CROISADES

L’appel au Jihad

 

Cependant dès que les croisés soupçonnèrent la mort du sultan, ils sortirent de Damiette et campèrent à Fariskour accompagnés par leurs navires sur le Nil. Puis le jeudi cinq jours avant la fin du mois de Sha’ban, ils quittèrent Fariskour et le vendredi suivant, une lettre venant du camp des Musulmans arriva au Caire dans laquelle le peuple était invité à combattre dans la voie d’Allah et qui commençait par ce verset : « Légers ou lourds, lancez-vous au combat, et luttez avec vos biens et vos personnes dans la voie d’Allah. Cela est meilleur pour vous, si vous saviez. » (Qur’an 9/41)

Cette lettre qui était éloquente et qui contenait des exhortations pressantes fut lue aux gens depuis la chaire de la grande mosquée du Caire et quand sa lecture fut achevée, les gens pleurèrent puis, les villes du Caire et de Misr furent désertées par ces derniers qui rejoignirent l’armée. Un nombre considérable de gens arrivèrent dans le camp des troupes musulmanes pour combattre les croisés.

 

Le mardi 1 du mois de Ramadan de cette même année, une bataille eut lieu entre les Musulmans et les croisés ou ‘Ala ad-Din l’émir du Majlis trouva le martyre et un grand nombre de croisés furent tués. Ces derniers se rendirent alors à Sharimsah ou ils établirent leur camp.

 

Le lundi 7 de ce même mois, les croisés vinrent camper à al-Barmoun tout près de l’armée musulmane.

 

Les croisés établissent leur camp à al-Mansourah

 

Le dimanche 13, les croisés arrivèrent à l’extrémité de la rive de Damiette et ils établirent leur camp face à al-Mansourah, séparés des Musulmans par le canal d’Ashmoum tandis que les fils d’al-Malik an-Nassir Daoud, le souverain de Karak se trouvait sur la rive occidentale avec un corps de l’armée.

Les croisés fortifièrent alors leur camp qu’ils entourèrent d’un fossé avant d’activer leurs mangonneaux qui bombardèrent le camp des Musulmans de projectiles. La flotte croisée jeta l’ancre près du camp de ces derniers tandis que celle des Musulmans se trouvait devant al-Mansourah. Les deux armées s’affrontèrent tant sur terre que sur le Nil et le mercredi 16, six cavaliers passèrent dans le camp musulman et leur firent savoir que la situation des croisés devenait précaire.

Le jour de la Fête de ‘Id al Fitr (la rupture du jeûne), un comte qui était un parent du roi de France fut pris prisonnier. Les combats se poursuivirent et pas un jour ne passa sans que des croisés ne soient tués ou prit prisonniers. Quand les Musulmans harcelaient les croisés, ces derniers se jetaient à l’eau et retournaient sur la rive ou se trouvait de camp de leur armée. Les Musulmans s’exercèrent alors à toutes les ruses possibles pour s’emparer des croisés comme ce Musulman qui creusa un melon de manière à s’en coiffer puis après s’être mit à l’eau il nagea jusqu’à ce qu’il fut tout près des croisés qui crurent que c’était un melon qui venait vers eux. L’un d’entre eux se jeta dans le fleuve pour l’attraper mais le Musulman s’empara de lui et regagna à la nage, avec son prisonnier, le camp des Musulmans.

 

Le mercredi 7 du mois de Shawwal, les Musulmans s’emparèrent d’un navire dans lequel se trouvaient environ cent fantassins croisés et un comte.

 

Le vendredi 15 de ce même mois, les croisés montèrent à cheval mais les Musulmans les attaquèrent et tuèrent quarante d’entre eux.

 

Le vendredi, troisième jour de Dzoul Hijjah ( ? le texte dit du même mois de Shawwal), soixante-sept prisonniers croisés dont trois templiers arrivèrent au Caire.

 

Le jeudi, 22 de ce mois, un grand navire croisé fut incendié sur le Nil ce qui renforca le moral des Musulmans.

 

Les croisés pénètrent dans le camp musulman

 

Cependant, le mardi 5 du mois de Dzoul Qi’dah, la situation se renversa quand un traître musulman montra aux croisés un passage praticable dans le canal d’Ashmoum et les troupes musulmanes qui ne craignaient aucune attaque furent sidérés de trouver les croisés au milieu de leur camp. Les cris des soldats parvinrent jusqu’à l’émir Fakhr ad-Din qui prenait son bain et lui apprirent que les croisés avaient envahi le camp des Musulmans. Il sortit alors de son bain et sauta sur son cheval sans revêtir son armure et ordonna aux soldats de monter à cheval, il partit se rendre compte de la situation. Accompagné seulement de quelques Mamelouk, il fut intercepté par un groupe de templiers qui se jetèrent sur lui tandis que ses hommes s’enfuirent et l’abandonnèrent. Bien que l’émir résista, il fut transpercé par un coup de lance et les épées croisées l’achevèrent. Qu’Allah lui fasse miséricorde !

 

Mille-quatre-cent chevaliers croisés sous le commandement du frère du Roi de France marchèrent alors sur Jadilah et lorsque l’émir Fakhr ad-Din fut tué, les croisés se ruèrent dans al-Mansourah devant qui les troupes musulmanes vaincues s’enfuirent dans toutes les directions.

 

Baybars al-Boundouqdari

 

Alors que le roi de France allait s’approcher de la porte du palais du sultan, Allah par Sa miséricorde protégea les Musulmans du malheur qui les menaçait. Un groupe de Mamelouk Turcs Bahri et Jamdari sous le commandement de l’émir Baybars al-Boundouqdari se jetèrent sur les croisés, les repoussèrent, brisèrent leur cohésion et les chassèrent de la proximité du palais puis, quand ces derniers s’enfuirent, les Mamalik se saisirent de leur masse d’arme et se lancèrent à leur poursuite et tuèrent un très grand nombre d’entre eux et n’était-ce le pont par lequel le reste s’enfuit pas l’un d’entre eux n’aurait échappé à la mort.

Après la bataille qui fut livrée dans les ruelles d’al-Mansourah et sous le couvert de la nuit, les croisés s’enfuirent en désordre à Jadilah, où se trouvait leur campement fortifié. Cette bataille fut le début des victoires que les Musulmans allaient remporter sur les croisés.

 

Au moment où les croisés envahirent le camp d’al-Mansourah, des pigeons apportèrent la nouvelle au Caire qui terrifia les habitants. Les gens et les soldats abandonnèrent alors leurs villages et vinrent se réfugier au Caire ou les portes furent laissés ouvertes durant les nuits du mardi et du mercredi pour leur permettre d’entrer. Cependant, à l’aube du mercredi, ils reçurent les nouvelles de la victoire des Musulmans sur les croisés. Le Caire fut aussitôt décorée et les tambours furent battus dans la Citadelle de la Montagne ce qui causa une immense joie aux habitants. Par ordre de Shajarah ad-Dour, l’armée resta toutefois sur ses positions.

 

L’émir Fakhr ad-Din Youssouf Ibn ash-Sheikh al-Masha’ikh gouverna soixante-quinze jours en Egypte après la mort du sultan al-Malik as-Salih. Le jour où il fut tué, ses Mamelouk et plusieurs des émirs pillèrent sa demeure. Ils brisèrent ses coffres et prirent toutes ses richesses, ses chevaux et incendièrent la maison.

 

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