CROISADES

Du raid sur Bayssan

 

Quand Salah ad-Din eut fini avec Alep, il installa son fils, al-Malik az-Zahir Ghazi qui était un jeune et plaça à ses côtés l’émir Sayf ad-Din Yazkouj, l’émir aîné de l’Assadiyah. Puis il alla alors à Damas et fit des préparations pour un raid avec les forces de Syrie, d’al-Jazirat et de Diyar Bakr. Il marcha sur le territoire croisé et traversa le Jourdain au mois de Joumadah Thani pour constater que les habitants de ces régions les avaient déjà abandonnés par peur.

Il se rendit alors à Bayssan qu’il ravagea, détruisit et brûla entièrement. Pendant ce temps les croisés concentrèrent leurs forces et sortirent pour s’opposer à lui mais quand ils virent le grand nombre de ses troupes, ils ne l’engagèrent pas. Salah ad-Din resta en contact visuel avec eux après qu’ils aient pris position sur une colline proche et creusé des fossés défensifs.

Salah ad-Din les encercla puis les troupes musulmanes les harcelèrent avec des flèches et des accrochages. Cependant, ils ne quittèrent pas leurs lignes et restèrent ainsi durant cinq jours.

Les Musulmans se retirèrent le 17 Joumadah Thani espérant que les croisés les suivrait et qu’ils pourraient ainsi les attirer et accomplir quelque chose de décisif contre eux et réalisant cela, les croisés n’eurent d’autre ambition que la survie.

Les Musulmans attaquèrent ces régions dans toutes les directions et pénétrèrent des zones qu’ils n’auraient jamais espéré atteindre hormis à un risque extrême. Quand la quantité de butin qu’ils avaient collectée devint grande, ils jugèrent qu’il valait mieux revenir victorieusement dans leurs propres terres avec ce qu’ils avaient saisi. Ils revinrent donc avec l’espoir de conduire de nouveaux raids.

 

Du raid sur Karak et de la nomination d’al-‘Adil comme souverain d’Alep

 

Lorsque Salah ad-Din et les Musulmans revinrent du raid sur Bayssan, il fit des préparatifs pour attaquer Karak et se mit en route avec ses troupes. Il écrivit à son frère al-‘Adil Abou Bakr Ibn Ayyoub, qui était son député en Egypte, en lui ordonnant de marcher avec toutes ses forces à Karak. Al-’Adil avait écrit à Salah ad-Din pour lui demander la ville et la citadelle d’Alep. Cela avait été accepté et il lui avait ordonné de se mettre en route avec sa famille et ses trésors.

Salah ad-Din arriva à Karak pendant le mois de Rajab où il fut rejoint par son frère al-’Adil avec l’armée égyptienne. Son armée combinée était nombreuse et il imposa un blocus serré. Les Musulmans entrèrent dans la banlieue et en prirent le contrôle, en appuyant sur le siège de la forteresse depuis la banlieue et en ayant la main supérieure dans la bataille. Sept trébuchets furent déployés qui pilonnèrent la forteresse nuit et jour avec des pierres.

Salah ad-Din croyait que les croisés ne lui permettrait pas d’assiéger Karak, qu’ils exerceraient tous leurs efforts le pousser à se retirer et c’est la raison pour laquelle, il n’emmena pas un nombre suffisant de machines de siège pour une si grande et imprenable forteresse. Il se retira donc au dans le milieu du mois de Sha’ban.

 

Il envoya son neveu Taqi ad-Din en Egypte pour y être son député et pour prendre la position que son frère al-’Adil avait tenue. Salah ad-Din prit avec lui son frère al-‘Adil à Damas et lui donna la ville ainsi que la citadelle d’Alep avec ses districts et la ville de Manbij avec ses dépendances ou il l’envoya durant le mois de Ramadan et appela son fils az-Zahir à Damas.

 

 

Du raid de Salah ad-Din sur Karak

 

Au mois de Rabi’ Thani de l’année 580 de l’Hégire (1184), Salah ad-Din quitta Damas pour mener un raid.

Il convoqua ses troupes et ils vinrent le rejoindre toutes les directions et parmi eux se trouvait Nour ad-Din Muhammad Ibn Qara Arsalan, le seigneur de Hisn Kayfa. Salah ad-Din écrivit en Egypte pour convoquer ses troupes à Karak ou il descendit et assiégea en bloquant de près les défenseurs. Il ordonna de déployer des trébuchets pour attaquer la banlieue. Après une féroce lutte, les Musulmans prirent la banlieue mais la citadelle résista parce qu’elle se trouvait sur le plateau au sommet d’une seule colline et protégée par un grand fossé d’environ soixante coudées de profondeur (27.5m).

Salah ad-Din ordonna de le remplir de pierres et de terre mais personne ne fut capable de s’approcher à cause des volées intenses de flèches d’arbalètes et d’arcs ainsi que des pierres lancées par les trébuchets. Il ordonna donc la construction d’un bouclier en bois et en brique de boue sous lequel les hommes seraient capables de s’approcher du fossé sans être inquiétés par les flèches ou les pierres. Cela fut exécuté et ils commencèrent à avancer sous cette couverture et lancer des matières dans le fossé pour le remplir tandis que pendant tout ce temps, les catapultes musulmanes bombardaient la citadelle nuit et jour et le jour.

 

Les croisés assiégés demandèrent de l’aide à leur roi et chevaliers et les informèrent de leur état alarmant et leur incapacité de tenir la citadelle. Les croisés rassemblèrent jusqu’au dernier homme et marchèrent en toute hâte à leur secours. Quand Salah ad-Din fut informé de leur marche, il quitta Karak pour les intercepter et les combattre et revenir à Karak après qu’il les aurait vaincus. Lorsqu’il les vit, il établit son camp et prit position mais il fut incapable de les approcher à cause de l’impraticabilité du terrain et de la route difficile et étroite pour les atteindre. Il resta un jour à les attendre pour qu’ils quittent cette position pour qu’il puisse les attaquer mais ils ne bougèrent pas le plus petit doigt craignant pour leur sécurité.

Voyant cela, Salah ad-Din se retira à plusieurs centaines de mètres tout en laissant en face d’eux des hommes pour l’informer du moindre mouvement qu’ils feraient. Cependant, les croisés partirent pour Karak durant la nuit et quand Salah ad-Din l’apprit, il se rendit compte qu’il n’aurait pas la main supérieure à cette occasion ni n’atteindrais un but quelconque. Il procéda alors à Naplouse et pilla tout ce qui tomba sous sa main en route.

Lorsqu’il y arriva, il ravagea, détruisit et mit le feu à la ville, tuant et asservissant un très grand nombre de gens. Il se rendit alors à Sébastée, le site du tombeau de Zakariyyah (paix sur lui) où il y avait une église et un certain nombre de prisonniers musulmans qu’il libéra avant de procéder à Jenin, qu’il pilla et ruina puis retourna à Damas. Il ravagea et détruisit tout ce qui était sur sa route et dépêcha des escadrons à droite et à gauche pour ramasser du butin et dévaster jusqu’à ce qu’il parvienne à Damas.

 

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