CROISADES

Chapitre Huit

 

 

L’appel du pape pour la nouvelle croisade et la violation du traité

 

Alors que les Ayyoubi étaient profondément divisés et luttaient entre eux pour le pouvoir en Egypte et en Syrie, le traité de paix signé en l’an 626 de l’Hégire (1228) entre les croisés et les Musulmans prit fin au mois de Rabi’ Awwal de cette année et profitant de la division des Musulmans le pape Grégoire IX appela de nouveau à la guerre sainte contre les terres des Musulmans en Syrie et à la levée d’une nouvelle croisade.

Les Français répondirent les premiers comme ils furent toujours à la tête des croisades comme nous l’avons témoigné et à leur tête le comte de Champagne Fibourt IV (?) qui fut le premier à débarquer à Acre au mois de Mouharram de l’année 637 de l’Hégire (1239) suivit par les armées de Burgandi et des représentants de l’Angleterre.

 

Le retour du Qouds aux musulmans sous le commandement de Nassir Daoud

 

Lorsque Nassir Daoud, le gouverneur de Jordanie, entendit parler de l’arrivée des nouveaux croisés, il se rendit à al-Qouds ou il entra avec son armée parce que les croisés avaient rompu le traité de paix en renforçant les fortifications de la ville alors qu’elles devaient rester dans l’état et prit la ville sans combattre, puisque la ville était ouverte à tous et ses fortifications détruites, qu’il rendit aux Musulmans.

Salih Isma’il, le gouverneur de Damas, saisit aussi l’occasion de l’arrivée des navires croisés pour s’allier avec les ennemis d’Allah contre le fils de son frère Salih Najm ad-Din Ayyoub et Nassir Daoud et pour montrer sa bonne volonté leur remit Bayt al-Maqdis, Tibériade, Ascalon et d’autres villes stratégiques. C’est pourquoi le sultan des ‘Oulama le savant al-‘Izz ‘Abdes-Salam le Sheikh Shafi’i et le Faqi Abou ‘Amr Ibn al-Hajib le Sheikh Maliki de Damas coupèrent les invocations et la Khoutbah pour le gouverneur de la ville qui les fit arrêter et expulser de la ville. Le Sheikh al-‘Izz ‘Abdes-Salam se rendit en Egypte ou il allait jouer un rôle important par la suite tandis que le Sheikh Abou ‘Amr Ibn al-Hajib se rendit dans le fort de Karak auprès de Nassir Daoud.

Al-Malik an-Najm ad-Din Daoud sortit avec son armée égyptienne pour combattre le gouverneur de Damas mais l’armée syrienne refusa de combattre contre leurs frères, s’allia avec l’armée égyptienne pour combattre Salih Isma’il et ses alliés croisés à qui ils infligèrent une lourde défaite ce qui força les croisés à retourner une nouvelle fois en Europe humiliés et vaincus. Ils s’embarquèrent à Acre qu’ils quittèrent au mois de Safar de l’année 638 de l’Hégire (1240).

 

Bayt al-Maqdis est remise une nouvelle fois aux croisés

 

En l’an 642 de l’Hégire (1244), la division s’aggrava dans le rang des Ayyoubi et atteignit un point de non-retour si bien que le gouverneur de Damas Salih Isma’il, le gouverneur de Jordanie Nassir Daoud et le gouverneur de Hims al-Mansour Ibrahim décidèrent d’attaquer l’Egypte avec l’aide des armées croisées qui se trouvaient en Syrie. Ils donnèrent aux croisés en échange de leur service al-Jamal wama Hamal (le chameau et sa charge) c’est-à-dire Bayt al-Maqdis et les Mosquée d’al-Aqsa et de Qouba as-Sakhra à savoir le contrôle total de Jérusalem et     même des Musulmans.

 

Le gouverneur d’Egypte fit les mêmes propositions aux croisés mais heureusement ces derniers préférèrent celle des Syriens puisque les croisés avaient déjà reçu la Syrie et l’Egypte leur paraissait désormais ouverte.

 

L’entrée des Mamalik du Khwarizm en Syrie, la reprise de Jérusalem et la bataille de Gaza

 

Najm ad-Din Ayyoub n’eut d’autre choix que de demander de l’aide aux forces Khawarizmi dont la terrifiante renommée s’était établit avec les massacres de Jalal ad-Din Minkobarti en l’an 628 de l’Hégire (1230) et qui vivaient à l’époque entre Rouha et Harran ou ils semaient la corruption sur terre en attaquant les villes musulmanes ou ils semaient terreur et destruction.

C’est pourquoi lorsque le sultan Salih Najm ad-Din Ayyoub les invita, ils se réjouirent et répondirent favorablement à son appel et marchèrent vers l’Egypte en semant la destruction par le feu, sur les terres occupées par les croisés en Syrie, sur leur passage. Ils reprirent ainsi Tibériade et Naplouse avant de se diriger avec leur force s’élevant à 10 000 combattants sur Bayt al-Maqdis ou ils entrèrent au mois de Rabi’ Awwal de l’année 642 de l’Hégire (1244) et déversèrent leur rage cette fois non pas sur les Musulmans mais sur les croisés et pas un seul d’entre eux n’échappa à leur brutalité y compris l’église de la Nativité. Puis poursuivant leur courroux, ils se dirigèrent vers Gaza pour rejoindre l’armée égyptienne commandée par Rouqn ad-Din Baybars al-Boundouqdari le Mamalik à ne pas confondre avec le sultan d’Egypte qui allait venir après lui avec le même nom Rouqn ad-Din Baybars qu’un grand nombre d’historiens ont confondu.    

Lorsque les deux armées des musulmans s’unifièrent, ils partirent à la rencontre des forces syriennes de Damas et de Hims et leurs alliés croisés qui avaient donné les bénédictions croisées et levés leur croix sur les apostats musulmans aspergés d’eau bénite et leur commandant al-Mansour Ibrahim, le gouverneur de Hims.

 

Au mois de Joumadah Awwal de cette même année eut lieu la grande et terrible bataille de Gaza qui fut appelé par certains historiens musulmans la seconde bataille de Hattin ou les forces de l’erreur et de la perdition, de la haine et des apostats furent littéralement écrasés et ou 30 000 croisés trouvèrent la mort et ceux qui survécurent furent emmenés prisonniers dans la citadelle du Caire.

Après cette éclatante victoire, les forces de Najm ad-Din Ayyoub marchèrent sur Damas ou ils entrèrent victorieux au mois de Joumadah Awwal de l’année 643 de l’Hégire (1245) et s’appropria les royaumes de Salih Isma’il et de Nassir Daoud.

 

Le patriarche de Jérusalem envoya alors un messager au pape et aux rois d’Europe pour les informer de la cuisante défaite des croisés aux mains des forces de Khwarizm et égyptiennes et des terribles malheurs qui s’abattirent sur l’église de Qiyamah. Le pape Innocent IV organisa d’urgence un colloque chrétien qui se tint à Lyon en l’an 643 de l’Hégire et où il fut décidé de l’obligation d’une nouvelle guerre sainte et de l’envoi d’une nouvelle croisade en terre d’Islam, la septième croisade, pour mettre fin à cette nouvelle menace.                   

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