CROISADES

Le siège d’Acre

 

Au mois de Mouharram de l’année 690 de l’Hégire (1291), des messagers croisés d’Acre vinrent implorer la clémence du sultan qui refusa leurs excuses et les congédia.

Le sultan se prépara alors avec un soin extrême pour conquérir la ville d’Acre. Il envoya en Syrie l’émir ‘Izz ad-Din Aybak al-Afram avec pour mission de faire expédier les bois nécessaire pour la construction des machines de guerres. Ce dernier arriva à Damas à la fin du mois et le premier jour de Rabi’ Awwal, il envoya les premiers chargements de bois qui furent complétés le 12 de ce même mois. L’émir ‘Alim ad-Din Sanjar ad-Diwadari, un des émirs de Syrie, accompagnait ces chargements qui furent répartis entre tous les émirs commandants plus de mille hommes.

Le 20, l’émir Houssam ad-Din Lajin, le gouverneur de la Syrie sortit de Damas, à la tête de son armée tandis qu’en même temps, l’émir Sayf ad-Din Toughroul Iqani quitta Le Caire avec pour mission de mettre en marche les garnisons des différentes forteresses de Syrie. Al-Mouzaffar, le souverain de Hamah, arriva à Damas le 23 à la tête de son armée et sa logistique de guerre comprenant de nombreuses machines de sièges et un grand nombre de munitions. L’émir Sayf ad-Din al-Bilban at-Tabakhi, le responsable des affaires relatives aux conquêtes, arriva le 24 de ce même mois à la tête des troupes de Tripoli et d’un large arsenal de guerre. Enfin lorsqu’ils furent tous réunis, ils se dirigèrent ensemble vers ‘Akka.

 

Le mardi 3 du mois de Rabi’ Awwal, le sultan al-Malik Ashraf Salah ad-Din al-Khalil quitta alors l’Egypte pour Acre. Il envoya ses femmes à Damas, où elles arrivèrent le septième jour de Rabi’ Thani. Le sultan poursuivit sa marche et arriva devant Acre le jeudi 3 de ce même mois où il établit son camp et deux jours plus tard, quatre-vingt-douze machines de siège arrivèrent qui furent aussitôt déployées en l’espace de quatre jours. Des fortifications furent élevées et le siège débuta. Des corps de croisés étaient arrivés par mer pour renforcer la garnison de la ville qui renfermait une nombreuse population. Les attaques se prolongèrent de manière permanente jusqu’au 16 du mois de Joumadah Awwal et les remparts furent minés en quantité d’endroits.

Le vendredi 17, le sultan décida de donner l’assaut et après avoir préparés les tambours de guerre qui étaient placés sur le dos de trois cents chameaux, il donna l’ordre de les battre tous à la fois, ce qui fut aussitôt exécuté et ce bruit soudain frappa de terreur les habitants d’Acre. Le jour ne s’était pas encore levé que le sultan, accompagné de ses troupes donna l’assaut sur la ville, et le soleil ne s’était pas encore élevé sur l’horizon que déjà les étendards de l’islam flottaient sur les murailles d’Acre après un siège de quarante jours. Les croisés s’enfuirent par la mer et un très grand nombre d’entre eux moururent piétinés par la foule paniquée. Les Musulmans tuèrent un immense nombre d’ennemis et prirent en captivité une multitude de femmes et d’enfants.

 

La chute de Hayfa et de Tortose

 

Le jeudi 18 de ce même mois, commença la destruction d’Acre. Les murailles et un grand nombre d’édifices furent abattus et le reste de la ville fut incendié. Suite à cette victoire, le sultan prit les villes d’Hayfa puis le premier jour de Sha’ban, ‘Atlit tomba suivie par Tortose le 5 de ce même mois.

Il fut trouvé dans une église d’Acre un coffre de marbre rouge qui contenait une tablette de plomb sur laquelle était gravé en caractère romain plusieurs lignes. L’émir ‘Alim ad-Din Sanjar qui le découvrit trouva un homme qui déchiffra pour lui ce qui était inscrit sur la tablette et qui disait : « Ce pays sera pris par des hommes de la nation d’un prophète arabe qui soumettra tous ses ennemis. Sa religion sera la plus importante de toutes les religions du monde et son peuple dominera toutes les provinces de l’empire perse et les nations soumises à Rome. En l’an 700, cette nation conquerra tous les pays habités par les Chrétiens et ruinera leurs églises. »

Cinq autres lignes suivaient mais qui étaient illisibles. La lecture de cette tablette fut faite en présence du sultan à Damas.

 

La chute de Sour, de Sa’idah et de Beyrouth

 

Le 17 du mois de Joumadah Thani tomba la ville de Sour et le 20 de ce même mois, l’émir ‘Alim ad-Din Sanjar ash-Shouja’i prit la ville de Sa’idah sans combat car la ville avait été désertée de ses habitants qui avaient fui cependant, un groupe de croisés se réfugia dans une des tours de la ville et s’y fortifièrent. Le sultan ordonna alors de détruire les villes de Sour, de Sa’idah de ‘Atlit et de Hayfa et retourna à Damad, où, il entra en vainqueur et son arrivée fut un jour de fête.

 

Après la chute de Sa’idah, l’émir Sanjar ash-Shouja’i, le gouverneur de la Syrie prit la route de Beyrouth et établit son camp sous les murs de la citadelle. Le 23 du mois de Rajab, la ville fortifiée tomba et l’émir retourna à Damas ou il entra le 27 du mois de Ramadan après que tous les croisés aient été chassés de Palestine.

 

De la fin des croisades au Levant

 

C’est donc avec la chute d’Acre en l’an 690 de l’Hégire (1291) qu’est considérée la fin des croisades médiévales contre Jérusalem cependant Jérusalem tombera de nouveau, sept siècles plus tard, le 9 décembre 1917 mais ceci est une autre histoire que nous raconterons si Allah Exalté à Lui les Louanges et la Gloire le veut, dans un volume particulier qui aura pour titre Abrégé de l’Histoire de la Palestine depuis les temps immémoriaux jusqu’à nos jours.

 

Une partie des croisades ont déjà été rapportées dans notre Abrégé de l’Histoire du Maghreb et de l’Andalousie et le reste le sera dans notre Abrégé de l’Histoire des Ottomans qui suivra ce volume.

Toutefois, les croisades se sont pas finies et certaines n’ont pas encore eut lieu.

 

Views: 0