CROISADES

La prise des forteresses d’al-Akrad, de ‘Arqah et d’al-Qal’at

 

Le 3 du mois de Rajab, le sultan décida de conduire une nouvelle fois le Jihad contre les ennemis d’Allah et rappela à lui tous les soldats en envoyant les ordres nécessaires dans toutes les régions d’Égypte mais comme ils tardèrent à se présenter, le sultan envoya dans toutes les Wilaya des membres de sa garde spéciale, les ‘Iladajariyah, qui pendirent par les mains et pendant trois-jours, tous les Walis en punition pour ne pas avoir appliquer ses ordres avec la diligence requise pour la circonstance.    

Lorsque les troupes furent enfin rassemblées et prêtes, le sultan quitta la     ville du Caire, le premier jour du mois de Sha’ban pour camper à l’extérieur de la ville puis deux jours marcha sur Gaza. Les émirs al-‘Azizi et Sayf ad-Din Qalawoun à la tête d’une partie de l’armée, se rendirent alors dans la ville d’Awjah ou ils établirent leur camp tandis que le sultan Rouqn ad-Din Baybars se rendit à Khalil puis, à Bayt al-Maqdis. Il fit alors interdire l’entrée du sanctuaire d’al-Khalil aux gens de la Dhimmah qui précédemment était autorisé à le faire moyennant une somme exigée d’eux. La permission leur fut donc retirée depuis ce jour.

Le sultan se rendit près de ‘Ayn Jalout tandis qu’une partie des troupes campée à Homs pénétra sur le territoire des croisés puis assiégea et prit les forteresses d’al-Akrad, de ‘Arqah et d’al-Qal’at et les dévastèrent.

Lorsque le sultan reçut la nouvelle de ces succès, il envoya les émirs ‘Ala’ ad-Din al-Boundouqdari et ‘Izz ad-Din al-‘Iqan, à la tête d’un corps de troupes vers Tyr. Ces derniers pénétrèrent sur les terres des croisés, prirent un grand nombre de prisonniers et un immense butin. L’émir Itamish quand à lui fut envoyé à Sa’idah. Puis, le sultan se dirigea vers Acre et envoya les émirs Badr ad-Din ad-Damouri et Badr ad-Din al-Bayssari vers al-Qarn. L’émir Fakhr ad-Din al-Hamsi fut envoyé vers Jabal ‘Amilah et ainsi, les croisés se trouvèrent assaillit de toutes parts. Les Musulmans prirent un butin si immense qu’il n’y eut plus personne pour acheter un bœuf ou un animal. Ces actes hostiles des Musulmans s’étendirent de Tripoli jusqu’à Oursouf et l’armée du sultan vint camper devant Tyr. Quant au sultan, il resta près d’Acre et l’émir Nassir ad-Din al-Qaymari près de ‘Atlit pour empêcher les croisés de faire tout mouvement.

Le sultan visita alors la ville de Safad près d’Acre et fit revenir les troupes qu’il avait envoyées pour diverses missions. L’émir al-Baktash al-Fakhri rejoignit donc le sultan suivit des émirs al-Boundouqdari et ‘Izz ad-Din al-‘Iqan, à la tête de leurs corps respectifs.

 

La prise de Safad

 

Le sultan resta devant Acre jusqu’au retour de ses troupes et lorsqu’un grand nombre de machines de siège furent montées, il se mit en marche suivit par ses soldats tous en arme, avança près de la porte de la ville et s’arrêta sur la colline d’al-Foudoul. Ensuite, il se rendit à ‘Ayn Jalout puis, le lundi 8 du mois de Ramadan, il vint camper devant Safad et dressa le plan du siège auquel il participa physiquement en personne. D’autres engins envoyés de Damas arrivèrent dans le camp.

Le 26 de ce même mois, les catapultes, les mangonneaux et les autres engins enfin déployés et opérationnels débutèrent le pilonnage de la ville sous la surveillance du sultan qui se tenait se tenait constamment près des machines.

Les troupes d’Égypte et de la Syrie arrivèrent alors et occupèrent les quartiers qui leur avaient été assigné. La nuit précédant la fête de la rupture du jeûne, l’émir Badr ad-Din al-Aydamouri vint féliciter le prince quand il reçut une pierre sur la tête. Le sultan interdit à quiconque dans le camp de visiter ses amis à l’occasion de la fête ou de quitter son poste de peur que l’ennemi ne profite de la circonstance pour surprendre l’armée. Le jour de la rupture du jeûne, il fut annoncé que quiconque boirait du vin ou en apporterait dans le camp serait pendu.

Les attaques sur la ville de Safad reprirent le 2 du mois de Shawwal et les artificiers lancèrent le naphte. Le sultan promit aux équarisseurs que celui d’entre eux qui extrairait la première pierre de la muraille, recevrait trois cents pièces d’or de même que le second et jusqu’au dixième. Alors, il donna l’ordre à ses troupes de procéder aux assauts et y prit par en personne. Une sanglante bataille eut lieu ou un grand nombre de Musulmans trouvèrent le martyre et Allah sait mieux qui est martyre. Lorsqu’un Musulman tombait, son compagnon le tirait de côté et prenait sa place ainsi un grand nombre de mines furent creusés ou les sapeurs s’introduisirent suivit par le sultan qui distribua ce jour, une somme considérable d’argent et de nombreuses robes d’honneur. Il fit dresser une tente pour les médecins, les chirurgiens avec des boissons et des aliments ou étaient amené les blessés.

Le 8 de ce même mois, les attaques recommencèrent et dans la nuit du 14, un assaut fut donné qui se prolongea jusqu’à la mi-journée après qui, les troupes épuisées de fatigue se dispersèrent ce qui exaspéra profondément le sultan qui ordonna à ses proches d’aller dans les tentes de ses émirs et soldats et de lever à coup de massue. Il réprimanda durement les émirs, et leur dit : « Les Musulmans sont en danger et vous vous permettez de vous reposer, levez-vous donc ! » Puis, il en fit arrêter plus de quarante d’entre eux qu’il fit mettre au fer cependant, peu après sur l’intercession de leurs camarades, il leur rendit la liberté et leur ordonna de reprendre leurs postes. Les tambours furent lourdement battus et les attaques recommencèrent.

Les croisés demandèrent alors des conditions de reddition qui furent acceptées à condition qu’ils n’emporteraient avec eux ni armes, ni cuirasse, ni aucun objet d’argent, qu’ils ne détruiraient, ni par le feu, ni par la hache, aucun des objets qui se trouvaient dans la place. Les négociations se prolongèrent jusqu’au vendredi 18 du mois ou les étendards de l’Islam furent hissés sur les remparts et qui fut un jour de fête. Le sultan monté, se tint près de la porte de Safad et tous les croisés sortirent de la place et furent amenés devant lui. Il ordonna de les fouiller et on trouva sur eux, malgré leur engagements, des armes et des objets en argent ainsi qu’un grand nombre de prisonniers musulmans qu’ils emmenaient avec eux en prétendant qu’ils étaient chrétiens. Tous ceux qui furent trouvés avec des objets furent enfermés dans une tente. Les Musulmans prirent alors possession de la place. Le sultan nomma l’émir Majd ad-Din at-Touri, commandement de la citadelle et donna le gouvernement de la ville à l’émir ‘Izz ad-Din al-‘Alay.

Le lendemain matin, le sultan félicita ses troupes pour leur courage, s’excusa à ceux qui l’avait irrité et leur dit : « Ma seule intention était de stimuler votre ardeur et d’hâter la conquête et désormais nous serons amis. » Les prisonniers croisés furent exécutés et seul deux d’entre eux échappèrent, l’un pour rapporter à ses camarades son témoignage et l’autre qui se convertit à l’Islam. Le sultan se rendit alors dans la citadelle ou il fit transporter un immense stock de matériel de guerre. Il fit venir de Damas des hommes pour résider à Safad où il fit construire une mosquée dans la citadelle et dans la ville et alloua le revenu d’un village pour l’entretien du tombeau de Khalid Ibn al-Walid (qu’Allah soit satisfait de lui) à Homs.

 

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