CROISADES

La défaite des croisés à al-Mansourah

 

Lorsque les espions de l’émir des Musulmans Fakhr ad-Din Ibn Sheikh l’informèrent de la traversée des croisés, il ordonna à son armée de se préparer et il sortit à la rencontre des croisés mais il tomba dans une embuscade préparée par les templiers et fut tué. Sa mort aurait dû être un élément favorable pour la victoire des croisés mais par la grâce d’Allah Exalté à lui les Louanges et la Gloire, Robert d’Artois, croyant que les Musulmans étaient finis, donna l’assaut sur al-Mansourah sans attendre le reste de l’armée croisée qui n’avait pas encore traversée.

Robert d’Artois plongea dans les rangs de l’armée musulmane réorganisée par le commandant Baybars al-Boundouqdari un Mamalik as-Salahiyah, un corps d’élite créé par le défunt al-Malik as-Salih Najm ad-Din pour sa garde rapprochée, qui tint héroïquement (inqibad al-oussoud) sa position et empêcha les croisés d’aller plus en avant en tuant plus de 1 500 d’entre eux dont le comte d’Artois, un nombre importants de commandants et 258 chevaliers templiers et seuls cinq templiers survécurent à cet assaut brisé.

Cette bataille fut appelée la seconde bataille d’al-Mansourah, la première étant celle ou se soumit Jean de Brienne.

 

Louis IX ordonna alors de construire un pont en bois pour lui permettre de traverser de nouveau la rivière ou l’attendait les lions de l’Islam de ces jours antiques, al-Mamalik as-Salahiyah, rejoint par le reste de l’armée musulmane, l’infanterie (al-moushat), la force bédouine et les volontaires qui chargèrent d’un seul homme telle une puissante vague impétueuse et destructive (oujouman shamikhan) les croisés mais rapidement leur roi émérite réorganisa ses forces et fit courageusement face aux Musulmans en tenant ferme sa position si bien que les croisés furent capable de briser leur élan submergeant (oujoum sahiq) et les repousser alors que les voiles de la nuit s’apprêtait à recouvrir de son noir linceul le champ de bataille jonché des corps tombés tandis que les Musulmans opérèrent un retrait dans la forteresse d’al-Mansourah.

Si le roi français réalisa un exploit en repoussant l’assaut des Musulmans qui avaient attaqué au moment le plus opportun alors que les forces croisées traversaient le pont, c’est au prix d’un grand nombre de tués qui mina le moral de leurs survivants d’autant plus que les Musulmans allaient recevoir vingt-sept jours plus tard l’arrivée de renforts en la personne d’al-Malik al-Mou’addam Touran Shah qui arriva au mois de Dzoul Qi’dah de cette même année 647 de l’Hégire (1249).

 

La bataille de Fariskour et la capture de Louis XI

 

Lorsqu’al-Malik al-Mou’addam Touran Shah arriva, il ordonna de transporter des pièces de navires démontés sur le dos de chameaux et de les jeter dans le confluent principal venant de Damiette pour empêcher les croisés de recevoir des renforts et des provisions. Puis, les navires musulmans donnèrent l’assaut sur la flotte croisée et purent en un seul jour détruire 52 de leurs navires qui transportaient leur logistique de guerre et leurs provisions.

Si Louis IX fit l’erreur de suivre exactement le même parcours de la cinquième croisade, il ne tira certainement pas leçon de la défaite de Jean de Brienne, l’orgueil a de bien qu’il aveugle la raison ! Quant aux Musulmans à peu de choses près, ils utilisèrent aussi la même tactique qui avait repoussé la cinquième croisade.

 

Avec la destruction de sa flotte navale et le catastrophique emplacement de son camp, Louis IX réalisa alors pleinement l’erreur qu’il avait fait et qu’il s’était coupé de toute voie de retrait, acculé. Il demanda alors un arrangement aux Musulmans en oubliant le lettre qu’il leur avait précédemment envoyé ou il disait : « Les Musulmans d’Andalousie nous envoient des cadeaux et nous les conduisons comme des vaches. Nous tuons leurs hommes, nous faisons de leurs femmes des veuves et nous violons leurs filles et leurs enfants » et le commandant musulman al-Malik al-Mou’addam Touran Shah ne lui trouva aucune circonstance atténuante et refusa sa demande.

Les forces croisées tentèrent alors de s’enfuir par où ils étaient venus mais ils furent assaillis par les Musulmans et l’immense force croisée se vit encore diminuée mais plusieurs milliers d’entre eux réussirent en compagnie du roi à se retirer à Fariskour ou le roi tomba gravement malade, ravagé tant par le climat que l’immense désespoir qui s’abattit sur lui convaincu qu’il était d’entendre les clairons de l’apothéose après sa sainte victoire mais Allah Exalté déteste les tyrans orgueilleux et leur fait mordre la poussière en ce monde avant le jugement final ou leur châtiment sera ignominieux.

Les Musulmans choisirent de nouveau l’opportunité psychologique et donnèrent l’assaut sur le reste des forces croisées dont certains furent tués mais la plupart d’entre eux furent fait prisonniers et ainsi le fier et orgueilleux roi fanatique Louis IX « le saint » qui rêvait de violer les jeunes enfants musulmans se retrouva enchainé, humilié et craintif entre les mains de ceux qu’il rêvait d’égorger ! Sous les carcans et les chaines, il fut conduit dans la forteresse d’al-Mansourah Nassaraha Allah, enfermé dans la maison du Qadi Fakhr ad-Din Ibrahim Ibn Louqman (cette maison existe toujours de nos jours) et confié à la garde d’at-Tawashi Jamal ad-Din.  

Et ainsi finit la septième croisade dans le pire des scénarios pour les croisés.

 

La triste fin du dernier sultan des Ayyoubi d’Egypte al-Malik al-Mou’addam Touran Shah

 

Malheureusement après cette célèbre bataille décisive, la grande bataille de Fariskour, qui vit la destruction de l’armée croisée et l’emprisonnement de Louis IX le croisé, les Mamalik tuèrent al-Malik al-Mou’addam Touran Shah Ibn Najm ad-Din Salih Ayyoub a qui pourtant ils avaient porté allégeance.

Il fut tué le 27 Mouharram de l’année 648 de l’Hégire (1250) et les raisons de sa mort se sont pas dues au fait qu’il était préoccupé par le pouvoir mais à cause de ses mauvaises habitudes de boire du vin et que le vin délie la langue. Lorsqu’il était ivre, il menaçait de mort les Mamalik Bahriyah et il dégainait son sabre et tranchaient les bougies les unes après les autres en leur donnant les noms de ceux des Mamalik qui étaient sur sa liste de personne à éliminer et disaient : « C’est ainsi que je leur ferais. » Il accusait aussi l’épouse de son père Shajarah ad-Dour, la brave et puissante femme, de lui avoir caché les biens de son père si bien qu’ash-Shajarah ad-Dour et les Mamalik décidèrent de l’éliminer. ‘Izz ad-Din Aybak le Turcoman le frappa de son sabre mais ne réussit qu’à trancher certains de ses doigts. Al-Malik al-Mou’addam Touran Shah réussit à s’enfuir et se réfugia dans une cabane de bois sur le Nil cependant, les Mamalik le poursuivirent, l’encerclèrent et incendièrent la cabane ce qui le fit sortir en appelant au secours l’envoyé du calife abbasside qui visitait l’Egypte en ces jours. L’envoyé tenta de le protéger sans succès et Touran Shah se jeta dans le Nil toujours poursuivit et tenta d’échapper à ses poursuivant en plongeant sous l’eau retenant sa respiration mais lorsqu’il remonta pour respirer Baybars al-Boundouqdari le frappa de son sabre qui le transperça et le tua. Puis, ils le tirèrent sur la rive ou ils abandonnèrent le corps du dernier sultan Ayyoubi ou il resta trois jours avant d’être enterré et ce fut une triste fin pour la dynastie des Ayyoubi d’Egypte. Qu’Allah Exalté nous préserve d’une mauvaise fin !

 

La libération de Louis IX

 

Suite à la mort de Touran Shah, des tractations furent entreprises entre les musulmans vainqueurs et les croisés défaits pour le départ des croisés de Damiette, leur (fausse) promesse de ne plus attaquer l’Egypte et la libération des prisonniers musulmans tandis que les Musulmans promirent de relâcher certains prisonniers et tous les prisonniers si 300 000 dinars leur était versés ainsi qu’un traité de paix pour une validité de 10 années.

 

Le roi croisé catholique fanatique, fils de la reine Blanche aussi une catholique fanatique, quitta Damiette pour Acre, la capitale du royaume latin de Bayt al-Maqdis, ou il arriva au mois de Safar de l’année 648 de l’Hégire (1250) ou il fut accueilli glorieusement pas les croisés de Palestine où il resta quatre années après avoir laissé le pouvoir en France à sa mère Blanche de Castille et où il devint le chef incontesté de tous les croisés de Syrie.  

Louis IX fit alors fortifier toutes les villes croisés tandis que pendant ce temps les Mamalik d’Egypte étaient en conflit avec les Ayyoubi de Syrie et leurs différents atteignirent de tels sommets que les deux partis proposèrent au roi fanatique défait de s’allier à eux pour combattre l’autre et chacun proposa de lui remettre les terres musulmans Bayt al-Maqdis et la libération de tous les prisonniers croisés et il n’y a de Force et de Puissance qu’en Allah Exalté.

 

Ce que je remarque et ce qui reste extraordinaire, n’était-ce la grâce d’Allah à Lui les Louanges et la Gloire sur Ses serviteurs, faisant abstractions des dommages collatéraux, c’est que malgré leurs dissensions les Musulmans s’en sortirent toujours à bon compte lors de ces croisades !

Et là encore, la miséricorde d’Allah Exalté à Lui les Louanges et la Gloire va jouer une nouvelle fois en faveur de Ses serviteurs qui vont de nouveau s’unifier sous l’étendard du Tawhid et combattre de nouveaux leurs véritables ennemis et ceux d’Allah, les croisés.

 

L’alliance des croisés avec les hashashiyine et les Mongols

 

Alors que Louis IX était présent en Syrie, il signa un traité de paix entre les croisés et la secte des hérétiques al-hashashiyine, les maudits ismaéliens nizzariyah battiniyah sous le commandement de leur chef Sheikh al-Jabal, qui comblaient de cadeaux les templiers et les hospitaliers et massacraient les Musulmans, ainsi qu’avec les Mongols contre les Musulmans cependant ce dernier accord ne put être entériné à cause d’une des clauses du traité qui demandait au roi français de se convertir à la religion des Mongols ce qu’il refusa.

Il y avait toutefois une entente entre les croisés et les Mongols puisque le pape Innocent IV leur envoya un messager pour leur proposer de s’allier avec eux pour combattre les Musulmans et leur proposa même d’adorer la croix mais ils refusèrent et préférèrent rester sur le chamanisme et le culte des morts. Les Mongols proposèrent aussi au pape de suivre leurs coutumes s’il voulait qu’ils envisagent sa demande. Mais le pape tenait chèrement à sa croix d’or et refusa aussi de devenir un chamane[2] bien qu’ils aient en commun les génocides à large échelle. Les Chrétiens signeront toutefois et plus tard de nombreuses alliances avec les Tatars contre les Musulmans (Voir notre appendice).

 

‘Izz ad-Din Aybak, le nouveau sultan d’Egypte

 

Après la mort de Touran Shah, et nous rappelons que l’Egypte était non seulement le grenier du monde islamique mais aussi son principal bastion militaire et si nous insistons sur ce point c’est que nous sommes convaincu que l’Egypte est un pays clef de l’Islam et que son importance n’a pas diminué de nos jours et qu’il est toujours sujet de convoitise au regard de toutes les expéditions militaires qui furent menés contre ce pays et que l’Egypte c’est aussi le canal de Suez donc un pays stratégique et vital en plus d’une route incontournable, les Mamalik Bahriyah (Mamalik) désignèrent leur commandant ‘Izz ad-Din Aybak le Turcoman nouveau sultan d’Egypte et le surnommèrent al-Malik al-Mou’iz avant de marcher sur la capitale où ils le lièrent à un enfant de dix ans des Bani Ayyoub nommé Mouzaffar ad-Din Moussa Ibn Youssouf Ibn Iqsis Ibn Kamil Muhammad qu’ils surnommèrent al-Malik al-Ashraf et firent de ‘Izz ad-Din Aybak son commandant des forces égyptiennes pour montrer qu’ils étaient toujours soumis aux Bani Ayyoub. Ils envoyèrent des messagers en Syrie pour demander aux commandants de porter allégeance au nouveau sultan mais personne d’entre eux ne le fit.

Al-Malik al-Ashraf et ‘Izz ad-Din Aybak restèrent donc sultan de la seule Egypte et Shajarah ad-Dour Oum Khalil fut informée de tous ces évènements. Elle épousa par la suite ‘Izz ad-Din Aybak et dirigea réellement l’Egypte.

 

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