CROISADES

La septième croisade et l’occupation de Damiette

 

Le roi français Louis IX (9), qui était un roi croisé fanatique et surnommé « le saint (al-qaddis »     était gravement malade avant la tenue du colloque chrétien et avait promis s’il guérissait de participer à cette nouvelle croisade si bien que lorsqu’il guérit, il se prépara en conséquence pour la guerre sainte. Les forces réunies pour cette croisade étaient tellement considérables qu’il fallut trois années pour finir les préparatifs et ce n’est qu’alors qu’il quitta la France avec ses armée, son épouse, ses frères Robert d’Artois et Charles d’Anjou au mois de Joumadah Awwal de l’année 646 de l’Hégire (1248) et se dirigea vers la Sicile ou il resta jusqu’au mois de Safar de l’année 647 de l’Hégire (1250). Puis il s’embarqua de nouveau et sa prodigieuse flotte se dirigea vers Damiette qu’il occupa ce même mois après la résistance d’une petite force musulmane qu’il détruisit.

Les Arabes des Bani Kinanah avaient été chargé par Najm ad-Din Ayyoub de s’opposer aux croisés mais ils s’enfuirent dès qu’ils virent arriver ces derniers en laissant les portes de la ville ouvertes. Lorsque le roi fanatique croisé prit Damiette, il envoya une lettre menaçante et prometteuse à Najm ad-Din Ayyoub dans laquelle il dit : «  Les Musulmans d’Andalousie nous envoient des cadeaux et nous les conduisons comme des vaches. Nous tuons leurs hommes, nous faisons de leurs femmes des veuves et nous violons leurs filles et leurs enfants. » De même, il lui dit dans cette lettre qu’il attaquerait quoi que fasse le sultan comme soumission et obéissance.

Ces paroles furent écrites par Louis IX (9) le fanatique, Louis le Saint, Louis le roi français croisé, Louis le fils de Blanche, la reine de Castille. Louis de France qui poussa ses frères castillans de détruire et d’égorger les Musulmans en Andalousie, les Castillans qui furent interdit pas le pape de participer aux croisades du Levant mais de conduire leur croisade en Andalousie pour chasser les Musulmans. Et nous avons déjà mentionné cela dans notre Abrégé de l’Histoire du Maghreb et de l’Andalousie.       

Lorsque sa lettre parvint chez le sultan musulman al-Malik as-Salih Najm ad-Din Ayyoub Ibn Kamil qui était malade dans son lit, il fut saisit d’une violente rage et demanda d’écrire une lettre réponse à l’outrageante lettre du roi mécréant.

 

Les croisés saisirent l’important matériel militaire qui se trouvait dans la forteresse et transformèrent la mosquée de Damiette en église à qui ils donnèrent le nom de l’église de Marie. Les croisés et Louis restèrent cinq mois dans la forteresse à attendre l’arrivée de son frère le comte Alfonsh qui ramenait des renforts et la logistique de guerre que le roi avait fait demandé.

 

Lorsque les gens qui s’enfuirent de Damiette arrivèrent à Ashmoum dans le Delta ou se trouvait de sultan Najm ad-Din dont la maladie s’aggrava, il ordonna de saisir tous ceux des Bani Kinanah qui s’étaient enfuis devant les croisés parce qu’ils étaient les gardiens de la ville et chargés de sa défense, et de les fouetter. Les Turcomans furent aussi traités de lâches si bien que ces derniers pensèrent qu’ils allaient être traités comme ceux de Kinanah et décidèrent de tuer al-Malik as-Salih Najm ad-Din Ayyoub mais leur ainé Fakhr ad-Din leur dit : «  Il a une raison (malade), laissez-le mais s’il guérit, chargez-vous de lui ».

Cependant la maladie du sultan empira et ils l’emmenèrent dans la forteresse d’al-Mansourah proche de Damiette et bâtie par son père al-Kamil Muhammad. Puis ils demandèrent un supplément de renforts du Caire qui arriva par voie maritime transportant des combattants, des provisions et du matériel de guerre pour faire face aux croisés venus en nombre immense.

Les Musulmans attaquèrent alors les croisés qui avaient quitté Damiette et traversé le confluent, laissant derrière eux femmes, enfants et les incapables de combattre. Les Bédouins du Nil menèrent aussi une guerre-éclair (blitz) sur les croisés avant de se retirer aussi rapidement avec un grand nombre de prisonniers tandis que tous les prisonniers croisés capturés étaient envoyé au Caire.

 

Les renforts arrivèrent avec le comte Alfonsh de Poitiers et les croisés tirent aussitôt un conseil de guerre ou ils décidèrent d’attaquer la capitale de l’Egypte c’est pourquoi ils traversèrent sur la rive orientale du Nil et marchèrent sur la capitale où ils commencèrent à déverser leur rage au mois de Sha’ban de l’année 647 de l’Hégire (1249).

 

Shajarah ad-Dour

 

Le sultan al-Malik as-Salih Najm ad-Din Ayyoub Ibn Kamil décéda trois jours après et son épouse Shajarah ad-Dour, par la grâce d’Allah à Lui les Louanges et la Gloire, se conduisit intelligemment et joua un grand rôle dans ce difficile moment en tenant sa mort cachée. Elle ne dévoilât le secret qu’à deux commandants Tawashi Jamal ad-Din Mouhsin Salahi et Fakhr ad-Din Ibn Sheikh qui était les membres les plus importants de l’état après le sultan. L’information fut donc cachée au peuple et aux soldats pour éviter les conséquences funestes qu’une telle information pourrait engendrer d’autant plus que les ennemis d’Allah cognaient aux portes de la ville.    

Puis Shajarah ad-Dour tint un conseil de guerre ou tous les commandants et chefs furent invités et à qui elle dit : « Le sultan vous ordonne de lui renouveler le serment d’allégeance et après lui à son fils al-Mou’addam Touran Shah[1] ainsi, que d’obéir à l’émir Fakhr ad-Din Ibn Sheikh, le commandant général des armées égyptiennes. » Puis elle fit envoyer un     messager à Aqtaï le commandants des forces Mamalik navales et lui ordonna de se rendre d’urgence à la forteresse d’al-Mou’addam Touran Shah et de se placer sous ses ordres.

 

La route prise par les croisés

 

Les croisés prirent pied sur la rive orientale du Nil depuis leur quartier général de Damiette au nord de l’Egypte et se dirigèrent vers la capitale sur une route entourée par trois voies maritimes. Et pour parvenir au Caire, le passage par al-Mansourah, la ville garnison de l’armée égyptienne, était obligatoire. Les croisés à terre étaient soutenus par leur flotte qui transportait le matériel de guerre et qui naviguait en même temps sur les voies d’eau.

D’al-Mansourah, l’armée égyptienne entreprit d’harceler les croisés en mouvement sous la forme d’attaque et de retraits rapides sans pourtant provoquer d’affrontement majeur mais en leur causant régulièrement des dommages et des pertes jusqu’à l’arrivée des croisés à la fin de la presqu’ile de Damiette et seul la rivière d’Ashmoum, un large affluent du Nil, les séparaient désormais des Musulmans et, protégés par les voies d’eau au sud, au nord et à l’ouest ou les navires croisés jetèrent l’ancre, le roi français ordonna d’établir le camp à cet endroit et de l’entourer d’un fossé de protection qu’il fit remplir d’eau pour éviter d’être attaqué par l’est, la seule voie d’accès terrestre (et qui n’est pas sans rappeler la disposition des armées romaines lors de la bataille décisive de Yarmouk).

Puis Louis IX traversa l’Ashmoun près de sa source (un gué ? makhada) appelée Makhada Salamoun qui lui fut montrée par les habitants de Makhada, des Chrétiens égyptiens comme l’a rapporté l’historien musulman al-‘Ayni dans son livre ‘Aqd az-Zaman fit-Tarikh ahl az-Zaman édité aux Editions Dar al-Koutoub al-Masriyah.

 

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