CROISADES

Comment Balak Ibn Bahram assiégea Edesse et captura son seigneur

 

En l’an 515 de l’Hégire (1121), Balak Ibn Bahram le neveu d’Ilghazi marcha sur Edesse tenue par les croisés, qu’Allah les maudisse, et qu’il mit sous siège durant quelque temps avant de se retirer sans succès. Un Turcoman vint le trouver et l’informa que Josselin le seigneur d’Edesse et de Sarouj, avait rassemblé les croisés pour le prendre en embuscade. Les hommes de Balak s’étaient dispersé et il n’était resté qu’avec 400 cavaliers mais il prit position et s’apprêta à livrer bataille.

Les croisés avancèrent et par la grâce d’Allah sur les Musulmans, ils arrivèrent dans une zone qui avait absorbé tant d’eau que le sol s’était transformé en une boue compacte et dans laquelle s’embourba leur cavalerie qui fut dans l’incapacité de manœuvrer rapidement ou de galoper à cause du poids de leur armure et des chevaux. Les hommes de Balak libérèrent leurs flèches et pas l’un d’entre eux ne s’enfuit. Josselin le maudit fut pris et cousu dans la peau d’un chameau. La capitulation d’Edesse fut demandé mais il refusa et offrit de grandes sommes d’argent et beaucoup de prisonniers pour se rançonner. Cela ne fut pas accepté et il fut emporté dans le fort de Khartbirt et incarcéré. Son cousin, appelé Guillaume, un des démons des mécréants, fut capturé avec lui ainsi que plusieurs de leurs célèbres cavaliers qu’il emprisonna avec lui.

 

Au mois de Joumadah Awwal, l’Atabeg Toughtakin tomba sur un détachement de croisés, qu’il tua ou captura et envoya certains prisonniers et du butin au sultan et au calife.

 

Cette année, le coin sud de la Maison Sacrée (puisse Allah lui rajouter noblesse) affaiblit par un tremblement de terre s’effondra. De même, une partie du sanctuaire du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) fut endommagé. D’autres terres souffrirent et Mossoul subit de grands dommages.

 

Le palais du sultan, construit par Moujahid ad-Din Bahrouz pour le sultan Muhammad et achevé peu avant sa mort, s’embrasa cette année et fut détruit par le feu. La cause du feu est due à une fille de domestique qui s’ornait la nuit à la leur d’une une bougie placée contre l’écran de toile, qui s’enflamma et la propagation des flammes s’étendit à tout le palais. La femme de sultan Mahmoud, la fille de sultan Sinjar, perdit dans le feu des quantités innombrables de bijoux, d’ornements, de mobilier et de vêtements. Après l’incendie, les servantes tachèrent de récupérer l’or et ce qui pourrait être récupéré mais toutes les pierres précieuses avaient été détruites excepté les rubis rouges.

Le sultan quitta le palais sans faire de réparation le considérant de mauvais augure parce que son père ne l’avait jamais apprécié et à cause de cette grande quantité de propriété qui avaient été brûlée. Une semaine auparavant la mosquée d’Ispahan avait complètement brûlée et elle était la plus grande et plus magnifique des mosquées. Un groupe d’ismaéliens y mirent le feu la nuit. Le sultan avait eu l’intention d’imposer une taxe sur les ventes et renouveler d’autres taxes non-canoniques en Irak sur le conseil du vizir as-Soumayrami mais l’incident de ces deux incendies furent assez pour le déranger. Il en tira donc une leçon et renonça à son plan.

 

 

Au mois de Rabi’ Awwal de cette même année, une étoile aveuglante (météore ?) tomba sur la terre et produisit une grande lumière. Quand elle s’écrasa à terre, elle provoqua l’effondrement de structures et en même temps on entendit un grand son grondant, comme un tremblement de terre.

 

Cette année, apparut à La Mecque un Alid qui ordonnait le bien. Ses partisans devinrent nombreux et il défia l’émir de La Mecque, Ibn Abi Hashim. Sa cause prospéra et il devint déterminé à faire lire le sermon en son nom. Ibn Abi Hashim retourna, le saisit et l’expulsa du Hijaz au Bahreïn. Cet Alid était un juriste de l’école Nizamiyyah de Baghdad.

 

Au mois de Dzoul Qi’dah, à savoir le 21 Kanoun Thani, une grande chute de neige tomba sur tout l’Irak, de Basra à Tikrit et s’amoncela durant quinze jours et atteignit l’épaisseur d’environ 46 cm. Les orangers, les cédrats et les citronniers périrent. Un certain poète a dit :

« O doyens, ce n’est point excessif, ce que nous avons vu dans les terres d’Irak.

C’est juste parce que votre injustice s’est étendue à toute la création,

Donc les sommets des horizons lointains sont devenus blancs. »

 

Cette année, un vent noir souffla durant trois jours en Egypte provoquant la mort de beaucoup de personnes et aussi d’animaux.

 

 

En l’an 516 de l’Hégire (1122), le sultan Mahmoud assigna à l’émir Aqsounqour al-Boursouqi la ville de Wassit et ses districts et aussi préfet d’Irak en plus de son poste de gouverneur de Mossoul et d’autres endroits. Suite à ces nouveaux assignement, al-Boursouqi envoya ‘Imad ad-Din Zanki, le fils d’Aqsounqour qui avait été le souverain d’Alep et lui ordonna de les administrer pour lui. Zanki se mit en route au mois de Sha’ban et prit son poste. Nous avons rapporté l’histoire de Zanki, de son règne et de ses descendants qui sont à présent nos souverains dans notre livre al-Bahir et des références peuvent être faites à ce livre.

 

Cette année, une mine couleur cuivre fut découverte à Diyar Bakr, près du fort du Cornu.

 

Cette année, l’Euphrate monta à une hauteur sans précédent jamais enregistrée auparavant et l’eau arriva dans la banlieue de Qal’at Ja’bar et à cette époque l’Euphrate coulait tout près. La plupart de ses palais et maisons furent inondés et un cheval fut emporté de la banlieue, soulevé au-dessus du mur et emporté dans l’Euphrate.

 

La prise de la forteresse d’al-Atharib par les croisés

 

Au mois de Safar de l’année 517 de l’Hégire (1123), les croisés, qu’Allah les maudisse, prirent la forteresse d’al-Atharib dans le district d’Alep suite à un grand nombre d’attaques sur Alep et ses régions ainsi que des raids de destruction par le feu et à cette époque, Alep était tenue par Badr ad-Dawlah Souleyman Ibn ‘Abdel-Jabbar Ibn Artouq mais il n’était pas assez fort pour s’occuper des croisés qu’il craignait. Il fit donc une trêve avec eux sur la base qu’il abandonnerait al-Atharib et qu’ils se retiendraient d’attaquer ses terres. Ils acceptèrent donc et reprirent la forteresse puis une trêve entre eux fut conclue, qui améliora la situation des populations dans les districts d’Alep, parce que les denrées alimentaires et d’autres choses été maintenant importées. Al-Atharib resta aux mains des croisés jusqu’à ce qu’elle fut reprise par l’Atabeg Zanki Ibn Aqsounqour, et que nous rapporterons si Allah Exalté le permet.

 

Comment Balak prit Harran et Alep

 

Au mois de Rabi’ Awwal, Balak Ibn Bahram prit la ville de Harran après un siège avant de marcher sur Alep. La raison est qu’il entendit dire que son souverain, Badr ad-Dawlah, avait abandonné la citadelle d’al-Atharib aux croisés. Cela le consterna mais il se rendit compte aussi que Badr ad-Dawlah était incapable de défendre ses terres et son impatience de prendre Alep grandie. Il quitta donc Harran et arriva au mois de Rabi’ Awwal puis assiégea la ville, brûla les récoltes et empêcha les provisions de parvenir dans la ville. Son cousin lui abandonna la ville et la citadelle sur conditions le 1 du mois de Joumadah Awwal puis, il se maria avec la fille du sultan Ridwan et resta gouverneur de la ville jusqu’à ce qu’il fut tué, ce que nous rapporterons si Allah Exalté le veut.

 

 

 

Views: 0