CROISADES

Al-Moutawakkil ‘Alallah, le dernier calife abbasside du Caire

Al-Moutawakkil ‘Alallah Abou al-‘Izz ‘Abdel-‘Aziz Ibn Ya’qoub Ibn al-Moutawakkil ‘Alallah naquit durant l’année 819 de l’Hégire (1416). Sa mère nommée Hajja Malika, était la fille d’un soldat. Son père ne succéda jamais au califat. Il grandit, révéré, populaire, aimé par tous pour ses qualités admirables et ses vertus louables, sa modestie, son comportement gentil et sa bienveillance envers chacun et pour ses accomplissements multiples.
Il s’employa aussi à acquérir la connaissance et lut avec mon père et d’autres. Son oncle al-Moustakfi le maria à sa fille et il eut par elle, un fils vertueux, un fils Hashimite parmi les descendants des Hashim. Maintenant que la maladie de son oncle al-Moustanjid dure depuis un certain temps, il lui légua le califat et quand al-Moustanjid mourut, il lui fut porté allégeance le lundi 26 du mois de Mouharram en présence du sultan, des juges et des nobles.
Il désira d’abord le titre d’al-Mousta’in Billah puis hésita entre al-Mousta’in et al-Moutawakkil et on décida finalement pour al-Moutawakkil. Il alla alors de la citadelle à sa résidence habituelle, précédé par les juges, les fonctionnaires administratifs et les nobles et ce fut un jour que des témoins certifièrent. Alors, il revint à la fin du jour à la citadelle où al-Moustanjid avait l’habitude d’habiter.

Cette même année, le sultan al-Malik al-Ashraf voyagea vers le Hijaz pour exécuter le pèlerinage, une fonction qui n’avait pas été témoignée par un sultan depuis plus de cent ans. Il commença en visitant Médine la Noble ou il dépensa six mille dinars puis, il se dirigea vers la Mecque et y dépensa cinq mille dinars et nomma pour l’école qu’il fonda à la Mecque, un Sheikh et un Soufi. Ensuite, il performa le pèlerinage, revint et la ville fut décorée durant quelques jours en l’honneur de son arrivée.


Durant l’année 885 de l’Hégire (1480), le chancelier Yashbak à la tête d’une armée, quitta l’Egypte pour l’Iraq et y rencontra là les troupes de Shah Ya’qoub Ibn Hassan près de Rouha ou les Égyptiens furent vaincus. La plupart d’entre eux furent tués et le reste capturé prisonniers. Le chancelier fut capturé et sa tête tranchée dans la dernière moitié du mois de Ramadan.
Ce fut une coïncidence étrange qu’un grande désaccord survint entre lui et le Qadi Hanafi Shams ad-Din al-Amshati en Egypte et chacun d’entre désira la chute de l’autre. La décapitation du chancelier sur les rives de l’Euphrate et la mort d’al-Amshati en Egypte se produisit le même jour.


Le dimanche 17 du mois de Mouharram de l’année 886 de l’Hégire (1481), tard dans l’après-midi, la terre fut convulsée par un sévère choc. La terre, les montagnes et les édifices s’écroulèrent. Le tremblement dura un court délai et cessa ensuite, louange à Allah que cela cessa. Suite à cela, le piton de l’école Salahiyah tomba sur le chef Qadi Hanafi Sharaf ad-Din Ibn ‘Ahd et le tua. En vérité nous appartenons à Allah et en vérité nous revenons à Lui.

Au mois de Rabi’ I de cette même année, un homme arriva en Egypte de l’Inde appelée Khaki qui affirma que son âge était de deux cent cinquante ans. Je suis allé le voir et c’était un homme robuste, la barbe toute noire, la raison ne lui aurait pas donné plus de 70 ans et encore moins au-delà. Il ne put apporter aucune preuve de son affirmation et je conclus que c’était un menteur. Il a rapporté avoir fait le pèlerinage à l’âge de dix-huit ans avant de revenir en Inde. De là, il entendit parler de l’avance des Tatars sur Baghdad et voyagea en Egypte sous le règne du sultan Hassan, avant que ce dernier ne fonde son école. Mais il n’avança aucun témoignage pour trouver de manière satisfaisante sa déclaration.

Cette même année, arrivèrent les nouvelles de la mort de sultan Muhammad Ibn ‘Uthman, le souverain du Sultanat de Roum (Asie Mineure) et que ses deux fils se contestèrent la souveraineté. L’un d’eux fut victorieux et s’établit dans le royaume et l’autre disposa pour l’Egypte. Le sultan le reçut avec grand honneur. Plus tard, il partit pour la Syrie et le Hijaz, pour le pèlerinage.

Au mois de Shawwal, des lettres arrivèrent de Médine la Noble, affirmant que durant la nuit 13 du mois de Ramadan, une foudre tomba du ciel sur la ville, y mit le feu, brûla le toit de la Mosquée Prophétique, tous les trésors et les livres. Rien ne fut sauvé excepté les murs et ce fut une terrible calamité.

Le mercredi dernier jours du mois de Mouharram de l’année 903 de l’Hégire (1497), mourut le calife après avoir légué le califat à son fils Ya’qoub et lui donna le titre d’al-Moustamsik Billah.

L’Imam Jalal ad-Din as-Souyouti, a dit dans son livre Tarikh al- Khoulafah dont nous avons tiré une partie des évènements rapporté a dit : « C’est la conclusion de ce qui a été disponible pour la compilation de cette histoire et en vérité pour les événements, J’ai utilisé l’histoire d’ad-Dahhabi qui finit en l’an 700 (1300) puis, celle d’Ibn Kathir qui finit en l’an 738 (1337) puis, al-Massalik et son complément qui prend fin en l’an 773 (1371). Puis de l’Inba al-Ghoumr d’Ibn Hajar qui finit en l’an 850 (1446). Pour les autres événements, j’ai attentivement lu Tarikh Baghdad d’al-Khatib en dix volumes, Tarikh Dimashq d’Ibn ‘Assakir en cinquante-sept volumes, al-Awraq d’as-Souli en sept volumes, at-Tayyouriyyat en trois volumes, al-Houlyah d’Abou Nou’aym en neuf volumes, al-Moujalassat d’ad-Dinawari, al-Kamil d’al-Moubarrad en deux volumes, al-‘Amali de Tha’lab en un volume et d’autres.


Le califat abbasside au Caire à l’ombre des sultans Mamalik et de Syrie dura jusqu’à l’entrée du puissant sultan ottoman Salim I au Caire après avoir mis fin au sultanat Mamelouk lors de la bataille de Marj Dabiq près de Halab . Puis, il entra en Egypte après avoir battu les Mamalik lors de la bataille de Ridaniyah et le dernier calife abbasside d’Egypte, al-Moutawakkil ‘Allallah Muhammad Ibn al-Moustamsik Billah, renonça au califat en faveur du sultan ottoman Salim I.
Le Califat passa entre les mains des Ottomans Turcs et dura jusqu’au vingtième siècle, le jeudi 25 du mois de Rajab de l’année 1342 de l’Hégire soit le 3 mars 1924 et nous sommes aujourd’hui, le 14 du mois de Ramadan de l’année 1432, le 14juillet 2011 (date à laquelle j’ai traduit cet extrait).
Le jeudi 25 du mois de Rajab de l’année 1342 (1924), l’assemblée du Grand Etat (majliss al-watani al-kabir), le parlement de Moustafa Kamal, surnommé par la suite Atatürk, décida l’abolition du califat ottoman mais ceci est une autre histoire sur laquelle nous reviendrons dans les prochains volumes et à Allah nous sommes et à lui retournerons.


Ce n’est certainement pas la fin des croisades en Egypte puisque le pays sera de nouveau plusieurs fois attaqué par les mêmes agresseurs.
Ce n’est pas non plus la fin des croisades en Syrie puisque le pays sera de nouveau attaqué par les mêmes agresseurs.
Ce n’est aussi la fin des croisades en Palestine puisque le pays est occupé par d’autres envahisseurs soutenu par les mêmes agresseurs.
Ce n’est non plus pas la fin des croisades contre les Musulmans en général puisque pas moins de dix pays sont en guerre toujours contre ces mêmes agresseurs.
Ce n’est pas la fin des croisades puisque Bayt al-Maqdis reviendra aux Musulmans et deviendra le centre du califat.
Ce n’est pas non plus la fin de l’injustice contre les Musulmans comme on le voit, les Musulmans qui sont le seul peuple à subir des punitions collectives comme au bon vieux temps de l‘inquisition, quand l’un de ses membres, pour une raison ou une autre, commet un homicide ou une agression.
Ce n’est pas non plus la fin de la guerre quand chaque jour suffit à trouver de nouveaux prétextes d’agressions contre les Musulmans.

Les croisades sont donc sans fin et jusqu’à ce que le dernier humain de la terre tombe mort prosterné malgré lui devant l’implacable réalité de sa vision décillée.

Quand à la moralité de cette histoire est que rien ne perdure et que tout à une fin même une occupation qui semblait millénaire. Rien ne sefait donc sans effort et ce fut le travail de plusieurs hommes sur plusieurs génétations, chacun ajoutant sa chappe à l’édifice de la libération des terres musulmanes occupées.

Libérateurs, conquérants et bâtisseurs, tels étaient nos ancêtres, puisse Allah Exalté à Lui les Louanges et la Gloire leur faire miséricorde et les couvrir de gloire et d’honneur le jour de Qiyamah, le vrai jour ou toutes les actions des hommes seront présentées !

 



Cependant l’Histoire n’est pas finie et si nous avons mentionné les futures croisades dans ce volume, nous rapporterons les futures conquêtes à la fin du second volume des Ottomans in sha Allah.

 


A suivre.

 

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