OSMANLI

OTTOMANS

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Un autre exploit tout aussi remarquable a été accompli par l’érudition occidentale moderne et les institutions connexes (les médias, les politiques, etc.) pour éliminer complètement du savoir, ou canaliser, les crimes occidentaux passés, et en lieu, réattribuer ces crimes aux musulmans. Un très bon exemple à cet égard est la question de la traite des esclaves africains. De plus en plus, aujourd’hui, on attribue la responsabilité de ce fléau aux musulmans et leur foi. Channel Four, dans son programme Empire, diffusé en 2003, fit l’éloge des réalisations de l’empire britannique,   donna le rôle principal de l’abolition du commerce aux chrétiens dévots et attribua le blâme aux musulmans pour les pires aspects du commerce.[1]

Récemment (en novembre 2007), la BBC, avec l’aimable autorisation de spécialistes occidentaux de l’Islam et figures de l’église chrétienne, nous informa que la Grande Bretagne, animé par le zèle chrétien, envahit le Soudan à la fin du dix-neuvième siècle pour abolir le commerce musulman des esclaves dans ce pays.[2] Nous sommes aussi informés par une autre source que l’invasion militaire de l’Afrique occidentale au dix-neuvième siècle, visait à mettre fin à ce fléau « musulman. »[3]

Nous lisons que dans le milieu des années 1850, le missionnaire chrétien, David Livingstone : « montra à l’imagination du public britannique les horreurs de la traite arabes des esclaves qui avait son centre à Zanzibar ; »[4] et que l’Angleterre alla en Afrique pour y mettre fin.[5]

Aujourd’hui encore, on nous montre des missionnaires chrétiens à l’avant-garde de la lutte contre la traite « musulmane » des esclaves  en Afrique.[6] Si et quand les esclaves dans les maisons de blancs sont représentés dans les films comme dans Autant en emporte le vent, ils sont les plus heureux de toutes les créatures, ou comme le remarque Loewen, ils ne sont pas des esclaves, mais de simples « domestiques » vivants heureux.[7]

Si d’autre part, ils sont représentés dans le contexte musulman, comme dans le film Ashanti, alors, c’est une histoire de cruautés sans précédent, de meurtre, de sang-froid et de viol, etc.

 

Cela contredit fondamentalement l’Histoire. Aucune nation n’est venu avant l’Islam pour libérer ses esclaves et leur accorder les plus grands honneurs tels que devenir des gouverneurs et des Sultans et en prenant des esclaves comme épouses, fils adoptifs, etc.[8] De plus, bien que esclavage domestique a toujours existé en Afrique, comme dans les terres islamiques, ce fut selon les termes de Garaudy, l’Occident chrétien qui fit le commerce des gens en masse comme des marchandises.[9]

Et c’est un mensonge que de voir dans le commerce occidentale des esclaves une sorte de continuité à ce qui arrivé avant en Afrique.[10] Jamais l’Afrique n’a fait de l’esclavage un moyen de production où des centaines de milliers d’hommes noirs travaillèrent à mort pour enrichir des maîtres dans les champs ou dans les mines. Il y avait dans la société africaine des esclaves domestiques, plus ou moins intégrés dans la famille, et des esclaves de terrain (délinquants ou prisonniers de guerre poussés à travailler), mais jamais de la façon dont ils devaient peiner, très souvent à mort, par les marchands d’esclaves occidentaux dans les colonies.[11]

La traite des esclaves menée par les pays occidentaux, explique Garaudy, était radicalement différente : C’était des déportations et son ampleur fut phénoménale, sans aucune commune mesure avec l’esclavage traditionnel.[12] En 1540, seuls 400 Africains furent déportés, un chiffre qui augmenta pour atteindre au 18e siècle près de 300 000 esclaves chaque année.[13] Trois siècles de traite des esclaves et un siècle de colonialisme ont détruit le continent africain.[14] En raison des pertes lors des captures, transports etc., 100 millions périrent à la suite de la traite des esclaves.[15]

 

L’histoire des croisades (1095-1291), suit également le même schéma, par lequel les crimes des croisés sont supprimés du savoir et le rôle diabolique des croisades attribué aux musulmans. Une conférence tenue récemment par le Vatican renforce cette nouvelle tendance. Des extraits d’un rapport de médias rapportent à ce sujet :

« Le Vatican a commencé l’action de réhabiliter les croisades en parrainant une conférence à la fin de la semaine qui dépeint les croisades comme des guerres conduites par des noble dans le but de regagner la terre sainte pour le christianisme. »

Le débat fut rouvert. Le (journal) La Stampa déclara que le professeur De Mattei nota que la profanation du Saint Sépulcre à Jérusalem par les forces musulmanes en 1009 avait contribué à promouvoir les croisades d’abord appelées à la fin du onzième siècle par le pape Urbain II. Il dit que les croisés étaient des martyrs qui avaient sacrifié leur vie pour la foi. Il fut soutenu par Jonathan Riley Smith Dixie, professeur d’histoire ecclésiastique à l’Université de Cambridge, qui dit que ces (chrétiens) qui cherchèrent le pardon pour les croisades ne connaissent pas leur histoire. Le professeur Riley Smith attaqua le récent film de Sir Ridley Scott, Kingdom of Heaven (qui donne un aspect positif des musulmans) comme une absurdité totale. Le professeur Riley Smith dit que le script, comme beaucoup d’écrits sur les croisades (i.e. qui les représentent défavorablement) était historiquement inexact, qu’il dépeint les musulmans comme civilisés et les croisés comme des barbares. Cela n’a rien à voir avec la réalité et alimentait le fondamentalisme islamique en propageant la version d’Oussama Ibn Laden de l’histoire.

 

L’écrivain américain Robert Spencer, auteur d’un guide politiquement incorrect à l’Islam, déclara à la conférence que l’opinion erronée était solidement établi dans l’Occident ainsi que dans le monde arabe que les croisades étaient un acte non provoqué par l’Europe sur le monde islamique et que cependant en réalité, les chrétiens furent persécutés après la conquête musulmane de Jérusalem (au 7e siècle).[16]

Bien sûr, cette nouvelle version de l’histoire des croisades est tout fait fausse et odieuse comme toutes les fabrications occidentales génératrices de racisme et de haine, des attributs propres et créés par la seule civilisation occidentale.

Les persécutions présumées (profanation du Saint Sépulcre) par les musulmans qui justifièrent les croisades datent de près d’un siècle avant les croisades (commencé en 1095). Ces profanations furent commises par le calife dément al-Hakim, un ‘oubaydi shiite (et non pas Fatimide comme le rapporte à tort tous les historiens. Il n’y eut aucun califat fatimide dans toute l’Histoire des Musulmans), qui persécuta et mis à mort plus de musulmans (environ un million et particulièrement les sounnites dont plus de 4000 savants de l’école juridique de l’Imam Malik) que de chrétiens.[17] Et plutôt qu’être persécutés, les chrétiens avaient une grande place dans la société musulmane, occupèrent des postes de ministres au du gouvernement, avaient des privilèges importants et le droit d’observer librement leur foi.[18]

Les véritables raisons des croisades furent nombreuses et brièvement ici, elles sont en rapport avec les divisions et les guerres civiles musulmanes qui encouragèrent l’Occident chrétien à lancer son attaque[19] de même qu’aussi, des raisons économiques puisque le monde musulman était à l’époque plus prospère que la chrétienté, et la saisie des richesses musulmanes fut le but pour tous, que ce soit pour l’Eglise, les leaders ou les participants aux croisades[20] tout comme rien n’a absolument changé à ce jour.

 

Il est un des faits remarquables de notre époque que l’on nous rabâche constamment à propos des génocides perpétrés par les seuls musulmans comme au Soudan, en Irak, par les Turcs contre les Arméniens, etc., crimes dénoncés par un Occident chrétien, se plaçant sur le terrain élevé moral. Ceci, bien sûr, sert à écarter l’opinion et l’attention des vrais crimes commis par les armées occidentales et leurs escadrons de la mort dans les pays tels que l’Irak, où derrière la scène, tortures en masse, meurtres et disparitions ont toujours lieu (crimes commodément attribués aux groupes sectaires par les occupants, leurs alliés, et les médias).[21] Cela aussi dénature gravement la réalité et l’Histoire.

 

Si nous regardons l’histoire, récente ou ancienne, nous constatons que c’est la chrétienté occidentale qui fut seule responsable des crimes réels, uniques par leurs échelles et teneurs, que soit au Vietnam, au cours des deux guerres mondiales, dans son histoire coloniale, dans ses utilisations d’armes de destructions massives (Hiroshima et Nagasaki), dans les bombardements intensifs (tapis de bombes) de villes et villages, dans le parrainage des meurtre en masse des régimes tyranniques le monde entier, etc.[22] Le patrimoine historique est désormais lavé et débarrassé de ces crimes, et c’est au contraire, à l’Arabe ou au Turc qu’est maintenant donné la proéminence dans la ligue de meurtre en masse grâce à l’écrasante puissance de la suprématie occidentale de l’information et de la culture et la remarquable expertise occidentale à réécrire l’histoire.

C’est aussi également la chrétienté occidentale qui anéanti des dizaines de millions de peuples autochtones dans les Amériques, l’Océanie, l’Australie, etc.[23] Cependant, dans une remarquable réécriture de l’histoire, lorsque ces massacres en masse ne sont pas tout simplement supprimés du savoir, ils sont aussi imputés aux musulmans, qui, dit-on, par leur nature vile, infectèrent le noble caractère chrétien occidental. Par conséquent, Louis Bertrand, de l’Académie française, explique que les massacres de masse causés dans les Amériques par les conquistadors chrétiens et qui entraînèrent la mort de 70 à 100 millions de personnes, sont dus à l’influence musulmane. Il écrit :

« L’influence des Arabes et des Berbères de l’Afrique (ici, ils n’ont plus les beaux yeux bleus) sur le caractère espagnol fut radical dans une façon tout fait différente. Il peut être maintenu que par leur contact avec eux, les Espagnols devinrent moitié arabisée ou africanisé….

La cupidité pour l’or (qui lui par contre n’est jamais entré dans les caisses musulmanes), la rapacité sanguinaire, la poursuite fiévreuse du trésor caché, l’application de la torture aux vaincus pour arracher le secret de leurs cachettes, tous ces procédés barbares et tous ces vices, que les conquistadors durent s’habiller en Amérique, furent appris à l’école des califes, des émirs et des rois maures … »[24]

Et encore :

« La pire caractéristique que les Espagnols acquirent fut le parasitisme des Arabes et des Africains nomades : la coutume de se faire entretenir par le territoire de son voisin, le raid élevé au niveau d’une institution, maraudes et brigandages reconnus comme le seul moyen d’existence pour des hommes en armes. De la même manière qu’ils allèrent gagner leur pain sur le territoire des Maure, les Espagnol allèrent plus tard gagner de l’or et des territoires au Mexique et au Pérou.

Ils devaient aussi introduire là, les pratiques barbares et sommaires des Arabes : mettre tout à feu et à sang. Abattre les arbres fruitiers, raser les cultures, dévaster des régions entières, affamer l’ennemi et les amener à se rendre, faisant partout des esclaves et condamner la population des pays conquis au travail forcé. Tous ces moyens détestables des conquistadors furent appris des Arabes.

Pendant plusieurs siècles l’esclavagisme se maintint dans l’Espagne chrétienne comme dans les pays islamiques. Très certainement, aussi, c’est aux Arabes que les Espagnols devaient l’intransigeance de leur fanatisme, la prétention d’être, sinon le peuple élu de Dieu, au moins la nation plus catholique de la chrétienté. Philippe II, comme ‘Abd ar-Rahman ou El Mansour, était les défenseurs de la foi.

Enfin, ce ne fut pas sans contagion que les Espagnols vécurent pendant des siècles en contact avec une race d’hommes qui crucifièrent leurs ennemis et se glorifiaient à empiler des milliers de têtes coupées en guise de trophées. La cruauté des Arabes et des Berbères fonda également une école dans la péninsule. La férocité des émirs et les califes qui tuèrent leurs frères ou leurs fils avec leurs propres mains devait être transmise à Pierre Ier de Castille le Cruel et Henri II de Trastamare, ces étrangleurs sous toile, pas mieux que le commun des assassins. »[25]

 

 

 

[1] Diffusé sur S4C le 18 fevrier 2003.

[2] Clash of Words; BBC2; Dimanche 4 novembre 04; 07; Diffusé at 7pm; Vu par cet auteur.

[3] HAL Fisher: A History of Europe (from the Beginning of the 18th Century to 1937); Eyre et Spottiswoode; London; 1952 ed. P. 1033; De même que le programme de télévision Empire, diffusé sur la chaîne de télévision britannique, Channel Four, vu par cet auteur sur l’équivalent gallois de la même chaîne: S4C on 18 February 03.

[4] HAL Fisher: A History of Europe; p. 1033.

[5] Ibid.

[6] Such as Everyman on BBC1 on 29 January 2001.

[7] James W. Loewen at: http://www.uvm.edu/~jloewen/intro.html

[8] Pour les nombreux cas, voir RB Smith: Mohammed;

Voir aussi Al-Djazairi: The Myth of Muslim barbarism; appropriate chapters.

[9] R. Garaudy: Comment l’Homme Devint Humain; Editions JA; 1978; pp.276-7.

[10] Ibid; p.274.

[11] Ibid.

[12] Ibid; p.275.

[13] Ibid.

[14] R. Garaudy: Comment; op cit; p. 274.

[15] R. Garaudy: Comment; op cit; p.275.

[16] The Times March 20, 06:

[17] W. Durant: The Age of Faith, Simon et Shuster, New York, 1950; p.285.

[18] Voir, par exemple, Y. Courbages; P. Fargues: Chretiens et Juifs dans l’Islam Arabe et Turc; Payot; Paris; 1997.

[19] Voir Ibn al-Athir: Kitab al-Kamil; Ed KJ Tornberg; 12 vols; Leiden; 1851-72; vol viii.

JD Breckenridge: The Two Sicilies; dans Islam et the Medieval West; S. Feber Editor; A Loan Exhibition at the University Art Gallery; State University of New York; April 6 – May 4, 1975; pp. 39-59 at pp. 46-7.

Rodrigo de Zayas: Les Morisques et le racisme d’etat; Ed Les Voies du Sud; Paris, 1992; p.173.

Ibn al-Idhari: Al-Bayan al-Mughrib; ed. A. Huici Miranda; Tetuan; 1963; pp. 381-5.

[20] Exod.3:8. JA Brundage: The Crusades; The Marquette University Press; 1962; p. 19.

[21] Voir M. Bunting: The Iraq war has become the disaster we have chosen to forget; The Guardian 5 November 2007; p. 29.

[22] Tout neutre est invité à disséquer l’histoire ancienne et récente pour prendre conscience de cela.

[23] W. Howitt: Colonisation et Christianity: Longman; London; 1838.

-D E. Stannard: “Genocide dans The Americas” dans The Nation, (October 19, 1992 pp. 430-434); Article disponible sur Internet.

-W. Churchill: A Little Matter of Genocide; City Lights Books; San Francisco; 1997.

[24] L. Bertrand et Sir C. Petrie: The History of Spain; Part I (by L. Bertrand); Eyre et Spottiswoode; London; 1934; 2nd ed; 1952; p. 159.

[25] L. Bertrand et Sir C. Petrie: The History of Spain; p. 160.

 

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