CROISADES

Al-Hakim Bi-Amrillah

Al-Hakim Bi-Amrillah Abou al-‘Abbas Ahmad était le fils d’al-Moustakfi. Quand son père mourut à Qouss, il fut convenu de sa succession au califat mais al-Malik an-Nassir lui préféra son cousin Ibrahim à cause de son sentiment personnel envers al-Moustakfi, comme nous l’avons précédemment mentionné. Ibrahim était si dépravé et le chef Qadi ‘Izz ad-Din Ibn Jama’ah fit ce qu’il put pour empêcher le sultan de le nommer mais il ne céda pas. Longtemps après, quand il fut sur le point de mourir, il ordonna aux émirs la restauration de l’autorité à l’héritier d’al-Moustakfi, son fils Ahmad. Par conséquent, quand al-Mansour Abou Bakr le fils d’an-Nassir assuma le pouvoir suprême, il convoqua une assemblée le 21 du mois de Dzoul Hijjah de l’année 741 de l’Hégire (1340), convoqua le calife Ibrahim, l’héritier Ahmad et le Qadi dit à cette occasion : « Qui a le droit selon la loi au califat ? » Ibn Jama’ah répondit : « En vérité le calife al-Moustakfi qui décéda dans la ville de Qouss légua le califat après lui à son fils Ahmad et quarante témoins de la ville de Qouss attestèrent sa nomination. Cela m’a été prouvé après sa confirmation par mon député de la ville de Qouss ». Le Qadi déposa donc Ibrahim et porta allégeance à Ahmad qui fut surnommé al-Hakim Bi-Amrillah d’après le titre de son grand-père.
Ibn FadlAllah a rapporté dans sa biographie al-Massalik : « Il était l’Imam de notre âge et le nuage blanc de notre terre d’Egypte. Il se leva en colère contre ses ennemis et submergea ses partisans par le débordement de sa munificence. Par lui, les affaires revinrent à leurs niveaux convenables et leurs intelligentes appréhensions lui furent envoyées. Il réanima les usages du califat et ordonna ce qui était dans le pouvoir de personnes de désobéir. Il marcha sur les voies de ses ancêtres qui avaient été effacées et les restitua par les joyeux aspects de ses enfants car en vérité ils avaient été effacés. Il rassembla les fils de son père qui avait été depuis longtemps dispersé et il leur étendit son assistance car la fortune leur avait été défavorable. Il éleva son nom sur les sommets des chaires et en vérité une longue période s’écoula sans qu’aucune étoile similaire ne survienne sauf dans son firmament et aucun brouillard et ni pluie abondante semblable ne sortit excepté de ses nuages. Il fut convoqué après la mort du sultan et son autorité et sa renommée voyagèrent à l’étranger dans une allégeance universelle et une soumission obligatoire. Son père le nomma par un accord préalable et confia sa consignation aux hommes de confiance. Par la suite al-Malik al-Mansour Abou Bakr le fils du sultan défunt succéda au pouvoir et des résidences lui furent assignées sous l’autorité du monarque ».
Ibn FadlAllah continue : « En vérité j’établis pour lui le document du serment d’allégeance comme suit :
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. « Ceux qui te prêtent serment d’allégeance ne font que prêter serment à Allah : la main d’Allah est au-dessus de leurs mains. Quiconque viole le serment, ne le viole qu’à son propre détriment; et quiconque remplit son engagement envers Allah, Il lui apportera bientôt une énorme récompense » C’est une convention d’acceptation, une convention d’avantage et d’un accord volontaire dont la congrégation des fidèles témoignent et en témoigne le Plus Miséricordieux. Une convention dont les conditions sont obligatoires sur les cous des hommes et qui les encerclent dans sa plénitude et la totalité de sa portée, déserts, mers et terres couvert de routes, une convention par laquelle Allah Exalté peut améliorer la condition des gens et par Ses moyens leur accorder la prospérité, que l’harmonie mutuelle soit promue et que la joie traverse la terre, jusqu’aux étoiles des constellations puis se transmet aux multitudes innombrable de la galaxie. Une convention prospère d’heureuse augure, glorieuse, incluant la sécurité tant dans les affaires spirituelles que temporelles ; une convention juste et légale, pour être observée et protégée ; une convention à laquelle tous les désirs rivalisent dans sa réalisation et que tous les cœurs s’efforce de gagner et sur laquelle les nations dispersées consentent. Une convention sur laquelle les nuages versent leur pluie abondante et la pleine lune resplendit. Une convention consentie par la mosquée et le concours des croyants tendant leurs mains que cette dernière a réuni. Ceux donc qui écoutent Allah Exalté et obéissent ont admis sa légalité et chaque homme fait son maximum vers son accomplissement. Il a obtenu le consentement des yeux et des oreilles et Sa Vérité a atteint celui qui la mérite, que l’adversaire a admis et ainsi la désunion a cessé. Il est contenu dans un Livre distinctement écrit : « Les rapprochés (d’Allah : les Anges) en témoignent » et les plus proches d’Allah Exalté, les Imams l’acceptent. Louanges soient à Allah Exalté qui nous y a guidés correctement, car nous ne l’aurions pas été, si le Seigneur, par sa Miséricorde sur nous et sur les gens, ne l’avait pas fait.
Et que les Louanges soient à Allah Exalté, ils se sont mis d’accord sur cette convention à nous et à la Maison de ‘Abbas, ceux qui lient et délient, les théologiens de la loi dans ce qui s’étends aux affaires des petits et des grands, les souverains dans l’autorité, les gouverneurs et ceux qui occupent les postes de dignité et de pouvoir, les porteurs de connaissance et de drapeaux, les gardiens de l’épée et de la plume, les chefs des fils de ‘Abdel-Manaf, le bas et le haut dans la dignité, les chefs des Qouraysh, les souverains des fils de Hashim et du reste de la Maison de ‘Abbas et les choisis parmi les Imams et le peuple. Une convention, dont les bannières sont aperçues dans les deux Haram et dont les drapeaux flottent sur les deux Détroits . Ses bénédictions sont connues à ‘Arafat, admises à Mina et le jour du Grand Pèlerinage . Il est cherché entre le Coin Yéméni et la station de prière d’Ibrahim et la Pierre Noire et rien n’est désiré d’autre par elle sauf la gloire d’Allah. Une convention, dont l’obligation ne doit pas être libérée, ni son obligation rejetée, obligatoire et absolue, continue et éternelle, complète et universelle, compréhensive et parfaite, juste et claire, enthousiaste et qui apporte le repos.
Et il n’y a personne de distingué dans la science ou les décisions judiciaires, ni l’un vers qui les hommes tournent pour la générosité ou la commande de décrets, ni l’Imam d’une mosquée, ni un prêcheur, ni une autorité judiciaire qui est consulté et qui répond, ni ceux qui remplissent les mosquées et personne qui se rassemblent dans leurs alcôves voûtées ; ni celui qui a peiné dans la résolution d’une affaire ou échoué, ni un narrateur de Traditions, ni un conférencier sur l’ancien et le moderne, ni quelqu’un pour la piété et la vertu, ni un cavalier de guerre, ni celui qui a tué avec une flèche, percé avec une lance, ou frappé avec une épée, ni qui a marché à pied, ou volé avec des ailes, qui s’est mixé avec les gens ou s’est retiré, ni un attroupement grand ou petit, ni hisser un drapeau qui monte à la hauteur d’Orion, ni celui dont la compétition dans la gloire l’a élevé au-dessus des étoiles de la Petite Ourse, ni l’habitant dans le désert ou celui qui a cultivé la terre, ni celui qui a supporté, ni celui qui est parti, ni le premier, ni le dernier, ni celui qui a dissimulé, ni celui qui a divulgué, ni l’Arabe, ni le barbare, ni le berger de chameaux ou des moutons, ni celui qui est posé, ni celui qui est précipité, ni l’habitant dans une demeure dans la ville ou dans le désert, ni le seigneur des colonnes ou d’un mur, ni celui qui a plongé dans les mers orageuses, les déserts et les ordures stériles, ni celui qui s’en va fréquemment sur des destriers, ni celui qui traîne son vêtement dans la poussière, ni celui sur qui le soleil du jour et des scintillantes étoiles de nuit, ni celui que le ciel couvre et que la terre porte en son sein, personne dont les noms dans leurs diversités se distinguent et ceux qui sont élevés dans les stations, un au-dessus, un autre, qui ne fait confiance à cette convention, y a donné son assentiment et est en sécurité grâce par elle, car Allah a été bon envers lui, l’a guidé vers Lui, l’a admis et attesté et baissé ses yeux décontenancé devant lui et tendu ses mains vers Lui en hommage et sa conviction en soumission et l’a agréé, approuvé et réunis ses commandes et les ont exécutés et entré sous son obéissance et agit selon ses exigences.
Et la justice fut accomplie parmi eux en toute vérité et les hommes dirent, Louange à Allah, Seigneur des génies et de l’humanité.
Maintenant que le Seigneur a choisi Son servant Souleyman Abou ar-Rabi’, l’Imam al-Moustakfi Billah le Prince des Croyants, le Seigneur l’a reçu avec l’honneur et lui a donné en échange de la Demeure de la Paix, la demeure du salut et l’a transféré avec Ses propres mains, de témoigner à la religion orthodoxe, à la vision de paix parfaite, où Il l’a rapproché de Lui et l’a confirmé à Son côté et l’a préféré à cause ce qu’Il avait envoyé avant lui et l’a placé « avec ceux qu’Allah a comblés de Ses bienfaits : les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels compagnons que ceux-là! » Etc.
Le texte d’investiture continue ainsi durant huit autre pages .

Ibn Hajar a rapporté dans son Dourar qu’il fut surnommé al-Moustansir et ensuite al-Hakim.

Le Sheikh Zayn ad-Din al-‘Iraqi a rapporté que le calife entendit des Traditions de certains récents Traditionnistes et qu’il les a lui-même rattachés. Il mourut de la peste milieu de l’année 753 de l’Hégire (1352).

Le sultan al-Mansour fut déposé dans la première année de son règne à cause de sa vie dépravée et qu’il buvait du vin. On a même rapporté qui ne tint pas inviolable les femmes de son père. Il fut banni à Qouss et assassiné là. Ce fut un châtiment d’Allah pour ce que son père fit au calife et telle est la voie du Seigneur avec ceux qui se chargèrent de faire le mal à l’une des postérités de la Maison de ‘Abbas. Il fut succédé par son frère al-Malik al-Ashraf Koujouk le 21 du mois de Safar et déposé cette même année et son frère Ahmad lui succéda et fut surnommé an-Nassir le 3 du mois de Sha’ban. Le Sheikh Taqi ad-Din as-Soubki, le Qadi de Syrie qui l’avait accompagné, arrangea la convention allégeance entre lui et le calife.


Le 22 du mois de Mouharram de l’année 743 de l’Hégire (1342), Ahmad an-Nassir fut déposé et son frère Isma’il fut élevé au pouvoir et surnommé as-Salih.


Le 4 du mois de Rabi’ Thani de l’année 746 de l’Hégire (1345), as-Salih mourut et le calife investit son frère Sha’ban qui fut surnommé al-Kamil.


Le 3 mois de Joumadah Thani de l’année 747 de l’Hégire (1346), al-Kamil fut exécuté et son frère Amir Hajj fut élu surnommé al-Mouzaffar.


Le 4 du mois de Ramadan de l’année 748 de l’Hégire (1347), al-Mouzaffar fut déposé et fut remplacé au pouvoir par son frère Hassan qui fut surnommé an-Nassir.


Durant l’année 749 de l’Hégire (1348), la peste universelle éclata comme il ne se produisit jamais de semblables auparavant.


Le 28 du mois de Joumadah Thani de l’année 752 de l’Hégire (1351), Hassan an-Nassir fut déposé et son frère Salih fut élu à sa place et surnommé al-Malik as-Salih. Il fut le huitième des descendants de Muhammad Ibn Qalawoun an-Nassir a régné et Shaykhou fut nommé son Atabek. Il fut le premier, comme l’a rapporté Ibn FadlAllah dans le complément du Massalik, qui fut appelé en Egypte le grand émir.

 

Architecture Mamelouk – Mosquée Sultan Qalawoun

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