OSMANLI

OTTOMANS

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Et aussi :

« L’Espagne du Nord acquit les habitudes et les vices des musulmans du sud, ou plutôt de l’Arabe, et particulier des bandes berbères qui s’étaient installées en Andalousie. Vivre par pillage, manger au dépens du voisin, coupant les têtes, prenant le butin, toutes ces pratiques déplorables devaient entrer malheureusement dans le caractère espagnol.[1] »

Et la même litanie se répète jusqu’à la fin de son travail.

 

Pears, un des principaux historiens de la Turquie, assimile la domination turque avec la destruction et dévastation. Il écrit, par exemple :

« Les difficultés des commerçants chrétiens et des agriculteurs furent grandement augmentée par la conduite des vainqueurs qui permit aux grandes routes et ponts de ne pas être réparés. L’ignorance turque, le mépris pour l’industrie et le commerce, la conviction que de telles affaires n’avaient seulement que de l’intérêt pour les incroyants, conduisit éventuellement la classe dirigeante de permettre aux travaux publics qu’ils avaient trouvés dans le pays de tomber en ruine. Le voyageur en Asie Mineure et en Turquie européenne trouve partout les vestiges de routes jadis bien construites et bien conservées, que les Turcs firent peu ou aucun effort pour maintenir, reconstruire ou remplacer. La destruction ou la désintégration des moyens de communication couplés avec le manque de sécurité les rendit bientôt inutiles pour le chrétien cultivant la terre pour se livrer à l’agriculture ou même augmenter ses troupeaux. L’excédent de ce qui était nécessaire pour subvenir à ses propres besoins ne pouvait être emmené sur les marchés. L’abondance de preuves montre que les chrétiens dans presque toutes les parties de l’empire avaient possédé de grands troupeaux de bétail. Ceux-ci, en effet, attirèrent particulièrement les Turcs, qui de tout temps depuis leur entrée en Asie Mineure et Europe firent irruption sur les terres chrétiennes voisines. Après la conquête, il devint bientôt inutile pour les chrétiens d’essayer de garder une forme de propriété qui était si facilement emporté. Ceux qui, malgré tous les obstacles parvinrent à sauver quelques centaines d’aspers[2] devinrent vite les objets de convoitise de leurs voisins musulmans.[3] »

 

D’autres historiens insistent sur l’infériorité musulmane en nous disant que les victoires militaires musulmanes ne sont que le résultat de leur nombre considérable luttant contre de petites troupes de chrétiens.

Hillenbrand, dans son livre récent sur les croisades, d’apparemment « une perspective musulmane, » nous dit en permanence que les victoires militaires musulmanes furent remportées par d’énormes armées musulmanes contre de plus petites croisées mais qui étaient plus civilisées et techniquement supérieures. Dans un des nombreux passages, elle écrit :

« Presque tous les forts croisés furent construits pour résister au siège ; les forts musulmans ne l’étaient sans ; les croisés étaient toujours trop peu nombreux pour leur infliger des dommages importants. Quelques hommes devaient faire le travail d’un grand nombre du côté croisés, tandis que les musulmans étaient toujours abondants en nombre. Compte tenu de cette différence fondamentale d’approche et de fonction entre les forts croisés et musulmans, il est improbable que les musulmans ressentirent le besoin de faire des emprunts importants dans l’art de fortification des forts des croisés, du fait que les châteaux croisés étaient manifestement supérieurs dans la conception et l’exécution.[4] »

 

Et quand les musulmans n’ont pas gagné grâce à leur supériorité numérique, ils ont gagné, selon l’historiographie occidentale, ou ses « experts, » grâce aux soldats chrétiens combattant dans leurs rangs. Par conséquent, les Turcs, nous lisons, remportèrent la grande victoire de Nicopolis de 1396 grâce aux combattants serbes dans leurs rangs. Peu importe si les Turcs écrasèrent toujours les Serbes dans toutes les batailles qu’ils livrèrent (dont la plus célèbre de Kosovo en 1389). Ainsi, Atiya nous dit :

« La bataille de Nicopolis (en 1396) fut précédée d’une rencontre dans laquelle deux sections des puissances hostiles furent retenues dans le conflit d’un jour …. L’ironie du sort, cependant, avait destiné un prince chrétien d’être l’instrument par qui la victoire déchue au Sultan (Bayazid). Stephen Lazarevic,[5] le despote de Serbie et tributaire de la Porte,[6] vint bientôt à la rescousse de son suzerain avec une armée de 5000 chevaux.[7]

 

Sur la grande victoire marocaine à Wadi al-Makhzen en 1578, qui détruisit la puissance portugaise, Bovill écrit :

« La dépendance des armée maures sur le sang européen, tant dans les rangs que parmi les chefs, fut considérable. Leurs meilleures troupes étaient les Andalous qui, bien que de la même souche Arabo-berbère que les Maures, avait été revigoré, moralement et physiquement, par les siècles de résidence dans le climat tonifiant d’Espagne et par les intermariages avec les Européens. Après les Andalous, les combattants les plus farouches furent les renégats qui avaient principalement du sang européen.[8]

 

Dans presque toutes les batailles nous lisons que des causes naturelles ou topographiques défavorables ont été les principaux facteurs des victoires musulmans sur les chrétiens. La victoire musulmane à al-Yarmouk en 636 nous dit donc, qu’elle fut due à une tempête de sable qui souffla en faveur des musulmans contre les Byzantins.[9]

La victoire à Hattin par Salah ad-Din qui détruisit une puissante armée des croisés, nous lisons, qu’elle fut due à la chaleur excessive et la soif qui affecta les chrétiens.[10]

Sur l’expédition espagnole ratée contre Alger en 1541, l’« autorité » de l’histoire algérienne, Charles André Julien, nous dit :

« L’empereur, Charles V tenta de prendre Alger en 1541. L’empereur, fraîchement assuré de la neutralité du roi français, eut l’intention de porter un coup décisif aux bastions des Raïs. Afin d’éviter l’attaque de la flotte ottomane, il repoussa jusqu’à l’automne, le 23 octobre, l’arrivée de son armada de 516 voiles, transportant 12.330 marins et 24.000 soldats. Le débarquement eu lieu à l’embouchure du Harrach et l’armée réussi à gagner les hauteurs dominant la ville, mais battus par les tempêtes et les pluies torrentielles, il devint désorganisé et fut dérouté par l’ennemi. Après une retraite de trois jours qui fut couverte par les Chevaliers de Malte, les fugitifs réussirent à rejoindre la flotte à Cap Matifou, une tempête ayant entretemps détruit 140 navires. Sur les conseils de son amiral, Charles V abandonna l’idée de tenter une nouvelle attaque et le 3 novembre embarqua les restes brisés de ses troupes. Les Algériens obtinrent un énorme butin et une réputation d’invincibilité bien que la victoire fut due au temps.[11] »

 

Une distorsion encore plus grave trouvée dans le récit des batailles et des guerres entre l’Islam et la chrétienté est que les attaques chrétiennes nous sont toujours présentées comme des mesures défensives ou des réponses aux menaces et agressions musulmanes. Que soit les croisades de 1095-1291, l’expédition espagnole contre Alger que nous venons de mentionner, les guerres coloniales, la guerre actuelle contre l’Irak et toutes les autres attaques chrétiennes occidentales tout au long des siècles contre l’Islam, nous sommes toujours informé par les historiens occidentaux (aussi que les médias et les leaders en relation avec les présents conflits) que ce ne sont que des contremesures contre l’agression ou la menace musulmane. Par conséquent, l’historien français, Jean Richard, nous dit que les croisades ont été lancées en 1095 :

« Pour mettre fin aux terribles épreuves que subissaient leurs frères orientaux, en particulier dans les pays byzantins et les lieux saints, le pape demanda aux princes de rejoindre une armée dans le but de libérer le Saint Sépulcre.[12] »

 

 

 

 

[1] L. Bertrand et Sir C. Petrie: The History of Spain; p. 108.

[2] Monnaie ancienne égypto-turque

[3] E. Pears: The Destruction of the Greek Empire; Longmans; London; 1903; pp. 416-20.

[4] C. Hillenbrand: The Crusades, Islamic Perspectives, Edinburgh University Press; 1999; p.467.

[5] I. Schiltberger; ed. KF Neumann: Reisen des Johannes Schiltberger; Munich 1859; p. 3.

[6] Schiltberger; p. 3.

[7] AS Atiya: The Crusade of Nicopolis; Methuen & co. Ltd; London; 1934; p. 93.

[8] E. Bovill: The Battle of Alcazar; The Bachworth Press; London; 1952; pp. 110-23.

[9] AN Stratos: Byzantium dans the Seventh Century; tr by HT Hionides; Hakkert Publisher; Amsterdam; 1972; 70.

[10] MW Baldwin: Raymond III of Tripolis; op cit; p. 114 et ff.

[11] CA Julien: History of North Africa; tr. J. Petrie; Routledge et Kegan Paul; London; 1970; p. 294.

[12] J. Richard: The Latin Kingdom of Jerusalem; tr by J. Shirley; North Holland Publishing Company; Amsterdam; 1979; Vol A; p.7.

 

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