CROISADES

La rébellion de Sinamoun, le roi déchu de Nubie

 

Lorsque le gouverneur de Qous arriva enfin devant l’île où était réfugié Sinamoun le roi de Nubie, il trouva un grand nombre de barques nubiennes. Il envoya un messager au roi pour l’inviter à se soumettre et des garanties de sécurité qu’il refusa. Comme l’armée musulmane resta sur place, le roi craignit de voir arriver des renforts et s’enfuit vers la région d’al-Abwab, qui se trouvait à trois journées de marche de l’île où il s’était réfugié. Il se vit alors abandonné par ses commandants et ses prêtres qui emportèrent avec eux la croix d’argent qui était levée eu dessus de la tête du roi ainsi que la couronne royale. Ils demandèrent alors des garanties au gouverneur de Qous qui leur furent accordées et retournèrent Dounqoulah alors que l’émir ‘Izz ad-Din al-Afram et Kanjak traversaient sur la rive orientale.

Les troupes se rangèrent en ordre de bataille, les barques furent décorées et les artificiers exécutèrent diverses démonstrations de leur art. Les émirs firent préparer un repas auquel ils prirent part et après lequel ils intronisèrent le prince que leur avait envoyé le sultan et lui placèrent la couronne sur la tête. Ce dernier leur porta allégeance et le tribut qui devait être payé fut fixé puis, après avoir désigné un corps de troupes pour protéger le roi et à qui ils donnèrent le commandement à Baybars al-Mou’izi, un mamelouk du gouverneur de Qous, l’armée musulmane reprit la route d’Assouan où elle arriva six mois après l’avoir quitté et vers la fin du mois de Joumadah Awwal se dirigea vers Le Caire avec un butin immense.

Quand Sinamoun fut informé du départ de l’armée, il retourna secrètement à Dounqoulah et se rendit chez chacun de ses commandants qui lorsqu’ils le virent embrassèrent la terre devant la terre devant lui et lui prêtèrent allégeance. La matinée ne s’était pas écoulée que toute l’armée était sous ses ordres et attaqua le palais. Baybars et ses troupes furent forcés de retourner à Qous tandis que Sinamoun fit prisonnier le nouveau roi puis le fit coudre dans une peau de buffle fraichement tué après avoir entouré son corps de lanière de viande, il fut cloué sur une pièce de bois ou il fut laissé jusqu’à ce qu’il mourut. Jourays fut aussi tué et Sinamoun écrivit au sultan pour implorer son pardon et promit de payer le tribut fixé. Il envoya un présent et divers objets en présent et sa requête fut acceptée.

 

Au mois de Sha’ban, le sultan prescrivit de ne plus confier aux Juifs et aux chrétiens des emplois administratifs et tous ceux d’entre eux qui occupaient ces postes furent congédiés.

 

Comment les croisés d’Acre rompirent la trêve

 

Ce même mois, les habitants d’Acre attaquèrent plusieurs marchands musulmans qu’ils tuèrent. Lorsque le sultan Sayf ad-Din al-Qalawoun fut informé, il entra dans une vive colère et écrivit dans toutes les provinces sous son pouvoir leur donnant l’ordre de fabriquer des machines de siège et de préparer toutes les réserves d’armes possible pour le siège d’Acre. Les habitants de cette ville avait obtenu un traité de paix d’al-Malik az-Zahir Baybars et lui payait chaque année et ainsi qu’à son successeur al-Malik al-Mansour, la somme stipulée par le traité. Cependant, avides de richesse, les croisés, qu’Allah les maudisse, commirent un grand nombre de crimes et de désordres en plus d’attaquer les marchands sur les routes pour leur voler leurs biens.

Le sultan ordonna donc à l’émir Shams ad-Din Sounqour ar-Ra’issah de marcher contre eux et accompagné par ses troupes, ce dernier se rendit à Lajoun où il établit son camp quand apparurent des cavaliers croisés qui venaient d’Acre et il se prépara alors pour les combattre.

 

De la mort du sultan Malik al-Mansour Sayf ad-Din Qalawoun

 

Le dernier jour de ce même mois, le sultan quitta Le Caire avec l’intention de conquérir la ville d’Acre cependant, quand la nuit tomba, il fut pris d’un accès de fièvre qui l’empêcha de monter à cheval durant deux jours puis, sa maladie s’aggrava et dans la nuit du samedi 2 du mois de Dzoul Hijjah, le sultan décéda dans sa tente qui se trouvait près de la mosquée de Tibr, en dehors du Caire, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde.

Le sultan Malik al-Mansour Sayf ad-Din Qalawoun régna onze ans, deux mois et vingt-quatre jours et il mourut alors qu’il était âgé d’environ soixante-dix ans laissant derrière lui trois enfants mâles, al-Malik Ashraf al-Khalil qui lui succéda au trône, Malik an-Nassir Muhammad qui régna également et l’émir Ahmad qui mourut sous le règne de son frère Ashraf. Il laissa également deux filles, Altamish surnommée Dar Moukhtar et DarAnbar.

 

Al-Malik Ashraf Salah ad-Din al-Khalil Ibn Malik al-Mansour Sayf ad-Din Qalawoun Alfi as-Salihi succéda à son père le dimanche 7 du mois de Dzoul Qi’dah de l’année 689 de l’Hégire et l’armée lui prêta de nouveau allégeance le lendemain.

 

 

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