CROISADES

Du retour d’un groupe de Tatars à ar-Rayy, Hamadan et ailleurs

 

Au début de l’année 621 de l’Hégire (1224), un groupe de Tatars, différent du groupe « du côté de l’ouest » dont nous avons rapporté les faits et gestes, arrivèrent de chez Shinjiz Khan à ar-Rayy. Les habitants de la ville qui avaient précédemment survécu au premier raid des Tatars, revinrent et reconstruisirent. Les Tatars tombèrent sur eux avant qu’ils ne réalisent ce qui se passait. Ils n’offrirent aucune résistance et pourtant les Tatars, qu’Allah les maudisse, les passèrent une nouvelle fois par l’épée et les tuèrent à volonté puis pillèrent et détruisirent la ville avant d’aller à Safah ou ils agirent d’une manière similaire puis à Qoumm et Kachin, qui avaient initialement échappé aux Tatars qui ne s’étaient pas approchés d’eux et donc infligé aucun dommage aux habitants. Mais cette fois, ils prirent les deux endroits, tuèrent les habitants et détruisirent les villes, les ajoutant à la longue liste des autres villes en ruines. Puis, ils parcoururent le pays, détruisant, tuant et pillant, avant de marcher sur Hamadan où un grand nombre de survivants de leurs précédents massacres s’étaient rassemblés. Les Tatars les éliminèrent une nouvelle fois à travers les massacre, capturèrent, pillèrent et finalement rasèrent la ville.

Quand ils arrivèrent à ar-Rayy, ils trouvèrent une grande force de Khwarezm qu’ils surprirent et tuèrent quelques-uns d’entre eux. Le reste s’enfuit en Azerbaïdjan et s’installa sur ses frontières mais avant qu’ils ne soient informés, les Tatars tombèrent une nouvelle fois sur eux et les passèrent par l’épée. Ils s’enfuirent de nouveau déroutés et certains atteignirent Tabriz mais les Tatars envoyèrent un messager au souverain de la ville Ouzbak Ibn Bahlawan disant : « Si vous êtes avec nous, remettez-nous les soldats de Khwarezm que vous avez, sinon, dites-nous que vous n’êtes en accord avec nous et ne nous obéissez pas. » Ouzbak se retourna contre les soldats de Khwarezm, exécuta certains d’entre eux et saisi les autres. Il délivra les prisonniers et les têtes des suppliciés aux Tatars et leur envoya également une grande quantité d’argent, de vêtements et de montures.

Les Tatars se retirèrent vers le Khorasan alors qu’ils n’étaient qu’un petit nombre d’environ 3 000 cavaliers tandis que les troupes de Khwarezm qui furent vaincus étaient au nombre d’environ 6 000 tandis que l’armée ouzbèke était plus grande que les deux autres armées réunies qui ne put se motiver ni elle et ni celle de Khwarezm pour leur résister.

Nous implorons Allah Exalté de fournir à l’Islam et aux Musulmans quelqu’un qui se chargera de les aider car ils sont déjà réduits dans une situation critique, massacrés, pillés de leurs biens, les enfants asservit, les femmes tuées et capturées ainsi que leurs villes détruites.

 

 

Cette année, au début d’Ab (août), la pluie tomba à Baghdad accompagné de tonnerre et d’éclairs. Il y eut des inondations à la Porte de Bassora et d’al-Harbiyah et aussi à al-Mouhawwal si bien que les gens pataugèrent dans l’eau et la boue.

 

De même cette année au mois de Dzoul Hijjah, le gardien du Dépôt (réserve) alla à Ba’qouba et agi de manière abusive envers ses habitants. Il lui fut rapporté qu’un homme de la ville le maudissait, alors il le fit appeler et ordonna de le punir. Il dit à l’homme : « Pourquoi me maudissais-tu ? »A quoi l’homme répondit : « Tu maudis Abou Bakr et ‘Umar (qu’Allah soit satisfait d’eux) en prenant leur Fadak et dix palmiers qui appartenaient à Fatima (qu’Allah soit satisfait d’elle). Puis tu me prends un millier de palmiers et tu voudrais que je reste silencieux ! » Et il lui pardonna.

 

Cette année et comme c’est la coutume, la discorde éclata à Wassit entre les Sounnis et les Shi’i.

 

Toujours cette année, les pluies furent rares dans les terres jusqu’au mois de Soubat (février). Puis, elles arrivèrent irrégulièrement dispersées sur une courte période mais insuffisantes pour irriguer les cultures qui s’épanouirent faiblement quand elles furent attaquées par les criquets. Il n’y avait cependant pas assez de végétation dans le pays pour attirer les sauterelles donc, elles consommèrent tout et à peine les cultures. Elles étaient si nombreuses qu’il aurait été impossible de les dénombrer. Les prix augmentèrent en Irak, à Mossoul et dans le reste d’al-Jazirah, Diyar Bakr et ailleurs. Les denrées alimentaires furent en nombre insuffisant même si la rareté fut pire à Mossoul et al-Jazirah.

 

 

Du siège de Ganja par les Géorgiens

 

En l’an 622 de l’Hégire (1225), les Géorgiens avec toutes leurs forces marchèrent sur la ville de Ganja dans Arran avec l’intention de l’assiéger. Ils préparèrent tout ce qui leur était nécessaire pour cela avec tous les soldats qu’ils pouvaient parce que les habitants de Ganja étaient très nombreux, militairement très puissant et valeureux suite à leur longue pratique de la guerre avec les Géorgiens. Quand ils arrivèrent et campèrent, ils engagèrent les défenseurs derrière les murailles de la ville pendant plusieurs jours mais aucun d’entre eux (les défenseurs) ne se montra. Puis un jour, les habitants de Ganja et les soldats parmi eux sortirent à l’extérieur de la ville et engagèrent les Géorgiens dans une bataille violente et décisive. Voyant cela, les Géorgiens réalisèrent que la ville était trop forte pour eux et ils se sont retirèrent après que les habitants de Ganja leur aient avaient infligé de lourdes pertes. « Et Allah renvoya, avec leur rage, les mécréants sans qu’ils n’aient obtenu aucun bien. » (Qur’an 33/25)

 

De la déposition de Shirwan Shah et de la victoire des Musulmans sur les Géorgiens

 

Cette année, le fils de Shirwan Shah se rebella contre lui, l’écarta du pouvoir, le bannit et prit le pouvoir comme son successeur. La raison est que Shirwan Shah était un mauvais gouverneur méchant et tyrannique, qui contrôlait les richesses et les propriétés de ses sujets. On a aussi rapporté qu’il avait l’habitude d’interférer avec les femmes et les enfants. Son oppression devint difficile à supporter pour les gens. Une partie de l’armée conspira avec le fils et chassa son père     Le fils prit le pouvoir et régna bien ainsi il fut aimé par l’armée et le peuple. Il envoya une lettre à son père disant : « Je voulais te laisser dans un des forts et te fournir des allocations suffisantes pour toi et ceux qui sont avec toi. Ce qui m’a conduit à te faire ce que j’ai fait fut ta mauvaise conduite, ton oppression du peuple, leur haine à ton égard et ta souveraineté. »

Quand le père vit cela, il alla demander de l’aide aux Géorgiens et s’arrangea avec eux pour qu’ils lui envoient une armée pour le remettre au pouvoir et qu’il leur donnerait la moitié de ses terres en échange. Ils lui envoyèrent donc une grande force qui s’approcha près de la ville de Shirwan. Son fils rassembla l’armée et les informa de la situation. Il dit : « Quand les Géorgiens nous assiègeront, ils pourront peut-être nous submerger et dans ce cas, mon père n’épargnera pas l’un d’entre nous et les Géorgiens auront la moitié de la terre. Ils risquent même de tout prendre. Nous sommes donc confrontés à une grave crise. Nous devrions donc laisser nos bagages, avancer et les confronter. Si nous sommes victorieux     qu’Allah soit alors Loué mais s’ils sont victorieux, nous serons confrontés à un siège. » Ils furent d’accord avec lui sur ce point.

Il marcha donc avec son armée qui était petite et d’environ un millier de cavaliers. Ils rencontrèrent les Géorgiens qui étaient au nombre de trois mille hommes. La bataille s’engagea, les hommes de Shirwan résistèrent et les Géorgiens s’enfuirent. Beaucoup d’entre eux furent tués ou pris tandis que les survivants retournèrent dans un très mauvais état avec Shirwan Shah le déposé.

Les souverains de la Géorgiens lui dirent : « Vous avez été la cause de notre venue pour une mauvaise cause mais nous n’allons pas vous punir pour cela. Cependant, vous ne devez pas rester sur nos terres. » Il les quitta et mena une vie errante sans trouver personne pour lui donner refuge. Son fils devint bien établi en puissance et fut bon envers les soldats et les habitants. Il leur rendit leurs propriétés et ce qui avait leur avait été extorqué. Les gens furent heureux de son règne.

 

Compte rendu d’une autre victoire musulmane sur les Géorgiens

 

Cette année aussi, un corps de Géorgiens quitta Tiflis pour l’Azerbaïdjan et les terres en possession d’Ouzbak. Ils campèrent au-delà d’un passage étroit dans les montagnes, seulement accessibles par des cavaliers sur une seule colonne. Ils campèrent dans cette place sans crainte des Musulmans qu’ils croyaient faibles puis parce qu’ils étaient confiants de la sécurité de leur position et qu’il n’y avait pas de route pour parvenir jusqu’à eux (les Géorgiens).

Un détachement des forces musulmanes sortit à leur rencontre et s’engagea dans le passage ou ils campaient en prenant de grands risques. Les Musulmans furent alors sur eux avant que les Géorgiens ne réalisent leur présence, les passèrent par l’épée et les tuèrent à volonté. Le reste tourna le dos et s’enfuit chacun pour soi. Un bon nombre d’entre eux fut fait prisonniers et avec un sentiment d’indignation, ils décidèrent de prendre leur revanche et faire tout leur possible pour attaquer l’Azerbaïdjan et extirper les Musulmans. Ils commencèrent donc à faire des préparatifs en rapport avec leur plan.

Et tandis qu’ils étaient ainsi occupés, les nouvelles leurs parvinrent que Jalal ad-Din Ibn Khwarizm Shah était arrivé à Maraghah, comme nous allons le rapporter si Allah le veut. Ils abandonnèrent leur projet et envoyèrent un messager à Ouzbak le seigneur d’Azerbaïdjan l’invitant à coopérer pour repousser Jalal ad-Din. Ils dirent : « Si nous ne nous mettons pas d’accord, il vous submergera en premier et nous après. » Cependant, Jalal ad-Din les devança avant qu’ils ne puissent s’entendre et s’unir. Ce qui arriva est ce que nous allons raconter si Allah Tout Puissant le veut.

 

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