CROISADES

Le sultan Baybars s’empare des villes de Hounan, de Hanin et de Ramlah

 

Ce même mois, le sultan s’empara des villes de Hounan, de Hanin et de Ramlah qu’il fit rebâtir, y établit une juridiction et un gouverneur. A la même époque, il détruisit les cultures de Haschisch et ordonna de punir ceux qui consommaient cette drogue.

Des Hospitaliers vinrent le trouver pour lui demander de maintenir les conditions de paix pour leurs territoires près de Homs et des villes des ismaéliens. Le sultan leur répondit : « Je refuse à moins que vous ne renoncez aux tributs annuel de Hamah qui est de quatre mille pièces d’or, celui de Bilad Bouqabays qui est de huit cents pièces d’or et celui des villes des ismaéliens qui est de mille-deux-cents pièces d’or et cent moud de froment et d’orge. » Les Hospitaliers acceptèrent ces conditions et obtinrent un renouvellement du traité de paix cependant, il fut stipulé que le sultan pourrait le rompre quand il le voudrait mais qu’il les informerait à l’avance.

 

Cette même année, des nouvelles arrivèrent que les croisés d‘Acre avaient tué quatre Musulmans qu’ils avaient trouvés à Tin Shayshah. Le sultan donna aussitôt des ordres pour les représailles et les troupes entrèrent sur le territoire des croisés ou ils tuèrent plus de deux cents d’entre eux avant de se retirer en emmenant avec eux un grand nombre de bœufs et de buffles.

 

Du raid des Musulmans en Arménie et dans le Sultanat de Roum

 

Cette année, al-Malik al-Mansour et ses troupes marchèrent sur Darb Bissak et se rendirent à Darband. Le roi arménien Haytboum, le fils de Constantin, avait fait élever des tours de garde sur le sommet des montagnes et cédé le trône à son fils Lifoun, le roi de Sis, pour mener une vie monacale. Ce dernier marcha à la rencontre des Musulmans ou il fut fait prisonnier tandis que son frère et son oncle paternel furent tués. Un de ses autres oncles réussit à prendre la fuite mais son fils fut aussi     du nombre des prisonniers. Les douze autres princes qui les accompagnaient s’enfuirent mais les Arméniens perdirent dans la bataille leurs plus braves soldats. L’armée musulmane poursuivit les fuyards, tuant ou faisant prisonniers tous ceux qui tombèrent sous ses sabres. Les Musulmans s’emparèrent aussi par la force des armes d’une forteresse imprenable des templiers ou tous les hommes en armes furent exécutés et la citadelle brûlée sur eux avec tous ce qu’elle contenait. Les Musulmans poussèrent jusqu’à la ville de Sis qu’ils dévastèrent ainsi que toutes les régions avoisinantes en prenant un très grand nombre de prisonniers.

Ensuite, l’émir al-‘Iqan se dirigea vers le Sultanat de Roum et l’émir Qalawoun vers Massissah, Adnah, Ayas, et Tortose ainsi qu’un grand nombre de places fortes qu’il détruisit et ruina par les flammes en prenant aussi nombres de prisonniers et un butin considérable avant de revenir à Sis ou était resté le prince de Hamah. Un bœuf était vendu deux dirhems sans trouver d’acheteurs.

Le sultan qui reçut la nouvelle de ces succès alors qu’il était à la chasse près de Jaroud, offrit au messager mille dinars et lui donna le grade d’émir. Puis, il reprit la route de Damas et après avoir fait ses préparatifs, il partit à la rencontre de son armée, le 13 du mois de Dzoul Hijjah. Arrivé à Qarah, il fut informé que les habitants de cette ville exerçaient contre les habitants des campagnes de nombreuses humiliations et que tous ceux qui tombaient entre leurs mains étaient vendus aux croisés de la ville d’Acre. Le sultan ordonna à ses troupes de piller les habitants de cette ville, ce qui fut fait. Les hommes furent tués, les femmes et les enfants pris en captivité.

 

Les troupes de l’expédition contre Sis arrivèrent et présentèrent au sultan la part du butin qui lui revenait et qu’il redistribua aux soldats de même qu’il traita courtoisement le roi de Sis et les autres prisonniers. Le sultan retourna alors à Damas le 24 de ce même mois précédé par le roi de Sis et offrit aux émirs, aux princes et aux soldats des robes d’honneurs puis, le souverain de Hamah retourna dans son domaine après avoir été comblé de faveur par le sultan Baybars et avoir reçu quantité de chevaux, d’objets de valeurs et de robes d’honneurs.

 

Cette même année, des messagers envoyés par Abaghah le fils d’Houlakou arrivèrent à la cour du sultan pour offrir des présents et demander la paix.

 

Toujours cette année, le sultan décidé à en finir avec les abus, fit répandre partout le vin et supprima dans tout son territoire les lieux de débauches.

 

Cette année aussi, vit le retour de ‘Ali Ibn al-Mousta’sim, le fils du calife, qui jusqu’alors était retenu prisonnier chez les Tatars.

 

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