CROISADES

Le sultan al-Malik al-Mou’azzam Touranshah se rend à Damas

 

Le sultan al-Malik al-Mou’azzam Touranshah Ghiyath Ad-Din Ibn al-Malik as-Salih Najm ad-Din Ayyoub Ibn al-Malik al-Kamil Ibn al-Malik al-‘Adil Abou Bakr Ibn Ayyoub Ibn Shadi Ibn Marwan quitta Hisn Kayfa pour Damas, le 11 du mois de Ramadan et campa à ‘Anah avec cinquante cavaliers de sa garde personnelle le jeudi 15 de ce même mois de l’année 647 de l’Hégire (1249). Puis le dimanche suivant, il reprit sa route     et se dirigea vers Damas en prenant le chemin de Samawat qui traversait le désert. Puis après avoir campé à al-Qoussayr il fit son entrée dans la ville de Damas le samedi 17 du mois de Ramadan et se rendit dans la citadelle. L’émir Jamal ad-Din se rendit devant lui et lui porta allégeance suivit par les émirs et c’est à partir de ce moment, qu’il fut considéré comme le sultan. Il distribua des vêtements d’honneur aux émirs, et leur distribua de si larges sommes d’argent qu’il dépensa tout ce qui se trouvait dans la citadelle de Dama, soit trois cent mille dinars. Quand il eut épuisé ces richesses, il fit en venir d’autre de Karak qu’il distribua aussi. Puis, il fit libérer les prisonniers qui avaient été détenues à Damas sur l’ordre de son père, al-Malik as-Salih.

 

Le mercredi 27 du mois de Shawwal, le sultan Touranshah quitta Damas pour l’Egypte et le Qadi al-Qoudat, Badr ad-Din as-Sinjari, sortit de la ville et le rencontra à Gaza et se mit en marche avec lui pour se rendre au Caire.

Le samedi, quatorze jours avant la fin du mois de Dzoul Qi’dah, al-Malik al-Mou’azzam se rendit dans le palais que son père avait habité et ce fut seulement à ce moment qu’on annonça officiellement la mort d’al-Malik as-Salih. Durant toute cette période, les affaires restèrent dans le même état, la tente d’al-Malik as-Salih et sa table étaient dressés comme d’habitude. Les émirs y prenaient leur service comme durant sa vie et Shajarah ad-Dour se chargeaient des affaires et elle continuait à dire : « Le sultan est malade et ne peut recevoir. ».

Cela dura ainsi jusqu’à l’arrivée d’al-Malik al-Mou’azzam Touranshah à as-Salahiyah ou il prit possession de l’empire d’Egypte. Les poètes composèrent des poésies en son honneur et plusieurs débats scientifiques eurent lieu en sa présence cat il était instruit versé dans les sciences et connaissait les fondements de la jurisprudence islamique.

Puis, al-Malik al-Mou’azzam Touranshah quitta Salahiyah pour Tilsana, campa à Manzala ath-Thalithah avant d’arriver à al-Mansourah, neuf jours avant la fin du mois de Dzoul Qi’dah, ou il fut rejoint par les Mamelouk et les émirs après être descendu dans le pavillon où habitait son père.

 

La capture de la flotte des croisés

 

Le camp des croisés était régulièrement ravitaillé de Damiette via le Nil. Les Musulmans construisirent un certain nombre de navires qu’ils transportèrent démontés à dos de chameau, jusqu’au lac de Mahallah dans lequel ils les lancèrent et qu’ils remplirent de soldats tandis que les eaux du Nil montait à cette époque.

Quand les vaisseaux des croisés arrivèrent dans le lac de Mahallah, les navires musulmans embusqués fondirent sur eux et les attaquèrent en les prenant par surprise. Au même moment, la flotte musulmane arriva à al-Mansourah si bien que tous leurs navires furent capturés et ils étaient au nombre de cinquante-deux. Lors de cette bataille navale les croisés perdirent environ mille hommes et les Musulmans s’emparèrent de tous les provisions et les munitions qu’ils transportaient tandis que les prisonniers furent amenés au camp montés sur des chameaux.

Ainsi, les croisés dans leurs camps furent coupés de leurs approvisionnements de Damiette et commencèrent à souffrir de la faim.

 

Le 1 du mois de Dzoul Hijjah, les croisés capturèrent sept navires de la flotte qui patrouillaient dans le lac Mahallah cependant, les équipages purent s’échapper en se jetant à l’eau.

 

 

Le jour d’Arafat, des navires chargés de provisions destinées aux croisés arriva et la flotte musulmane captura trente-deux vaisseaux dont neuf de guerre ce qui eut pour conséquence d’aggraver leurs conditions si bien que les croisés envoyèrent des messagers au sultan pour conclure une trêve. Les Musulmans leur proposèrent de rendre la ville de Damiette en échange de Jérusalem et d’autres villes de Palestine mais ils refusèrent ces conditions.

 

Le vendredi, trois jours avant la fin du mois de Dzoul Hijjah, les croisés brulèrent toutes les constructions de bois de leur camp et détruisirent leurs navires avec l’intention de se retirer à Damiette et l’année prit fin alors qu’ils se trouvaient encore dans leur camp.

 

Cette année aussi, un groupe de Tatars marcha sur Baghdad et ravagèrent le pays poussant les habitants à s’enfuirent devant eux.

 

 

La bataille d’al-Mansourah et le retour de Damiette aux Musulmans

 

Durant la nuit du mardi au mercredi 3 du mois de Mouharram de l’année 648 de l’Hégire (1250), les croisés quittèrent leur camp et se dirigèrent vers Damiette précédés par leurs navires sur le Nil. Les Musulmans les poursuivirent après avoir traversé sur la rive qu’ils occupaient.

A l’aube du mercredi, les Musulmans avaient totalement encerclés les croisés qu’ils assaillirent et tuèrent un grand nombre d’entre eux et prirent un aussi grand nombre de prisonniers. Les Musulmans prirent un butin considérable et une centaine d’entre eux tombèrent au cours de la bataille

Au cours de cette bataille, les Mamalik Bahri commandés par l’émir Baybars al-Boundouqdari combattirent le plus férocement. Le roi de France, accompagné d’un certain nombre de nobles se réfugièrent sur une colline et finirent par capituler. La vie sauve leur fut garantie et ils descendirent de la colline puis furent emmenés à al-Mansourah ou le roi de France fut enchaîné et interné avec son frère dans la maison du Qadi Fakhr ad-Din Ibrahim Ibn Louqman. Soubh al-Mou’aththami fut chargé de leur garde.

Le sultan al-Malik al-Mou’azzam ordonna alors à l’émir Sayf ad-Din Youssouf Ibn at-Taradi, d’exécuter tous les prisonniers croisés, ce qu’il fit après un certain temps du fait de leur grand nombre.

 

Plus tard après l’assassinat du sultan al-Malik al-Mou’azzam, l’émir Abou ‘Ali fut charger de se rendre chez le roi de France pour la reddition de Damiette et après plusieurs entretiens, il fut décidé que les croisés quitteraient Damiette et que le Roi de France serait libre de retourner dans son pays quand il aurait payé la moitié de la somme qui avait été fixée pour sa rançon.

Le roi de France envoya une lettre aux croisés qui se trouvaient à Damiette en leur ordonnant de rendre la ville aux Musulmans mais ils refusèrent. Le roi insista et les étendards de l’Islam flottèrent une nouvelle fois sur les remparts et le témoignage de Foi retentit dans les mosquées.

Les croisés occupèrent Damiette onze mois et neuf jours. Quand le roi versa quatre cent mille dinars pour sa rançon, il retrouva la liberté en même temps son frère, son épouses, ses compagnons et les prisonniers qui étaient détenus à Misr et au Caire soit 12 110 individus qui gagnèrent tous la rive occidentale du Nil et s’embarquèrent pour Acre.

 

Jamal ad-Din Ibn Matrouh écrivit ces vers au sujet de cette expédition :

« Rapporte au roi de France quand tu te présenteras devant lui, ces paroles véridiques d’un bon conseiller.

Qu’Allah te prodigue Ses bienfaits pour te récompenser d’avoir fait tuer les adorateurs de Jésus, le Messie !

Tu allas en Egypte pour t’emparer de ce royaume n’espérant y trouver que des flûtes et des trompettes.

Mais le Destin t’amena vers des multitudes dont le nombre te fit paraître l’immensité bien étroite.

Et tu précipitas avec tes beaux plans tous tes compagnons dans les profondeurs du tombeau.

Sur soixante-dix mille, pas l’un d’entre eux ne sera vu hormis sinon tué, prisonnier ou blessé.

C’est incontestablement Allah qui t’a inspiré un tel projet ! Peut-être bien que Jésus rira de votre débâcle.

Si c’est le pape qui vous a incités à faire cette expédition,

Prenez-le comme devin, car il est pour vous un meilleur conseiller que Shik ou Satih.

Dis-leur que s’ils pensaient à revenir pour se venger de cette défaite ou pour commettre encore quelque vile action,

La maison d’Ibn Louqman est toujours là et les chaînes chez l’eunuque Soubh. »

 

La nouvelle croisade et de la mort du roi Louis IX en Ifriqiyah

 

Quand le roi de France retrouva la liberté et retourna dans son pays, il décida d’attaquer la ville de Tunis en Ifriqiyah. Comme la ville était puissamment défendu, il écrivit aux rois d’Europe pour les appeler à la guerre et demanda de l’aide au pape pour les pousser à répondre à son invitation. Le pape écrivit donc aux souverains chrétiens et leur ordonna de partir en campagne avec le roi de France à qui il permit d’utiliser les biens des églises selon ses besoins pour cette nouvelle croisade. Le roi d’Angleterre, de Barcelone ou le roi d’Aragon ainsi que plusieurs autres princes chrétiens répondirent à son appel.

 

Le sultan et roi de Tunis Abou ‘Abd-Allah-Muhammad al-Moustansir Billah Ibn al-Amir Abou Zakariyyah Yahya Ibn ash-Sheikh Abou Muhammad ‘Abdel-Wahid Ibn ash-Sheikh Abou Hafs ‘Omar, se prépara pour faire face à la menace mais lui envoya toutefois des messagers pour lui demander la paix et lui offrir quatre-vingt-mille dinars. Le roi de France prit l’argent mais refusa sa demande et arriva donc devant Tunis le dernier jour du mois de Dzoul Qi’dah de l’année 668 de l’Hégire (1269).

Il débarqua à Carthage avec 6 000 cavaliers et 30 000 fantassins ou il resta environ six mois. Durant cette période, les Musulmans livrèrent vaillamment un certain nombre de bataille jusqu’au milieu du mois de Mouharram de l’année 669 de l’Hégire et au cours desquelles, un nombre considérable d’hommes périt des deux côtés. Les Musulmans étaient sur le point de remporter la victoire quand un matin, le roi mourut. Les Chrétiens demandèrent aussitôt la paix et quittèrent le pays.

 

La destruction et la reconstruction de Damiette

 

Quand les Musulmans prirent possession de Damiette, la bonne nouvelle fut transmise au Caire, à Misr et dans toutes les parties de l’Egypte. Les tambours furent battus et les troupes revinrent au Caire, le jeudi 9 du mois de Safar.

 

 

L’émir Izz ad-Din Aybak épousa la sultane Shajarah ad-Dour le 29 du mois de Rabi’ Thani. Cette princesse abdiqua volontairement et elle descendit du trône après avoir régné durant quatre-vingt jours.

 

Le 19 du mois de Sha’ban de l’année 648 de l’Hégire (1250), après une décision adoptée par les membres du gouvernement, débuta la démolition de Damiette et un très grand nombre d’ouvriers quitta Le Caire pour la circonstance. Les murailles furent abattues et la ville entièrement rasée à l’exception de la grande mosquée tandis que les pauvres habitants se construisirent des maisons de roseaux le long du Nil. Le plan d’une nouvelle enceinte fut tracé sur l’emplacement de la ville actuelle de Damiette.

 

Ainsi prirent fin la septième et huitième croisade au Levant et au Maghreb.

 

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