OSMANLI

OTTOMANS

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L’Arabe ou le Berbère d’autre part, toujours selon Bertrand, est non seulement un inférieur, mais bien pire :

« Il suffit de réfléchir un instant sur la désolation, la stérilité que les Arabes, comme les Berbères propagèrent partout où ils allaient, pour apprécier l’absurdité d’une telle idée. Leurs historiens l’admettent eux-mêmes et, de cette manière, ils rendent hommage au paysan espagnol. « Seuls les indigènes » écrit Dozy, citant un de ces historiens, « étaient familier avec les processus agricoles (après la conquête arabe), et dans tous les cas, les vainqueurs étaient beaucoup trop fiers pour s’y livrer. »[1]

De nouveau :

« Ces (musulmans) guerriers et cavaliers, habitués à la vie nomade, vécurent par préférence sur leurs terres et dans leurs forteresses, loin des villes et du siège du gouvernement. Ils étaient des hommes violents et croyants sans compromis. Au cours des siècles, ils pouvaient se débarrasser de leur rudesse et de leur fanatisme mais ils ne pouvaient pas se débarrasser de leurs éléments essentiels de barbarie asiatique et africaine. Ils pouvaient devenir plus polis, mais ne perdirent rien de leur violence et leur cruauté ….

Jamais ces habitudes brutales ne disparurent complètement de l’Espagne musulmane. D’un bout à l’autre, l’histoire du califat espagnol est jonchée de têtes décapitées et de cadavres crucifiés.[2] »

 

Le compatriote de Bertrand, Rotalier, qui décrit l’expédition contre Alger en 1541, parle des Arabes avec « des lèvres épaisses et longues dents blanches, comme celles d’un animal sauvage.[3] » 

Bovill, qui raconte pour nous la bataille de Wadi al-Makhzen au Maroc (qui eut lieu le 4 Août 1578), parle d’une foule macabre des Maures et d’Arabes. »[4]

Grousset qui écrivit trois grands volumes sur les Croisades (1095-1291) décrit les Musulmans comme des purs sauvages.[5]

 

Une des manières plus actuelles adoptées pour abaisser les musulmans et aussi ternir le caractère musulman consiste à exagérer les méfaits musulmans et supprimer les crimes chrétiens des sources du savoir. Ici, comme exemple, est Mantran, qui écrit pour nous informer sur l’histoire de l’Afrique du Nord dans une des publications les plus illustres dans le monde occidental, inverse complètement et déforme l’image. Après avoir insisté que la principale occupation des Algériens était la piraterie, qui justifie ainsi les attaques militaires contre le pays chrétiens,[6] il nous oppose la cruauté turque avec philanthropie espagnole, tout en justifiant en même temps les attaques militaires espagnoles contre le Maghreb. Il écrit d’abord :

« Alger fut prise (931H/1525) et la Mitidja réoccupée par Khayr ad-Din ; les Arabes et les Kabyles qui l’avait trahi ou qui tentèrent de se révolter furent massacrés sans pitié. Alger n’avait pas connu depuis longtemps un tel maître.[7] »

Puis il ajoute :

« Les Espagnols furent alarmés par cette extension de la domination turque, et en particulier par la possession ottomane de nombreuses bases le long de la côte du Maghreb. Alors Charles V, qui ne trouva en Algérie aucun élément local sur lesquels il pouvait compter, ne perdit pas de temps pour répondre à la demande d’aide de l’ex-Sultan Hafside, Moulay Hassan, et une expédition espagnole saisi La Goulette ; et peu de temps après, Tunis (20 Juillet 1535). Les Espagnols étaient particulièrement intéressés par la position de Tunis, car il leur permettait de contrôler le détroit de Sicile et d’entraver sérieusement les communications entre Istanbul et Alger.[8] »

Mantran dénature très gravement l’histoire et ses erreurs, tout comme celles déjà rapportées et celles qui seront cités dans cette introduction, seront réfutées dans le premier chapitre de ce travail. 

 

Dans leurs efforts pour dénigrer l’Islam et les musulmans, certains historiens peignent les victoires musulmanes et leur progrès en termes de catastrophe pour l’humanité et l’Occident chrétien en particulier.

Le « savant » belge, Pirenne, un défenseur enragé de la civilisation occidentale contre les ténèbres et le chaos de l’Islam,  nous explique que la montée de l’Islam au 7e siècle fut la principale raison de l’apparition de l’âge des ténèbres de l’Europe.[9] Il écrit que Rome amena sous un seul état les peuples de son empire,[10] mais la brusque irruption mahométane dans la Méditerranée perturba tout.[11] « Le véritable pays où la civilisation est née puis arrachée et le culte du Prophète est substitué à la foi chrétienne, le droit musulman au droit romain, l’Arabe au Latin et au Grec, » qui provoqua la fin de la civilisation occidentale.[12]

 

Louis Bertrand, également, consacre page après page de son travail sur l’histoire de l’Espagne à opposer « la grandeur de la foi catholique avec les ravages causés par les Arabes et les Berbères, et leur fanatisme et sauvagerie islamique. » Il écrit ainsi :

« Rien ne sort de ce perpétuel massacre sauf la sauvagerie, la brutalité et la cruauté des nouveaux arrivants. Sous leur domination la pauvre Espagne s’est habituée à être piétinée et dévastée périodiquement, d’une manière qui est devenue rapidement aussi régulière que l’alternance des saisons. Ce fut le régime du raid, auquel le nord de l’Algérie fut soumis pendant des siècles jusqu’au début de la conquête française en 1830. [13] »

 

Et :

« Cependant non seulement les Arabes y firent un désert et introduisirent la sécheresse et la stérilité par leur déforestation. Ce qui fut pire, c’est ce qu’ils apportèrent avec eux là-bas, et maintenu par leur exemple, les manières impolies, la cruauté dans la répression, en bref, les habitudes brutales et sanguinaires, dont les Espagnols durent avoir de grande difficultés pour s’en débarrasser. Par-dessus tout, par leurs atrocités ils suscitèrent parmi les vaincus un appétit de représailles, une soif de vengeance, dont ils furent plus tard les victimes.[14] »

 

Et encore :

« Ainsi étaient-ils. La vie douce ne détruisit pas la sauvagerie instinctive qu’ils apportèrent avec eux d’Afrique et d’Asie. Ils étaient rhéteurs de la décadence. Leur rhétorique dissimula la persistance en eux de la vieille souche barbare. Ils étaient assoiffés de sang, facilement cruels, et atroce dans leur cruauté, ivrognes, et jouisseurs. Ils étaient prodigues mais ils étaient aussi cupides et avares, et ils devinrent de plus en plus pires. La chasse à l’or devint l’objet principal de leurs raids. Ils devaient communiquer cette soif de l’or aux Espagnols, qui devaient s’enivrer au-delà du point de folie, pour se lancer dans les plus folles entreprises pour satisfaire leur rapacité.[15] »

 

 

 

 

[1] L. Bertrand et Sir C. Petrie: The History of Spain; p. 34.

[2] L. Bertrand et Sir C. Petrie: The History of Spain; p. 34.

[3] C. de Rotalier: Histoire d’Alger; Chez Paulin; Paris; 1841; vol 1; p. 98.

[4] EW Bovill: The Battle of Alcazar; The Bachworth Press; London; 1952; pp. 136-40.

[5] R. Grousset: Histoire des Croisades et du royaume Franc de Jerusalem; Paris; 1934-5; vol 3; p. 488 ff.

[6] R. Mantran: North Africa dans the Sixteenth et Seventeenth Centuries; dans The Cambridge History of Islam; Édité par PM Holt; AK Lambton; B. Lewis; Cambridge University Press; 1970; vol 2a; pp. 238-65; at pp. 248-9.

[7] R. Mantran: North Africa; at p. 250.

[8] R. Mantran: North Africa; p. 251.

[9] H. Pirenne: Mohammed et Charlemagne (F. Alcan; Paris-Bruxelles; 1937).

[10] H. Pirenne: Mahomet et Charlemagne, Revue Belge de Philosophie et d’Histoire 1, 1922, 77-86, dans Bedeutung Und Rolle des Islam Beim ubergang Vom Altertum Zum Mittelalter, Paul Egon Hubinger: ed (Darmstadt, 1968), pp. 1-9. p. 1.

[11] H. Pirenne: Un Contraste Economique; Merovingiens et Carolingiens, Revue Belge; 2, 1923, 223-35. Dans Bedeutung Und Rolle des Islam; pp. 10-22; p. 16.

[12] Ibid; p. 9.

[13] L. Bertrand et Sir C. Petrie: The History of Spain; Part I (by L. Bertrand); Eyre et Spottiswoode; London; 1934; 2nd ed; 1952; p. 37.

[14] L. Bertrand et Sir C. Petrie: The History of Spain; Part I (by L. Bertrand); Eyre et Spottiswoode; London; 1934; 2nd ed; 1952; p. 93.

[15] L. Bertrand et Sir C. Petrie: The History of Spain; p. 104.

 

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