CROISADES

Les croisés reçoivent des renforts de Chypre

 

Au mois de Mouharram de l’année 665 de l’Hégire (1266), le sultan envoya les émirs Sayf ad-Din al-Baktimour as-Saqi et Shihab ad-Din al-Bourana à la tête d’un corps de troupes et des soldats montagnards en mission et ils revinrent à Safad après avoir coupé des roseaux sur le territoire des croisés. Ces derniers reçurent de Chypre environ mille-cinq-cent cavaliers en renforts avec qui ils effectuèrent des incursions dans le territoire de Tibériade. Lorsque les Musulmans furent informés de ces nouvelles, l’armée marcha sur Acre, attaqua les croisés et en tua un grand nombre d’entre eux.

 

Le 27 du mois de Joumadah Thani, le sultan partit pour la Syrie, accompagné d’un nombre considérable d’émirs dont al-Malik al-Mansour, le souverain de Hamah, laissant derrière lui la plus grande partie de son armée. Arrivé à Gaza, il congédia le prince et reçut des messagers envoyés par les croisés qui lui amenèrent avec des présents, un grand nombre de prisonniers musulmans. Le sultan fit revêtir ces derniers et leur rendit la liberté avant de se diriger vers Safad. Sur la route, il fut informé que les Tatars avaient tenté de prendre Rahbah mais que les habitants de cette ville les avaient mis en déroute après tué ou pris prisonniers un grand nombre d’entre eux.

Le sultan s’arrêta à Damas ou il resta cinq jours avant de reprendre la route de Safad ou il entreprit avec ses hommes des travaux de fortifications de la ville. Peu après, des envoyés croisés qui vinrent discuter de la paix furent témoins de l’empressement que tout le monde mettait à cette entreprise. (A chaque fois que le sultan se déplaçait, il recevait la visite d’envoyés des croisés. Si leur mission officielle était pour des pourparlers de paix et offrir des cadeaux, ils venaient surtout pour s’informer des intentions secrètes du sultan et espionner les activités des Musulmans, ce que vous avez certainement bien comprit) Mais le sultan préparait une expédition secrète et quand les croisés furent rassurés pensant qu’ils étaient en sécurité, ils partirent. Le sultan se mit alors aussitôt en marche et ils ne furent informés de ses intentions qu’au moment où ils le virent avec ses troupes tous en armes devant les portes d’Acre ou ils tuèrent tous les croisés qui tombèrent sous leurs mains. Le sultan passa alors la nuit et la matinée du jour avant de reprendre la route de Safad.

Lorsque les envoyés des croisés arrivèrent, ils virent les têtes piquées au bout des lances tandis que les prisonniers prit au cours du raid furent amené et exécuté. Le sultan somma les envoyés croisés et leur dit : « Cette opération a été exécuté en représailles des raids que vous avez conduit sur le territoire de Shaqif. » Et il les renvoya, sans leur avoir accordé la paix.

 

Le 21 du mois de Sha’ban, le sultan se mit de nouveau en route de Safad avec ses troupes et prit la route d’Acre et encore une fois, les croisés ne furent informé de ses mouvements que lorsqu’il fut devant les portes de la ville. Le sultan ordonna alors à ses troupes de génie de détruire tout ce qu’il y avait en dehors de la ville comme édifices et comme arbre tandis qu’il veillait à leur sécurité sa lance à la main et durant quatre jours, tout fuit ruiné et incendié. Ce n’est qu’à ce moment-là, qu’il reprit la route de Safad.

 

Le renouvellement du traité de paix avec Tyr

 

Au mois de Ramadan de cette même année, des envoyés la ville de Tyr arrivèrent à la cour du sultan et demandèrent le renouvèlement de la trêve ce qu’il accepta pour une durée de dix années à la condition de payer pour l’assassinat d’as-Sabik ash-Shahin, une expiation de 15 000 dinars souri à ses enfants. Ils en payèrent la moitié et le reste ne fut pas exigé d’eux. Les croisés livrèrent aussi un certain nombre de prisonniers du Maghreb.

 

 

Cette même année, Barakah Khan Ibn Sayn Khan Ibn Joushi Khan décéda et Mango Timour Ibn Touqan Ibn Batou Khan Ibn Joushi Khan Ibn Shinjiz Khan lui succéda au trône de Kabjak dans la ville de Saray. Barakah Khan fut très attaché à l’Islam et prit pour capitale la ville de Saray. Il fut un des monarques les plus marquants qui régna sur les Tatars.

 

 

La reconstruction de la ville de Safad

 

En l’an 666 de l’Hégire (1267), les travaux de reconstruction de la ville de Safad se poursuivirent. Une citadelle fut construite avec des portes sécrètes qui débouchaient dans le fossé et lorsqu’elle fut achevée, il fut gravé sur les murs cette inscription : « « Et Nous avons écrit dans le Zabour, après l’avoir mentionné (dans le Livre Céleste), que la terre sera héritée par serviteurs vertueux », qui sont les véritables soldats d’Allah et qui serons toujours vainqueurs. Cette citadelle a été rebâtie, fortifiée, fournie et achevée par le sultan al-Malik az-Zahir Abou al-Fath Rouqn ad-Din Baybars après qu’il l’eut pris des maudits croisés et la redonna aux Musulmans et substitué la vraie religion à l’erreur, l’appel à la prière au son des cloches et le Qur’an à l’Évangile. Il participa en personne aux travaux et transporta sur sa tête avec ses serviteurs la terre et les pierres des fossés. Que tout prince de l’Islam qui tiendra cette forteresse et défenseur de la religion qui habitera cette place, accorde à ce souverain la part de récompense qui lui est due en faisant des invocations de la miséricorde divine pour lui, en secret comme en public car tous demandèrent : « Puisse Allah Exalté relever cette citadelle, » après avoir imploré pour sa reprise. Les vrais croyants triompheront jusqu’au jour du dernier jugement. » »

 

Ce même mois, le sultan écrivit au roi Mango Timour, le successeur de Barakah, pour lui offrir ses condoléances et l’inciter à faire la guerre contre le fils de Houlakou.

 

Plus tard, le sultan ordonna de rebâtir la mosquée d’al-Khalil. L’émir Jamal ad-Din Ibn an-Nahar se rendit sur les lieux pour superviser les travaux et les achever.

 

La chute de Jaffa et de Shaqif

 

Cette même année, alors qu’il était à le chasse, il reçut la nouvelle que les Tatars marchaient sur Alep. Il rentra alors à la citadelle de la Montagne et donna ordre de préparer les tentes pour de départ. Il passa en revue le matériel de guerre et tous ceux dont les tentes étaient dans un état déplorable furent durement blâmés. Des courriers furent aussitôt expédiés en Syrie ordonnant aux troupes de se mettre en marche et lorsque les messagers arrivèrent près de Banyas, le messager délivra les lettres scellées qui étaient destinées aux émirs ‘Alim ad-Din al-Hansi et Badr ad-Din al-Atabaki et qui leur ordonnait de procéder au siège de Shaqif. Les croisés ne furent informés que lorsque l’armée des Musulmans apparut sous les murs de la place.

Le troisième jour du mois de Joumadah Thani, le sultan quitta son camp à Bab-an-Nasr et se rendit à Gaza. Ayant appris que plusieurs transporteurs avaient causé des dommages dans un champ, il les fit punir et l’émir ‘Alim as-Sanjar al-Hamawi qui avait traversé une plaine cultivée fut contraint de descendre de son cheval qui fut remis en dédommagement au propriétaire du champ avec tout ce qu’il avait sur lui.

Le 20 de ce même mois, il quitta la ville de ‘Awjah ou il était descendu après Gaza et prit la route de Jaffa. Sitôt qu’il arriva devant la ville, il assiégea celle-ci et la prit le même jour de même que la citadelle qu’il fit totalement détruire. Le sultan fit construire plusieurs mosquées dans la localité et abolit quantité d’usages blâmables dans cette ville et celle de Loud. Puis, il établit des Turcomans dans les provinces de Palestine et sur la côte pour défendre le pays contre l’ennemi.

 

Toujours ce même mois, le sultan ordonna de rebâtir la ville d’al-Khalil puis, le mercredi 19 Rajab, il se rendit vers la ville de Shaqif accompagné en plus de juristes et de savants qui venu pour combattre dans la voie d’Allah. Vingt-six mangonneaux et catapultes furent alors déployés et activées sans interruption tandis que les assauts se succédèrent les uns aux autres si bien que la ville tomba par la force des armes, le dernier jour du mois. Les femmes et les enfants des croisés furent tous envoyés à Tyr. Les croisés quant à eux furent tous enchainés et livrés aux soldats.

 

Au mois de Sha’ban, un envoyé du prince de Beyrouth se présenta au sultan avec des présents ainsi que les marchands égyptiens qui avaient été abordé en mer avec leur chargement et fait prisonniers depuis de longues années. Le sultan ne cessa de demander leur remise en liberté jusqu’à ce qu’il parvint à les faire tous libérer avec tous leurs biens.

 

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