CROISADES

 La chute des forteresses ismaéliennes de Maynaqah, Qoudmous et Qalif

 

Le 22 du mois de Dzoul Hijjah, le sultan s’empara des forteresses de Maynaqah, Qoudmous et Qalif qui avaient appartenu aux hérétiques ismaéliens ou fut conduit la prière du vendredi et les invocations pour la bénédiction sur les Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui). Les innovations hérétiques furent abolies et le dogme salutaire islamique réintroduit.

 

Cette année, le gouverneur de Qous quitta Assouan, marcha sur la Nubie et arriva jusqu’à Dounkoulali avant de revenir sur ses pas après avoir tué un grand nombre d’ennemis et prit autant de prisonniers.

 

Durant ce même temps, le sultan prit toutes les villes et les forteresses du territoire de Barqah. Puis des rumeurs coururent que les croisés se préparaient à faire une expédition contre l’Égypte alors le sultan ordonna la mise en chantier de nouveaux navires et de placer des mangonneaux sur les remparts d’Alexandrie ce qui fut fait et bientôt, plus de cents machines furent disposées.

 

Cette même année, la forteresse de Kaynouk en Arménie fut conquise par la force des armes par l’émir Houssam ad-Din al-Lajin al-‘Atabi.

 

Cette même année aussi, l’esplanade de Bayt al-Maqdis fut achevée. Le sultan s’exerça dans le Nil à nager revêtu de son armure.

 

 

 

Le 24 du mois de Joumadah Thani de l’année 672 de l’Hégire (1273), informé par des lettres qui se succédaient rapidement que les Tatars s’étaient mis en campagne, le sultan Rouqn ad-Din Baybars ordonna à l’émir des Arabes ‘Issa Ibn Mouhannah, de sortir à la rencontre de l’ennemi. ‘Issa arriva près de la ville d’Anbar, le 18 du mois de Sha’ban et les Tatars qui croyaient que c’était le sultan qui arrivaient, se retirèrent et rejoignirent Abaghah qui retourna dans ses terres.

 

Cette même année, une épidémie se propagea en Égypte et un grand nombre de personnes, principalement des femmes et des enfants moururent. Ramlah et Jérusalem furent également ravagés par une maladie et des fièvres causées par l’usage de l’eau de puits.

 

 

En l’an 673 de l’Hégire (1274), le sultan se rendit à Alexandrie et ordonna de rebâtir la partie du phare qui s’était écroulée puis revint dans la citadelle de la Montagne d’où, il envoya un message aux troupes d’Alep leur ordonnant de faire une incursion sur le territoire de l’ennemi ce qu’elles firent. Les troupes musulmanes pénétrèrent dans le district de Sis ou ils récupérèrent un immense butin après avoir arraché     les portes de Mar’ash.

 

Du raid Musulman sur Massissah et Sis en Arménie

 

Le 3 du mois de Sha’ban, le sultan quitta la citadelle de la Montagne, prit la route de la Syrie, et entra à Damas, le dernier jour du mois où il resta quelque temps avant de partir à la tête de ses troupes pour Hamah, le septième jour du mois de Ramadan. Il envoya alors à Bira un corps d’armée dont il donna le commandement aux émirs ‘Issa Ibn Mouhannah et Houssam ad-Din al-‘Atabi.

Les émirs Sayf ad-Din Qalawoun al-Alfi et Bilik al-Khazindar se rendirent à Massissah ou ils entrèrent dans la ville par surprise après avoir transporter sur le dos de montures des barques démontées pour traverser les fleuve de Jahan et an-Nahr Aswad dont tout compte fait ne furent pas nécessaires.

Après avoir traversé an-Nahr Aswad, le sultan, à la tête des troupes restantes, rejoignit les deux émirs et malgré les nombreux obstacles sur la route, l’armée s’empara d’un immense butin. Le sultan entra dans la ville de Sis, en ordre de bataille et y célébra la fête de la rupture du jeûne. Il livra la place au pillage et fit détruire le palais du roi, ses pavillons et ses jardins. Il envoya un escadron vers le Défilé de Roum qui s’empara de Tatars dont un grand nombre de femmes et d’enfants. Les troupes envoyées vers la côte, s’emparèrent de plusieurs vaisseaux dont ils tuèrent l’équipage. D’autres corps, envoyés dans les régions adjacentes tuèrent un grand nombre de soldats et prirent aussi un très large butin. D’autres soldats envoyés vers Ayas, trouvèrent la ville abandonnée, qu’ils pillèrent et incendièrent. Environ deux mille croisés et Arméniens qui s’étaient enfuis sur des navires coulèrent corps et âmes et furent tous engloutis par la mer. .

Les troupes musulmanes qui avaient été envoyées à Bira, se dirigèrent vers ‘Ayntab et prirent un grand butin et après que les Tatars s’enfuirent, les Musulmans s’en retournèrent. Le sultan quitta Sis pour Massissah en passant par Darband. Lorsqu’il traversa le défilé, il fit déposer le butin dans la plaine d’Antioche qui se trouva remplie et procéda au partage entre tous les soldats tandis que le Sultan ne prit rien pour lui-même. Lorsque la distribution fut achevée, il se dirigea vers Damas où il entra au milieu du mois de Dzoul Hijjah.

 

 

Au mois de Safar de l’année 674 de l’Hégire (1275), le souverain du Maghreb le sultan Abou Yousouf Ibn ‘Abdel-Haqq partit en campagne pour combattre les croisés. Le prince des croisés fut tué dans le combat avec environ dix mille hommes, sept-mille furent fait prisonniers tandis que les musulmans perdirent seulement environ trente soldats. Un butin considérable fut recueilli et il ne fallut pas moins de quatorze-mille-six-cents chameaux pour transporter le matériel de guerre.

 

Cette même année, les Banou Marine ouvrirent les tombeaux des souverains Mouwahhid ‘Abdel-Mou’min Ibn ‘Ali et son fils Ya’qoub al-Mansour auxquels ils tranchèrent la tête. A la même époque, la nouvelle ville de Fez fut fondée et elle devint la capitale des Banou Marine.

 

Le 23 du mois de Joumadah Awwal, le sultan s’empara de Qoussayr, la principale forteresse du territoire d’Antioche et donna le choix aux habitants de se rendre ou ils le désiraient. Peu après, après avoir été informé que les Tatars marchaient sur Bira, il rassembla ses troupes et quitta Damas pour Homs cependant, il apprit en cours de route que les Tatars étaient repartit d’où ils étaient venu et retourna à Damas.

 

De l’expédition en Nubie

 

Cette année, le fils de la sœur du roi de Nubie, nommé Mishkir arriva à la cour du sultan pour se plaindre des injustices que lui faisait subir David le souverain de ce pays. Le 1 du mois de Sha’ban, le sultan envoya avec lui l’émir Aqsounqour al-Farighani à qui il donna le commandement d’un corps de troupes et alors qu’il se trouvait au-delà d’Assouan, il vit venir à sa rencontre des Noirs, montés sur des chameaux. Il les attaqua, les mit en déroute et prit un grand nombre de prisonniers. L’émir Izz ad-Din al-‘Afrim prit la forteresse de Daw et tua ou fit prisonniers beaucoup d’ennemis. Aqsounqour le suivit et arriva jusqu’à l’île de Mika’il près des chutes de la Nubie, tuant ou prenant captifs tout ce qui se trouvait sur son passage. Qamar ad-Dawlah qui avait sous son commandement la moitié de la Nubie fut maintenu dans sa possession.

Aqsounqour rencontra dans une bataille le roi David qui perdit au cours de celle-ci un grand nombre de ses hommes. Le roi réussit à s’enfuir mais son frère Shinkou fut prisonnier. Les troupes d’Aqsounqour poursuivirent durant le roi en fuite durant trois jours et prirent tout ce qui tomba sous leur main si bien que tous habitants des villes se soumirent tandis que la mère du roi ainsi que sa sœur furent prise prisonnières.

Mishkir fut alors intronisé à la place de David et il lui fut imposé un tribut annuel de trois éléphants, trois girafes, cinq panthères femelles, cent chameaux roux et cent bœufs. Il fit convenu que le revenu du royaume serait partagé en deux, qu’une moitié reviendrait au sultan et l’autre au roi pour être consacré à l’entretien et à la garde du royaume. De même, les deux régions d’al-‘Ali et de Jabal proche d’Assouan, soit un quart de la Nubie, seraient cédées au sultan. Du coton et des dattes seraient aussi livrées ainsi que les droits anciennement établis. Il fut offert aux Nubiens le choix entre l’Islam, la Jizyah ou la guerre et ils choisirent la Jizyah s’engageant à payer un dinar pour chaque jeune homme pubère.

 

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