à la religion de vos pères, en embrassant l’impiété, vous vous soumettez à une servitude étrangère. » Selon les conseils de Gennadius, les vierges religieuses, aussi pures que les anges et aussi fier que les démons, rejetaient l’acte d’union et abjuraient toute communion avec les associés actuels et futurs des Latins et, leur exemple fut applaudi et imité par la plus grande partie du clergé et du peuple. Du monastère, les Grecs dévots se dispersèrent dans les tavernes ; jetant la confusion aux esclaves du pape ; vidèrent leurs verres en l’honneur de l’image de la Sainte Vierge et la supplièrent de défendre, contre Muhammad, la ville qu’elle avait autrefois sauvé de Chosroès et des Mongols (et les Arabes selon Doukas).[18] Dans la double ivresse du zèle et du vin, ils criaient vaillamment : « Quel besoin avons-nous pour le secours, l’union ou les Latins ? Loin de nous le culte des Azymites ! [19] »

 

A partir de ce jour, la cathédrale fut désertée par les orthodoxes, qui, dit l’historien Ducas, « la considérait désormais comme un repaire des démons.[20] » Le futur patriarche Gennadius et d’autres dignitaires, dont Lucas Notaras dit : « Il serait préférable d’avoir à Constantinople le règne du turban turc que la mitre latine. »[21] Les moines se déversèrent dans la ville, jetant des anathèmes contre les décisions du synode et ceux qui les acceptèrent et comme d’habitude les masses prirent le parti des moines.[22] Les gens firent irruption dans les tavernes, poussant des jurons redoutables contre l’union et ses partisans et burent des quantités de vin en l’honneur de la Sainte Vierge qui seule avait le pouvoir de sauver la ville menacée.[23] Les émeutes durèrent un certain temps et même les plus ardents partisans de l’union furent intimidés.[24] Un Scholaris qui mena une révolte religieuse était le même homme qui par la suite, comme le patriarche Gennadius, effectua l’union de l’église orthodoxe avec l’état ottoman.[25] Les efforts que l’empereur avait fait pour amener l’église grecque en communion avec l’église de Rome, le prix du soutien cordial et efficace contre les musulmans lui aliéna ses propres sujets et les prêtres de Byzance, lorsqu’ils furent invités par l’empereur pour contribuer avec leurs trésors et pour armer dans la défense de leur indépendance nationale, répondirent en l’injuriant comme hérétique.[26]

 

 

 

[1] W. Durant: The Age of Faith, op cit; p.604.

[2] W. Durant; p. 604.

[3] W. Durant: The Age of Faith, op cit; p.604.

[4] W. Durant; p. 604.

[5] Sir TC Jackson: Byzantine and Romanesque Architecture; 2 Vols; Cambridge University Press; 2 Vols. I; p. 101.

[6] E. Gibbon: The Decline and Fall; Vol 6; op cit; p. 171.

[7] W. Durant: The Age of Faith, op cit; p.605.

[8] D. Geanakoplos: Byzantium and the Crusades; 1354-1453; p. 94.

[9] Petrarch: Lettere senili; ed. G. Fracassetti; I; Florence; 1869; 422-3

[10] Doukas: Decline and fall; p. 31.

[11] H. Inalcik: The Ottoman Turks and the Crusades; 1329-1451; p. 241.

[12] AS Atiya; The Crusade of Nicopolis; p. 57.

[13] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; Khayats; Beirut; 1961; p. 36.

[14] ES Creasy: History of the Ottoman Turks; Khayats; Beirut; 1961; p. 71.

[15] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; p. 9.

[16] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; p. 9.

[17] S. Runciman: The fall of Constantinople 1453; Cambridge University Press; 1965; p. 9.

[18] Doukas: Decline and Fall; p. 204.

[19] E. Gibbon: Decline and fall; op cit; vol 7; p. 176.

[20] Doukas in G. Young: Constantinople; Methuen & Co Ltd; London; 1926; p. 118.

[21] M. Ducas: Historia Byzantina; Ed. By I. Bekker (Corpus Scriptorum Historia Byzantinae; Bonn 1834; p. 264.

[22] F. Babinger: Mehmed the Conqueror; p. 80.

[23] F. Babinger: Mehmed the Conqueror; p. 80.

[24] F. Babinger: Mehmed the Conqueror; p. 80.

[25] G. Young: Constantinople; Methuen & Co Ltd; London; 1926; p. 118.

[26] Ducas: Hystoria (Bekker); p. 148; G. Finlay: A History of Greece; Oxford; 1877; vol ii; p. 627.

 

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