CROISADES

Des trêves accordés aux croisés et de la tentative d’assassinat du sultan Qalawoun

 

Au début de l’année 680 de l’Hégire (1281), le sultan quitta son camp qui se trouvait hors du Caire et lorsqu’il arriva à Rouha (Rouha ou ar-Rouha), il reçut des messagers envoyés par les croisés pour demander une trêve qui fut accordée et conclue entre les hospitaliers d’Acre et le sultan pour dix ans, dix mois, dix jours et dix heures, à dater du samedi 22 du mois de Mouharram. Une autre trêve de dix ans débutant le 27 du mois de Rabi’ Awwal fut accordée à Bohémond Ibn Bohémond, le souverain de Tripoli.

 

L’émir Badr ad-Din al-Bayssari ash-Shamsi fut informé que l’émir Shams ad-Din Koundak az-Zahiri ainsi que plusieurs autres émirs attachés à al-Malik az-Zahir et à al-Malik as-Sa’id complotaient d’assassiner le sultan près du gué, lorsqu’il aurait quitté Bayssan et il en informa aussitôt le sultan. D’autre part, des lettres envoyées d’Acre le mettaient aussi en garde du fait que se trouvait dans son entourage immédiat un grand nombre d’émirs qui avaient l’intention de le tuer et qui avaient recommandé aux croisés de ne pas conclure la paix, vu que son assassinat était proche.

Le sultan prit donc toutes les précautions pour sa sûreté et quand Koundak décida de passer à l’action alors que le sultan était dans son camp à Rouha, il le trouva sur ses gardes et prêt à repousser une attaque. Sayf ad-Din Qalawoun quitta alors Rouha et se déplaça avec une extrême prudence jusqu’à ce que tous les émirs furent réunis autour de lui dans un lieu nommé Hamrou Bayssan. Alors il adressa de vifs reproches à Koundak et à ses complices et les informa des lettres qu’ils avaient écrites aux croisés. Ne pouvant nier le fait, ils avouèrent leur faute et implorèrent le pardon du sultan mais, il les fit tous arrêter.     Dix émirs et deux cents cavaliers réussirent à prendre la fuite mais ils furent rattrapés à Baalbek et à Sarkhad. Koundak fut remis à l’émir Houssam ad-Din at-Tourountay qui le conduisit sur les bords du lac de Tibériade, lui trancha la tête et jeta son corps dans le lac. Le reste des conjurés subirent le même sort.

 

Le retour des Tatars

 

Cette même année, la nouvelle arriva que Mango Timour, le frère d’Abaghah Ibn Houlakou Ibn Toulou Ibn Shinjiz Khan et les armées mongoles étaient entré dans le Sultanat de Roum et campaient entre Césarée et Ablastine. Une avant-garde envoyée par le sultan rencontra un groupe de Tatars et firent prisonnier l’un d’entre eux qu’ils envoyèrent à Damas ou il arriva le 20 du mois de Joumadah Awwal.

Le sultan le traita avec bonté et après l’avoir questionné, il apprit que les Tatars étaient environ quatre-vingt-mille hommes et qu’ils avaient l’intention d’envahir la Syrie au début du mois de Rajab. Le sultan fit alors rappeler ses troupes et les préparatifs nécessaires pour marcher à leur rencontre. L’émir Ahmad Ibn al-Hajji, arriva d’Irak, à la tête de quatre mille cavaliers Arabes des Bani Moura complètement en armes et montés sur d’excellents chevaux couverts de cuirasses. Les cavaliers étaient tous coiffés de casques, portaient leurs épées en bandoulière et tenaient leurs lances à la main. Ils étaient précédés par leurs pages qui conduisaient les chevaux     tandis que derrière la troupe, suivaient leurs familles et les bagages. Puis, arriva une troupe envoyé par al-Malik Mas’oud al-Khidr suivit par les troupes égyptiennes ainsi que d’autres tribus Arabes et des Turcomans.

Puis le sultan fut informé que les Tatars s’étaient mis en marche après s’être divisés en plusieurs corps dont l’un sous le commandement d’Abaghah, le fils de Houlakou, accompagné du souverain de Mardin, se dirigeait vers Rahbah tandis que les autres avaient pris une route différente. Bijka Alay, un des commandants d’Aqaba, à la tête d’un groupe d’éclaireurs, se dirigea vers Rahbah.

Informés des évènements, les habitants d’Alep terrifiés quittèrent hâtivement la ville pour Hamah et Homs si bien que la ville d’Alep fut désertée tandis que de sombres rumeurs se répandaient partout. Les troupes sortaient régulièrement de Damas, jusqu’au dimanche 26 du mois de Joumadah Thani quand le sultan quitta la ville, avec ce qui lui restait de soldats, et campa à Marj où il resta jusqu’à la fin du mois. Alors, il marcha dans la direction de Homs ou il arriva le 11 du mois de Rajab, accompagné de toutes ses forces et où il établit son camp sous les murs de la ville quand arriva l’émir Sounqour al-‘Ashqar de Sahyoun, en compagnie de Itmish as-Sa’di, al-Dimour al-Hajj, Sinjar ad-Diwadari, Bijaq al-Baghdadi, Kiray et Shams ad-Din at-Tountash, ainsi que tous les Dahiri qui les avaient rejoints. Leur arrivée réjouit le sultan qui les combla d’honneurs et de générosités.

 

 

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